Méthodes fondées sur rinsolubtUié du sulfate de plomb
L'oxyde de plomb d'avec tous les autres oxydes du cinquième 146 groupe. — On ajoute de l'acide sulfurique pur en excès, pas trop faible, à la dissolution azotique, on évapore jusqu'à ce que l'acide sulfurique cgmmence à se volatiliser: on laisse refroidir, on ajoute de l'eau (dans laquelle se dissolvent très-bien les sulfates de mercure et de bismuth, s'il y a assez d'acide sulfurique libre) et, avec un filtre sans plù, on sépare le sulfate de plomb insoluble de la liqueur qui contient tous les autres oxydes. Si l'on craignait que le résidu de l'évaporation ne contienne plus assez d'acide sulfurique libre, on ajouterait un peu de cet acide étendu avant de reprendre par l'eau. On lave le précipité avec de l'eau additionnée d'acide sulfurique, on la chasse ensuite avec de l'ulcool, on sèche et on pèse (§ i 16. 3.). Dans le liquide filtré on précipite les autres oxydes par l'acide sulihydrique. S'il y avait de l'argent en certaine quantité, on ne pourrait pas appliquer cette
0 Pogg. Afin., CX, 554.
méthode, à cause de la difflculté avec laquelle le sulfate d'argent se dissout. — Dans ce cas on peut, comme l'ont fait Eliot et Storer (*), précipiter la majeure partie de Targent avec du sel ammoniac dans la dissolution chaude additionnée d'azotate d'ammoniaque, évaporer le liquide filtré, chasser les sels ammoniacaux par calcination, et dans le résidu séparer du plomb au moyen de l'acide sulfurique la petite quantité d'argent qui a pu se dissoudre.— Pour séparer le plomb du bismuth, la meilleur^ manière d'opérer est la suivante, d'après H. Rote(**). Si les deux oxydes sont dissous à la faveur de l'acide azotique, ce qui arrive le plus souvent, on réduit par évaporation à un faible volume et on ajoute assez d'acide chlorhydrique pour dissoudre tout l'oxyde de bismuth : en même temps l'oxyde de plomb se dépose en partie à l'état de chlorure. Si un essai du liquide clair décanté se trouble par l'addition d'une goutte d'eau, il faut ajouter encore de l'acide chlorhydrique, de façon qu'il ne se forme de trouble permanent que par l'addition de plusieurs gouttes d'eau. On reverse les liqueurs troubles dans la masse et on lave les vases avec de l'alcool. On ajoute maintenant de l'acide sulfurique étendu, on abandonne quelque temps en agitant, on ajoute de Talcool de densité 0,8 : on remue bien, on laisse déposer, on filtre, on lave le sulfate de plomb d'abord avec de l'alcool additionné d'un peu d'acide chlorhydrique, puis avec de l'alcool pur et on le dose d'après le § 116. 3- On ajoute au liquide filtré une grande quantité d'eau et on opère suivant le § itO. 4. avec le chlorure basique de bismuth.
3. Méthodes basées sur raction du cyanure de potassium sur les oxydes et les sulfures (d'après Frésénius et Haidlen) (***).
J47 a. L'oxyde de plomb et celui de bismuth d'avec tous les autres oxydes du cinquième groupe. — On ajoute à la dissolution étendue du carbonate de soude en léger excès, on verse du cyanure de potassium (exempt de sulfure), on chaufie un peu pendant quelque temps, on filtre et on lave. Sur le filtre restent du carbonate de plomb et du carbonate de bismuth retenant de l'alcali : dans la liqueur sont les autres métaux à l'état de cyanures unis au cyanure de potassium.^ On les sépare les uns des autres comme il suit. Dans les analyses tout à fait exactes, il ne faut pas oublier que dans le liquide filtré il y a généralement des traces de bismuth, que l'on peut précipiter par le sulfhydrate d'ammoniaque. •
148 ^' L'oxyde d'argent d'avec le bioxyde de mercure, l'oxyde de cuivre et celui de cadmium. — Si la solution renferme beaucoup d'acide libre, on le neutralise presque complètement avec de la soude, puis on verse du cyanure de potassium jusqu'à ce qu'on ait redissous le précipité formé. De cette façon les métaux sont dissous à l'état de cyanures unis au cyanure de potassium. On ajoute ensuite de l'acide azotique étendu en léger excès. Les cyanures doubles sont décomposés : le cyanure d'argent insoluble se précipite d'une façon permanente, le cyanure de mercure reste dissous, et les cyanures de cuivre et de cadmium se redissolvent dans
(') Proceding$ of the American Academy of the ArU and Sciences, 1860.
n Pog. An»., ex, 432.
C**) Ann. d. Chem. u. Pharm., XLIII, 129.
g 163] OXYDES DU CINQUIÈME GROUPE. 521
Texcès d'acide azotique. On traite le cyanure d'argent suivant le § 115. 5. Si le liquide filtré ne contient que du mercure et du cadmium, on traite immédiatement par Facide sulfhydrîque, qui précipite complètement les métaux à l'état de sulfures ; mais s'il y a du cuivre, on évapore d'abord le liquide «avec de l'acide sulfurique, jusqu'à ce qu'on ne sente plus l'acide prussique, puis on précipite par Pacide sulfhydrique (§ ii9. 5.).
c. L'oxyde de cuivre d'avec le bioxyde de mercure et l'oxyde ^^^ de cadmium. — On ajoute à la dissolution, comme en b., du cyanure
de potassium jusqu'à ce qu'on ait redissous le précipité formé, on en verse ensuite un peu plus, puis une dissolution aqueuse d'acide sulfhydrique ou du sulfhydrate d'ammoniaque tant qu'il se forme un précipité. Par là on précipite complètement le sulfure de cadmium et le bisulfure de mercure^tandis que le cuivre reste dans la liqueur à l'état de sulfure de cuivre dissous dans le cyanure de potassium. On laisse déposer, on décante plu- , sieurs fois: pour plus de sûreté on traite encore le précipité par un peu de cyanure de potassium, on chauffe légèrement, on filtre et on lave les sulfures. — Pour doser le cuivre dans la liqueur filtrée, on l'éva- • pore avec addition d'acide azotique et d'acide sulfurique, jusqu'à ce que Todeur d'acide prussique ait complètement disparu et on précipite avec Thydrogène sulfuré. (§ 119. 5.).
d. Tous les métaux du cinquième groupe les uns d'avec les 150 autres. — On ajoute à la solution étendue du carbonate de «oude, puis
du cyanure de potassium en excès, on laisse digérer quelque temps à une ^ douce chaleur et on filtre. Sur le filtre il reste du carbonate de plomb et du carbonate de bismuth (retenant de l'alcali), qu'on séparera plus tard. — On ajoute au liquide filtré de l'acide azotique en excès, on chauffe un peu, jusqu'à ce que le cyanure de cuivre, qui s'était déposé au commencement avec le cyanure d'argent, soit de nouveau dissdus : on sépare par filtration le cyanure d'argent qui reste non dissous et on le traite comme au § 115. 5. — Au nouveau liquide filtré on ajoute encore du carbonate de soude jusqu'à neutralité, puis du cyanure de potassium et on fait passer un courant d'acide sulfhydrique. On y verse encore un peu de cyanure de potassium (pour redissoudre le peu de sulfure de cuivre qui aurait pu être précipité) et on sépare par filtration le précipité formé de sulfure de mercure et de sulfure de cadmium d'avec la liqueur qui renferme tout le cuivre. On dose celui-ci comme il est dit en c. et on sépare les premiers suivant (145) ou (158).
Â. Méthodes fondées sur la formation et la précipitation de sels hasiqties insolubles.
a. L'oxyde de bismuth d'avec les oxydes de cuivre et de cad- ^51 mium, le bioxyde de mercure (et aussi ceux des quatre premiers groupes, excepté le peroxyde de fer). — On précipite le bismuth sous forme
de chlorure basique suivant le § ito. 4., et dans le liquide filtré on précipite le cuivre, etc., par l'acide sulfhydrique. Les résultats sont assez bons (H. Rose) (*).
b. L'oxyde de bismuth d'avec les oxydes de plomb et de cad- 152
* 522 CHAPITRE f . — SÉPARAnON DES CORPS. (g 165
mium. — On sépare le bismuth d*aprés le § iS#. i . c. à TéUt d'aaotate basique de bismuth, et dans le liquide filtré on précipite le plomb et le cadmium avec Facîde snlfhydrique. Résultats tout à fait bons.
c. L'oxyde de bismuth et Toxyde de cuiyre d'ayec les oxydes de plomb et de cadmium. — On sépare le bismuth suivant le § iS0. i. c. sous forme d'azotate basique; on chauffe ensuite la capsule au baiiHuarie jusqu'à ce que l'aiotate neutre de cui?re soit transformé complètement en sel basique vert bleuâtre et que par addition d*eau la dissolution ne soit plus bleue. On laisse refroidir, on traite par une dissolution aqueuse d'azotate d''ammoniaque (i : 500), on filtre, on lave avec la même dissolution : dans la liqueur on sépare le pkunb du cadmium, et dans le résidu le cuivre du bismuth. Résultats très-satisfaisants (/. Lœwe) {**).
5. Méthodes fondées sur la solubilité de certains oxydes dans F ammoniaque ou dans le carbonate d'ammoniaque.
a. L'oxyde de cuivre d'avec l'oxyde de bismuth.
455 «. On verse un excès de carbonate d'ammoniaque dans la soluti(xi (azotique) et l'on chauffe un peu . Le bismuth se dépose k l'état de carbonate, tandis que le carbonate de cuivre est redissous par l'excès de caiiM)nate d'ammoniaque. Toutefois comme le premier précipité entraîne toujours un peu de cuivre, il est nécessaire, après le lavage, de le redissoudre dans l'acide azotique et de précipiter de nouveau avec le carbonate d'ammoniaque. Il faut quelquefois recommencer cette opération une troisième fois, et laver à l'eau additionnée de carbonate d'ammoniaque. Dans le liquide filtré on dose le cuivre à l'état de sulfure, après avoir chassé le carbonate d'ammoniaque par la chaleur' et avoir acidulé convenablement avec l'acide chlorhydrique (§ i 19. 5.). On obtient de cette façon de l'oxyde de bismuth tout à fait exempt de cuivre, mais dans la dissolution de cuivre il passe un peu d'oxyde de bismuth ; c'est pourquoi ce procédé ne donne pas des résultats aussi exacts que celui du n* (151) H. Rose) [*^).
p. On ajoute à la dissolution un peu de sel ammoniac et on la verse, goutte à goutte, dans de l'ammoniaque étendue. Le bismuth se précipite à l'état de sel basique, tandis que le cuivre reste dissous sous forme de sel double ammoniacal (Berzelius), Le précipité de bismuth est lavé avec de l'ammoniaque étendue, dissous dans l'acide azotique étendu et dosé d'après le § i to. — On détermine le cuivre dans la liqueur ammoniacale. — Dans ce procédé il sera bon aussi de faire deux précipitations, comme en «. 154 b. L'oxyde de cuivre d'avec l'oxyde de cadmium. — On verse un excès de carbonate d'ammoniaque. Le carbonate de cadmium se précipite, tandis que l'oxyde de cuivre reste dissous avec un peu d'oxyde de cadmium. En abandonnant à l'air, l'oxyde de cadmium encore dissous se dépose, tandis que l'oxyde de cuivre reste toujours dissous (Stromeyer). On traite cette dernière dissolution suivant (155). Ce procédé de séparation est plus commode mais moins exact que celui du n* (149) ou (159).
(*) Pogg. ilan.,CX, 430.
(-) Joum. f. pracki. Chem., LXXIV, 345.
O Pogg, An»., CI, 430.
c- Le chlorure de plomb et le chlorure d'argent peuvent être 155 séparés à Taide de rammoniaque qui dissout le dernier et laisse le premier * à rétat de chlorure basique. Il ne faut pas oublier que le chlorure d'argent doit être récemment précipité et à Tabri de Faction directe de la lumière. On précipite le chlorure d'argent de la solution ammoniacale avec de l'acide azotique. Il faut essayer avec l'acide suUfaydrique si, dans le liquide séparé du chlorure d'argent par filtration, il n'y aurait pas des quantités apiNpéciables de chlorure d'argent resté en dissolution à la faveur des sels anuneniacaux.
6. Méthode fondée sur la précipitation, du cuivre à Vétat de sulfocyanure.
L'oxyde de cuiv-re d'avec l'oxyde de cadmium (et, voir (132), '' ^" d'avec le$ oxydes des groupes I à IV). — On précipite le cuivre suivant ' le § 119. 3. b., à l'état de sulfocyanure (Rivot) et dans le liquide filtré le cadmium à l'état de sulfure. Bons résultats (H. Rosé). — Le palladium peut aussi se séparer facilement du cuivre par ce moyen (Wcshler) {*),