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PRÉCIPITATION

Si Ton a, comme cela arrive fréquemment, un liquide qui ne renferme qu^un peu de sel de potasse ou de soude à peser, mélangé à une quantité proportionnellement considérable d'un sel ammoniacal, introduit pendant 1 analyse, je préfère le. moyen suivant à celui indiqué plus haut. Dans une grande capsule et au bain-marie on évapore la masse saline, on l'amène â siccité en la portant à une température supérieure à 100*, puis avec une petite spatule en platine, on la fait passer dans une petite capsule en verre, que Ton place sous la cloche d'un dessiccateur. On fait passer le reste du sel avec un peu d'eau et la fiole à jet de la grande capsule dans la petite qui servira à faire la pesée, ou dans un autre creuset et on évapore à siccité. Alors dans ce dernier vase on jette par portion ou tout d'une fois le contenu de la capsule en verre, on chasse le sel ammoniacal en chauffant au rouge et on pèse le résidu de sels fixes. S'il restait quelque chose dans la capsule en verre, on Tenlèverait facilement avec un peu de sel ammoniacal en poudre, ou de tout autre sel ammoniacal, qu'on ferait tomber également dans le vase destiné à la pesée : mais si l'on voulait employer de l'eau et mouiller la masse saline, on aurait du mal à éviter les pertes.

b. PRécIPITATlON.

La précipitation est une opération que l'on pratique dans les analyses quantitatives bien plus fréquemment encore que Tévaporation, car nonseulement elle sert à donner aux substances une forme qui permet de les peser, mais elle sert surtout à les séparer les unes des autres. Dans tous les dosages par précipitation on n'a qu'un but, c'est de séparer du liquide le précipité qui y est insoluble. Toutes choses égales d'ailleurs, les résultats seront d'autant plus exacts que la substance sera réellement plus insoluble, et qu'à égalité de solubilité on perdra moins de précipité, perle qui sera d'autant moindre qu'on emploiera moins du dissolvant.

Il résulte premièrement de là que, lorsqu'on n'est pas arrêté dans son choix par des circonstances particulières, il faut précipiter le corps sous la forme la plus insoluble; ainsi pour la baryte on l'amènera plutôt à l'état de sulfate qu'à celui de carbonate. Secondement, quand il faudra produire un précipité qui ne sera pas complètement insoluble dans le liquide employé, il faudra autant que possible se débarrasser de celui-ci par évaporation : c'est ainsi qu'on concentrera une dissolution de strontiane, avant de la précipiter par l'acide sulfurique. Troisièmement, s'il s'agit d'un précipité un peu soluble dans le liquide où il se formera, mais insoluble dans un autre qu'on pourrait obtenir en ajoutant quelque chose au premier, il faut toujours avoir soin d'opérer ce changement : par exemple, on changera l'eau en esprit-de-vin par l'addition d'un peu d'alcool, pour obtenir la précipitation complète du chlorure double de platine et d'ammoniaque, du chlorure de plomb, du sulfate de chaux, etc. : on ajoutera de l'ammoniaque à l'eau pour y rendre insoluble le phosphate basique ammoniaco-magnésien.

Pour faire les précipités, on se sert de vases à précipités (gobelets à fond plat, en verre mince et à bord renversé). Si cependant il faut opérer à la

température de TébuUition, ou faire bouillir pendant quelque temps le précipité avec le liquide, on se sert de ballons ou de capsules, en faisant bien attention à la nature du vase, comme pour Tévaporation.

Suivant la constitution physique du précipité formé, on le séparera du liquide dans lequel il est en suspension, soit par décantation, soit par filtration, ou par décantation et fiitration à la fois.

Toutefois, avant de faire cette séparation, il faut s'assurer que Ton a ajouté la quantité suffisante du réactif précipitant et que le précipité est bien complètement formé. — Pour la dernière circonstance, il faut connaître parfaite^ment ses propriétés, et nous renvoyons à ce sujet au troisième chapitre. — Pour savoir s'il y a assez du précipitant, il suffit en général d'en ajouter avec précaution une nouvelle quantité au liquide clair et de voir si cela produit un trouble. Cependant cet essai pourrait induire en erreur si le précipité ne se forme pas de suite, comme par exemple avec le phospho-molybdate ammoniacal. Dans ce cas on décante et l'on prend avec une pipette un peu du liquide clair ; on y ajoute du réactif, on chauffe s'il le faut, et l'on regarde si au bout d'un temps assez long il s'est formé ou non un nouveau précipité.

Généralement on ne sépare pas de suite les précipités des liquides, mais seulement après un repos de plusieurs heures : c'est surtout le cas avec ceux qui sont cristallins, pulvérulents ou gélatineux : tandis que les précipités caiilebottés ou floconneux, surtout quand ils sont formés à l'ébullition, peuvent être immédiatement séparés par fiitration. Toutefois on ne peut guère donner ici de règles générales.

a. PBéciPITATION SUIVIE d'dNE DéCANTÂTION.

Si le précipité se dépose assez bien dans le liquide pour que celui-ci parfaitement clair puisse être transvasé, enlevé avec un siphon ou avec une pipette et cela en un temps guère plus long que celui qu'il faudrait pour faire les lavages, on opérera par décantation pour séparer et laver le précipité : par exemple avec le chlorure d'argent, le mercure métallique, etc.

Si Ton veut en employant quelques précautions que cette méthode de séparation donne de bons résultats, il y a certaines règles à observer pour que le précipité se dépose complètement et promptement. On peut dire comme condition principale qu'il faut chauffer, le précipité avec le liquide dans lequel il s'est formé : mais parfois cela ne suffit pas; il faut souvent agiter le tout, comme avec le chlorure d'argent, ou ajouter quelque réactif particulier, comme de l'acide chlorbydrique dans les précipitations de mercure, etc. Nous reviendrons sur ce sujet dans le quatrième chapitre, en même temps que nous indiquerons les vases les plus convenables à employer pour les différentes substances.

Quand avec des quantités plusieurs fois renouvelées du liquide convenable ^ -on a suffisamment lavé le précipité pour qu'on ne trouve plus dans les dernières portions du liquide décanté la moindre trace de substance dissoute, on fait passer le précipité, s'il n'y est pas déjà, dans un creuset ou une capsule convenable, on enlève le Hquide autant que possible, et l'on dessèche ou l'on calcine le résidu selon sa nature. — Comme on emploie ici pour laver des

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