‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 37 sur 304 · FILTRATION · texte numérisé non relu

FILTRATION

quantités d'eau beaucoup plus grandes que lorsqu'on opère sur un filtre, on comt)rend que les résultats ne seront exacts qu'autant que les précipités seront complètement insolubles. On ne se servira pas non plus de cette méthode, si l'on devait doser d'autres substances dans le liquide décanté.

Pour être certain que les eaux de lavage ne renferment aucune portion du précipité, il est bon de les laisser reposer de 12 à 24 heures, et de ne les jeter qu'autant qu'elles n'auraient laissé aucun dépôt au fond du vas^. S'il y en avait un, il faudrait en déterminer le poids en le séparant du liquide par décantation ou par iiltration.

p. PRÉCIPITATION SUIVIE DE FILTRATION.

Lorsqu'on ne peut pas opérer par décantation, ce qui est le cas le plus fréquent, on sépare les précipités par filtration, autant toutefois qu'on peut espérer de les purifier des matières qui y restent adhérentes par de ^simples lavages sur le filtre. — Si cela n'était pas, surtout avec les précipités gélatineux, comme par exemple Thyclrate d'alumine , on combine la filtration avec la décantation (§ 48). La filtration peut se faire à la manière ordinaire, cest-à-dire, sans forcer par succion le hquideà traverser le filtre, ou bien par succion, ce qui accélère l'opération. Nous examinerons successivement ces deux procédés. ,

aa. Filtration sans succion du liquide.

aa. Appareils pour filtrer. — La filtration, à quelques rares exceptions près, se fait toujours à travers du papier dans les analyses quantitatives.

On choisit toujours des filtres ronds, unis, rarement à plis. La nature du papier est importante; il doit, pour être bon, remplir trois conditions : premièrement retenir les précipités les plus fins, deuxièmement filtrer promplement, troisièmement contenir le moins de principes minéraux possible et surtout être exempt de ceux qui sont solubles dans les liquides alcalins ou acides.

11 est très-difficile de se procurer du papier' à filtre parfait. Le meilleur est Je papier de Suède, portant la marque de /. H. Munktell^ mais il est d'un prix assez élevé. Encore il ne satisfait qu'aux deux premières conditions; pour les travaux délicats il est insuffisant, car il laisse environ 0,3 pour cent de cendres (*) et il cède aux acides des quantités appréciables de fer, de chaux et de magnésie. Il est donc indispensable, pour les analyses exactes, de le laver d'abord avec de l'acide chlorhydrique étendu, puis d'enlever toute trace d'acide avec de l'eau et enfin de le dessécher. — Nous avons indiqué dans le volume de l'analyse qualitative (4* édition française, page 8) la manière de préparer des provisions de filtres lavés, c'est donc inutile d'y revenir. Si l'on ne voulait en purifier que quelques-uns, on les

n D'après les analyses de Plantamour, les cendres du papier à filtre suédois renfennent sur JOO parties : 63,25 acide silicique, 12,83 chaux, 6,21 magnésie, 2,94 alumine, 13,92 oxyde de fer.

placerait Tun dans Tautre dans un entonnoir, comme pour filtrer, on les humecterait en y versant goutte à goutte un mélange de 1 partie d'acide chlorhydrique pur et 2 parties d'eau, on laisserait 40 minutes, on laverait à plusieurs reprises avec de Feau, surtout chaude, jusqu'à ce que toute trace de réaction acide ait 'disparu, et on mettrait tout à sécher, filtres et entonnoir. — Il faut rejeter le papier qui contient du plomb : il est facile à reconnaître parce qu'il noircit par l'acide sulfhydrique.

n est bon d'avoir d'avance des filtres de diverses grandeurs découpés d'après des morceaux circulaires de carton ou de fer-blanc, ou plus facilement au moyen des patrons de Mohr (fig. 55), faits en ferblanc et de différentes grandeurs. On plie le papier d'abord deux fois de façon que les bords soient à angle droit, on l'introduit dans le patron A, ou le recouvre de la feuille de p. ^ fer-blanc B, dont les bords

sont un peu plus courts que ceux de la face du fond A et on coupe avec des ciseaux le papier qui déborde. Les filtres ainsi faits sont parfaitement circulaires et tout à fait identiques.

On fait des filtres et par suite des patrons dont les rayons sont de 5, — 4, — 5, — 6,5 et 8 centimètres et pour l'usage on les choisit de façon que le précipité ne les remplisse pas tout à fait à moitié après l'écoulement complet du liquide.

Quant aux entonnoirs, qui seront en verre, il faut pour les analyses quantitatives que les arêtes fassent entre elles un angle de 60*^ «t qu'il n'y ait pas de renflements.

Les bords du filtre ne devant pas dépasser celui de l'entonnoir, mais rester de une ou deux lignes au-dessous, on applique exactement le filtre contre les parois internes, de façon que le papier soit bien partout en contact avec le verre et on l'humecte avec de l'eau qu'on laisse égoutter plutôt que de la vider.

On place les entonnoirs sur un support qui ne permette pas de les changer de place. Les formes de supports des figures 56 et 57 nous semblent les plus simples et les plus commodes.

Le support de la figure 56 convient surtout pour les gros entonnoirs, aussi doit-il être un peu plus massif que celui de la figure 57, destiné aux plus petits.

Les supports sont en bon bois. Le bras qui porte les entonnoirs doit pouvoir se déplacer facilement et se fixer solidement à l'aide d'une vis de pression. Les trous doivent être légèrement coniques. Il faut pouvoir les porter çà et là sans rien déranger.

€6. Règles pour filtrer, — Il y a pludeurs observations à faire sur la manière de filtrer les précipités. — S'ils sont caillebottés, floconneux, gélatineux ou cristallins, on n'a pas à craindre que le liquide passe trouble! — Pour ceux qui sont fins et pulvérulents, il est nécessaire

Page 1