‹ Traité d'analyse des matières agricolesChapitre 14 sur 127 · V. — DOSAGE DE L'AZOTE PAR LA CHAUX SODÉE · texte numérisé non relu

V. — DOSAGE DE L'AZOTE PAR LA CHAUX SODÉE

24. — Composés azotés à doser. — On a très-fréquemment à doser l'azote sous ses trois principaux états de combinaison, savoir : V Tazote engagé dans les composés organiques ; 2? l'azote à l'état d'ammoniaque ou de sel ammoniacal ; 3^ l'azote à l'état d'acide nitrique associé à diverses bases. A l'aide des méthodes que nous allons décrire, oji arrive à doser exactement ces corps dans toutes les matières qui intéressent l'agriculteur, en modifiant légèrement les procédés, suivant le cas spécial qui se présente, comme nous l'indiquerons lors de l'examen des principaux produits agricoles. Le haut prix de l'azote donne une importance toute particulière aux méthodes qui permettent d'en déterminer le taux exact dans la substance analysée; aussi ferons -nous connaître avec quelque détail les méthodes auxquelles nous nous sommes arrêté pour les différents dosages.

25. — Dosage de l'azote par la chaux sodée. — a) Préparation de la matière. — Deux cas principaux peuvent se présenter : 1° la matière est homogène et peut être réduite en poudre fine ; 2° elle n'est pas homogène ou n'est pas susceptible de division mécanique suffisante pour

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(lue réchantillon d'un poids très-faible (0«',500 à 2 gr.), sur lequel on fait l'analyse, offre, dans certains cas, toutes les garanties nécessaires de sécurité. A la première catégorie appartiennent les sols, les matières organiques d'origine végétale, grains, etc., les substances animales à demi torréfiées, chair, etc. — Dans la seconde catégorie se rangent les tissus ou déchets de drap, /laine, les nerfs, tendons, cuirs, etc.

Le procédé que j'emploie permet de ramener facilement l'analyse à un seul cas, celui des substances homogènes. Voici en quoi il consiste :

b) Traitement préalable de la matière» — On traite un poids déterminé exactement de la substance à analyser, 50 à 100 grammes (cuir, débris de drap, etc.), par une quantité d'acide sulfurique monohydraté suffisante pour obtenir une bouillie claire résultant de la désagrégation complète de la matière. On atteint d'ordinaire ce résultat par le contact de l'acide avec la substance pendant quelques heures, à froid. Si la désagrégation n'est pas obtenue au bout de ce temps, on chauffe au bain de sable et la désagrégation s'effectue rapidement.

On ajoute ensuite, peu à peu, au mélange acide du carbonate de chaux très-finement pulvérisé, en triturant le tout dans un mortier jusqu'à ce que la masse, qui devient absolument sèche, soit réduite en poudre impalpable. On pèse le composé de sulfate de chaux et de la matière ainsi obtenu et l'on en prend 2 grammes pour le dosage de l'azote. Une simple proportion permettra ensuite de déduire du chiffre de l'azote trouvé *le taux p. 100 de la substance primitive.

26. — Principe de la méthode. — La méthode de dosage de l'azote par la chaux sodée repose sur la transformation de ce gaz en ammoniaque. Lorsqu'on chauffe une matière azotée d'origine animale ou végétale (ne con-

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tenant pas de nitrates) avec une base alcaline hydratée, l'eau de cette dernière se décompose, cède de Toxygène au carbone, l'acide carbonique formé s'unit à la base alcaline, et l'hydrogène naissant s'empare de la totalité de l'azote de la matière pour former de l'ammoniaque. L'analyse élémentaire des substances organiques azotées a décelé dans ces matières une proportion de carbone bien supérieure à celle de l'azote ; il résulte de là que, quelle que soit la substance azotée (cuir, laine, poils, matières organiques du sol , etc.) que nous envisagions, sa combustion en présence d'un hydrate alcalin donnera toujours naissance à une quantité d'hydrogène bien supérieure à celle qui est nécessaire pour faire passer tout l'azote à l'état d'ammoniaque. Si, en effet, nous considérons le cyanogène, composé azoté beaucoup plus riche en azote qu'aucune des substances que nous pouvons avoir à analyser, nous trouvons que sa décomposition, en présence de la chaux ou de la soude hydratée, s'effectue avec dégagement d'hydrogène en excès. En effet :

CUz 4- 4H0 = 2C0« -f- AzH^ -f- H.

Or le cyanogène contient 53.84 p. 100 d'azote, tandis que les substances organiques que nous pouvons avoir à analyser ne renferment jamais plus de 46.6 p. 100 (urée pure) ou 21.21 p. 100 (sulfate d'ammoniaque pur). Généralement on a affaire à des substances dont la richesse en azote s'élève de 0.5 à 8 p. 100 et atteint rarement 10 p: 100. A ce point de vue, la décomposition de la substance et la transformation en ammoniaque de l'azote qu'elle contient peuvent donc être considérées comme parfaites.

Pour assurer cette décomposition et produire une sorte de dissémination de l'azote et de l'hydrogène naissant qui favorise leur combinaison, il est utile, lorsqu'on opère

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sur une matière très-riche en azote, de la mélanger avec une certaine quantité de substance non azotée. Le sucre de canne réduit en poudre fine convient parfaitement. Le principe de la méthode étant connu, voyons comment l'on opère le dosage. ^

. Deux procédés diffèrents peuvent être mis en usage pour recueillir et peser l'ammoniaque provenant de la transformation de l'azote.

Le premier, dû aux inventeurs de la méthode dite de la chaux sodée, Varrentrapp et Will, consiste à recueillir l'ammoniaque dans du chlorure de platine et à déduire du poids du chlorure double formé celui de l'azote. Le second, imaginé par Péligot, repose sur l'absorption de l'ammoniaque par une solution titrée d'acide sulfurique ou d'acide oxalique. C'est celui que l'on emploie de préférence et que je recommande particulièrement; il est aussi exact et plus rapide que le procédé Varrentrapp et Will.

27 . — Description de l'appareil. — On tire à l'une de ses extrémités un tube de verre de Bohême d'un diamètre intérieur de 12 à 15 millimètres, et l'on relève la pointe vers le haut, en ayant soin que l'extrémité étirée soit assez solide pour résister à une légère augmentation de pression intérieure et assez mince cependant pour être facilement cassée à la fin de l'analyse.

On choisit un bon bouchon à analyse qu'on adapte au tube à l'extrémité bordée à la lampe, puis on le dispose à recevoir le tube à boule en y perçant un trou qui permette au tube d'entrer à frottement dur.

On mesure ensuite 20 centimètres cubes d'acide titré (') à l'aide de la pipette qui a servi à prendre des liqueurs

(<)Yoir pour le titrage de Tacide et de la liqueur alcaline au Dosage de P ammoniaque, pages 55 et suiv.

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