‹ Traité d'analyse des matières agricolesChapitre 27 sur 127 · DOSAGE RIGOUREUX DE L*ACIDE PHOSPHORIQUE · texte numérisé non relu

DOSAGE RIGOUREUX DE L*ACIDE PHOSPHORIQUE

chlorure de baryum, filtrant, évaporant la liqueur légèrement acidifiée par l'acide chlorhydrique et faisant cristalliser par refroidissement.

Le chlorure de potassium doit remplir le rôle d'épongé pour empêcher le chlorure de fer et de potassium, qui reste fondu pendant l'opération, d'obstruer le tube : on doit le piler grossièrement après l'avoir calciné, et séparer la poussière avec un crible dont les mailles ont 4 millimètre de côté.

61. — Dosage des métalloïdes autres que le carbone. — Le liquide extrait de l'ampoule contient du chlore, de l'acide phosphorique, de l'acide arsénique, de l'acide sulfurique, de la silice et de la soude, ajoutée, comme on l'a vu plus haut, pour enlever toute la silice ; il y a en outre de l'acide chlorhydrique provenant de la décomposition par l'eau des chlorures métalloïdiques.

On commence par exposer à une douce chaleur la capsule de porcelaine contenant le liquide, pour chasser le chlore dissous. On continue l'évaporation en remplaçant l'eau évaporée par de l'acide nitrique, qui donne lieu à un dégagement de vapeurs nitrochloréês. On reconnaît que l'élimination de l'acide chlorhydrique est complète en condensant sur une lame de verre les vapeurs qui s'échappent de la capsule, et en voyant si les gouttelettes obtenues donnent un trouble avec le nitrate d'argent.

On verse alors dans la capsule une dissolution concentrée de nitrate d'argent, on évapore à sec, et on fond le nitrate à une température tout juste assez élevée pour pouvoir le faire couler sur les parois de la capsule. En présence d'un excès de nitrate d'argent en fusion, les acides phosphorique et arsénique libres ou combinés à un alcali, se transforment en sels d'argent, à trois équivalents de base. La présence de la soude ne modifie en ' rien cette réaction. (Il n'en serait pas de même avec une

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base terreuse.) On reconnaît que la transformation est terminée, quand on ne voit plus se produire de bulles à la surface du nitrate en fusion.

Si l'on a soin de ne pas élever la température beaucoup au-dessus du point nécessaire, la silice ne décompose pas le nitrate pour se charger d'oxyde, comme elle le ferait en présence de nitrates de potasse ou de soude : il y a plus, les nitrates alcalins sont à l'abri de cette action quand on les fond avec le nitrate d'argent. Si donc on conduit avec prudence l'opération, la silice reste à l'état libre.

On laisse refroidir la capsule et l'on reprend son contenu par l'eau bouillante, on dissout ainsi le nitrate de soude, le nitrate d'argent en excès et le sulfate d'argent ; il reste dans la capsule de la silice, du phosphate et de l'arséniate d'argent.

62. — Dosage du soulre. — Dans le liquide filtré on précipite l'argent par un chlorure soluble, puis l'acide sulfurique à l'état de sulfate de baryte, du poids duquel on déduit le soufre. Il est essentiel, pour un dosage exact, de se débarrasser d'abord de l'argent, sans cela le sulfate de baryte entraînerait une petite quantité de sulfate d'argent.

63. — Dosage du phosphore et de Tarsenio. — Les matières insolubles provenant du premier traitement cèdent à l'acide azotique étendu le phosphate et l'arséniate d'argent, que l'on sépare ainsi de la silice. En pesant la capsule avant et après, on a par différence le poids de ces deux sels. Il faut faire attention que la silice ne devient pas anhydre à la température de fusion du nitrate d'argent; or, elle doit garder le même poids dans les deux pesées, il importe donc de ne pas l'exposer, pendant la dessiccation qui précède la deuxième pesée, à une température supérieure à celle de la première dessiccation :

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il suffit de lui enlever Teau d'imbibition, sans toucher à l'eau d'hydratation qu'elle conserve.

Pour séparer les acides arsénique et phosphorique on précipite, dans la solution nitrique, l'argent par l'acide chlorhydrique (le poids du chlorure sert à vérifier les résultats de l'analyse); la liqueur filtrée est salurée successivement par l'ammoniaque et par l'acide sulfurique, puis acidifiée à chaud par l'acide chlorhydrique ; l'arsenic se précipite à l'état de sulfure avec un peu de soufre. La liqueur, réduite à un petit volume et filtrée, fournil, d'une part, le sulfure d'arsenic, d'autre part, l'acide phosphorique que l'on transforme comme ci-dessus en phosphate Iribasique d'argent que l'on pèse.

Quant au sulfure d'arsenic, on le fait tomber dans un petit vase de Bohême ; les traces qui restent sur le filtre sont dissoutes par quelques gouttes d'ammoniaque et ajoutées au sulfure décanté; on fait ensuite digérer le tout à chaud, avec de l'acide nitrique. Le sulfure est complètement oxydé, et donne de l'acide arsénique. Après avoir réduit à un très-petit volume et ajouté de l'eau pour filtrer, on sépare le soufre parle filtre et on a une solution d'acide arsénique que l'on transforme de nouveau en arséniate tribasique d'argent.

64. — Dosage du silicium. — Dans la séparation du phosphore et de l'arsenic à l'état de phosphate et d 'arséniate d'argent, là silice est restée sur le filtre (§ 63); après l'élimination complète de ces deux sels, on porte le filtre, qui ne contient plus que la silice, dans un petit creuset de platine, on calcine au rouge et l'on pèse le résidu avec toutes les précautions usitées en pareil cas.

On connaît ainsi le poids de silice correspondant au silicium de la -fonte, pour éviter l'hydratation de la silice.

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