DOSAGE RIGOUREUX DE L ACIDE PHOSPHORIQUE
fortement échauffée, alors on ne distingue plus qu'une vapeur rouge-orange qui persiste jusqu'à la fin ', sa disparilion indique que l'opération est terminée.
Pendant toute la durée de l'attaque, le chlorure de potassium s'imbibe progressivement et très-nettement d'un liquide rouge foncé ; la ligne de démarcation entre le blanc du chlorure alcalin et le rouge du chlorure double est tranchée, ce qui montre combien la fixation du fer est parfaite.
Quand le métal contient des quantités sensibles de phosphore, on voit le perchlorure de phosphore se condenser en croûtes blanches cristallines dans la partie eflilée. On les fait disparaître en chauffant avec une lampe.
On y voit passer aussi des gouttes jaunes de chlorure de soufre, d'autres très -mobiles de chlorure de silicium. La chaleur de la lampe chasse ces divers corps dans l'eau, où ils se transforment en acides oxygénés au maximum.
Quand l'attaque est finie, il est nécessaire d'élever la température de la colonne de chlorure de potassium. En effet, il peut s'y être condensé de petites gouttelettes de chlorure double de fer et de phosphore qui n'ont pas réagi sur le sel de potassium ; il faut donc les volatiliser et les faire arriver à la partie intacte de chlorure de potassium pour les y détruire. Après cette opération on voit presque toujours réapparaître des traces de perchlorure de phosphore, que l'on chasse de la partie effilée. Quand celle-ci demeure nette malgré la continuation du chauffage, on peut assurer que tout le phosphore a été expulsé.
On doit régler le débit du chlore pendant toute l'opération, de manière à maintenir un très-léger excès de ce gaz dans l'appareil et éviter ainsi toute rentrée d'air. Une vitesse d'une bulle par seconde à la sortie est convenable; car il faut éviter d'en envoyer un très-grand excès, sans
78 MÉTHODES GÉNÉRALES d' ANALYSE.
cela les vapeurs de perchlorure de phosphore et de chlorure de silicium passant au-dessus du liquide de l'ampoule et s'y transformant en acides oxygénés solides et pulvérulents, ne seraient pas retenues par les grains de porcelaine mouillés et seraient entraînées jusque dans le barboteur.
On observe presque toujours la formation d'un anneau infiniment mince, rouge-brun, à la naissance de l'ampoule : il est probable que c'est du chlorure de vanadium : sa quantité est si faible qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte.
Il arrive souvent que le métal atteint le rouge pendant, l'attaque; cela ne présente d'inconvénient que si le fer était légèrement oxydé; dans ce cas, l'oxyde pourrait, grâce à la chaleur, être réduit par le charbon, ce qui fausserait le dosage de ce dernier corps. Dans ce cas, il faut opérer à la plus basse température possible et se résigner à voir l'analyse durer plus longtemps.
Quand l'opération eçt terminée, on laisse le tube refroidir dans un courant de chlore, puis on détache l'ampoule, par un trait de lime dans la partie effilée; on fait couler le liquide dans une capsule de porcelaine, et, sans détacher l'ampoule du tube vertical, on lave celui-ci à trois ou quatre reprises avec de petites quantités d'eau : le liquide recueilli ne dépasse guère 25 centimètres cubes. Il reste de la silice sur les parois de l'ampoule, on l'enlève par une dissolution chaude de soude pure obtenue par l'oxydation de sodium dans de l'eau distillée.
Avant d'en venir au dosage, faisons encore quelques recommandations. Il faut que le chlorure de potassium soit exempt de corps oxygénés, silice et sulfates, qui, réagissant sur les chlorures, donneraient lieu à la formation d'acide phosphorique et de silice perdus pour l'analyse. On le prépare en desséchant le chlorure du commerce, le dissolvant, précipitant exactement les sulfates par le