FOURS A HAUTES TEMPÉRATURES
tée sur un bâli de petites dimensions : l*air comprimé sous une pression de 70 centimètres de mercure, est envoyé dans un réservoir sec ou tambour d'une cinquantaine de litres, c'est-à-dire d'une contenance de 30 fois environ la capacité du corps de pompe. La pression de l'air ainsi régularisée par le passage du gaz "k travers ce matelas élastique, est injecté par un très-petit bec, au centre de l'extrémité restée libre du chalumeau de Schlœsing; le bec aspirateur, sorte de giifard à air, est disposé de telle sorte que le premier vide produit s'exerce sur la tubulure amenant le gaz, le reste de l'air, dans la proportion de 8 à 9 dixièmes, est pris dans l'atmosphère. Cette disposition a permis à Wiesnegg d'établir l'appareil à un prix moins élevé, mais surtout sous un volume moindre que lorsqu'il est accompagné du soufflet et de son régulateur hydraulique. L'appareil se dispose à peu près comme l'indique la figure 15, de façon que le sommet du creuset muni de son couvercle affleure le sommet du four avant l'apposition du dôme ; on couvre généralement le creuset avec une plaque mince de terre réfractaire dite plaque d'émailleur, et on soude ensemble le creuset et ce couvercle improvisé, avec de la terre de même qualité, pulvérisée et mêlée d'un peu d'argile. L'allumage s'effectue ainsi : le chalumeau étant élevé d'une quinzaine de centimètres au-dessus du dôme du four, pendant que l'aide commence à comprimer l'air avec la pompe, l'opérateur bouche d'une main les prises d'air atmosphérique, placées à l'une des extrémités du brûleur, et de l'autre enflamme le gaz; il abaisse ensuite lentement la pince qui le supporte en découvrant graduellement les prises d'air, jusqu'à ce que le bec dii chalumeau soit complètement enfoncé dans le dôme du four; le réglage du gaz s'effectue proportionnellement à la pression de l'air, pression qu'il est inutile d'élevei* à plus de 70 centimètres de mercure.
126 MÉTHODES GÉNÉRALES d'aNALYSE.
Th. Schlœsing indique le moyen facile et sûr de déterminer la quantité de gaz nécessaire à Tobtention du maximum de la température, en plaçant sur la sole de brique qui sert de base au four, un morceau de cuivre, et en réglant l'émission du gaz par le robinet local de façon que la flamme soit réductrice dans le four y compris son épaisseur inférieure, et exydante au dehors; le morceau de cuivre, enfoncé de quelques millimètres sous le four trahit très-nettement par ses diverses nuances la composition des produits de la combustion. S'il devient brillant audehors du four , il est bon de diminuer un peu le gaz ; s'il est noir au-dessous du four, il faut au contraire en ajouter ou diminuer la pression de l'air. La vitesse du mélange est telle qu'un fragment d'allumette introduit par l'une des prises d'air du chalumeau peut traverser jusqu'à trois fois le brûleur et le four chauffé à blanc sans être seulement carbonisé; la limaille de fer aspirée par les mêmes orifices brûle avec le plus vif éclat à la sortie du four. Cet appareil et le suivant conviennent très-bien pour l'attaque des silicates par la chaux.
10-i. — Pour Lederc 6t Forq[uigiion. — En 1872, A. Leclerc et Forquignon ont réalisé, dans le laboratoire de la Station de l'Est, un petit appareil destiné à produire en l'espace de cinq à six minutes une température de 1,600 à 1,800° autour d'un creuset de biscuit ou de platine de 7 à 8 centimètres cubes, en surmontant le tube à prise d'air de Schlœsing du four à double paroi de Goor(fig. 16).
La combinaison de ces deux appareils, réduits à leur plus simple expression, a ceci de remarquable que leur construction est des plus simples et que les très-petites proportions de l'ensemble permettent l'emploi du chalumeau de laboratoire comme moteur d'entraînement des gaz, ainsi que du plus petit soufflet d'émailleur comme
FOURS A HADTBS TEMPÉRATURES. 127
compresseur et régulateur d'air. La rapidité d'élévation de la température peimet la fusion de plusieurs grammes de cuivre ou de fonte de fer, avant m£me que la paroi extérieure soit sensiblement échauffée.
Après avoir retiré le capuchon ordinaire du chalumeau de laboratoire, on lui sub.stitiie le tube à prise d'air, de
Font Lqc[«rB cl Forqnignao.
forme cintrée, qui oblige à disposer le chalumeau horizontalement sous le four posé sur un cercle de support métalli({ue quelconque : fermant la prise d'air atmosphérique de ce bec cintré, on soufDe légèrement avant et pendant l'allumage et on expose lentement le creuset de
128 MÉTHODES GÉNÉRALE6 d'aNALYSE.
biscuit au-dessus de la flamme un peu fuligineuse, en le descendant jusqu'à son triangle de platine. Puis, souillant un* peu plus énergiquement, on ouvre progressivement la prise d'air, en proportionnant rémission du gaz de façon que la flamme reste sous le creuset; le dôme se place enfm sur la base du four. Le réglage du gaz doit être tel que l'on voie à peine sortir l'extrémité de la flamme à travers les ouvertures inférieures de ce dôme ; la combustion étant d'ailleurs celle de l'appareil type de Th. Schlœsing, le réglage mécanique par le frottement de la flamme sur le cuivre peut être appliqué ici la première fois que l'on emploie ce petit instrument.
Pour l'obtention de températures supérieures à celle de la liquéfaction du cuivre ou de l'or, il est prudent de substituer au triangle de platine trois cales de magnésie, ou, mieux encore, trois bouts de tube de terre de pipe, enfoncés par l'extérieur du four central et maintenus en place par le cylindre métallique qui enveloppe le four.