IX. — Indiquer la profondeur moyenne des labours
X.— Indiquer la nature physique apparente du sol. (Cailloux. — Pierres. — Terrain humide, sec, noir, blanc, etc.)
XI. — Si c'est possible, faire connaître la hauteur du plan d^eaii, c'est-à-dire la profondeur à laquelle on rencontre la nappe d*eau, à son niveau moyen annuel.
XII. — Données météorologiques. — Nombre de jours de pluie par an ; hauteur moyenne annuelle d'eau tombée. Températures moyenne, maxima, minima. — Fréquence des orages. — Sens des courants de vent. -^ Le pays est-il abrité ou non ?
XIII. — Nature et quantité des fumures reçues par le champ pendant la période de la rotation!
XIV. — Nature de l'assolement. — Nature des récoltes; leur succession. — Rendements moyens ancuels.
Teus les autres renseignements statistiques ou descriptifs qui pourront être recueillis sont utiles à consigner, tels que: espèces végétales dominantes, plantes caractéristiques, présence de minerais de fer, afOeurement de marnes. — Distance d'un chemin de fer. — Voies de communication, etc., etc.
108. — Préparation de la terre. — Nous avons vu précédemment qu'il faut prélever sur place, pour chaque analyse, deux échantillons de sol dont l'un, renfermé immédiatement dans un vase étanche, sera expédié tel quel, l'autre étant préalablement séché à Tair libre, ou mieux sur la sole tiède d'un four. Ce prélèvement d'un double échantillon a pour objet de livrer au chimiste le sol tel qu'il est au moment de la prise d'essai dans le champ, c'est-à-dire avec sa teneur en eau, et de lui fournir en même temps une terre (échantillon desséché) dépourvue des moisissures , champignons et autres parasites qui pourraient se développer dans l'échantillon humide s'il était trop longtemps abandonné à lui-même. Avant d'effectuer aucune détermination sur le sol envoyé au laboratoire, on prélève, dans le flacon de terre non desséchée, un échantillon de 100 à 150 grammes qui servira à déterminer le taux pour cent d'humidité du sol naturel, par dessiccation dans Tétuve chauffée à 150°.
Le reste du contenu du flacon sera versé sur une table et l'on procédera aux opérations suivantes : On commence par émietter la terre à la main, opération qui s'exécute facilement lorsque le sol possède un degré particulier d'humidité que l'expérience indique bientôt à l'opérateur. Si la terre est trop humide, elle se prend en mottes; si si elle est trop sèche, elle constitue des masses plus ou moins dures, difficiles à rompre sous les doigts. La dessiccation à l'air libre dans le premier cas, l'addition ^'une petite quantité d'eau à l'aide de la pisse tte dans le second, amènent bientôt la terre à l'état particulier d'humidité qui rend facile l'émiettement dont je viens de parler. Lorsque le sol est ainsi divisé à la main, on l'abandonne à
Vair libre, en le remuant de ten^ps en temps, et lorsqu'il B perdu la plus grande partie de son eau hygrométrique on procède à la détermination suivante :
109. — Détermination du poids du litre. — Il est toujours très-utile de constater la densité apparente du sol qu'on analyse, c'est-à-dire le poids d'un litre de cette terre légèrement tassée. Pour cela, dans un vase cubique en métal, d'un décimètre de côté (dimension intérieure) , on verse la terre séchée à l'air, on la tasse légèrement en frappant la paroi inférieure du vase sur la table, et l'on porte le vase, ainsi rempli jusqu'à ses bords, sur une balance Roberval. On lui fait équilibre avec une tare placée «ur l'autre plateau, puis on vide le vase et l'on rétablit l'équilibre avec des poids marqués. L'on a ainsi le poids spécifique apparent du sol ; ce poids varie dans des limites assez larges (550 à 1,600 grammes) avec la nature géologique et chimique du sol. Il sert à déterminer le poids de la couche dans laquelle les végétaux vont puiser leur alimentation. Supposons qu'un sol pèse 1,200 grammes par litre, que la couche cultivée ait 20 centimètres d'épaisseur, le volume de la couche arable étant, par hectare, égal à 10,000 mètres X 0'°,20 = 2,000 mètres cubes, le poids de la couche cultivée sera 1,200 kilogrammes X 2,000 = 2,400,000 kilogrammes, soit 2,400 tonnes métriques. Lorsqu'on connaîtra la teneur centésimale de ce sol en potasse, acide phosphorique, etc., rien ne sera plus facile que d'établir le poids, par hectare, de chacun de ces éléments qui est contenu dans la couche arable.
110. — Séparation des éléments du sol par ordre de grosseur. — Toutes choses égales d'ailleurs, un sol est d'autant plus fécond que les éléments nutritifs qu'il renferme (KO, CaO, Az, PhO*) s'y trouvent à un état de dissémination physique plus considérable. Il importe donc de déterminer avec exactitude les proportions rela-
tives de cailloux, fragments de roches, terre de grains de finesses diverses, que renferment les sols soumis à l'analyse. Voici comment l'on procède à ces évaluations.
On pèse un kilogramme de terre séchée à Fair, puis, à l'aide de tamis de diverses grosseurs, on sépare la terre en quatre lots :
1° Terre passant au travers du tamis n° 1, terre fine (*);
2* Terre passant au tamis n° 2, terre moyenne ;
3° Terre passant au tamis n*' 3, petits cailloux;
4° Fragments restant sur le tamis n° 3, cailloux;
C'est toujours la terre n° 1 qui est employée pour l'analyse chimique du sol.
On note avec soin les poids de chacun de ces quatre lots ; les chiffres ainsi obtenus fournissent déjà des indications précieuses sur l'état physique du sol. Cette séparation étant effectuée, on peut établir rapidement, à l'aide d'un agitateur effilé et plongé dans l'acide nitrique, les quantités respectives de cailloux siliceux ou calcaires dont le lot n** i est formé. Pour cela, il suffit de toucher rapidement les cailloux avec l'agitateur, de séparer ceux qui font effervescence de ceux que n'attaque pas l'acide, et de prendre le poids des deux lots ainsi formés. La même opération pratiquée sur le lot n° 3 fournirait l'indication du taux pour cent de cailloux calcaires qu'il renferme ; mais à raison du petit volume de chacun des fragments qui composent ce lot, cette manière de procéder serait trop longue. On arrive rapidement au même but en pesant
(1) Les tami& dont je me «ers présentent les écartements suivants entre leurs mailles :
Tamis n<» 1. — 0">,001; Tamis n° 2. — 0 ,003; Tamis n» 3. — 0 ,005.
Tout ce qui reste sur le tamis n» 3 est considéré comme cailloux.
50 grammes de terre du lot n° 3, en les attaquant par Teau acidulée jusqu'à cessation de dégagement d'acide carbonique, décantant, lavant et desséchant le résidu, dont on prend le poids. On a, par différence, le taux pour cent de cailloux calcaires.