‹ Traité d'analyse des matières agricolesChapitre 68 sur 127 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

sieurs substances, inférieures à celles que donne le calcul. Cela vient de la grande difficulté qu'il y a à mélanger intimement une masse un peu considérable de substances de densité, d'humidité et lexture physique différentes.

On obvie complètement à ces inconvénients, en prélevant, avant tout mélange, des échantillons de matières premières et en les adressant au chimiste. S il trouve dans chacun des engrais isolés les proportions d'azote, d'acide phosphorique aux divers états et de potasse garanties par le vendeur, le plus ou moins d'homogénéité du mélange fait à la ferme perdra de son importance, les quantités de principes fertilisants garanties à l'agriculteur lui ayant été réellement livrées.

Suivant les arrangements intervenus entre le producteur et le consommateur, il y aura lieu d'indiquer au chimiste la nature des principes fertilisants à doser. Quelques exemples feront mieux ressortir ce point.

Pour les superphosphates, par exemple, certains vendeurs garantissent tant pour 100 d'acide phosphorique «oluble; d'autres, tant pour 100 d'acide phosphorique ammilable (c'est-à-dire soluble dans l'eau et dans le citrate). C'est cette dernière base d'évaluation qui est le plus équitable pour les deux parties contractantes (l'acide soluble et l'acide rétrogadé ou soluble dans le citrate ayant trèssensiblement même valeur agricole). Dans le premier cas, le chimiste pourra se borner au dosage du phosphate soluble dans l'eau; dans le second, il devra déterminer la richesse en acide phosphorique soluble dans l'eau et dans le citrate d'ammoniaque : l'expédit.eur doit toujours indiquer ce qu'il désire et la garantie que lui donne son vendeur, quant à l'état sous lequel se trouvent les principes fertilisants.

Faute de le faire, il place le chimiste auquelil s'adresse dans l'embarras. Si ce dernier ne dose que l'acide phosphorique soluble, il arrive fréquemment quoi» l'engrais

n'ayant pas le litre garanti, le vendeur invoque l'absence de dosage du phosphate rétrogradé. D'autre part, certains agriculteurs trouvent mauvais que le chimiste leur envoie le dosage de l'acide rétrogadé et celui du soluble, alors qu'ils n'ont demandé que le dernier.

Il importe donc qu'une indication précise des éléments à doser accompagne l'envoi de l'échantillon. Si l'acheteur est indécis sur la nature de ces éléments, il peut toujours indiquer au chimiste l'origine de l'azote et de l'acide phosphorique parles mots nitrate, sulfate d'ammoniaque, matières organiques azotées, superphosphates, etc.

Pour le nitrate de potasse, même observation : on peut garantir tant pour iOO d'azote seulement, ou tant pour 100 de nitrate; dans le premier cas, un dosage d'azote nitrique suffira; dans le second, il faudra doser, à la fois, l'azote nitrique et la potasse.

L'agriculteur qui s'adresse, pour compléter ses fumures aux engrais industriels, doit exiger des vendeurs la garantie écrite du taux pour 100 des principe^ suivants , nominativement désignés : Azote organique, nitrique, am^ moniacat; acide phosphorique soluble dans l'eau et dans le citrate ; acide phosphorique insoluble ; potasse.

Lorsqu'il désire faire vérifier, dans un laboratoire, la composition des engrais achetés par lui, afin de s'assurer qu'elle est bien conforme à la garantie, il doit fournir au chimiste auquel il s'adresse les mêmes indications. Son intérêt, celui du vendeur et, dans une certaine limite^ celui du chimiste, se trouvent solidaires. Une analyse faite d'après les indications que je viens de rappeler, peut prévenir des difficultés que j'ai souvent vu résulter d'ana- Ivses exécutées avec tous les soins désirables, mais en l'absence de renseignements sur les principes à doser et sur la garantie fournie par le vendeur.

J'appelle donc toute l'attention des chimistes et des agri-

ÉCHANTILLONNAGE DES ENGRAIS. 221

culteurs sur les précautions que je viens d'indiquer; bien prises, elles éviteront aux expéditeurs, aux chimistes et aux vendeurs, des ennuis et des difficultés parfois trèspréjudiciables aux intérêts des cultivateurs et des commerçants honnêtes.

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