‹ Traité d'analyse des matières agricolesChapitre 69 sur 127 · Importance de cette opération. — Au · texte numérisé non relu

Importance de cette opération. — Au

premier rang des difficultés, quelquefois assez grandes, qui s'offrent au chimiste, il faut placer ^échantillonnage de Tengrais à analyser, et la prise d'essai de la quantité de matière sur laquelle seront faits les dosages. On ne saurait entrer dans des détails trop précis sur ces deux opérations, de la conduite desquelles dépendent j^r^s^ti^ /oujours les écarts constatés par deux chimistes, supposés également habiles, dans l'analyse d'un engrais. J'insisterai donc sur ces deux premières phases des manipulations.

192. . — Échantillonnage de l'engrais. — Opération relativement simple lorsque l'engrais est un sel, tel que sulfate d'ammoniaque ou nitrate de potasse, ou une matière homogène, comme le superphosphate de chaux bien préparé, l'échantillonnage présente des difficultés réelles lorsqu'il s'agit d'engrais complexes, non homogènes ou frelatés, c'est-à-dire mélangés d'une faible quantité d'une substance chimique définie, à une masse plus ou moins considérable de matières inertes.

Si l'engrais est pulvérulent, l'échantillonnage e^t encore assez facile, mais s'il contient des débris d'o3, de laine, de drap, de corne ou autres déchets industriels non réduits en poudre, la prise de l'échantillon exige du chimiste un soin tout particulier. — Envisageons successivement les cas principaux.

a) Engrais homogènes en poudre. — (Sulfate d'ammaniaque, nitrate de soude, nitrate de potasse, coprolithe; phosphorite, phosphate précipité, superphosphate, cendre d'os, poudre d'os, guano brut, guano à azote fixé, noir de raffinerie, cendres lessivées, cendres de bois, de houille.)

A l'aide d'une sonde en fer, on prélève sur le plus grand nombre de sacs ou de tonneaux possible environ 2 à 3 kilogr. de l'engrais à analyser, pris dans 10 k 15 points différents; on mélange le tout aussi exactement que faire se peut sur une bâche en toile, et le mélange intime étant opéré, on prélève sur la masse 400 à 500 grammes d'engrais qu'on place dans un flacon de verre étiqueté et qui est ensuite bouché hermétiquement.

Le plus ou moins d'homogénéité du lot d'engrais (humidité, couleur, finesse de la poudre, etc.), guidera, mieux qu'une description, le choix du chimiste, qui devra toiH jours, autant que possible, procéder lui-même à la levée de l'échantillon, et dans les autres cas, donnera au cultivateur ou à tout autre intéressé les indications précédentes.

b) Engrais plus ou moins pulvérulents provenant de mélanges de sels ou de matières diverses, — Sels de Stassfurt (chlorure, sulfate de potasse et de magnésie, salins de betterave, potasse brute).

On procédera comme plus haut, en multipliant les prises de matière à la sonde dans chacun des sacs ou tonneaux, afin d'amener la composition moyenne la plus exacte de l'échantillon destiné à l'analyse.

La difficulté s'accroît ici du mélange de plusieurs sel& obtenus soit isolément, soit ensemble, mais dans des proportions différentes suivant les couches. Il faut prendre également 4Ô0 à 500 grammes de matière.

c) Engrais non pulvérulents. — (Déchets de corne, peaux, cuirs, laine, découlurage de drap, sang et chair desséchés, déchets industriels divers.)

ÉCHANTILLONNAGE DES ENGRAIS. 223

S'il est possible, évaluer sur place, par pesées successives, la proportion relative de matières, diverses par leur nature chimique, leur volume et leur origine, qui constituent le mélange à analyser. Chercher ensuite à constituer par un triage un échantillon représentant autant que possible, la composition moyenne du lot d'engrais. Le lot à emporter au laboratoire doit peser au moins un kilogramme.

193. — Prise d'essai pour les dosages. — ti) Engrais jmlvérulenta, — On prélève moitié de Téchantillon reçu qu'on place dans un flacon étiqueté et bien bouché. Celte partie intacte ne doit plus être touchée et servira, en cas de contestation, à une nouvelle analyse. — On vide dans un mortier l'autre moitié de l'échantillon envoyé au laboratoire et, à l'aide d'une spatule de porcelaine, on mélange intimement la masse en en écartant les fragments de matières étrangères qui pourraient y être mêlées; si le nombre et le volume de ces derniers sont relativement minimes, on les néglige; dans le cas contraire, on les pèse et on établit par le calcul la proportion qu'en renferment 100 parties de l'échantillon. Cela fait, on broie au pilon, si cela est nécessaire, comme cela arrive fréquemment pour le sulfate d'ammoniaque, les superphosphates et les sels de Stassfurt, les fragments un peu volumineux de sels. — Si l'état de dessiccation naturelle de l'engrais le permet, on passe alors le tout au tamis de i millimètre et on broie ce qui reste sur le tamis après en avoir écarté les matières étrangères, en en notant le poids.

On tamise de nouveau et l'on mélange une dernière fois la masse, qui est ensuite replacée dans le flacon, qu'on bouche soigneusement afin d'éviter les pertes ou gains d'humidité par le contact avec l'air.

b) Engrais non pulvérulents, — La prise d'essai est

souvent entourée de beaucoup de difficultés, surtout s'il s'agit de découturages de draps, de chiffons de laine et de déchets industriels du même genre. Comme dans le cas précédent, moitié de Téchantillon est mise de côté dans un flacon étiqueté et bouché; l'autre moitié est étendue sur une table et l'on procède au triage en faisant deux lots distincts : le premier formé par les matières étrangères, cailloux, fragments de bois, chiffons de toile et de coton, etc.; le second comprenant les matières qui doivent constituer l'engrais, cuirs, chiffons de laine, corne, fragments d'os, etc., suivant les cas. On pèse les deux lots et l'on calcule le taux pour 100 de substances étrangères.

194. — Des quantités d'engrais à employer pour les différents dosages. — La difficulté qu'on éprouve à opérer, en général, sur des quantités un peu considérables de matières, pour chaque dosage, est une des raisons principales pour lesquelles j'attache tant de prix à un échantillonnage aussi parfait que possible. Presque tous les traités d'analyse indiquent les quantités de 2 à 5 grammes comme celles qu'on doit employer pour les diverses déterminations quantitatives. Ces poids sont 6^at^ coup trop faibles et ne donnent pas des garanties suffisantes sur l'état moyen de la prise d'essai.

Au laboratoire de la Station agronomique de l'Est, les prises d'essai varient, d'ordinaire, dans les limites suivantes pour les différents engrais :

a) Engrais pulvérulents.

Superphosphates.

Phosphate précipité.

Poudre d'os.

Phosphorite. } 10 à 30 grammes.

Coprolithe.

Poudrette.

> • ' Guano.

50 à 100 grammes.

Solfate d'ammoniaque.

Sels de Stassfurt.

Salins de betterave . Nitrates.

Déchets de laine.

Déchets de corne.

Découturage de laine.

Engrais complexes.

J'indiquerai plus loin, à propos de chacun de ces engrais, la manière de traiter cette prise d'essai; mais je ne saurais trop insister sur l'avantage qu'il y a, dans la plupart des cas, à employer, contrairement à ce qui se fait d'ordinaire, des quantités relativement considérables de matière.

m. — CLASSIFICATION DES ENGRAIS INDUSTRIELS.

195. — Principes constituaiits des engrais industriels. — Le chimiste qui s'occupe d'analyse d'engrais peut avoir à doser les 17 matières suivantes, diversement associées les unes aux autres et rarement réunies dans un seul et même engrais :

1^ Eau.

2" Matières organiques non azotées.

3° Résidu minéral (cendres).

4° Résidu insoluble dans les acides.

5° Azote (à l'état de combinaison organique).

6° Azote à l'état d'ammoniaque.

T Azote à l'état d'acide nitrique.

8** Acide phosphorique total.

9"* Acide phosphorique à l'état de phosphate tribasique insoluble.

W Acide phosphorique à l'état de phosphate bibasique (soluble dans le citrate d'ammoniaque).

iV Acide phosphorique à l'état de phosphate acide (soluble dans l'eau.

12** Potasse. — A divers états de combinaison et de solubilité.)

la** Chaux.

14° Magnésie.

15" Chlore.

16° Acide sulfurique.

17° Acide carbonique.

Je ne m'occuperai, dans ce chapitre, que du dosage des trois éléments dominants, azote, acide phosphorique et potasse, renvoyant pour la détermination des autres substances, eau, chlore, acide carbonique, etc., aux méthodes précédemment décrites.

196. — Classification des engrais industriels. — Associées deux h deux, trois à trois ou en plus grand nombre, les dix-sept substances que je viens d'énuraérer constituent tous les engrais que le commerce livre à l'agriculture, et qu'on peut comprendre, comme je l'ai fait dans mon étude sur les engrais industriels (*), sous cinq groupçs distincts, savoir :

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