B. — ENGRAIS A AZOTE SOLUBLE
200. — Sulfate d'ammoniaque. — Le sulfate d'ammoniaque, chimiquement pur, contient 21.21 p. 100 d'azote soit 25.75 p. 100 d'ammoniaque; c'est, après l'urée, la matière fertilisante la plus riche en azote. L'épuration du gaz, la fabrication du noir animal et le traitement des eaux vannes sont les trois sources les plus abondantes de sulfate d'ammoniaque pour l'agriculture. Les sulfates d'ammoniaque d'origine française contiennent de 19.5 à 20.50 d'azote. Les sulfates anglais sont généralement noirs, plus pauvres en azote et quelquefois mélangés en proportion considérable d'un sel ammoniacal très-vénéneux pour les plantes, le sulfocyanhydrate d'ammoniaque, dont on peut très-facilement constater la présence à l'aide de la réaction des sulfocyanures sur les sels de fer.
Dans l'analyse du sulfate d'ammoniaque, on se borne au dosage de l'azote, qu'on effectue de la façon suivante. Si le sel à analyser paraît bien homogène, on en pèse exactement 20 grammes; on les place dans un vase jaugé d'un litre qu'on remplit d'eau distillée jusqu'au trait. On agite le flacon et lorsque la dissolution du sel est complète, on en prend, avec une pipette, 50 centimètres cubes qu'on distille au contact de la magnésie calcinée dans l'appareil de Boussingault, représenté par la figure 30.
L'extrémité ^ du serpentin en verre doit plonger dans l'acide sulfurique titré (10 centimètres d'acide, contenant environ 0^%1 d'acide supposé anhydre et titré comme il est dit § 45, c).
Si le sel paraît peu homogène, on en pèse 100 grammes
qu'on dissout dans l'eau, de manière h avoir un litre de liquide. On fait alors le dosage sur 10 centimètres cubes de cette dissolution. Dans tous les cas on opère sur une
AppuTïU âe BDattlDgmiIt poar U doMge de l'ammonlkqne.
quantité de liquide correspondant à 1 gramme du sulfate à analyser.
Ce dosage doit être conduit de la façon suivante : La solution du sulfate (50 centimètres cubes ou 10 centi-
mètres cubes) est versée ds^ns le ballon, on y ajoute 200 centimètres cubes d'eau distillée exempte d'ammoniaque et une quantité suffisante (0^',5 à 1 gr.) de magnésie calcinée. On ferme immédiatement le ballon avec un bon bouchon, ce qui dispense de lut, puis on relie le tube de dégagement au serpentin, par un bouchon fermant hermétiquement. L'extrémité du serpentin plonge dans l'acide sulfurique (10 centimètres cubes) titré placé dans le petit matras et additionné de quelques gouttes de teinture de tournesol. On chauffe et la distillation ne tarde pas à commencer; on la pousse jusqu'au moment où le liquide distillé s'élève dans le matras au trait marqué à 100 centimètres cubes. On recueille ainsi les -f de la liqueur contenant le sulfate, ce qui est suffisant pour que toute l'ammoniaque ait passé à la distillation. On retire avec précaution le matras; avec une pissette, on lave l'extrémité du serpentin à l'eau distillée, en recueillant l'eau de lavage dans la liqueur titrée, puis on prind à nouveau le titre de la solution acide. Par différence, on calcule aisément le taux d'ammoniaque contenu dans le nombre de centimètres cubes employés, et, partant, la richesse du sulfate à analyser.
201. — Nitrates de potasse et de soude. — Les procédés indiqués dans les traités d'analyses pour la détermination de la composition des nitrates du commerce sont très-imparfaits. Le plus employé, qui consiste à déterminer, par pesées, dans un poids connu du nitrate à analyser, les substances étrangères (NaCl, S0% NaO, KO,
etc ) et à doser, par différence, le nitrate pur, est tout
à fait défectueux.
Le déplacement de l'acide nitrique par le silice, à haute température, ne donne pas de résultats plus exacts. — Je puis, au contraire, recommander comme donnant les meilleurs résultats, la méthode de Schlœsing, décrite §§ 36 et suivants, que j'emploie depuis plusieurs années
avec un succès complet; il rae reste peu de chose à ajouter à ce que j'ai dit précédemment à ce sujet.
On pèse exactement 66 grammes du nitrate de soude ou 80 grammes du nitrate de potasse ^ analyser. On dissout le sel dans l'eau à 15° environ, en s'arrangeant de manière à obtenir exactement un litre de dissolution.
5 centimètres cubes de cette liqueur sont décomposés par le protochlorure de fer dans l'appareil décrit § 39, figures 5 et 6.
On prend ensuite 5 centimètres cubes de la liqueur normale (§ 41) et l'on compare, sur l'eau, les volumes de bioxyde d'azote obtenus, en suivant toutes les indications données précédemment. On cherche ensuite dans les Tables d* analyse des nitrates, la richesse du sel correspondant aux volumes de bioxyde d'azote mesurés.
Je suppose que 5 centimètres cubes de nitrate donnent, à la température et à la pression où l'on fait l'analyse, 95 centimètres cubes d^ bioxyde d'azote, tandis que même volume de la solution du nitrate à analyser fournit 82''*',5, on voit, à la simple inspection des tables, que le sel soumis à l'analyse contient 86,84 p. iOO de nitrate pur, correspondant à 14,302 p. 100 d'azote, si le sel est du nitrate de soude, et à 12,036 p, 100 seulement, s'il s'agit de nitrate de potasse.
Ce procédé d'analyse, bien exécuté, ne laisse absolu-* ment rien à désirer et doit être préféré à toutes les autres méthodes, sans exception.