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Carbonate de potasse (potasse brute

A ces cinq groupes, il convient d'ajouter les engrais, complexes renfermant à la fois l'azote et l'acide phospho^ "que, sous leurs trois formes, et la potasse.

IV. — ANALYSE DES ENGRAIS AZOTÉS. A — ENGRAIS A AZOTE INSOLDBLE OC ORGANIQUE.

197. — Débris de chair et sang desséché. — Déchets de laine, de drap, de cuir et de corne. —

Ces divers déchets industriels sont généralement vendus d'après leur richesse en azote, qui dépasse rarement 10 p. 100 et qu'on détermine par la méthode de la chaux sodée (§§ 24 et suiv.) ou par combustion avec l'oxyde de cuivre.

L'analyse d'un même échantillon de ces matières peut fournir des résultats très-différents, si l'on opère, comme l'indiquent presque tous les auteurs, sur un gramme ou deux, au plus, de substance préalablement desséchée. — En effet, presque toujours, ces engrais sont des mélanges, à proportions variables, de substances azotées et de matières sans valeur au point de vue agricole, coton, fil, fragments de bois, etc. Or, il est très-difficile, souvent impraticable, tant qu'on opère sur de semblables mélanges, d'obtenir un échantillon du poids de un à deux grammes présentant la composition moyenne de l'engrais. L'embarras que m'a causé, il y a plusieurs années déjà, l'examen chimique de ces produits m'a conduit à imaginer un procédé détourné, à la fois rigoureux et expéditif, pour obtenir un échantillon moyen dont je soumets alors un à deux grammes au dosage par la chaux sodée.

Voici comment j'opère pour obtenir des résultats exacts.

198. — Attaque par l'acide sulfurique. — a) Sang desséché, chair, tendons, cuirs, corne et poils. — On prend 100 grammes de la matière qu'on dessèche à 110** dans l'étuve représentée par la figure 28. Cette étuve, en fonte émaillée, est chauffée au gaz dont l'arrivée est réglée soit

par un régulateur Schlœsing('), soit par l'appareil représenté ligure â9, imaginé par MoiCessier (') : la température demeure invariable à moins de '/i degré pendant aussi

longtemps qu'on le désire. — Quand l'eau a été chassée, ce' ilont on s'assure par deux pesées consécutives accusant le

l'I Voir la description, Annales de chimie et de physique, (870. I'} Les deux appaieils se IrouTenl chez V. Viessitegg, rue Gay- Iinssac, 64, & Paris.

230 ANALYSE DES ENQRAIS INDUSTHtELâ. .

même poids, on verse la malière desséchée dans un vase de Bohême à fond plat et on l'humecte entièrement avec de l'acide sulfurique monohydralë, ajouté en quantité suflîsante pour baigner complètement la substance. Le

ne- 28.

RJenlaleur Molleuier.

vuse de Bohême doit être assez grand pour éviter toute perte de substance par effervescence ou boursoufle ment. .On reporte le vase dans l'étuvc, dont on laisse tomber la température â 80° ou 70°, et on l'y abandonne pendant tin temps qui varie de 6 â 12 heures, suivant la nature et la 4]uantité de la matière à analyser. Les substances azotées subissent, dans ce cas, des modifications complètes dont le résultat est de transformer une partie de l'aiote (30 i 60

p. 100 suivant les cas) en ammoniaque, qui s'unit à Tacide sulfurique, et en azote soluble dans Tacide, à un état particulier, différent de Tammoniaque. On agite de temps en temps avec une spatule de platine ou un tube de verre plein et Ton ne retire du feu que lorsque toute la masse est devenue liquide ou tout au moins pâteuse. La forme des fragments de corne, cuir, bois, etc., doit avoir complètement disparu, et la masse peut toujours s'écraser sous la spatule. Lorsque la matière est arrivée à cet état, on la verse dans un mortier en porcelaine, assez vaste, on lave le vase de verre en y versant du carbonate de chaux en poudre impalpable (blanc de Meudon porphyrisé), qui détache jusqu'aux dernières parcelles des substances organiques, et Ton continue à egouter dans le mortier du carbonate en poudre jusqu'au moment où toute la masse, de couleur grisâtre, est absolument sèche et pulvérulente. A. cet état, elle n'adhère plus du tout au mortier et peut en être enlevée sans la moindre perte. La trituration qui accompagne le mélange du carbonate au magma sulfurique a rendu la matière très-homogène. On pèse alors la poudre grise ainsi obtenue et intimement mélangée, et l'on en prend 2 grammes pour le dosage de l'azote, que l'on conduit alors comme lorsqu'il s'agit d'une substance homogène. Un simple calcul donne le poids réel de la matière primitive sur lequel on dose l'azote. Ce procédé, que j'emploie depuis plusieurs années, m'a donné constamment des résultats excellents, toutes les vérifications auxquelles je Tai soumis, en opérant sur des produits organiques azotés à composition bien définie, m'ont confirmé dans le degré de confiance qu'on doit lui accorder.

b) Déchets de drap et chiffons de laine. — L'industrie livre à Tagriculture des chiffons de laine et des découturages de drap, mélange de laine, coton et fil, qui n'ont de valeur que par l'azote qu'ils renferment. La pre-

mière chose à faire lorsqu'on reçoit de semblables mélanges à analyser, c'est d'en peser 300 à 400 grammes, pins si le poids de Féchantillon le permet, et de procéder à un triage des tissus de laine, de coton et fil : on réunit ces deux dernières matières et Ton en prend le poids. On connaît ainsi le taux pour 100 de matières étrangères separables à la main. Les chiffons de laine, contenant encore des fragments adhérents de coton et de fil, sbnt pesés à part, puis Ton procède sur eux exactement comme il vient d'être dit. Le triage à la main et l'attaque par l'acide sutfurique permettent, lorsqu'ils sont convenablement effectués, d'arriver à établir assez exactement le taux d'azote et, partant, la valeur agricole de ces produits.

199. — Dosage de la potasse et de Tacide pl^osphorique. — L'expéditeur demande quelquefois la teneur de ces produits en acide phosphorique et en potasse. Ces deux dosages s'effectuent de la manière suivante : Dans la moufle à gaz, représentée figure 23 (p. 163), on calcine Ifi matière desséchée, pesée (25 gr. au moins), et étendue sur une plaque de porcelaine dégourdie. Le résidu est ensuite attaqué par l'acide nitrique; après une digestion d'une demi-heure environ sur le bain de sable, on verse de l'eau distillée dans la capsule où s'est faite l'attaque et l'on filtre. On lave le résidu à l'eau, en recueillant les eaux de lavage et l'on étend à 100 centimètres cubes. — Dans 50 centimètres cubes, on dose l'acide phosphorique par le molybdate d'ammoniaque, avec toutes les précautions voulues (§ 67). Dans le reste de la liqueur on dose la potasse par le perchlorate d'ammoniaque ; pour cela , on concentre la liqueur jusqu'à 4 ou 5 centimètres cubes, on y verse de l'acide perchlorique, on évapore à sec pour chasser l'excès du réactif. Puis, on ajoute de Talcool, on lave avec soin les cristaux de perchlorate de potasse {§ 80) et on les pèse. On peut faire aussi le dosage de la potasse,

à l'aide du bichlorure de platine : pour cela, il faut transformer d'abord les nitrates en carbonates par l'acide oxalique (v. §§ 77, 100). — La méthode de Schlœsing, par le perchlorate, est beaucoup plus expéditive.

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