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ENGRAIS PHOSPHATÉS ET POTASSIQUES

grammes de l*engrais à analyser, qu'on dessèche complètement sur le bain de sable en notant la perte de poids résultant du départ de l'eau contenue dans la matière. On broie finement le résidu dans un mortier bien sec, on pèse 2 grammes de cette poudre s'il s'agit de poudrette, et 1 gramme seulement si l'on analyse un tourteau. On dose l'azote par la chaux sodée, avec toutes les précautions décrites §§ 25 et suivants.

223. — Dosage de racide phosphoricpie. — On incinère 40 gramme^ de la substance préalablement desséchée, et l'on traite par l'acide nitrique étendu le résidu de la calcination. On filtre après digestion d'une heure sur le bain de sable, on lave à l'eau distillée et l'on étend la liqueur à 1000 centimètres cubes. Dans 50 centimètres cubes, on dose l'acide phosphorique par l'urane (§ 72), ou mieux par le molybdate si l'on constate Ja présence de fer ou d'alumine (ce qui est rare) dans la liqueur nitrique.

224. — Dosage de la potasse. — Si l'on doit chercher la potasse, on reprend par l'acide chlorhydrique le résidu de la calcination de 5 à 10 grammes de l'engrais, on élimine la chaux, la magnésie, l'acide sulfurique et l'acide phosphorique par les méthodes connues^ et dans la liqueur obtenue on dose la potasse par le bichlorure de platine.

Vn. — ENGRAIS PHOSPHATÉS ET POTASSIQUES. GENDRES DE BOIS, DE HOUILLE, DE TOURBE.

225. — Gendres de bois brutes. — Je consacre plus loin un chapitre spécial à l'analyse complète des cendres des végétaux; aussi me bornerai-je ici à indiquer le dosage de la potasse et de l'acide phosphorique dans les cendres employées comme engrais.

De ces trois substances, la plus riche en matières ferti-

lisantes est la cendre de bois brute, c'est-à-dire non lessivée. Les cendres des végétaux contiennent de la potasse et de Tacide phosphorique, en quantité variable mais assez grande, généralement, pour présenter une véritable valeur comme engrais.

a) Dosage de la potasse, — Presque toujours un titrage alcalimétrique effectué sur la solution aqueuse des cendres, suffira pour fixer le chimiste sur le taux approximatif de la potasse : on effectuera ce dosage en traitant 25 grammes de cendres tamisées, par l'eau, étendant à 1000 centimètres cubes et titrant, avec l'acide sulfurique, 5 ou 10 centimètres cubes de la solution. Si l'on veut connaître exactement le taux de la potasse, on a recours à la séparation de cette base par le bichlorure de platine, en observant les précautions nécessaires pour ce dosage.

b) Dqsage de Vacide phosphorique, — On traite par l'acide nitrique étendu, ajouté avec précaution, 10 grammes de cendres préalablement mises en suspension dans l'eau. Après digestion au bain de sable, on étend la dissolution nitrique à 1000 centimètres cubes, on filtre, et l'on dose l'acide phosphorique par le molybdate d'ammoniaque, dans 50 centimètres cubes de la liqueur.

226. — Gendres lessivées. — Les cendres qui ont été épuisées par l'eau ne contiennent plus que des traces de potasse soluble tout à fait négligeables. On se bornera donc au dosage de l'acide phosphorique, qu'on fera exactement comme il vient d'être dit à propos des cendres brutes. On suivra la même marche pour l'analyse des cendres de tourbe et de houille, qui ne renferment que des quantités très-minimes et presque toujours négligeables de potasse.

ENGRAIS POTASSIQUES. 251

Vm. — ENGRAIS POTASSIQUES.

SELS. DE STASSFURT. — SALINS BU MIDI. '— SALINS DE BETTERAVE. — CHLORURE ET CARBONATE DE POTASSE.

227. — Méthode de Stohmann. — Dans presque tous les cas (si l'on excepte l'analyse du salpêtre) on n'a à doser que la potasse dans les engrais dits potassiques, cette base étant le seul élément qui serve à établir la valeur de la matière fertilisante. Les méthodes précédemment décrites, et notamment le dosage par le perchlorate d'ammoniaque (§ 80), s'adaptent très-bien à l'analyse de ces engrais. Je crois, cependant, devoir indiquer, en outre, la métbode due à Stohmann, appliquée, dans les stations allemandes et dans mon laboratoire, au contrôle des engrais de Stassfurt.

Elle repose sur ce fait que les chlorures doubles de platine et de baryum, de calcium et de magnésium sont solubles dans l'alcool, tandis que le chloro-platinale de potassium est à peu près complètement insoluble dans ce liquide. Il suffit donc, comme dans la méthode de SchloBsing, de séparer l'acide sulfurique avant de traiter la dissolution du sel par le chlorure de platine.

Voici comment on doit opérer : Le sel à analyser, bien mélangé, est broyé dans un mortier sec; on en pèse 10 grammes, qu'on place dans un matras à fond plat; on ajoute 250 à 000 centimètres cubes d'eau et l'on chauffe jusqu'à l'ébullition bien marquée, sans se préoccuper s'il y a ou non un résidu insoluble dans l'eau. Lorsque le liquide bout, on y verse goutte à goutte une solution de chlorure de baryum, et l'on voit le sulfate de baryte se séparer presque instantanément. En opérant avec soin, on arrive à n'ajouter à la liqueur qu'un très-léger excès de

sel barytique. Le volume du précipité de sulfate de baryte étant presque insignifiant, il n'est presque jamais nécessaire de filtrer. On laisse refroidir, on étend la liqueur à 1000 centimètres cubes, et quand elle est entièrement éclaircie, on en prend 100 centimètres cubes (correspondant à 1 gramme de sel) : on verse dans la liqueur un excès de chlorure de platine (*), et l'on évapore à sec au bain-mari e. On reprend le résidu par de l'alcool à 90°, on laisse digérer, on décante, on lave le chloro-platinate de potassium à l'eau alcoolisée, et on le pèse, après l'avoir desséché, avec les précautions indiquées précédemment. 228. — Traitement des résidas de platine. — Cette méthode a l'inconvénient d'exiger de grandes quantités de chlorure de platine ; aussi, doit-on lui préférer la séparation par le perchlorate d'ammoniaque. Cependant, cet inconvénient est sensiblement atténué par la facilité avec laquelle le chlorure de platine peut être régénéré. Sans parler de la réduction par l'hydrogène, connue de tous les chimistes, je recommanderai le procédé de Knôsel qui donne de bons résultats. Les résidus de platine (^chloroplatinate solide) sont chauffés dans une capsule de porcelaine avec un excès de lessive de soude, et les eaux de lavage très-alcooliques versées dans la solution chaude. La réduction s'opère alors très-facilement ; le platine métallique se dépose dans le fond de la capsule à l'état de mousse, et l'on reconnaît que la réduction est terminée lorsque la liqueur surnageante est devenue à peu près incolore. On lave h l'eau bouillante d'abord, à l'eau froide ensuite, le platine réduit, et l'on prolonge les lavages à l'eau distillée jusqu'à cessation complète de réaction du chlore dans l'eau de lavage. On dessèche et calcine le pla-

(*) En quantité telle qu'on ait ajouté environ 2 grammes de platine supposé à rétat métallique.

Une réduit, qu'on traite ensuite par Facide chlorhjdrique bouillant pour le purifier, puis par Feau distillée et qu'on dissout enfin dans Teau régale. Lé chlorure de platine ainsi régénéré est, à plusieurs reprises, évaporé à sec au bainmarie et repris par Teau pour chasser jusqu'aux dernières traces d'eau régale, puis dissous dans l'eau chaude.

229. — Présence du chlorure de magnéBimu. — Il faut s'assurer que les engrais potassiques ne contiennent pas de magnésium à l'état de chlorure, sel dangereux pour la végétation. Lorsque les sels de Stassfurt ou les salins du Midi n'ont pas été soumis à une chaleur suffisante pour détruire le chlorure de magnésium, ils agissent comme un véritable poison sur les plantes : le chimiste devra donc toujours s'assurer qu'il n'existe pas de chlorure de magnésium en quantité sensible dans les engrais soumis à son examen.

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