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Dosage de l'acide phosphorique soluble

— On mesure 50 centimètres cubes du liquide filtré, correspondant à un gramme de superphosphate et Ton y dose l'acide phosphorique soit par la liqueur d'urane, avec toutes les précautions indiquées page 88, § 70, soit par le mélange magnésien.

213. — Dosage de Tacide phosphorique rétrogradé et de l'acide insoluble. — On pèse 2 grammes du résidu insoluble, qu'on traite par le citrate d'ammoniaque et qu'on lave, en sufvant les indications données § 74. Le résidu, complètement lavé, est dissous dans quelques centimètres cubes d'acide azotique, on étend d'eau, environ jusqu'à 50 centimètres cubes, puis, après avoir ajouté de la solution de soude, en quantité suffisante pour neutraliser presque tout* l'acide nitrique libre, on traite la liqueur par la solution d'urane. — Sur deux autres grammes du résidu, on dose l'acide phosphorique total, en traitant la matière par l'acide nitrique, filtrant, ajoutant de la soude et titrant par l'urane. La différence dans les taux d'acide phosphorique trouvés par ces deux dosages correspond au taux de l'acide soluble dans le citrate.

On peut aussi suivre, pour le dosage simultané des acides phosphoriques rétrogradé et insoluble, la méthodesuivanle : On prend 2 grammes de résidu, on les attaque par l'acide nitrique faible, on filtre, et l'on étend à 100 centimètres cubes. On neutralise par l'ammoniaque, on redissout le précipité par l'addition d'acide acétique; on recueille, lave et pèse le phosphate de fer insoluble, s'il est en quantité appréciable. -■- La hqueur filtrée est précipitée, à chaud, par l'oxalate d'ammoniaque, et après séparation de la chaux, l'acide phosphorique est (Jpsé par le mélange magnésien. On a ainsi la somme des acides rétrogradé et insoluble.

On opère de la même manière sur 2 grammes de résidu préalablement traité par le citrate d'ammoniaque, et Ton retranche le poids d'acide phosphorique obtenu, du poids trouvé dans le dosage précédent. — On a ainsi, par différence, le taux de l'acide dit rétrogradé.

214. — Remarque importante. — Il ne faut jamais recourir, comme le font certains chimistes, à l'emploi de l'oxalate d'ammoniaque pour le dosage du phosphate bibasique (rétrogradé). Frésénius, Neubauer et Lûcke ont démontré, dans leur mémoire sur l'analyse des engrais phosphatés,- que l'oxalate d'ammoniaque dissout des quaittilés quelquefois très-considérables de phosphate de chaux tribasique. J'ai maintes fois vérifié le fait, et j'ai pu me convaincre des erreurs très-notables qu'on commet dans le dosage du phosphate dit rétrogradé en employant l'oxalate. Je ne saurais trop recommander de ne jamais recourir à ce réactif dans les analyses de superphosphates ; le citrate d'ammoniaque, employé avec les précautions indiquées, dès 1871, par Frésénius, Neubauer et Lûcke, donne, au contraire, constamment les meilleurs résultats.

215. — Dosage de l'azote. — Les superphosphates fabriqués avec les os ou avec des produits qui en proviennent; renferment généralement un peu d'azote, de 0,25 à 1 p. 100. On dose cet élément sur 2 grammes de la matière primitive convenablement mélangée, par la méthode de là chaux sodée, décrite pages 21 et suivantes.

Si le superphosphate est enrichi en azote par l'addition de sulfate d'ammoniaque, on dose l'ammoniaque par la magnésie sur 50 centimètres cubes de la liqueur filtrée (v. § 200).

2*^ cas. — Superphosphates riches en fer et en alumine. — Tous les superphosphates fabriqués avec les coprolithes, les phosphorites et autres phosphates fossiles, renferment des quantités variables de fer et d'alumine qui rendent

inexact le dosage par Furane et qui donnent même lieu, par le procédé reposant sur h séparation du fer par l*acide acétique, à des incertitudes qui m'engagent à recommander, comme seule méthode convenable, le dosage par le molybdale. — On opère sur 10 à 20 grammes de superphosphate bien mélangé préalablement. On triture doucement dans une capsule la matière additionnée d'une petite quantité d'eau. On laisse la substance insoluble se déposer, on décante la liqueur surnageant sur un filtre et l'on répète ce traitement à l'eau froide tant que la liqueur obtenue est acide. Il faut éviter l'agitation avec de grandes quantités d^eau. Quand le lavage est terminé et la filtra tion achevée, on étend la liqueur à dOOO centimètres c^ibes.

216. — Dosage de Tacide soluble. — On prend 50 centimètres cubes de la solution aqueuse et l'on dose l'acide phosphorique par le molybdate en observant toutes les précautions décrites plus haut (§ 84).

217. — Dosage du rétrogradé et de l'insoluble. — Le résidu desséché est détaché du filtre et pesé. On en prend 1 gramme qu'on traite par l'acide nitrique, puis par le molybdate. On fait subir le même traitement à un autre :gramme, préalablement épuisé par le citrate, et l'on a, par la différence des deux dosages, le taux des acides rétrogradé et insoluble.

On voit que dans l'analyse des superphosphates par les méthodes que je viens de décrire, on opère, pour chaque dosage, sur une quantité de matières bien homogène correspondant à un poids relativement considérable de matière première (10 ou 20 grammes). — Jamais, au laboratoire de la Station agronomique de l'E^t, on n'opère directement sur 2 grammes du superphosphate à analyser, •quantité beaucoup trop faible et qui peut introduire des erreurs graves dans les résultats, les superphosphates ne pouvant pas être séchés et rendus homogènes par un

broyage préalable. En lessivant 10, 15 ou 20 grammes de matière, au contraire, on obtient un résidu très-homogène et l'on atténue singulièrement Terreur provenant d'un défaut d'homogénéité dans la matière première.

m. — GUANO DU PÉROU.

218. — Caractères du guano pur. — a) Coloration jaune-brun, poudre légère mélangée à des conglomérats plus ou moins volumineux très-friables, présentant dans I<i cassure des points blancs qui ont souvent Taspect cristallin ou lamelleux.

b) Une petite quantité de guano pur, arrosé de quelques gouttes d'acide nitrique et évaporé à sec avec précaution, laisse un résidu d'un beau rouge pourpre (acide urique).

e) Broyé dans un mortier avec un lait de chaux ou de la chaux hydratée, le guano dégage beaucoup d'ammoniaque.

d) Arrosé avec une solution d'hypochlorite de chaux ou de la lessive de soude bromée, il dégage de l'azote; 1 gramme de guano peut donner jusqu à 60 à 70 centimètres cubes de gaz.

e) Mis en digestion avec de l'eau chaude, le guano pur cède à l'eau environ 50 p. 100 de matières solubles; la solution de guano pur est couleur de vin de Madère; dans le cas d'un guano de mauvaise qualité, elle est jaune clair.

La solution présente les caractères suivants :

aa) Chauffée avec CaO.HO, ou NaO.HO, elle dégage une odeur fortement ammoniacale.

bb) Après addition de sel ammoniac et d'ammoniaque avec du chlorure de magnésium, précipité de phosphate ammoniaco-magnésien.

ce) Acide acétique et chlorure de calcium : précipité d'oxalate de chaux.

dd) Acide chlorhydrique et chlorure de baryum : pré;cipité de sulfate de baryte.

/') Le guano pur perd, par calcination, 60 à 70 p. 400 de son poids.

^)La cendre doit être blanc grisâtre, jamais rouge; traitée par l'acide nitrique, elle doit donner lieu à un faible dégagement d'acide carbonique. Le résidu insoluble dans l'acide nitrique s'élève de 1 à 3 p. 100; la masse des sels alcalins fixes du guano, de 5à 8 p. 100 du poids du guano.

219. — Analyse du guano. — Le taux de l'azote et celui de l'acide phosphorique servent à établir la valeur agricole du guano. Aujourd'hui, cet engrais est si peu homogène, sa composition tellement variable, que je conseille aux agriculteurs de renoncer complètement à l'employer jusqu'à ce que les vendeurs consentent à le livrer avec une garantie de titre en azote et en acide phosphorique. La plupart du temps, le dosage de ces deux éléments est seul demandé au chimiste. Voici comment on y procède :

a) Dosage de V acide phosphorique. — On prend 300 à 500 grammes de guano (poudre et mottes) et on les triture doucement dans un grand mortier, pour les réduire en poudre fine ; on tamise le tout.

On prend 2 à 3 grammes de guano pulvérisé qu'on chauffe à basse température d'abord, puis au rouge jusqu'à fusion, dans un grand creuset* de platine, avec un mélange intime de 2 parties de soude anhydre et de 1 partie, en poids, de salpêtre ou de chlorate de potasse (8 à 10 grammes de ce mélange pour 2 à 3 grammes de guano).

Après refroidissement, on place le creuset et son contenu dans un verre, on y verse 150 centimètres cubes d'eau et l'on ajoute avec précaution de l'acide nitrique, on chauffe, concentre et sépare la silice insoluble : on étend jusqu'à 250 centimètres cubes la liqueur filtrée.

Dans 50 centimètres, on dose Tacide phosphorique par Turane.

b) Dosage de V azote. — Sur 0*%500 de guano, on peut doser Tazote par la chaux sodée. Il faut opérer rapidement pour ne pas perdre d'ammoniaque.

Je préfère laver 20 à 25 grammes de guano, doser Tammoniaque dans le liquide et Tazote organique dans le résidu. On peut aussi employer, pour doser l'ammoniaque toute formée, la méthode de Schlœsing (lait de chaux), § 125.

c) Dosage de Vhumidité. — On ne peut pas doser l'eau par simple dessiccation à 100% parce que l'ammoniaque se dégage en partie avec l'eau.

On emploie 1 à 2 grammes de guano qu'on place dans un tube de Liebig à double courbure ; on met ce tube en communication, d'une part avec un appareil à dégagement continu d'hydrogène desséché, de l'autre avec un tube de Will et Varrentrapp contenant de l'acide sulfurique titré. On fait passer un courant lent d'hydrogène sur le guano, qui est maintenu, à l'aide d'un bain-marie dans lequel plonge le tube de Liobig, à la température de 98' à 100°. Cette dessiccation dure plusieurs heures ; il faut d'ailleurs s'assurer, par deux pesées consécutives accusant le même poids, que la matière ne perd plus rien. On dose l'ammoniaque, en prenant à nouveau le titre de l'acide sulfurique, et Ton défalque le poids trouvé de la perte totale subie par le guano. La différence fait connaître le taux de l'humidité.

220. — Analyse complète du guano. — Si l'on veut faire l'analyse complète d'un guano, ce qui est rarement nécessaire, on procède de la manière suivante : On prend 2 à 3 grammes de guano qu'on fond, comme il est , dit plus haut, avec le mélange alcalin : on dissout les cendres dans l'acide nitrique, on évapore à sec et l'on sépare la silice qu'on pèse.

Dans la liqueur filtrée, on dose la chaux, la magnésie

et l'acide phosphorique par les méthodes ordinaires. Pour doser les alcalis, on incinère 2 grammes de guano, sans addition de sels, on dissout les cendres dans l'acide chlorhydrique, on sépare le sable et la silice, on précipite l'acide sulfurique par le chlorure de baryum et on filtre. On précipite, à chaud, la liqueur filtrée par l'ammoniaque et par le carbonate d'ammoniaque, on filtre, on ajoute de l'acide chlorhydrique, on évapore et l'on calcine légèrement le résidu. On sépare la magnésie des alcalis en traitant le résidu par une solution concentrée d'acide oxalique pur, évaporant, calcinant et répétant cette opération plusieurs fois : on reprend par l'eau, on sépare la magnésie insoluble, on lave à chaud, on sursature le liquide par HCl, on évapore, on pèse les chlorures et l'on sépare la potasse par le platine, si l'on veut doser isolément la soude et la potasse. A cette méthode, suivie dans les laboratoires des stations agronomiques de l'Allemagne, on peut très-bien substituer le procédé de dosage des alcalis, décrit à l'article Analyse des matières silicatées.

IV. — POUDRETTE, TODRTEADX DE POISSON, TOBftTEABX DE COLLE, ETC.

221 . — Dosages à effectuer. — Ces différents engrais d'origine animale et quelques déchets industriels d'origine végétale, tourteaux de colza, d'arachide, de coton, de palme, etc., tirent presque exclusivement leur valeur agricole de leur richesse en azote et en acide phosphorique. Leur teneur, assez faible en potasse en général, permet de les ranger dans la catégorie des engrais azotés et phosphatés. Les chimistes, à moins d'indications spéciales données par l'expéditeur, se bornent à doser l'azote organique et l'acide phosphorique total dans ces différents engrais.

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