Annales de Chimie el de Physique
bon, au moyen d’une petite spirale en fil de fer, qu'on chauffe brusquement au moment voulu par le moyen d'un courant électrique fourni par une pile ou un accumulateur.
La chaleur dégagée par la combustion se transmet intégralement à l'enceinte et à l’eau où elle est plongée ; on l'estime, comme dans toutes les opérations calorimétriques, au moyen d'un thermomètre très sensible, dont on lit les centièmes de degré.
La rapidité de l'expérience dispense de certaines corrections en usage dans la calorimétrie, notamment celles qui correspondent à l’évaporation de l’eau.
Les lectures demandent une quinzaine de minutes pour établir Ja loi de variation de la température avant l’inflammation et revenir à une période régulière de variation après la combustion.
La dépense d’une opération est tout à fait insignifiante. La bombe calorimétrique en platine, de Berthelot et Vieille, élail assez coûteuse (5.000 francs au moins) à raison du poids du métal contenu et de sa cherté actuelle; Mahler a réussi (au cours des recherches qu’il a exécutées à l’École des Mines, sous le patronage de la Société d’'Encouragement à l'Industrie nationale) à faire un appareil équivalent et beaucoup moins coûteux, qu'il a appelé bombe calorimétrique et qui s'est répandu, depuis 1891, dans un grand nombre de laboratoires.
Construit par Golaz, il coûte environ 600 francs, auxquels il
faut ajouter l’achat de quelques instruments.
Appareil calorimétrique de Mahler. — Il se compose essentiellement d’un obus B (/g. 59) en acier fondu d'une grande pureté, forgé sur mandrin, d'environ 650 centimètres cubes de capacité. Ce volume, relativement considérable comparé à celui de la bombe de Berthelot, a l'avantage de permettre une combustion parfaite du charbon par un certain excès d'oxygène, même quand la pureté de ce gaz livré par le commerce laisse un peu à désirer. Il permet en outre une prise d’essai suffisante, indis-
pensable lorsque l’on veut étudier un gaz de gazogène ou de
haut fourneau, pouvant contenir plus de 70 0/0 de matières inertes.
L'obus est nickelé extérieurement. Intérieurement, il est préservé par une couche d'émail blanc contre l’action corrosive et oxydante de la combustion. Cette couche d'émail remplace économiquement l'enveloppe de platine de près de 7C0 grammes qui garnit la bombe de Berthelot.
ni
EE y
= Couruer F1c. 29.
La fermeture de l’obus est obtenue à l’aide d’un couvercle en fer muni d'un pas de vis. Par le serrage, ce couvercle vient écraser une bague de plomb enchàssée dans une rainure cireulaire creusée dans l’obus.
L'obturation ainsi obtenue est toujours absolument parfaite et peut résister à des pressions considérables.
Le couvercle porte un robinet à vis conique, en ferronickel, servant à l'introduction de l'oxygène, et une électrode bien isolée, qui le traverse et se prolonge à l’intérieur par une tige de platine.
Une autre tige de platine, également fixée au couvercle, soutient la capsule plate F destinée à recevoir le combustible à essayer.