‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 113 sur 320 · Ann. de Chimie analylique, 1896, p · texte numérisé non relu

Ann. de Chimie analylique, 1896, p

L'essai Berthier ne possède donc qu'une valeur très relative et peut quelquefois conduire à de graves erreurs. S'il est encore appliqué, c'est surtout dans les laboratoires dépourvus d'appareils calorimétriques, à cause de sa simplicité d'exécution. Mais il est préférable, dans ce cas, de calculer le pouvoir calorifique ainsi que nous le dirons plus loin, suivant une formule empirique établie d’après les résultats des essais usuels (analyse immédiate).

B. — Calcul d’après la composition chimique

Les analyses élémentaires et les déterminations de pouvoirs calorifiques faites sur un assez grand nombre de combustibles par Mahler et Goutal, au Laboratoire de l'École des Mines, en 1891, ont montré qu'il n'y avait pas, pour les houilles du moins, grand désaccord entre les résultats observés et les résultats calculés d’après les analyses, suivant la règle donnée autrefois par Dulong.

Dulong avait trouvé, d’après les délerminations faites alors, que le pouvoir calorifique d’un composé de carbone, hydrogène et oxygène, et des combustibles en général, en négligeant l'azote, pouvait se calculer, d’après les pouvoirs calorifiques du carbone et de l'hydrogène, par la formule approximative :

P. cal. — 8.080C —- 34.462 (u =“ à

C, H et O désignant les proportions de carbone, hydrogène et oxygène trouvées par l'analyse sur 1 gramme de combusüible, 8080 et 34462 étant les valeurs admises pour les pouvoirs Calorifiques du carbone et de l'hydrogène.

La partie à retrancher 0/8 représentait la correction à introduire pour tenir compte de l'oxygène, que l’on pouvait considérer comme déjà combiné avec 1/8 de son poids de l'hydrogène donné par l'analyse.

Arth à introduit un complément pour le soufre :

P. cal. — 8.080 C + 34.500 (u — s) + 21.025 S

En réalité, si l’on remplace dans cette formule les valeurs numériques des pouvoirs calorifiques de l'hydrogène et du carbone par les valeurs les plus exactes que nous connaissions aujourd'hui : (34.500 calories pour 1 gramme d'hydrogène ; 8.140 calories pour 1 gramme de carbone!), on obtient, avec les houilles, des nombres peu éloignés de ceux que donne l'expérience au moyen de l’obus calorimétrique.

P. cal. — 8.140C + 34.500H — 3.000 (O0 + Az)

Les différences extrêmes sont de 2,5 0/0, soit en plus, soit en moins.

Les expériences de Scheurer-Kestner et Meunier-Dollfus, en 1869 et 1885, avaient abouti à des résultats différents, etils en avaient tiré la conclusion, que: « l'analyse élémentaire d’une houille ne peut pas servir à la détermination de sa chaleur de combustion® ».

Bunte*, au contraire, avait trouvé que la formule de Dulong donnait des nombres fort approchés de la vérité. Cela a été confirmé par les expériences de Mahler et Goutal, du moins pour les houilles.

Pour les lignites, ily a un écart notable. Un semblable écart existe aussi pour les pétroles.

IL est fort admissible, en effet, que tous les corps composés n'aient pas la même chaleur de combustion que la somme de leurs éléments ; car certains composés peuvent s'être produits avec absorption de chaleur. Cela peut se présenter de préférence pour des combinaisons oxygénées, comme il s’en trouve dans les houilles oxydées ou dans les lignites. Il est possible aussi que les états allotropiques des hydrocarbures aient une influence sensible. |

On comprend donc fort bien qu'aucune des nombreuses formules proposées par les différents auteurs ne soit susceptible de remplacer exactement la détermination par le calorimètre.

1. BERTHELOT, Ann. de Chimie et de Physique, 1889, t. XVIII, p. 106.

2. Annales de Chimie et de Physique, 4° série, t. XXI et XXVI; — Bull. de la Soc. chim., 1883 t. XL, p. 265 ; — C. R., t. C, p. 908; t. CVI, p. 94.

3. Buxre, Recherches sur la chaleur de combustion et le pouvoir calorifique pratique de différentes espèces de combustibles. Munich, 1879, 1881 et 1882.

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