‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 154 sur 320 · DOSAGE A L'ÉTAT D'IODURE D ARGENT · texte numérisé non relu

DOSAGE A L'ÉTAT D'IODURE D ARGENT

Supposons une solution d’iodure (sans chlorure ni bromure),

neutre ou faiblement alcaline. On y verse de l’azotate d'argent, qui précipite l'iodure d’argent et du carbonate d’argent, dans le cas où la liqueur est alcaline. On chauffe pour rassembler le précipité et on lave par décantation : d’abord avec de l'eau pure et chaude, afin d'enlever les sels solubles, les sels alcalins notamment, au précipité spongieux et, par conséquent, d'autant plus longtemps qu'il y a plus de sels et que le précipité est plus volumineux; ensuite avec de l’eau froide et acidulée par l'acide azotique, afin de redissoudre l’oxyde et le carbonate d'argent, sans risquer d'attaquer l’iodure. On recoit le liquide, puis le précipité, sur un petit filtre taré sec, on lave à l’eau pure, on sèche à 100° et on pèse. L'augmentation du poids, lorsqu'il est devenu invariahle, correspond à l’iodure d'argent Agl; soit P.

On peut, comme pour le chlorure d'argent, s'affranchir des incertitudes de la pesée sur filtre, en détachant ce qu'on peut du filtre, séchant et pesant p, puis chauffant dans un petit creuset de porcelaine fermé jusqu'à un commencement de fusion, pesant de nouveau p' et calculant le poids total du

précipité : ce P:

On peut aussi, après avoir le mieux possible séparé le précipité du filtre, brûler celui-ci avec précaution afin d'éviter les pertes et réunir le précipité aux cendres pour achever la caleination Jusqu'au commencement de fusion.

S'il arrivait que la liqueur fût colorée en brun par de l'iode libre, il faudrait le ramener à l’élat d'acide iodhydrique par un peu d'acide sulfureux Jusqu'à décoloration.

Si le précipilé était devenu noir par décomposition à la lumière, on pourrait craindre une perte de poids appréciable; il faudrait alors le ramener à sa composition primitive et à sa coloration blanc jaunâtre par une dissolution d’iode, puis laver et sécher en évitant la lumière, si l’on veut peser sur filtre, ou bien séparer, brûler le filtre et calciner le précipité, pour peser l’iodure d’argent normal.

Dans le cas où l’on soupconnerait la présence de chlorure

ou de bromure avec l'iodure d'argent précipité, on soumettrait celui-ci (après l'avoir, au besoin, ramené à la coloration blane Jaunàtre par une solution d'iode) à l’action d’ammoniaque un peu concentrée; puis on acidifierait la liqueur par l'acide azotique. S'il se formait un précipité appréciable, indiquant la présence du chlorure ou du bromure, il faudrait avoir recours aux procédés de séparation, qui seront exposés plus loin.

En présence de sels de platine, l’iodure d'argent est presque toujours accompagné de composés insolubles formés par ce métal. Il faut, dans ce cas, ajouter tout d’abord à la solution un excès d'acide sulfureux et chauffer au bain-marie jusqu’à décoloration, ajouter ensuite un excès d’ammoniaque, précipiter par addition d’azotate d'argent, et rendre finalement azotique; chauffer une heure environ, laisser refroidir, enfin séparer l'iodure par filtration.

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