A. — PROCÉDÉ DE PELOUZE
Le procédé de Pelouze consiste à attaquer la pyrite par fusion avec du chlorate de potassium et du carbonate de sodium et à faire ensuite la dissolution du produit et l'essai
hr Pb, LS Le) de
alcalimétrique de la solution alcaline. Pendant la fusion oxydante, le soufre de la pyrite passe à l’état d'acide sulfurique, qui décompose une quantilé correspondante de carbonate de sodium pour former du sulfate. La diminution de titre constatée plus tard sur le carbonate permet de calculer la proportion d'acide sulfurique formé ou de soufre contenu dans la pyrite.
On prend 1 gramme de pyrite bien porphyrisée et 5 grammes (exactement pesés) de carbonate de sodium pur et bien sec; à défaut de réactif très pur, il faudrait faire un essai alcalimétrique spécial sur 5 grammes du réactif que l’on emploie.
On mélange avec 7 grammes environ) de chlorate de potassium et 5 grammes (environ) de chlorure de sodium fondu ou très bien desséché, destiné à empêcher les projections.
Le mélange des quatre substances étant fait avec soin, on le chauffe peu à peu et seulement jusqu'au rouge sombre dans une cuiller en fer ; après huit ou dix minutes de calcination, on laisse refroidir eton reprend par de l’eau presque bouillante, qu'on enlève ensuite au moyen d'une pipette, pour la verser sur un filtre; on recommence cinq ou six fois le lavage à l'eau chaude ; on termine en faisant bouillir le résidu avec de l’eau dans la cuiller et décantant sur le filtre à deux reprises.
Enfin on fait l'essai alcalimétrique du liquide filtré, en se servant d'acide sulfurique titré à l'avance comparativement
-avec le carbonate de sodium.
-Le titrage de l’acide sulfurique est fait, de manière que 50 centimètres cubes de cet acide saturent exactement 5 srammes de carbonate de sodium pur et sec; dès lors 1 cen-
NaCO :05°,03019 de soufre ou correspondra à 3,019 0/0 de soufre.
La liqueur alcaline provenant du traitement de 1 gramme
de pyrite par le mélange salin, contenant 5 grammes de car-
limètre cube de la liqueur titrée renfermera : 0,10><
bonate de sodium, n'exigera plus, pour être saturée exactement, 50 centimètres cubes de l'acide titré, mais seulement n centimètres cubes ; l’acide sulfurique fourni par la pyrite cor-
respondra donc à la dilérence 50 — », et, par conséquent, la quantité de soufre trouvée sera :
q = 05",03019 (50 — n) la teneur en centièmes s'écrit :
- Les essais se font rapidement, en une demi-heure à trois quarts d'heure ; ils peuvent donner des résultats exacts à 1 ou 4,5 0/0 près ; mais il y a souvent des irrégularités et des pertes de soufre, comme l'ont montré quelques chimistes et surtout J. Kolb, en sorte que la teneur trouvée est presque toujours trop faible.
L'arsenic passant à l’état d'arséniate de sodium et parfois la silice ou les silicates décomposant un peu de carbonate de sodium à température élevée tendent à produire une erreur de sens contraire.
Quant aux sulfates, qui peuvent être contenus dans la pyrite, ils se transforment en sulfates alcalins, aussi bien que | les sulfures, au détriment du carbonate de sodium.
La présence de sulfate de baryum ou de calcium et de même celle de sulfure de plomb pourraient donc induire en erreur sur la proportion de soufre utilisable dans les pyrites.
B. — Procéné De J. KorB!
J. Kolb a proposé de remédier aux principaux défauts de la méthode de Pelouze en modifiant le mode d'attaque de la pyrite. Son procédé peut, d’ailleurs, s'appliquer non seulement aux pyrites crues, mais aussi aux pyrites grillées, ne renfermant plus qu’une petite quantité de soufre, mais à la condition d'opérer sur une quantité de matière beaucoup plus grande.
Il est fondé sur la substitution de l’oxyde de cuivre (CuO) en poudre très fine aux sels alcalins oxydants, pour opérer la transformation des sulfures en sulfates, le dosage se terminant d'ailleurs de même par un essai alcalimétrique. |
Le minerai cru (1 gramme) ou grillé (10 grammes), réduit
1. Annales de Pharmacie et de Chimie, 4° série, X, p. 401; — Zeitschrift f. anal. Chim., IX, p. 407.
en poudre très fine, est mélangé intimement avec 5 grammes exactement pesés de carbonate de sodium et 50 grammes environ de bioxyde de cuivre. Le mélange est placé dans une capsule de platine ou un vase plal en fer ou en cuivre, et chauffé au rouge naissant ; on renouvelle souvent les surfaces, en remuant la matière avec une baguette de verre ou une tige de métal.
L'oxyde de cuivre agit comme oxydant sur la pyrite et se {transforme en sulfure, qui lui-même s’oxyde au contact de l'air et du sel alcalin et passe à l’état de sulfate au-dessous du rouge sombre. |
L’oxydation est terminée en dix ou quinze minutes. On lessive bien à l’eau bouillante, on filtre et on détermine par l'acide sulfurique titré la quantité de carbonate de sodium restante. Par différence avec le titre primitif (qu’on peut fixer directement sur 5 grammes de carbonate dissous, en employant le même acide titré), on a la quantité transformée en sulfate et, par suite, on calcule la teneur en soufre, comme dans le procédé de Pelouze.
L'emploi de l’oxyde de cuivre en quantité relativement très grande permet d'opérer sans fusion proprement dile, à une température assez basse pour éviter l’action du carbonate de sodium sur le sulfate de baryum et sur le quartz ou les silicates qui peuvent exister dans Ia pyrite. Mais le gypse, qui est facilement décomposable par le carbonate de sodium, produirait, comme dans le procédé de Pelouze, le mème effet qu’une quantité correspondante de sulfure. L'arsenic, en se transformant en arséniate, agirait aussi à la facon du soufre, comme dans le procédé précédent.