IL. Anhydride et acide tellurique
L'anhydride se produit en chauffant l'acide tellurique audessous du rouge. Il est insoluble dans l’eau bouillante et dans l'acide chlorydrique froid ; cet acide le décompose à chaud avec dégagement de chlore.
- L’acide tellurique est soluble dans l’eau et peut s'obtenir en gros cristaux HTeO* + 2FP0 ; il est décomposé par l'acide chlorhydrique et ramené à l’état d'acide tellureux avec dégasement de chlore, surtout en solution concentrée et sous l'influence de la chaleur; la solution peut alors être précipitée par addition d’eau, s'il n'y à pas trop d'acide chlorhydrique.
L'acide sulfhydrique donne, par digestion prolongée en flacon fermé, un dépôt de sulfure de tellure TeS? de couleur brun
clair miroitant. L'action est trop lente et trop incomplète pour être utilisée quantitativement.
Il paraît y avoir plusieurs séries de tellurates ; ceux des alcalis sont probablement seuls solubles dans l’eau, mais tous sont solubles dans l'acide chlorhydrique, soit à froid, soit surtout à chaud; dans ce dernier cas, il y a réduction en acide tellureux.
Les tellurates sont {ransformés par l'hydrogène sulfuré ou par le sulfhydrate d’ammoniique en sulfosels, décomposables par l'acide chlorhydrique avec dépôt de sulfure (TeS* probablement).
Acide tellurhydrique H?Te
Gaz incolore, dont l'odeur rappelle celle de l'acide sulfhydrique ; densité — 4,5 environ.
Appartient au groupe des gaz combustibles absorbables par la potasse. [T brûle avec une flamme bleue en formant un dépôt de tellure noir. Sa présence dans un mélange gazeux exclut celle du chlore ou de ses composés oxygénés, du cyanogène, du gaz ammoniac et de l’anhydride sulfureux avec vapeur d’eau.
Il peut être analysé par décomposition à l’aide de l’étain, sous l'influence de la chaleur. L'hydrogène reste libre, le tellure se combine au métal, et le volume gazeux ne change pas.
Recherche du tellure
Les composés du tellure, chauflés dans la flamme de réduction supérieure du bec Bunsen, donnent une coloration bleu terne surmontée d’une flamme verte. Il n'y a pas d’odeur dégagée, à moins que la substance ne renferme quelques traces de sélénium.
L'enduit de réduction est noir, donnant une solution rouge carmin avec l'acide sulfurique concentré légèrement chauffé.
L'enduit d’oxydation est blanchâtre, mais noircit au contact d'un réducteur, tel que le protochlorure d'étain.
Au chalumeau, les tellurures sont rapidement oxydés à la
Ca: ie Gébes nil +
flamme extérieure, même sur le charbon. On obtient alors, à la flamme réductive, une auréole blanche, par suite de volatilisation et de réoxydation du tellure. Si on chauffe avec la soude, à la flamme réductive, on forme du tellurure de sodium, qui, humecté d’eau, produit sur l'argent une tache noire, et par HCI peut donner l'odeur de l'hydrogène telluré avec dépôt de tellure, s’il y en a une assez grande quantité.
Avec le borax ou le sel de phosphore, les deux acides du tellure donnent des perles transparentes à la flamme extérieure et une auréole de TeO?; sur le charbon, à la flamme intérieure. Chautfés dans le tube. les acides isolés fondent et donnent un sublimé blanc non cristallin de TeO?, l'acide et l’anhydride telluriques étant décomposés au rouge sombre et ramenés à l’état d'anhydride tellureux.
Ce sont là des réactions caractéristiques pour les acides du tellure, qu'on pourrait, à d’autres égards, confondre avec
AS?03, AS?05 et Bi°O3.