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DOSAGE DU TELLURE

1° Dans les tellurites. — On procède ordinairement par réduction au moyen de l'acide sulfureux ou d’un sulfite alcalin.

La dissolution doit être concentrée d'avance, afin que la précipitation se fasse rapidement et complètement; elle doit être assez fortement acidifiée par l'acide chlorhydrique; il importe, au contraire, qu'elle ne renferme pas dutout d'acide azotique, dont l’action sur Le précipité est facile et qui rendrait le dépôt incomplet. Si la liqueur renferme de l'acide azotique, on y verse un peu d'acide sulfurique et on chauffe au-dessus de 100° jusqu'à disparition de toute vapeur nitreuse. On laisse refroidir, on reprend par de l'acide chlorhydrique et de l’eau, on chauffe, puis on fait arriver un courant de gaz sulfureux ou bien on ajoute du sulfite d’ammonium pour réduire l'acide tellureux.

La liqueur se colore d’abord en bleu, puis le tellure se précipite en gros flocons, qui tombent vite au fond du vase, et la

liqueur redevient limpide, tout en conservant l’odeur d'acide sulfureux.

On doit laver par décantation et remplacer la liqueur acide par de l’eau bouillie, afin que le tellure ne soit pas alléré par l'air au contact de l'acide. On filtre et on achève le lavage à l’eau bouillie. On sèche rapidement et on pèse sur le filtre, qui à élé taré d'avance.

100 parties de tellure correspondent à 125,6 d’anhydride tellureux TeO?.

Pour les tellurites insolubles, il faut transformer d’abord par ébullition prolongée avec une solution de carbonate de sodium et filtrer. On acidifie par HCI et on réduit par SO? afin de précipiter le tellure, qu’on lave bien pour le purifier des alcalis avant de le sécher.

2° Dans les tellurates. — Souvent, dans l'analyse des minéraux tellurés, on a transformé le tellure en acide tellurique par la potasse et le chlore. 11 importe alors de le ramener à l’état d'acide tellureux.

On y réussit en concentrant la liqueur avec de l'acide chlorhydrique en excès; mais, pour éviter des pertes sensibles par volatilisation, il est utile d'ajouter une certaine quantité d'acide sulfurique avant de chauffer.

Lorsque tout dégagement de chlore a cessé, on reprend par l'acide chlorhydrique étendu, on achève la réduction par l'acide sulfureux ou le sulfite d'ammonium, on lave, sèche et pèse le tellure.

100 parties de tellure correspondent à 138,4 d’anhydride tellurique TeOë.

Tellure et soufre. — Dans l'analyse des minéraux contenant à la fois des tellurures et des sulfures, on peut avoir à doser les deux corps, ordinairement transformés en acides tellurique et sulfurique par la potasse et le chlore. On partage en deux moitiés la liqueur; sur l’une, on dose le tellure, sans que l'acide sulfurique apporte de difficulté ; sur la seconde, on cherche à doser l'acide sulfurique, ce qui est rendu difficile par la présence de l'acide tellurique, dont le sel barytique n’est pas très soluble;

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il faut surtout éviter la réduction en acide tellureux, parce que le tellurite de baryum est presque insoluble. On acidifie peu à peu par l'acide chlorhydrique faible sans échauffer sensiblement la liqueur et on verse du chlorure de baryum; on laisse rassembler lentement à température ordinaire et on lave par décantation à froid. On doit ensuite purifier le précipité, qui a dû entrainer du tellurate de baryum et, du sulfate alcalin et autres sels, en traitant plusieurs fois par de l’acide azotique un peu concentré et chaud, et ensuite par l’eau pure.

Tellure et sélénium. — La difficulté est bien plus grande encore pour doser successivement le tellure et le sélénium, qui se trouvent quelquefois ensemble dans les minéraux.

En général, on les sépare l’un et l’autre des métaux par le sulfhydrate; puis on précipite les salfures de tellure et de sélénium par l'acide chlorhydrique. Après les avoir redissous par la potasse et le chlore, on acidifie peu à peu par l'acide azotique, on chauffe doucement et on verse de l'azotate de baryum. Il se forme ainsi un précipité de sulfate et de séléniate de baryum avec un peu de tellurate; le sulfate se dépose assez mal en liqueur azotique, mais on évite l’emploi de l’acide chlorhydrique, qui pourrait déterminer une réduction partielle et produire un tellurite presque insoluble et un sélénite assez soluble. On reçoit sur un filtre, sèche, porphyrise et traite par l'acide azotique étendu, afin d'enlever le tellurate. Pour éviter la dissolution d’un peu de séléniate, il ne faut pas prolonger les lavages.

Dans la liqueur, on dose le tellure en traitant par l'ammoniaque, le sulfhydrate et l’acide chlorhydrique, puis dissolvant le précité ou du moins le tellure contenu par l’eau régale très peu azotique, chassant entièrement l'acide azotique et réduisant par l'acide sulfureux ou le sulfite d'ammonium.

Le précipité de sulfate et de séléniate de baryum est décomposé par ébullition avec du carbonate de sodium; on filtre, acidifie par l'acide chlorhydrique et précipite par l’ammoniaque, le sulfhydrate et l'acide chlorhydrique, on redissout par l’eau

régale très chlorhydrique, on chasse enlièrement l'acide azotique et on précipite le sélénium par l'acide sulfureux. On ne peut ainsi compter que sur des dosages approchés.

La séparation du tellure et du sélénrum peut s'obtenir d'une facon assez nette par un autre procédé, qui a été indiqué par Berzélius et perfectionné par Rose. Il consiste à les convertir en tellurure et séléniure de potassium qu'on dissout dans l’eau et qu'on soumet à l'action de l'air, pour faire déposer le tellure seul.

Les deux m'talloïdes, qui ont été précipités ensemble et quelquefois avec un peu de soufre, sont fondus avec 8 à 10 parties de cyanure de potassium, dans un matras à long col en verre peu fusible, d’où l'air a été balayé par un courant d'hydrogène, que l’on maintient ensuite pendant la fusion et le refroidissement de la matière. On reprend la masse fondue par l’eau, qui forme une dissolution rouge de tellurure, de séléniocyanure et de sulfocyanure de potassium. La liqueur, traversée lentement par un courant d'air, abandonne tout le tellure, qui se dépose dans l’espace d'une heure ou deux, tandis que le séléniocyanure alcalin reste sans décomposition, ainsi que le sulfocyanure. En chauffant la solution filtrée, on transforme le séléniocyanure en séléniure de potassium, et, lorsqu'on la traite après refroidissemeut par l’acide chlorhydrique, on précipite le sélénium seul, le soufre restant dans la solution.

Oppenheim! a indiqué une autre méthode : traiter le mélange de soufre, sélénium et tellure par ébullition avec une solution concentrée de eyanure de potassium. Il'y a dissolution du soufre et du sélénium à l’état de sulfure et séléniure, avec très peu d’acide tellureux, formant un tellurite alcalin, tandis que la presque totalité du tellure reste insoluble. On filtre et lave. Dans la partie filtrée, on décompose le séléniure par l'acide chlorhydrique pour précipiter le sélénium, puis on fait agir l'acide sulfureux ou le sulfite d’ammonium pour réduire le tellurite et faire déposer le reste du tellure.

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