GI
ÉTAT NATUREL
Le phosphore se trouve dans la nature principalement à l’état de phosphates.
Les phosphates et les chloro ou fluophosphates de calcium forment des minéraux cristallisés, contenus dans des roches. ou dans des filons (apatite), des concrétions (phosphorites), des. masses terreuses ou des rognons compacts, souvent d’origine animale (ossements fossiles et coprolites), parfois déposés par les eaux où ils ont été dissous (nodules, sables et craie phosphatée). Il existe aussi des phosphates et des chlorophosphates de fer, de plomb, des fluophosphates d'aluminium et de métaux alcalins
On trouve une petite proportion de phosphates dans les terres arables; ils y sont puisés par les végétaux et se concentrent surtout dans leurs graines; le phosphore est assimilé par les animaux et se retrouve sous différentes formes dans leur corps. Le phosphate de calcium constitue à peu près les 80 centièmes de la partie minérale des os. Le phosphore existe aussi dans la chair, dans le sang, dans la substance cérébrale, les nerfs, les œufs, etc., soit à l’état de phosphate, soit en combinaison avec la matière organique.
On a constaté l'existence de phosphures métalliques dans les météorites ; il en existe peut-être aussi dans des roches d'origine ignée telles que certains basaltes riches en fer. Les
ES datée À. haut
produits métallurgiques contiennent assez souvent des phosphorures en quantité plus ou moins importante. On doit également signaler des phosphures et surtout des phosphates dans les laitiers de hauts-fourneaux et dans différentes scories des usines à fer et à acier.
PROPRIÉTÉS e Le phosphore se présente sous plusieurs états allotropiques,
notamment le phosphore ordinaire ou ambré et le phosphore rouge ou amorphe.
1° Le phosphore ambré est transparent, mou; il fond à 44°,5 etbout vers 285°. Sa densité est voisine de 1,83; son odeur rappelle celle de l'ozone. Il est insoluble dans l'eau et l'alcool, mais soluble dans l’éther, la benzine, le pétrole, le sulfure de carbone, ete. (Voir les différents spectres du phosphore, t. I, p. 124, 131 et 140).
Le phosphore s’enflamme aux environs de 60°: il brûle en donnant une flamme très éclairante et répandant d'abondantes fumées d'anhydride phosphorique. [1 luit dans l'obscurité au contact de l'oxygène dilué ou sous pression réduite; la présence de certains gaz : éthylène, hydrogène sulfuré, hydrogène phosphoré, anhydride sulfureux, met obstacle à ce phénomène, que l’on attribue à une oxydation lente.
Il s’unit directement au chlore, au brome, à l’iode, au soufre et à la plupart des métaux. Il réduit les acides iodique, sulfurique, chromique, arsénique, arsénieux et un grand nombre de solutions métalliques (Au, Pt, Ag, Hg, Cu):
2° Le phosphore rouge est opaque; il fond à 250° et se transforme en phosphore ordinaire aux environs de 260°. Sa densilé est voisine de 1,96. Il est insoluble dans les dissolvants du phosphore ordinaire. [l ne devient [lumineux qu'à 200°.
Ses affinités chimiques, analogues à celle du phosphore ambré, sont beaucoup plus faibles; ainsi, le chlore l’attaque sans produire de phénomène lumineux, l'acide azotique l’oxyde
avec moins de violence, la réduction des solutions métalliques est moins rapide.