Riban, S. ch., 1879, II, p
On peut ensuite procéder au dosage du phosphore comme dans le cas précédent, après avoir chauffé la dissolution avec un peu d’acide azotique, puis précipité l'or par l’'ammoniaque, le sulfhydrate et l'acide chlorhydrique et séparé le précipité sur un filtre.
3° On réussit encore très bien à transformer l'hydrogène phosphoré en acide phosphorique en faisant passer le gaz dans un tube à boules rempli d'acide azotique fumant ou de permanganate de potassium ou encore d'acide chlorhydrique avec brome.
2° PHOSPHURES MÉTALLIQUES
Les phosphures métalliques se produisent, soit par l’action directe du phosphore sur le métal (c'est ainsi que se préparent notamment les phosphures de cuivre employés pour la fabrication des bronzes phosphorés), soit par l’action du phosphore sur des oxydes ou des sels métalliques, soit par réduction de phosphates à haute température en présence du charbon (c’est par des réactions de ce genre que se produisent les fontes phosphoreuses, ainsi que les laitiers de hauts-fourneaux, où l'on trouve à la fois des phosphates alcalino-terreux et quelquefois des phosphures). |
Les produits métallurgiques ne contiennent ordinairement qu'une faible proportion de phosphure ; quelques centièmes au plus ou même quelques millièmes suffisent à rendre les métaux cassants et à en empêcher l'emploi dans les arts*.
1. L'attaque des produits métallurgiques (aciers et fontes, par exemple) par l'acide sulfurique ou par l'acide chlorhydrique ne permet pas d'obtenir sous forme d'hydrogène phosphoré la totalité du phosphore contenu; malgré les précautions prises pour empêcher toute oxydation (ébullition préalable de l'eau avant l'addition d’acide, expulsion de l'air par un courant d'hydrogène avant et pendant l'attaque), une partie du phosphore se retrouve dans la liqueur. On ne peut donc pas employer cette méthode pour le dosage du phosphore dans les fontes ou aciers (A. Carnot, 1880).
2. Les recherches de A. Carnot et Goutal (C. R., 19 et 26 juillet 1897) ont montré qu'on pouvait isoler ces phosphures du reste du métal, en dissolvant celui-ci par le chlorure double de cuivre et de potassium absolument neutre. Le phosphure ainsi obtenu renferme de 15 à 16 0/0 de phosphore et environ 84 pour 100 de fer; il répond donc à la formule FesP.
L'arsenic, au contraire, dans une fonte à 4,25 0/0 d’As, est resté complètement
de À dotée Ar A li
506 ANALYSE DES SUBSTANCES MINÉRALES Propriétés des phosphures métalliques. — Ce sont des corps
solides, ayant souvent l'aspect métallique.
Ils sont attaqués à chaud par le chlore et le brome.
Le chlore sec donne un chlorure métallique et du pentachlorure de phosphore PCF. Ce dernier chlorure est volatil, mais se décompose au contact de l’eau en donnant naissance à des acides phosphorique et chlorhydrique. C’est sur cette propriété et sur le peu de volatilité du chlorure double de fer et de potassium qu'est fondée la méthode de Shlæsing pour le dosage du phosphore dans les fontes, les aciers ou les fers,
Chauffés dans l'oxygène, ils donnent de l’acide phosphorique, soit libre en présence du métal non oxydé, soit combiné au métal, sice dernier est oxydable dans les conditions de l’expérience. Les phosphures de fer, de nickel et de cobalt sont diffi- <ilement oxydables par action directe.
L'eau décompose les phosphures alcalins et alcalino-terreux, avec dégagement d'hydrogène phosphoré et formation d’un phosphate.
L'acide azotique attaque un assez grand nombre de phosphures ; quelques-uns résistent cependant mème à l’eau régale (chrome, étain).
Tous les phosphures peuvent être dissociés par la chaleur.
Analyse des phosphures. — On les attaque par l'acide azotique bromé, par l'eau régale ou enfin par fusion avec la potasse et le nitre, qui donnent naissance à de l'acide phosphorique libre ou combiné.
Cet acide phosphorique peut être séparé d'un grand nombre de métaux par voie électrolytique; l’antimoine, l’étain, le cuivre, le cadmium, le fer, le nickel, le cobalt et le zinc se déposent à l’état métallique ; le plomb, sous forme de bioxyde.
L'hydrogène sulfuré peut être également employé pour sa
isolé par HCl très faible, à l'abri de l’air (il est dissous par le réactif cupro-potassique). 11 n'est donc pas combiné au fer.
La différence d'état chimique de ces deux éléments, si analogues à d’autres égards, donnera sans doute l'explication de la différence très grande, remarquée dans l'influence que As et Ph exercent sur les propriétés des aciers.
séparation du cuivre, du cadmium, du bismuth, du mercure, de l'or, du platine.
Sa séparation du manganèse et du chrome peut être réalisée en précipitant l'acide phosphorique à l’état de phosphate de bismuth en liqueur azotique (Chancel).
Quelle que soit la méthode employée pour l'élimination du métal, l'acide phosphorique est ensuite précipité par le réactif magnésien et pesé à l’état de pyrophosphate (page 521).
Les principaux composés oxygénés du phosphore sont :
L'acide hypophosphoreux H*PO? ou H{(PO*H®), monolasique, correspondant à l’anhydride P?0;
L'acide phosphoreux H*P0* ou IP (POH), bibasique, correspondant à l’anhydride P°0>;
L'acide hypophosphorique H'P*O05, tétrabasique, correspondant à l'anhydride P°0*;
L'acide métaphosphorique HP0*, monobasique ;
L'acide pyrophosphorique H'P°07, tétrabasique ;
L'acide orthophosphorique H*PO5, tribasique, correspondant à l’anhydride P°0”.