CARACTÈRES ANALYTIQUES
Les arséniures et arséniosulfures métalliques se reconnaissent, pour la plupart, en dehors de leurs caractères minéralogiques, à l'odeur d'ail qu'ils dégagent sous le choc du marteau ou quand on en chauffe un petit fragment.
Au chalumeau, les différents composés où l’arsenic se trouve en proportion assez grande donnent une odeur d'ail caractéristique, lorsqu'on les traite de manière à produire des vapeurs d'arsenie. Les matières riches peuvent être simplement chauffées à la flamme intérieure. Celles qui renferment peu d'arsenic doivent être mêlées avec du carbonate de sodium et chauffées d’abord à la flamme oxydante, afin de fixer l’arsenic, ainsi que le soufre, à l'état de combinaison avec l’alcali, puis à la flamme intérieure et sur le charbon, pour constater l'odeur alliacée des vapeurs d’arsenic.
Frésénius à fait connaître un procédé très sensible pour la recherche qualitative de l’arsenic, consistant à le condenser
dans un tube étroit sous forme d'un anneau miroitant, gris -d’acier, que l’on peut ensuite volatiliser soit par la chaleur seule, soit avec l’aide d’un courant d'air oxydant.
Pour cela on mélange quelques grains de la matière, préalablement oxydée, s’il s'agit d’un arséniure métallique, avec très peu de charbon en poudre, et on introduit le tout dans la pointe étirée d'un petit tube de verre (fig. 75). On laisse tomber par-dessus un /ragment de charbon récemment calciné, qui s'arrête plus haut et, inelinant le tube, on chauffe d’abord le charbon isolé, puis le mélange ; celui-ci dégage de l’arsenic ou de l'acide arsénieux, qui, dans tous les cas, se réduit au contact du charbon porté au rouge ; les vapeurs d'arsenie métallique forment sur les parois froides du tube un dépôt brillant, que l’on peut ensuite déplacer en chauffant sans admission d'air, ou que l’on transforme en un dépôt blanchâtre d'acide arsénieux en coupant la partie élirée, de manière à ouvrir l'extrémité, et chauffant doucement; ou bien on constate l'odeur arsenicale des vapeurs en chauffant le tube incliné en
Fi&. 75.
sens contraire, c’est-à-dire avec la pointe en haut. On se sert aussi très utilement, comme réducteur, du cyanure
1 ) de potassium mêlé avec du carbonate de sodium, le cyanure fournissant de l’arsenic libre, non seulement avec l'acide arsénieux ou l'acide arsénique, mais aussi avec les sulfures. d’arsenic, tandis qu’il se fait du cyanate ou du sulfocyanure de
potassium. On introduit la matière à essayer avec ce mélange dans un tube à boule, qu'on tient presque horizontal, en chaui- ) 1 )
fant la boule sur une lampe à alcooï. Il y a fusion cet réduction avec dégagement de l’arsenic métallique, qui forme
tDto) ) un anneau miroitant dans la partie froide du tube. L'anneau peut être déplacé ou, si lon coupe Île tube au-dessus de la
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boule, être transformé par l’air en un sublimé blanc formé de petits cristaux octaédriques, visibles à la loupe ou au microscope.
On augmente la sensibilité de la réaction en opérant dans un tube à boule traversé par un courant lent d'acide carbonique bien sec. Mais il faut se préserver des causes d'erreur que pourrait occasionner l’impureté des réactifs ou la composition du verre de la boule, car la présence de l’arsenie est fréquente aujourd'hui dans la verrerie. |
On fera donc la même expérience à blanc, avec un tube semblable etavec les mêmes réactifs, ou bien, si la composition du verre laisse quelque doute, après avoir constaté l'absence complète d’arsenic dans les réactifs, on emploiera, comme la conseillé Frésénius, un tube d'assez gros diamètre pour pouvoir y introduire une petite nacelle en porcelaine, dans laquelle on aura placé le mélange de la matière avec 3 parties de cyanure de potassium et 9 parties de carbonate de sodium bien sec (fig. 76); on évite, de cette facon, le contact du réducteur avec le verre. On chasse entièrement l'air par un
FiG. 76,
courant lent de gaz carbonique dégagé d’un appareil de Kipp et desséché dans un flacon laveur à acide sulfurique concentré et pur; on chauffe doucement, à l’aide d’une lampe à alcool, le tube effilé dans toute sa longueur et la nacelle où est le mélange; puis, agissant sur le robinet de l'appareil, on ralentit le courant gazeux jusqu'à n'avoir qu'une bulle par seconde dans le flacon laveur; on chauffe au rouge, au moyen d'un brûleur Bunsen (a), l'extrémité la plus éloignée du tube, près de la partie rétrécie, et, seulement ensuite, avec le second brûleur (4), on chauffe peu à peu la partie du tube où se trouve la nacelle, de manière à amener la fusion sans projection, et on continue aussi longtemps qu'il se dégage de l’ar-