‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 241 sur 320 · Ad. Carnot, C. R,, 7 avril · texte numérisé non relu

Ad. Carnot, C. R,, 7 avril

une solution étendue d'hyposulfite de sodium, qu’on mélange rapidement par agitation, et l’on voit la liqueur se colorer en violet, puis devenir complètement incolore. À ce moment, on y verse encore une dissolution composée d’un mélange d’hyposulfite et d'acétate de sodium {environ 5 grammes de chaque sel), et l’on chauffe à l’ébullition, qu’on entretient pendant un quart d'heure; on filtre et on lave à l’eau bouillante le précipité de soufre et d’alumine hydratée et phosphatée,de manière à le débarrasser entièrement des sels de fer.

Le précipité est séché, puis calciné doucement dans une petite capsule de porcelaine, que l'on a soin de couvrir au début, afin d'empêcher le plus possible la formation d'acide sulfurique pendant la combustion du soufre. L'acide phosphorique se trouve sûrement à l’état tribasique dans le produit calciné (p. 516).

On redissout dans quelques centimètres cubes d'acide nitrique et l’on chauffe de manière à évaporer la majeure partie de cet acide; on étend d’eau, on filtre et l’on recoit dans une autre capsule de porcelaine le liquide, qui doit occuper un volume de 30 cenlimètres cubes environ.

On y verse la dissolution de nitromolybdate d'ammonium préparée à l'avance suivant les règles connues (p. 528) et on laisse à température très modérée (vers 40°) pendant vingtquatre heures. Ou décante, on lave avec le même réactif et on constate si le liquide, gardé pendant un second jour, ne laisse aucun dépôt.

Si le précipité jaune de phosphomolybdate est très faible, il peut être recu directement sur un filtre taré, lavé, séché, pesé et considéré comme tenant 3,73 0/0 d'anhydride phosphorique. Mais on doit avoir eu le soin de placer une autre capsule à côté de la première, avec du nitromolvhdate et de l’acide nitrique au mème degré de dilution, afin de vérifier qu'il ne s'y produit aucun dépôt dans le même temps.

Si le précipité jaune est, au contraire, assez important, il convient de le redissoudre dans un peu d’eau ammoniacale, de précipiter par la mixture magnésienne et de doser à l'état de

pyrophosphate de magnésium, contenant 64 0/0 d’acide phosphorique.

On peut aussi faire très commodément le dosage à l’état de phosphate de bismuth, en appliquant de la façon suivante la méthode de Chancel.

Le précipité de phosphate basique d’aluminium faiblement calciné est redissous dans l'acide azotique; on étend de 7 ou 8 volumes d’eau, on ajoute un peu d’azotate de baryum, afin d'éliminer le peu d’acide sulfurique qui a pu se former pendant la calcination, on chauffe, on filtre, puis on ajoute une dissolution acide de nitrate de bismuth (7 grammes de nitrate cristallisé, 10 centimètres cubes d'acide nitrique à 1,36 de densité et 90 centimètres cubes d’eau) et on maintient vers 100° pendant une demi-heure. Le précipité, recu sur un petit filtre, lavé à l’eau bouillante, puis séparé du filtre et calciné, répond à la formule BiP?O8 et renferme 23,4 0/0 d’anhydride phosphorique P?05.

C'est grâce à l'élimination préalable du fer par l’hyposulfite de sodium et à la concentration de l'acide phosphorique dans une petite quantité d’alumine que le dosage de cet acide devient facile et exact, soit par le nitromolybdate d’ammonium - soit par le nitrate de bismuth.

ARSENIC As — 95,0

ÉTAT NATUREL

L'arsenic forme un petit nombre d'espèces minérales spéciales : l’arsenic natif, l'acide arsénieux ou arsénolite et les sulfures, réalgar et orpiment; mais il entre, pour une part plus ou moins importante, dans la composition de beaucoup

de minéraux et de minerais métalliques, tels que : arséniures et arséniosulfures de fer (lællingite, mispickel), de cobalt

(smaltine et cobaltine), de nickel (nickéline, cloanthite, disomose), de cuivre (tennantite), d'antimoine (allemontite), de plomb (dufrénoysite), d'argent (proustite ou argent rouge clair). [Il existe aussi des arséniates hydratés de fer, de zine, de cobalt, de nickel, de cuivre et un chloro-arséniate de plomb,

la mimétèse. L’arsenic se trouve, en petites quantités, dans

beaucoup de pyrites de fer, dans quelques gisements d'hydroxyde de fer, dans un certain nombre d'eaux minérales.

PROPRIÉTÉS

L’arsenic est noir ou gris d'acier, suivant qu'il est amorphe oucristallin. [1 est volatilisé au rouge sombre, sans fusion préalable à la pression ordinaire. On attribue à la formation d’un sous-oxyde l'odeur d'ail très reconnaissable que présentent les vapeurs produites, lorqu'il est chauffé avec peu d’air. |

Dans un courant d'air, il brûle avec une flamme bleuâtre et

répand des vapeurs blanches d'anhydride arsénieux As°0°, qui

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se condensent en petits cristaux blancs sur des corps froids. On peut donc avoir, en chauffant un peu d’arsenie : dans un tube fermé, un sublimé noir avec un peu de dépôt gris; — dans un tube ouvert, un dépôt d'un blanc grisätre d'anhydride arsénieux; — dans un tube parcouru par un courant d'hydrogène ou d'acide carbonique, un dépôt gris brillant d’arsenic cristallin près du point chaulfé et, plus loin, un anneau noir d'aspect vilreux, d’arsenic amorphe.

Il n'est pas attaqué par l'acide chlorhydrique ou l'acide sulfurique étendu; il décompose à chaud l'acide sulfurique concentré avec dégagement d’anhydrides sulfureux et arsénieux; il est très aisément dissous à chaud par l'acide azotique élendu à l’état d'acide arsénieux HAs0O* et par l'acide azotique concentré à l’état d'acide arsénique H*AsO*.

L'eau régale donne toujours de l'acide arsénique; on peut craindre, avec l'eau régale concentrée et sous l'action de la chaleur, une perte appréciable par formation de chlorure d’arsenic très volatil.

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