PRÉSENCE DE L’ANTIMOINE AVEC L’ARSENIC
Quantités très faibles d'arsenic et d’antimoine., — On rencontre souvent, dans le cours des analyses, l’arsenic et l’antimoine réunis dans les proportions les plus variables; or l’antimoine donne dans l'appareil de Marsh des taches noires assez semblables à celles fournies par l’arsenic. IL est donc nécessaire de les étudier soigneusement.
Ayant obtenu par la méthode ci-dessus décrite la transformation complète en arséniure et antimoniure d'hydrogène, aue l’on a ensuite décomposés par la chaleur dans un tube, on coupe la portion où s'est fait le dépôt et on la pèse soigneusement. On iraite ce tube noirei par de l’eau régale chlorhydrique, on lave, sèche et pèse de nouveau très exactement; la différence de pesée donne le poids des deux éléments réunis.
On recommence l'opération avecune nouvelle quantité de la solution arsenicale et antimoniale à étudier. Lorsque l'anneau est obtenu, on le chauffe progressivement à la lampe. L’arsenic, plus volatil que l’antimoine, se sépare et forme plus loin un nouvel anneau, que l'on peut comparer au précédent, pour reconnaitre approximativement les proportions relatives de l’un et de l’autre. L’antimoine ne se déplace qu'à une température élevée et le miroir avance peu ; il fond avant de se volatiliser, en petits globules reconnaissables à la loupe, tandis que l’arsenic se volatilise sans fondre.
a) Un courant d'hydrogène sulfuré transforme le miroir chauffé modérément en Sb?$ orangé ou noir et en ASS jaune plus volatil et placé, par conséquent, plus loin. Si l’on fait arriver ensuite un courant de HCI sec, à froid, le sulfure d’antimoine disparaît aussitôt, tandis que celui d’arsenic subsiste. Celui-ci peut-être dissous par quelques gouttes d’ammoniaque étendue, ce qui évite toute confusion avec du soufre libre, qui resterait insoluble.
b) D’autres méthodes ont été préconisées pour établir une distinction entre les taches d’arsenic et d’antimoine ; nous en
citerons quelques-unes :
C2 et he PEN ME Re POP TE SANS PT PE SNA
Les taches produites sur la porcelaine sont traitées par quelques gouttes d'acide azotique étendu, ou d’eau de chlore très faible, ou mieux encore d'hypochlorite de sodium. Dans ces conditions, l’arsenic se dissout plus rapidement que l’antimoine ; mais ce Caractère n'est pas toujours très net.
Les taches peuvent être soumises à la vapeur dégagée par quelques cristaux d’iode placés au fond d’une capsule de porcelaine. Les vapeurs dégagées à froid rendent l’arsenic jaune et l’antimoine rouge brique. Si on laisse ensuite exposé à l’air humide, les taches jaunes d’arsenic disparaissent rapidement, tandis que celles d’antimoine, plus persistantes, virent d’abord au jaune avant de s’effacer (Lassaigne).
Pour rechercher de petites quantités d’arsenic en présence de l’antimoine, on traite les taches par quelques gouttes d'acide azotique, on évapore à sec avec précaution, on mouille le résidu avee une goutte d’eau faiblement ammoniacale et on répète l’évaporation: enfin on reprend par une goutte d’eau et une très faible quantité d’azotate d'argent. Il se forme, en présence de l’arsenic, un précipité d’arséniate d'argent rouge brique, tandis que l'acide antimonique, resté insoluble, ne fournit pas de coloration.
DEUXIÈME cas : Quantité notable d'arsenic ou d'antimoine. — On peut obtenir la séparation de l’arsenic et de l’antimoine en utilisant l'action différente qu'exercent les hydrures gazeux de ces corps sur une dissolution d’azotate d'argent avec quelques gouttes d'acide azotique.
L'hydrogène arsénié produit de l'argent métallique et de l'acide arsénieuxr dissous :
12AgAz03 2AsH5 -L 6H20 — 12 Ag + 2H3As03 - 12HA708.
L'hydrogène antimonié donne un précipité d'antimomure d'argent noir Ag°Sb :
GAgAzO3 L 2SbH3 — 2Ag%Sb + 6 HAzOS.
Il n’y a pas de composé antimonié dans la dissolution. On peut donc reconnaître l’un ou l’autre des deux gaz ou
leur présence simultanée en examinant les produits de la réduction.
Antimoine — Le précipité, bien lavé à l’eau chaude, est porté à l’ébullition dans une solution d'acide tartrique étendue d'eau, qui dissout seulement l’antimoine ; on acidifie légèrement par l’acide chlorhydrique et on constate que l'hydrogène sulfuré donne un précipité orangé de Sb?s.
Arsenic. — La dissolution tenant l'acide arsénieux avec l'excès d’azotate d'argent est d’abord débarrassée de l'argent par l’acide chlorhydrique étendu, puis précipitée par lhydrogène sulfuré qui donne un précipité jaune de As?$.
L'arsenic peut être, par cette méthode, facilement distingué de l’antimoine; on pourrait même faire ainsi le dosage pondéral des deux substances, ou bien, comme l'a proposé Houzeau!, employer le procédé volumétrique suivant :
On prend un volume connu d'une solution titrée d’azotate d'argent, on y fait arriver le gaz, puis on sépare le précipité el, sur la solution, on dose l'argent restant par une liqueur titrée de chlorure de sodium ; par différence, on sait le poids d'argent précipité (métal et antimoniure). On peut donc calculer Ag et par suite Ag’Sb et Sb. On dose, d’autre part, As?0° après séparation de AgCl, par une liqueur titrée de permanganate ou d'iode.
Le défaut de ces méthodes est de reposer sur la transformation totale de l’arsenic et de l’antimoine en hydrures gazeux, tandis que, s'il y en a une proportion un peu forte, il peut rester des hydrures solides ou même de l'arsenic et de l’antimoine libres, qui sont précipités facilement par le zinc. On pourrait craindre aussi que la décomposition des hydrures gazeux par l’azotate d'argent ne fût pas complète, mais, à cet égard, on peut prendre des précautions et faire passer le gaz successivement dans deux tubes à boules, afin de vérifier si le second ne donne aucune précipitation d'argent.