RECHERCHE DE L'ACIDE BORIQUE
On a souvent recours au caractère fondé sur la coloration en vert de la flamme de l’alcool par l'acide borique. Ce caractère n'apparait qu'avec l'acide libre; si l’on a affaire à un borate, il sera nécessaire de le décomposer par un acide et, de préférence, par l'acide sulfurique. |
La matière, finement pulvérisée, est mise dans une capsule de porcelaine assez petite avec un peu d'acide sulfurique, sans addition d’eau. On chauffe quelques minutes, pour déplacer l'acide borique ; puis on laisse refroidir et on ajoute à la liqueur 5 ou 6 fois son volume d'alcool. On laisse en digestion pendant quelques minutes, en agitant de temps en temps. On allume l'alcool et on remue avec une baguette de verre. S'il y a beaucoup d’acide borique, la flamme entière est verte; s'il y en a peu, on remarque la teinte verte surtout à l'extrémité des langues de feu, observées sur un fond sombre. On donne à la réaction sa plus grande sensibilité en chauffant la capsule avant d'enflammer l'alcool, pour faciliter la formation d'’éther borique, puis allumant et, peu de temps après, éteignant la flamme. Si l’on rallume de nouveau presque aussitôt après, les bords de la flamme, vus sur un fond noir, sont colorés en vert, lors même quil y a trop peu d’acide borique pour que la coloration soit visible dans les conditions précédentes.
Lorsque le borate est en dissolution, il convient de concentrer beaucoup, afin de n'employer que peu d’alcool, l'intensité de la coloration variant en sens inverse du volume de l'alcool et de la durée de la combustion.
On doit employer assez d'acide sulfurique pour décomposer les sels, mais éviter un excès, qui produirait une flamme
blanche éclairante, par suile de la formation de carbure d'hydrogène.
La présence des acides azotique, phosphorique, tartrique, diminue l'intensité de la coloration, sansque l’on en sache bien le motif.
Enfin il faut craindre les substances qui sont susceptibles de colorer la flamme en vert, notamment les sels de cuivre, les iodures, bromures et chlorures alcalins ou métalliques. Le chlorure d'éthyle donne à la flamme une teinte vert bleuâtre ; il faut done éviter le mélange des chlorures métalliques avec l'alcool.
Un moyen de déceler la présence de très faibles quantités d'acide borique est le suivant:
On évapore presque à sec une petite partie de la dissolution saline qui le contient, puis on acidifie par l'acide sulfurique, de manière à mettre l'acide borique en liberté. On y trempe l'extrémité d’un fil de platine un peu gros, recourbé en forme d’œillet, el on approche seulement de l'enveloppe extérieure d'une flamme très peu éclairante. L’acide borique est volatilisé et colore en vert le bord de la flamme, qu’on regarde tangentiellement pour mieux distinguer la coloration, parce que la flamme présente ainsi une épaisseur colorée plus grande et se détache sur un fond sombre. Dans ces conditions, les bases (la soude, par exemple, s'il s’agit du borax ou d'eaux minérales) sont maintenues à l'état de sulfates et ne colorent pas la flamme parce que la température n’est pas assez élevée pour les volaliliser à cet état. Dieulafait a employé ce procédé pour reconnaitre la présence de traces d'acide borique dans les eaux de la mer, en se servant de la flamme à peine visible de l'hydrogène et du spectroscope.
On peut aussi présenter dans la partie extérieure de la flamme du brûleur, ou bien à la pointe de la Hanune intérieure du chalumeau, la boucle d'un fil de platine, sur laquelle on a placé un mélange humecté d’eau de la substance à examiner réduite en poudre fine avec 3 ou # parties d'un flux formé de : 1 partie de spath fluor (bien exempt d’acide borique) et # parties