Parmentier, thid
3. Jay et Dupasquier, B. Soc. Chim., 1895, I, 877; 1896, 1, 33.
borique, forme après refroidissement une masse incolore vitreuse, qui perd peu à peu sa transparence en se recouvrant d'une couche d'acide borique. Pulvérisé, il s’hydrate avec élévation de température et accroissement de volume. Il se dissout très lentement à froid, surtout lorsqu'il est en masse. Sa solubilité augmente beaucoup avec la température; elle est, dans 1 litred’eau, de 11 grammes à 0°; de 225',5 à 20°; de 3955 à 40°; de 95%" à 80°; de 164°,5 à 102°. IT devient plus soluble en présence d'acide chlorhydrique.
L'acide boriquecristallise aisémentparrefroidissement.L'ébullition ou l'évaporation de sa dissolution dans l’eau pure ou chlorhydrique donne lieu à un entrainement très notable.
L'anhydride borique dissout au rouge un grand nombre d'oxydes métalliques et forme avec eux des verres colorés. C'est pour cette raison que l’on emploie le borax comme réactif usuel dans les essais au chalumeau; c'est aussi ce qui explique qu’il serve au décapage des métaux pour la soudure.
À haute température, l’anhydride borique se volatilise lentement et laisse quelquefois les oxydes sous forme de cristaux; c’est ainsi que l’alumine a été amenée à l’état de corindon semblable au corindon naturel. Plusieurs espèces naturelles ont été reproduites par Ebelmen et plus récemment par d’autres chimistes, en se fondant sur l’action dissolvante etsur la volatilisation graduelle de l’anhydride borique.
L'acide borique B°0, 3H°0 ou H°BO*. On le représente aussi par la formule B (OH) et on lui donne le nom d'acide orthoborique. Chaufté vers 90 —100°, il devient B?0*, H20 ou HBO2= BO(OH), que l’on appelle acide métaborique.
L'acide borique se dissout rapidement dans l’eau chaude. Il cristallise par refroidissement de la solution sous forme de lamelles brillantes et translucides appartenant au système asymétrique.
Il est soluble dans l'alcool et forme avec lui un éther volatil, qui colore la flamme en vert, principalement sur les bords. Sa dissolution dans l’eau ou dans l'alcool rougit le tournesol; elle colore en brun le papier de curcuma, qui, par dessicca-
tion avancée, prend une teinte rouge brun caractéristique:
Il est facilement déplacé de ses sels par les acides minéraux en dissolution; mais, grâce à sa fixité, il déplace, à température élevée, tous les acides volatils.
Borates.
L'acide borique est considéré comme un acide tribasique, B(OH® ou H*B0*, contenant 3 atomes d'hydrogène, auxquels doivent pouvoir se substituer 3 atomes d’un métal monovalent quelconque.
On connaît un petit nombre de sels ainsi constitués, auxquels on donne le nom d'orthoborates où borates fribasiques, M°B0* ou M5B?05notamment celui de magnésium Mg*B°05 préparé par Ebelmen, et celui de cadmium Cd*B?06 préparé par L. Ouvrard, l'un et l’autre obtenus par la voie sèche.
Les sels les mieux délinis et les borates naturels renferment 3 fois ou 6 fois autant d’anhydride borique pour la même quantité de base; ce sont des borates neutres et des biborates.
Les borates neutres, MBO? ou M°B°0* sont aussi appelés #étaborates par analogie avec les phosphates correspondants : tels sont ceux de potassium et de sodium NaBO° et ceux de magnésium, de cadmium, de baryum, de calcium Ca(B°0)'.
Les borates acides ou biborates (on dit aussi {étraborates) ont pour types le borax Na?B‘07, la borocalcite CaB*07, la boronatrocalcite Na?Ca° (B‘07), abstraction faite de l’eau; mais une partie de l’eau pourrait bien entrer dans la constitution de ces sels, qui ne se déshydratent que vers 200 ou 300°.
Il existe aussi des sels plus complexes renfermant des chlorures, comme laboracite naturelle 3Mg0 4B°0°+ 1/2 MeCP, ou la stassfurtite ; telles sont aussi la boracite calcaire de Le Chatelier : 3Ca0B?0° + CaCP, celles de G. Rousseau et Allaire, etc.
ACTION DE LA CHALEUR, DE L'EAU, ETC. — Presque tous les borates, à l'exception de ceux qui renferment un excès d’alcalis ou d'oxyde de plomb, laissent volaliliser de l'acide borique au rouge. Il y a, de même, volatilisation, lorsqu'on évapore une solution de borate acidifiée ; la volatilisation est
beaucoup plus grande si la dissolution renferme de l'alcool, pour la raison déjà indiquée.
L'eau ne dissout bien que les borates alcalins ; les autres sont très peu solubles, mais non entièrement insolubles au point de vue de l'analyse. [ls sont solubles dans tous les acides étendus et dans beaucoup de sels, notamment les sels ammoniaCaux.
Les solutions chaudes et concentrées de borates, additionnées d'acide chlorhydrique ou d'acide sulfurique étendu, laissent déposer, par refroidissement, des paillettes cristallines brillantes d'acide borique.
Les carbonates alcalins décomposent, par ébullition, les borates peu solubles.
Réacrioxs. — Une dissolution de borate alcalin, telle que du borax, fournit avec divers sels les réactions suivantes :
Sels de calcium ou de baryum, précipité blane peu soluble dans l’eau, bien davantage dans les acides, les sels ammoniacaux et les sels alcalino-terreux eux-mêmes introduits en excès. En liqueur étendue et acidulée, pas de précipité.
Sulfate de magnésium, pas de précipité à froid, trouble blanc à chaud, par suite de solubilité moindre.
Sulfate de manganèse, précipité jaune.
Sulfate de zinc, précipité blanc.
Sulfate de cobalt, précipité rose.
Sulfate de nickel, précipité vert.
Azotate de plomb, précipité blanc, un peu soluble dans un excès du réactif, bien soluble dans les acides, même l'acide acétique ; le carbonate d’ammonium précipite tout le plomb à l’état de carbonate, en laissant tout l’acide borique en dissolution.
Azotate d'argent. Avec des solutions concentrées, il se fait un précipité blanc de borate d'argent soluble dans l’eau, dans l'acide azotique et dans l’'ammoniaque. Avec des dissolutions étendues, le précipité est gris brun; c’est de l'oxyde d'argent hydraté.
Azotate mercureux. En solutions concentrées, il se fait un précipité brun jaunâtre de borate mercureux, soluble dans un
excès d'eau. En solutions étendues, le précipité est noir et ne contient pas d'acide borique.
Chlorure mercurique, précipité rouge d'oxychlorure mercurique, ne contenant pas d’acide borique.
Ces trois dernières réactions paraissent correspondre à une dissociation du borate alcalin dans beaucoup d’eau.