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MOLYBDÈNE 113
Pour doser l’aleali, on dissout le phosphomolybdate dans un excès d'ammoniaque et l’on ajoute une solution ammoniacale d’azotate d'argent. On précipite à l’ébullition successivement du phosphate d'argent jaune, cristallin, puis du molybdate d'argent incolore, également eristallin. L’alcali peut être ensuite facilement dosé dans la liqueur après séparation de l'excès d'argent.
Dans le cas du phosphomolybdate d’ammonium, on opèrera de la facon suivante: une première prise d’essai est dissoute dans l’'ammoniaque, on précipite l'acide phosphorique par la mixture magnésienne, puis le molybdène par l'hydrogène sulfuré et l'acide chlorhydrique, comme nous l’avons déjà dit (p. 756). L’ammoniaque est dosée volumétriquement dans une prise d'essai spéciale, après distillation avee une lessive de potasse. L'eau est calculée par différence (Ad. Carnot).
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VANADIUM Va — 51,3 ÉTAT NATUREL. — PRINCIPAUX COMPOSÉS
Le vanadium a été découvert, en 1803, dans un minerai de plomb de Zimapan (Mexique) par Del Rio, qui le nomma érythrontum ; mais il crut plus tard, avec Collet-Descotils, que c'était du chrome impur. En 1830, Sefstræm reconnut un élément nouveau dans un fer très ductile de Taberg (Suède) et ensuite dans les scories d’affinage de ce fer; il le nomma vanadium. Wælhler montra que c'était le même corps que celui trouvé par Del Rio dans la vanadinite ; mais le nom donné par le chimiste suédois fut adopté.
L'élude des composés du vanadium fut surtout faite par Berzélius, en 1831, et par Roscoë, en 1868. Le chimiste anglais obtint pour la premiè:e fois le vanadium pur, tandis que Berzélius avait considéré comme tel le bioxyde ou l’azoture de vanadium ctcomme chlorures et sulfures des oxychlorures et oxysulfures.
Le vanadium entre, à l’état d'acide vanadique, dans quelques minéraux riches, comme les vanadates de cuivre et de plomb ou le chlorovanadate de plomb, tout à fait comparable aux chlorophosphate et chloroarséniate de plomb; mais il se rencontre, en outre, dans un grand nombre de matières diverses, telles que : les grès cuprifères du Cheshire d'où le tirait Roscoë, les minerais de fer de Taberg (Suède), ceux du Cleveland et du Wittshire (Angleterre), les minerais oolithiques de l'infralias à Mazenay (Saône-et-Loire), les minerais argileux des Baux (Bouches-du-Rhône) ct les bauxites de diverses localités,
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les argiles de beaucoup de provenances, par exemple Vanves, Gentilly, Dreux, Forges-les-Eaux.. et quelques roches calcaires des environs de Paris.
On l’a également trouvé dans plusieurs minéraux plus ou moins rares : la cérite, la pechblende et la carnotite du Colorado, le rutile de Saint-Yrieix (Haute-Vienne).
On l’a rencontré dans un gisement de houille du Chili, dont les cendres sont devenues, vers 1893, une malière première de quelque importance pour l'extraction du vanadium. L'analyse de laves, de cendres volcaniques et de plantes poussées sur l'Etna, y à fait reconnaitre la présence de vanadium (Riceiardi, 1883).
Outre les minéraux et les roches, on peut citer quelques produits métallurgiques renfermant du vanadium; certains fers et les scories correspondantes, comme ceux de Taberg, et surtout aujourd'hui les scories basiques produites dans la déphosphoration des fontes fabriquées avec des minerais vanadifères, comme étaient, vers 1880, celles du Creusot, provenant du traitement des minerais de Mazenay, où la teneur en vanadium dépassait 1 0/0.
Le vanadium métallique a été obtenu par Roscoë en réduisant, au moyen de l'hydrogène puritié par l'action de Ja mousse de platine et de l'anhydride phosphorique, le tétrachlorure de vanadium parfaitement exempt d'oxygène.
La réduction s'achève très lentement (de quarante à quatrevingts heures pour 1 à 4 grammes de chlorure) dans une nacelle chaulfée au rouge à l’intérieur d'un tube de porcelaine ; il est indispensable, pour n'avoir pas d’explosion, de réduire d'abord le tétrachlorure volatil en bichlorure solide et non volatil, pour décomposer ultérieurement celui-ci par le sodium, toujours dans le courant d'hydrogène rigoureusement pur. Ce sont des conditions fort difficiles à réaliser.
Le vanadium à peu près pur obtenu de cette façon est une poudre blanc grisätre, qui présente au microscope l'aspeel cristallin, brillant, avec l'éclat de l'argent. Son poids spéeifique est 5,5. Il n'est ni fusible, ni volatil au rouge blanc;
mais, à l'air, il se transforme successivement par la chaleur en oxydes brun, puis noir, bleu et rouge brun foncé. Il ne s'altère pas à froid par l’action de l'air, ni par celle de l’eau jusqu'à 100°.
Moissan a obtenu de la fonte de vanadium, renfermant jusqu'à 25 0/0 de carbone, en chauffant le métavanadate d'ammonium pur jusqu'à formation d’anhydride vanadique brun, puis mêlant à du charbon de sucre et chauffant au four électrique dans l'arc fourni par une machine de 250 chevaux et mesurant 1.200 ampères avec 80-90 volts. Le poids spécifique de ce carbure de vanadium est 5,8.
Dans des expériences ultérieures', Moissan a obtenu des carbures à 15, à 10 et enfin à 5 0/0 de C seulement en ne chauffant que deux minutes dans un tube de charbon avec courant d'hydrogène sous 1.000 ampères et 60 volts.
En chauffant neuf à dix minutes avec 900 ampères et 50 volts, il est arrivé à un carbure cristallisé VaC (18,51 0/0 C). Ce carbure, dont la densité est 5,36, est inattaquable par les acides chlorhydrique et sulfurique, mais attaqué par l'acide azotique à froid.
Le vanadium, chauffé dans un courant de chlore, donne VaCI“ et, dans un courant d'azote, VaAz. La réduction de l'acide vanadique par l'hydrogène donne seulement le composé VaO.
Cet oxyde VaO se conduit à peu près comme un radical simple. On le désigne souvent sous le nom de vanadyle. I à été considéré, au début, comme étant le vanadium lui-même : Berzélius lui attribuait le poids atomique 68,5, qui s’écarte peu de la somme des poids atomiques admis aujourd'hui pour les composants :
La décomposition de l'acide vanadique par le potassium dans un courant d'azote au rouge sombre, ou celle du chlorure de vanadium par le gaz ammoniac produit VaAz. Berzélius avait pris ce composé pour le métal et l’oxychlorure