‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 45 sur 320 · CARACTÈRES DISTINCTIFS DES AZOTITES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DISTINCTIFS DES AZOTITES

Les azotites neutres sont tous solubles dans l’eau ; l’azotite d'argent seul est peu soluble. Ils sont décomposés par la chaleur et dégagent AzO + O0,

L'acide sulfurique étendu et froid déplace l’acide azoteux, qui se décompose en dégageant de l'oxygène et du bioxyde d'azote, lequel donne des vapeurs rutilantes. Ce dégagement de vapeurs rouges est caractéristique; car, avec les azotates, il y aurait simple déplacement de l'acide, sans vapeurs rulilantes.

Lorsqu'on chauffe un azolite avec du chlorure ferreux et de l'acide chlorhydrique, À y a, comme avec les azotates, dégagement de bioxyde d'azote et peroxydation du sel ferreux. La même réaction se produit encore lorsqu'on emploie l'acide acélique au lieu de l'acide chlorhydrique. On remarque alors une coloration brune de la liqueur (par combinaison de AzO avec FeCP), tandis que pareille coloration ne se fait pas avec les azotates.

Comme réaction très sensible, Griess! a conseillé, après addition d'acide sulfurique, l'addition d'un demi-centimètre cube d'une solution saturée à froid d'acide diamidobenzoïque. Le liquide se colore en jaune plus ou moins foncé, au bout de dix à quinze minules.

Le même auteur a proposé, par la suite, la métaphénylènediamine, qui fournit, en présence de l'acide azoteux, une matière colorante brune : la triamidoazobenzine. La réaction est encore sensible pour 1/10 de milligramme d'acide azoteux dans 1 litre d'eau; elle n'est pas altérée par de faibles quantités de peroxyde de fer.

Paul Sabatier * a signalé une réaction sensible des azotites fondée sur l'emploi de l’oxydule de cuivre (Gu°0). On prend une goutte aussi petite que possible de la solution, on ladépose sur une soucoupe blanche et on place par-dessus une goutte d'acide sulfurique concentré, puis on y fait tomber quelques grains d'oxyde cuivreux. S'il y a un nitrite, il se produit aussitôt une teinte violette. La réaction est encore nette avec une solution contenant par litre 1/30 de molécule d’acide azoteux ; mais bien moins sensibleque celle de la métaphénylène-diamine. La coloration est fugace, parce que l'humidité et l’oxygène de l'air contribuent à la détruire. Elle est gènée par la présence d'une proportion notable d’azotate.

Une autre réaction très sensible est fournie par une solution d'iodure de potassium ou d'iodure de zinc avec empois d’amidon. On y ajoute un peu d'acide sulfurique libre. Avec 1/100.000 d’azotite de potassium, il se produit une coloration bleue visible au bout de quelques secondes ; avec 1/1.000.000, la coloration se manifeste après quelques minutes. [lfaut observer que les acidesiodique, bromique, chlorique, chromique, le peroxyde de fer, etc., pourraient aussi décomposer l’iodure de potassium, et faire apparaître la coloration. Les matières organiques rendent les résultats incertains. Si l’on soupçonne leur présence, il convient de distiller le liquide additionné de quelques

1. Liebig's Annalen der Chemie, t. CLIV, p. 333. 2. Comptes Rendus, 25 juin 1886, p. 1417.

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ACIDE AZOTEUX 113

centimètres cubes d'acide acétique; l'acide azoteux se trouve seul dans les premières portions condensées et peut alors y être très facilement décelé par l’iodure et l’amidon (Frésénius).

Une solution stable d’iodure de zinc avec empois, connue sous le nom de réactif de Trommsdorf, se prépare en faisant bouillir pendant plusieurs heures 5 grammes d'amidon ou de fécule avec 20 grammes de chlorure de zinc et 100 centimètres cubes d'eau distillée. Lorsqu'on est arrivé à la dissolution complète de l'enveloppe des grains d’amidon, on ajoute 2 grammes d'iodure de zinc, on étend à 1 litre et on filtre. La solution doit être conservée à l'abri de la lumière dans un flacon bien bouché.

La dissolution ammoniacale de para-amido-benzine-azodiméthylaniline fournit une coloration bleue sensible avec une dissolution au cent millionième (Me/dola).

Enfin la réaction la plus sensible est la formation de rouge au moyen de l'acide sulfanilique et de la naphtylamine. Voiei comment Lunge conseille d'opérer : dissoudre 05",5 d'acide sulfanilique dans 150 centimètres cubes d'acide acétique étendu; faire bouillir 05,1 de naphtylamine solide avec 20 centimètres cubes d'eau, séparer la solution incolore du résidu qui est bleu violet, et y ajouter 150 grammes d’acide acétique étendu; mélanger les deux solutions et conserver dans une fiole bien bouchée. À 20 centimètres cubes environ de la solution que l’on soupconne contenir de l'acide azoteux on ajoute quelques centimètres cubes du réactif et l’on chauffe vers 70°. Avec un billionième d'acide azoteux,c’est-à-dire1/1.000demilligramme d'acide azoteux dans 1 litre d’eau, la coloration rouge apparaît au bout d'une minute. Avec des quantités relativement grandes, 1 millième par exemple, on n’obtiendrait qu'une coloration Jaune. Souvent le réactif se teinte en rouge au bout d'un certain temps, par suite de la présence d'acide azoteux dans l'air ; il suffit alors de l’agiter avec de la poudre de zinc et de filtrer la liqueur ainsi décolorée, qui réagit avec autant de netteté et d'intensité que la solution primitive !.

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