Annales de Chimie el de Physique, XLVIIT, 3, p
dans l'eau dislillée à 40° pendant vingt-quatre heures; on remplace l’eau, qui s’est fortement colorée en brun, par d'autre eau qu'on laisse encore vingt-quatre heures; puis on décante et on traite le résidu par un mélange à parties égales d’eau et d'acide chlorhydrique pur et concentré. On fait bouillir pendant une heure et on lave le résidu à l’eau chaude et à l'eau froide sur un filtre. On dessèche et on lave finalement avec de l’éther, qui est d’abord coloré en pourpre et qu'on distille aussitôt pour l'employer de nouveau, jusqu'à ce qu'il
ne soit plus que légèrement coloré en bleu par l'indigo. L'in-
digo du commerce est réduit à 50 0/0 environ de son poids par cette purification.
Sur 5 grammes d’indigc purifié, Gn verse peu à peu, en agitant, 35 grammes d'acide sulfurique de Nordhausen et on laisse digérer dans un flacon fermé à l’émeri, pendant deux ou trois jours, vers 50° ou 60°. Le produit obtenu est visqueux, d'un bleu intense, entièrement soluble dans l’eau avec dégasement de chaleur. On le verse goutte à goutte dans de l'eau distillée.
La dissolution de sulfate d'indigo se prépare à différents degrés de dilulion, suivant qu'on doit l’employer au dosage de quantités plus ou moins faibles de nitrate. On prendra, par exemple, 200, 20 ou 2 gouttes de la liqueur acide pour 100 centimètres cubes d’eau distillée, si lon veut que 1/10 de centimèlre cube de la teinture corresponde environ à 1 milligramme, à 1/10 ou à 1/100 de milligramme. d’acide nitrique. |
Tirage. — On détermine exactement le titre de la teinture d'indigo en se servant d’une dissolution titrée de nitrate de polassium renfermant, par litre, 1,872 de ce sel pur, correspondant à 1 gramme d'anhydride Az0”.
Celte dissolution est conservée dans un flacon à l'émeri très bien bouché ; à l'aide d’une pipelte étroite, divisée en dixièmes de centimètre cube, on en prend 2 centimètres cubes el, comme on peut bien apprécier les demi-divisions de la burette, on a ainsi une approximation de 1/40. On verse dans
un tube à essai en verre mince de 14 centimètres de longueur et 1°%,5 de diamètre. On chauffe à l’ébullition dans le tube, qu'on tient avec une pince en bois, puis on ajoute 1 centimètre cube d'acide chlorhydrique un peu fumant et pur ou, du moins, parfaitement exempt de produits nitreux (que l’on a reconnu être sans aucune action sur la teinture d’indigo)!. Aussitôt après, on verse quelques gouttes de la teinture et on chauffe; si la liqueur, d'abord assez colorée, pâlit et se décolore, on verse encore quelques gouttes, et on recommence ainsi Jusqu'à ce que la décoloration ne soit plus immédiate. Lorsqu'on a mis une certaine quantité de teinture, la liqueur devient non plus incolore, mais Jaune, et, par addition de la teinture bleue, elle prend une coloration d'un vert bleuâtre. On fait bouillir de nouveau, et on ajoule, au besoin, un demicentimètre cube d'acide chlorhydrique, qui ordinairement fait disparaitre la prédominance du bleu et ramène soit à une teinte d'un vert de chrome, soil à une teinte jaune. Dans ce dernier cas, il faudrait encore une fois ajouter une ou deux gouttes d’indigo et 1/2 centimètre cube d'acide chlorhydrique, de manière à arriver, par ébullition, à la nuance vert de chrome persistante; l'ébullition, la concentration, le concours de l'acide chlorhydrique ne la modifient pas. On lit alors sur la burette le volume exact de la teinture, qui a été détruit par le nitrate de potassium employé.
Dosage. — Pour le dosage d’une petite quantilé de nitrate dans l’eau, on procède de la même facon, en se servant de la teinture d’indigo titrée, comme il vient d'être dit, et conservée dans un flacon bien bouché à l'émeri.
Le procédé permet d'apprécier avec exactitude des centièmes de milligramme d'acide nitrique ou de nitrates. Mais à la condition que l’eau ne renferme pas de matières organiques. Or les eaux de pluie, les eaux de rivière, les eaux de drainage, etc., en contiennent une plus ou moins grande quantité.
Boussingault remarqua que ces matières, ainsi que le sucre,
1. Pour obtenir ce résultat, il suffit de faire bouillir l'acide dans un matras jusqu'à ce qu'il ait perdu à peu près le cinquième de son volume.
la gomme, la dextrine, la gélatine, affectent le dosage, tandis qu il n’est pas altéré par la présence des acides acétique, oxalique, tartrique. Pour les éliminer, il fut conduit à employer la méthode d'évaporation avec de la potasse pure, afin de décomposer les sels ammoniacaux, suivie d'une oxydation par l'acide sulfurique en excès avec du peroxyde de manganèse ou du permanganate de potassium.
Recherche et dosage de l’acide nitrique par les sels de cinchonamine. — La recherche qualitative de l'acide nitrique peut être facilitée dans diverses circonstances par l'emploi des sels de cinchonamine. Get alcaloïde s’extrait de l'écorce du Remijia purdicana, arbre assez commun dans la province de Santander (États-Unis de Colombie) et appartenant à la famille des quirquinas. Arnaud a montré que la einchonamine forme, en général, des sels assez solubles dans l’eau pure, moins solubles en présence d'un excès d'acide ; le nitrate seul est presque insoluble dans l’eau, surtout en liqueur faiblement acide.
La formation de petits cristaux prismatiques allongés de nitrate de cinchonamine peut servir à reconnaitre la présence de petites quantités de nitrates, soit dans une dissolution, soit même dans un tissu végétal. En effectuant dans des tiges de plantes des coupes en différents sens et plongeant ces tiges dans une dissolution de chlorhydrate de cinchonamine, étendue à 1/250 et additionnée d’une petite quantité (10 à 15 0/0) d'acide chlorhydrique, on remarque, après quelques heures d'immersion, une accumulation de petits cristaux aciculaires dans les cellules végétales (Arnaud et Padé!).
On peut appliquer ainsi le sel de cinchonamine à des recherches microchimiques très sensibles (t. F, p. 159).
On peut aussi l’employer au dosage de l'acide nitrique. à cet effet, Arnaud ? a recommandé la méthode suivante : on neutralise très exactement la dissolution, soit par la soude, soit par l'acide sulfurique, suivant qu’elle était acide ou
1. Comples Rendus de l'Académie des Sciences, 16 juin 1884,t. XCVIIL, p. 1488 2. Comptes Rendus, t. XCIX, p. 190.
alcaline; on élimine le chlore par l’acétate d'argent ct le petit excès ajouté de celui-ci par quelques gouttes de phosphate sodique. On filtre, on évapore presqu'à sec, on filtre, au besoin, une seconde fois, si le liquide n'est pas clair. On ajoute une goulte d'acide acétique étendu, et ensuite une dissolution chaude de sulfate de cinchonamine. On laisse reposer douze heures à froid, on fait passer le liquide sur un filtre taré ; on lave le précipité avec de l’eau saturée de nitrate de cinchonamine à la température ordinaire; on enlève ainsi tout Le sulfate de cinchonamine sans aucune perte de nitrate, tandis que l’eau pure dissoudrait de celui-ci environ 2/1.000 de son poids. On reçoit le précipité cristallin sur le filtre, on lave encore et on termine avec une très petite quantité d'eau pure et froide. On sèche à 100° et on pèse.
Le nilrate de cimchonamine à pour formule : CHF:A70. HAz0°. Son équivalent élevé est avantageux pour le dosage de l'acide nitrique : 359 de ce nitrate correspondant à 54 d’anhydride azotique, 63 d'acide HAZO®, 101 de nitrate de polassium, 85 de nitrate de sodium, 82 de nitrate de calcium.
D'après les différents essais cités par l’auteur sur des quanüités de nitre connues et sur des eaux de puits et de rivières, les résultats sont très satisfaisants.
Pour doser les nitrates contenus dans les plantes, on est obligé de modifier la méthode, parce que l’acétate d’argent serait réduit peu à peu par les matières organiques et donnerait un liquide toujours trouble. Arnaud conseille, en conséquence, d’épuiser la plante, après triluration, par l’eau bouillante, d'évaporer à consistance d'extrait, de reprendre par l'alcool à 40° centésimaux, puis de chasser l’alcoo!l par évaporation au bain-marie et d'éliminer ensuite les chlorures par un peu d'acétate de plomb ct l'excès de celui-ci par un peu de sulfate de sodicm. Après filtration, on continue le dosage, comme il vient d'être dit, au moyen du sulfate de cinchonamine en liqueur très faiblement acétique.
ACIDE AZOTEUX All
ACIDE AZOTEUX
Anhydride azoteux : AzZ203 — 76 Acide azoteux : HAz0O? — #47
Az— 29,19
Az? — 36,84 O2 — 68,08 De O1 HU 100,00 100,00
Acide (rès peu stable, gazeux à la température ordinaire, rouge brun, décomposé par le contact de l’eau en HAZ0* et AzO: se trouve en petite quantité dans l'acide sulfurique ordinaire.
On connaît des azotites neutres MAz0? et des sous-azotiles, ou azotites basiques.
Les azolites alcalins se produisent dans la décomposition des azotates par la chaleur ; l’azotite d’ammonium se trouve dans l’eau évaporée rapidement à l'air, dans les eaux de pluie ou de neige fondue (Schünbein).