ARGILE PURE OU KAOLIN
Les argiles pures ne sont pas, en général, fusibles par ellesmémes, mais elles peuvent être employées à rendre fusibles, eomme nous l'avons vu plus haut, les matières calcaires ou magnésiennes. Leur composition est extrémernent variable ; le kaolin lui-même, quoique plus pur que la plupart des argiles, ne renferme pas des proportions constantes de silice et d’alumine. Il convient donc d'analyser une fois pour toutes l'argile sèche ou le kaolin en poudre, dont on fait provision en vue des essais, afin de pouvoir calculer approximativement la formule du silicate que l’on pourra former.
ACIDE BORIQUE BO°H° — Borax B'O'Na* + 10H°0.
Avant d'emplover l’un ou l’autre de ces deux réactifs, on se débarrasse de la grande quantité d'eau contenue, qui produirait dans les essais des boursouflements excessifs.
On chauffe jusqu'à fusion tranquille, on coule alors en plaques l'acide borique vitreux B°0*, ou le verre de borax B*OTNa?; puis on le réduit en poudre fine, qu'on conserve à l'abri de l'humidité de l'air dans un vase bien bouché.
L'acide borique à la propriété de former des combinaisons fusibles non seulement avec toutes les bases, mais avec les silicates et avec la silice elle-même; car il suffit de 1 partie d'acide cristallisé pour fondre, au fourneau à vent, 3 parties de silice pure, ? p. 1/2 d'argile, ? p. 1/2 d’alumine, 3 parties de magnésie ou { partie de chaux.
Ce réactif présente l'inconvénient d’être très sensiblement volatil et de se sublimer en partie dans les opérations qui exigent un chauffage prolongé à température élevée; les pertes sont d'ailleurs beaucoup plus grandes avec des matières très sillceuses qu'avec les matières de composition basique.
Le borax ou biborate de sodium donne lieu à des pertes moindres, qui portent principalement sur l’acide borique ou principalement sur la soude, suivant que les matières à fondre
sont de composition très acide ou de composition très basique ; mais ces pertes sontencore un inconvénient réel pour les essais quantitatifs, parce qu'elles ne permettent pas d'en contrôler l'exactitude par les pesées faites avant et après l'opération. C'est d'ailleurs un fondant très commode; car il est très fusible par lui-même et il forme des composés fusibles avec la silice, les silicates et les bases; au four à vent, on peut fondre avec 1 partie de borax anhydre jusqu'à 5 parties de silice ou d'argile, ou environ 4 parties de chaux ou de magnésie. Le réactif agit à la fois par son acide borique libre, capable de se combiner aux différents oxvdes, et par son borate de sodium, formant des borates doubles facilement fusibles. Aussi l’'emploie-t-on souvent : tantôt seul et à température modérée, soit pour les essais d’or et d'argent, où l'on cherche à dissoudre les oxydes métalliques étrangers, soit pour la fonte crue des sulfures ou des arséniures, où 1l scorifie les gangues pierreuses sans oxyder les composés métalliques; — tantôt à haute température et avec le charbon, en vue de la réduction de certains oxydes; les minerais de fer ou d’étain, traités ainsi au creuset brasqué dans un four à vent, donnent un culot contenant à peu près tout le métal. La perte par scorification est ordinairement moindre que dans la fonte avec des silicates; mais les résultats obtenus ne peuvent pas être comparés avec ceux des opérations métallurgiques, surtout au point de vue de la qualité du métal. Le borax est un fondant particulièrement précieux pour les essais qualitatifs, à cause de la propriété qu'il possede de se colorer d'une facon caractéristique par un grand nombre d’oxydes, qu’il dissout, soit au feu oxydant, soit au feu réducteur (chalumeau, p. 33). On peut aussi l'emplover quelquefois comme fondant pour le sulfate de baryum et pour le spath fluor (parties égales de la matière et de borax) ou pour le phosphate de calcium (3 à 4 parties de borax) en opérant à la température des fours de calcination ordinaires. Lorsque l’on croit devoir contrôler la pureté du borax, on en fait une dissolution et on recherche principalement les sulfates et les chlorures au moyen des sels de baryum et d'argent, les
sels de calcium au moyen du carbonate de sodium. S'il esl trouvé impur, on peut le purifier par cristallisations successives en profitant de la grande différence de solubilité dans l’eau à chaud et à froid.
BISULFATES ALCALINS. — [SO*KH]; [SO*NaH].
Ces réactifs se préparent en mettant dans un creuset de platine 49 parties d'acide sulfurique monohydraté avec 87 parties de sulfate neutre de potassium ou 71 parties de sulfate neutre de sodium, dont on a écrasé les cristaux dans un mortier de porcelaine ; on remue les matières et on chauffe au rouge très sombre, de manière à obtenir une fusion complète et tranquille. On coule alors le liquide sur une plaque de porcelaine ou dans une assez grande capsule de platine reposant sur une assiette remplie d’eau; puis on détache le sel fondu, on le concasse et on le conserve en flacons fermés.
On fait agir ces sels acides sur les matières minérales bien porphyrisées, en placant le mélange dans un creuset de platine et chauffant d'abord jusqu'à fusion, puis jusqu'au rouge vif, où le réactif entre en décomposition progressive. Lorsqu'il ne se dégage plus de fumées blanches d'acide sulfurique, on laisse refroidir, puis on traite par l’eau ou par l'acide chlorhydrique, suivant les cas, afin de dissoudre les oxydes métalliques et les sulfates formés.
Ces sels agissent à la facon de l'acide sulfurique et du bisulfate d'ammonium (voir p. 589), mais plus énergiquement, parce qu'ils ne se décomposent qu'au rouge vif; ils peuvent aussi agir sur certains éléments par les alcalis qu'ils renferment et qui facilitent la fusion et ensuite la décomposition des silicates.