ALCALIS
Nous avons déjà parlé de l'emploi des hydrates alcalins comme réactifs oxydants (page 603); ils servent en même temps comme fondants pour quelques substances, telles que
les silicates, les titanates, les chromates, les vanadates, en vue d'un traitement ultérieur par voie humide.
La fusion doit s’exécuter dans un creuset d'argent ou de fer; l'argent est employé de préférence pour les analvses quantitatives, mais il faut suivre de près l'opération, pour que le creuset ne soit pas détérioré ou fondu.
On se sert ou de potasse ou de soude caustique, suivant que l'une ou l’autre peut être trouvée plus pure dans le commerce. Mais il faut compter qu'elles renferment toujours un peu de silice, d’alumine et d'acide phosphorique, à moins d’avoir subi une purification spéciale.
On prend ordinairement, pour 1 partie de la matière en poudre très fine, 3 parties environ de l’hydrate alcalin, qu'on fait fondre dans le creuset d'argent en le chauffant dans le moufle jusqu'à fusion tranquille, sans atteindre le rouge. On laisse alors refroidir, on verse la matiere à la surface et on chauffe de nouveau jusqu’au rouge sombre ou un peu audessus. Autant que possible et en retirant au besoin le creuset, on remue de temps en temps avec une spatule d'argent, qu'on tient au bout d’une pince, afin de remettre la poudre en suspension dans l’alcali fondu.
Après 15 à 20 minutes, l'attaque est ordinairement complète; on laisse refroidir complètement et on renverse alors le creuset dans une grande capsule en partie remplie d’eau pour dissoudre les sels solubles. Certains composés, chromates, vanadates, tungstates, manganates, etc., doivent se dissoudre complètement; d’autres, au contraire, forment des combinaisons insolubles.