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fait un aluminate soluble dans l’eau et décomposable par voie humide par l'acide carbonique. On a mis à profit cette réaction pour la préparation de l’alumine pure en partant de la bauxite naturelle plus ou moins ferrugineuse.
Divers oxydes métalliques se comportent d’une facon analogue et forment avec l’alcali et l'acide carbonique restant des combinaisons qui ne sont bien fusibles que s'il y à un excès de carbonate alcalin et qui se détruisent en général par l'action de l’eau. L'alcal et le carbonate se dissolvent en laissant l’oxyde métallique, souvent à l'état d'hydrate.
Le peroxyde de fer caleiné ne semble pas se combiner et se précipite au fond du carbonate alcalin en fusion. L'addition de fer métallique en maille le réduit à l’état de protoxyde qui se combine et donne un culot gris verdàtre; la combinaison est détruite par l'eau.
Le peroxyde de manganese forme, avec 3 parties de carbo- .nate, un culot verdâtre contenant du manganate soluble dans l’eau, qu'il colore en vert. L'emploi d'un réducteur, comme le flux noir, empêche la formation du manganate et donne lieu à une combinaison grise, qui ne renferme pas de manganate et ne colore pas l'eau.
L'oxyde de zinc entre difficilement en fusion avec les carbonates alcalins; Berthier a constaté qu'il fallait 5 parties de carbonate de potassium pour obtenir une matiere homogène, peu fluide, translucide, légèrement jaunâtre et cristalline.
Le bioxvde de cuivre est fondu aisément avec 3 parties de carbonate; la masse est opaque, verte à l'intérieur, rouge à l'extérieur, sans doute par suite de l’action réductive des gaz du foyer. {
Le bioxyde d’étain se fond aussi très bien avec 4 à 5 parties de carbonate et forme un culot blanc, translucide et cristallin. — L'étain métallique, chauffé avec la même proportion de carbonate, forme une matière très fluide, qui devient opaque, jaune de cire, où le métal parait s'être transformé en protoxyde.
Carbonates. — On observe que les carbonates alcalino-ter-
reux se combinent facilement, à une chaleur modérée, avec les carbonates alcalins, en formant des composés fluides ou pâteux au rouge; ces composés se détruisent à une température supérieure, si les carbonates alcalino-terreux sont euxmêmes décomposés par la chaleur.
D'après les expériences de Berthier, 1 molécule de carbonate de sodium forme au rouge un composé fluide comme de l’eau, avec 1 ou ? molécules de carbonate de calcium; päteux, avec 3 molécules. En poussant jusqu'au rouge blanc, on voit se produire un bouillonnement, et la chaux devenue caustique au milieu du carbonate de sodium lui à fait perdre toute fluidité.
Lorsqu'on fait la même expérience avec la dolomie, carbonate double de calcium et de magnésium, il se fait de même un composé bien fluide, mais qui s’épaissit au-dessus du rouge vif par suite de la décomposition du carbonate de masnésium. Il en est de même avec le carbonate triple de calcium, magnésium et fer.
Quant au carbonate de baryum et à celui de strontium, qui sont indécomposables par la chaleur, ils forment au rouge vif avec le carbonate alcalin, pour un nombre égal de molécules, des combinaisons aussi fluides que de l’eau, qui deviennent compactes et cristallines par refroidissement, et ne perdent pas leur fluidité à haute température.
Sulfates. — Lorsque l'on chauffe ensemble au rouge du sulfate de baryum ou de calcium avec du carbonate de sodium, dans les proportions qui correspondent à { molécule de chaque sel, on observe des phénomènes différents suivant que la température est plus ou moins élevée, du moins avec le sel de calcium.
S1 l’on pousse la température jusqu'au blanc, le mélange, qui contenait le sel de calcium, bouillonne en laissant dégager de l’anhydride carbonique et perd sa fluidité ; il contient alors du sulfate de sodium et de la chaux caustique. Le composé barytique reste, au contraire, liquide et n'éprouve aucune décomposition ; si on le traite par l’eau, lorsqu'il est refroidi,
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on trouve que la dissolution est formée de sulfate de sodium et la partie insoluble de carbonate de baryum.
A température modérée, au contraire, les deux mélanges se comportent de la même manière, en donnant naissance à du sulfate de sodium et du carbonate de baryum ou de calcium.
Berthelot a montré (1) que la transformation se fait graduellement, d'abord en sulfates et carbonates mixtes de sodium et de baryum, plus tard, comme terme de l'opération, en carbonate de barvum et sulfate de sodium.
On a souvent recours à une opération de ce genre, pour préparer l'attaque du sulfate de baryum et obtenir la séparation par l’eau bouillante du sulfate dissous et du carbonate insoluble. On décompose de la même manière le sulfate de strontium ou celui de calcium, en produisant le carbonate correspondant et du sulfate de sodium. On emploie, en général, pour { partie du sulfate alcalino-terreux, 4 à 5 parties de carbonate de sodium ou, mieux encore, du mélange des deux carbonates de sodium et de potassium, et on fond le mélange, réduit en poudre fine, dans le creuset de platine sans dépasser le rouge. Au bout de 10 minutes de fusion tranquille, on plonge la base du creuset dans une capsule de porcelaine contenant de l’eau et, après l'y avoir renversé, on chauffe rapidement pour dissoudre tous:les carbonates et sulfates alcalins qu'on sépare par filtration des carbonates insolubles. On lave le résidu sur le filtre avec de l’eau chaude contenant un peu d'ammoniaque et de carbonate d’ammonium. On a ainsi : d’un côté toute la barvte, la strontiane ou la chaux à l’état de carbonate, facile à dissoudre dans les acides: et de l’autre côté tout l'acide sulfurique à l’état de sulfates alcalins dans la dissolution qui contienten même tempsles carbonates alcalins en excès.
Fluorures.— Un mélange de carbonate alcalin et de fluorurede calcium (spath fluor) à poids égaux, fond entièrement et devient liquide comme de l’eau à la chaleur rouge. La masse refroidie est compacte, pierreuse, un peu translucide et déliquescente à l'air:
(1) Soc. chim., t. XXXIX, p. 57.
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Si l'on chauffe jusqu'au rouge blanc, il y a dégagement de gaz carbonique et le résidu devient infusible, comme cela se passe avec le carbonate ou le sulfate de calcium.
En employant 3 à 4 parties de carbonate pour 1 de spath fluor, opérant la fusion au rouge, puis traitant par l'eau, on dissout la presque totalité du fluor à l’état de fluorure alcalin, mêlé de carbonate alcalin, tandis que la chaux reste à l’état de carbonate insoluble. La décomposition du spath fluor est plus complète, d'après des expériences répétées, lorsqu'on ajoute aux fondants une certaine quantité de silice. On devra craindre dans tous les cas une perte sensible de fluor sous forme de composé volatil s'échappant pendant la fusion.
Phosphates. — Le phosphate de calcium ne fond pas avec son poids de carbonate de sodium et se ramollit seulement avec un poids double; avec #4 fois son poids il entre en fusion complète; en se refroidissant, le mélange prend l'aspect du marbre blanc.
Si l'on chauffe jusqu'au blanc, il y a bouillonnement et épaississement, comme dans les cas précédents.
La décomposition des phosphates alcalino-terreux par les carbonates alcalins n’est jamais bien complète; celle des phosphates de fer, de nickel, de cobalt, et, en général, de métaux, qui ne forment pas de carbonates par double décomposition, est beaucoup plus avancée ; la presque totalité de l'acide phosphorique passe à l’état de phosphate alcalin, soluble dans l'eau, tandis que cela n'arrive pas avec les terres alcalines.
Les arséniates se comportent de la même facon que les phosphates.
Silicates. — Les carbonates alcalins sont fréquemment employés pour transformer les silicates et les rendre fusibles. et attaquables par les acides.
Ils parviennent à fondre la silice et les silicates en se décomposant eux-mêmes et dégageant de l’anhydride carbonique, qui produit un bouillonnement souvent considérable et un boursouflement, faisant aisément passer les matières par-dessus. les bords du creuset. On rend le dégagement plus facile et le
boursouflement beaucoup moindre, en ajoutant du charbon en poudre ou en employant le flux noir au lieu du carbonate de sodium, de manière à produire de l’oxyde de carbone au lieu d'anhydride carbonique; à proportion égale d’alcali, le produit devient alors beaucoup moins bulleux: il est d'autant plus fusible que la proportion d’aleali est plus grande.
Il faut, soit avec le quartz, soit avec l'argile ou les autres silicates d'aluminium, soit avec les silicates de calcium ou de magnésium, employer au moins 6 ou 8 parties de carbonate alcalin ow de flux noir pour obtenir un produit fondu bien liquide ; 4 parties suffisent d’ailleurs pour que la décomposition des silicates soit complète, pourvu que la matière ait été bien porphyrisée et que l'on ait soin de remuer assez souvent le mélange en fusion pour faciliter l'attaque.
Si l’on pulvérise grossièrement la matière refroidie et si l’on traite par l’eau, une partie de la silice se dissout à l’état de silicate ‘alcalin avec le carbonate alcalin en excès; lerésidu renferme des carbonates ou des oxydes insolubles, mais aussi toujours une portion de la silice, qui parait être combinée avec les oxydes terreux ou métalliques.
Lorsque l’on veut isoler la silice, on est obligé de traiter le résidu par un acide (l'acide chlorhydrique en général) et, quand l'attaque a été complète, d'évaporer à sec, de maintenir quelque temps à la température de 100 degrés pour rendre la silice insoluble, puis de reprendre par un acide pour dissoudre les autres éléments du silicate en même temps que les alcalis introduits par le réactif.
D'autres composés minéraux sont désagrégés, comme les silicates, par fusion avec les carbonates alcalins.