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ÉVAPORATION

L'évaporation peut avoir pour but une simple concentration des liquides ou l'expulsion complète de l’eau et des substances facilement volatiles.

Dans l’un et l’autre cas, il faut avoir égard aux observations faites plus haut sur les chances d'attaque des vases par les liquides à évaporer. Lorsqu'on a un volume un peu considérable de liquide, on est obligé d'employer de grandes fioles en verre ou de grandes capsules de porcelaine ; les unes et les autres conviennent assez bien pour des liqueurs acides, beaucoup moins bien pour des liqueurs ammoniacales ; la porcelaine et surtout le verre doivent être évités pour des solutions alcalines, qui ont sur eux et particulièrement sur le verre une action très notable. Dès que le volume des liqueurs est suffisamment réduit, il est prudent de continuer l’évaporation dans une capsule de platine, où l’on versera par portions le liquide contenu dans la fiole ou la capsule de porcelaine. Cette recommandation s'applique surtout au cas où le liquide devra être évaporé jusqu'à sec et où, par conséquent, étant très chargé de sel acide ou basique, il risquerait davantage d'attaquer la substance silicatée du vase.

La forme des vases à aussi son importance; les capsules ayant une plus large surface en contact avec l'air permettent une évaporation plus rapide, mais aussi elles exposent davantage à des pertes par projection, lorsqu'il se dégage des bulles de gaz ou de vapeur. Les fioles font retomber dans le liquide les gouttelettes projetées; les pertes y sont donc moins à

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craindre; elles évitent en grande partie l'accès de l'air et peu vent même recevoir un courant d'hydrogène ou de gaz carbonique, s'il est nécessaire que l’évaporation se fasse tout à fait anlabr de air

On chaultfe les vases qui contiennentle liquide, mais quin en doivent pas être entièrement remplis, soit sur une lampe ou un fourneau à gaz, soit sur un bain de sable, soit au bain-marie.

Lorsqu'on chauffe le liquide dans une fiole au moyen d’un appareil à gaz, il est bon de la protéger au moyen d'une toile métallique ou, mieux encore, de faire usage d'une plaque de tôle mince sur laquelle on la pose soit directement, soit avec interposition d’une toile métallique; on est ainsi beaucoup moins exposé à la rupture de la fiole. Quand on se sert d’une capsule de porcelaine ou de platine, on peut la faire reposer directement sur la couronne supérieure de l'appareil à gaz ou sur un triangle, à une hauteur suffisante au-dessus de la flamme ; il faut avoir soin de la préserver des poussières qui

pourraient tomber dedans pendant l’évapo- | He ration et, pour cela,

larecouvrir d’une plaque de verre supportée par deux ou trois baguettes de verre croisées au-dessus de la capsule.

Le bain de sable sous cage vitrée, chauffé au bois, à la houille ou au gaz, avec renouvellement facile de l’air dans la cage, est fort commode pour les évaporations; il faut seulement avoir soin de ny chauffer en même temps que des liqueurs acides ou que des liqueurs basiques, qui ne puissent pas avoir d'influence les unes sur les autres.

Le petit bain de sable de Schlæsing (fig. 154), chauffé au gaz, recouvert d'une vitre et adossé à une cheminée de tirage, est aussi d’un emploi très commode.

Le bain-marie doit être spécialement employé pour les évaporations, où il importe de ne pas dépasser la température de 100° donnée par l’eau bouillante ; on a grand'avantage à se servir des appareils disposés pour S’alimenter spontanément et réaliser un niveau de l’eau constant (fig. 155), parce qu'on peut les laisser fonctionner longtemps sans surveillance. . Ils conviennent, par exemple, parfaitement pour l’évaporation qui suit l’attaque d'un silicate et pour laquelle il faut maintenir

pendant plusieurs heures une température très voisine de 100°, afin de rendre la silice insoluble.

Le. bain-marie doit d’ailleurs aussi être recommandé chaque fois que le liquide à évaporer contient un précipité ; au bain de sable ou à feu nu, il se produit souvent, entre les parois du vase et le précipité, des bulles de vapeur qui déterminent des soubresauts et des projections ; on les évite assez bien avec le bain-marie.

. Les projections sont également à craindre, lorsqu'on évapore à siccité un liquide qui dépose des croûtes cristallines, capables d'emprisonner un peu d’eau et de donner lieu à de petites explosions ou décrépitations. Dans ce cas, il importe de surveiller de près la capsule et d’écraser les croûtes solides avec une baguette de verre ou une spatule de platine.

Plusieurs sels, notamment des sels alcalins et ammoniacaux, ont la propriété de grimper le long des parois des vases pendant l’'évaporation et passent même par-dessus les bords en occasionnant des pertes. Pour éviter cet inconvénient, on graisse très légérement de suif la paroi interne de la capsule

un peu au-dessous du bord. On peut y arriver aussi avec un creuset ou une capsule de platine, en plaçant la lampe à gaz à une assez grande distance pour répartir également la chaleur sur les parois et protégeant le fond par une lame ou un couvercle de platine, de manière à chauffer plus rapidement les bords que le fond du vase (1).

Souvent l'évaporation à siccité a seulement pour but de se débarrasser de l’eau ou bien des acides volatils, de l’ammoniaque ou des sels ammoniacaux contenus dans la dissolution. L'opération une fois terminée, on doit reprendre la matière desséchée par un nouveau réactif, solide ou liquide. Il faut alors s'attacher à ne pas dépasser et cependant à atteindre la température où l’on est sûr de pouvoir rendre complète la volatilisation que l’on cherche; il pourrait y avoir des inconvénients plus ou moins graves à aller au delà, soit à cause des pertes de matière, soit à cause des réactions qui pourraient se produire entre les substances desséchées, soit parce que la calcination pourrait modifier les propriétés de ces substances.

Les mêmes précautions doivent évidemment être prises, quand on se propose de peser le résidu de l’évaporation. Il faut, dans ce cas, arriver à terminer l’évaporation dans un vase (capsule ou creuset) assez petit pour être porté sur la balance ; on doit donc y faire passer, en une ou plusieurs fois, tout le liquide contenu dans d'autres vases, en ayant soin de laver ceux-ci avec un peu d’eau de la facon la plus complète. On achève l’évaporation jusqu'à sec et on chauffe à la température convenable pour chaque cas; puis on laisse refroidir dans un dessiccateur et on pèse. Il est prudent de chauffer de nouveau pendant un temps suffisant et à la température convenable pour expulser les matières volatiles, au cas où il en serait resté, et de peser de nouveau. On ne s'arrête au résultat trouvé que lorsque les deux dernières pesées ont été bien concordantes.

(1) Frésénius, Anal. chim. quantit., p. 68.

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