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LAVAGE DES PRÉCIPITÉS

Le lavage sur le filtre se fait au moyen des fioles à jet (de Gmelin) ou pissettes (fig. 176), dont on dirige le jet vers le bas ou vers le haut, soit en les tenant droites et soufflant par l’une des tubulures de manière à chasser le liquide par l’autre tubulure, qui est effilée à la pointe, soit en les renversant et laissant entrer l'air par une tubulure, tandis que la seconde, qui est eflilée, se place en face de la partie à laver.

On déplace la pissette ou on tourne l’entonnoir de manière à exposer au Jet liquide, qui ne doit pas être trop fort, successivement les différentes parties du précipité et l’on empêche la formation de crevasses par lesquelles le liquide passerait sans pénétrer dans les autres parties du précipité,

Si l’on peut se servir d’eau chaude ou même presque bouillante, le lavage se fait plus aisément qu'à froid; le col de la pissette doit être alors enveloppé de paille ou de ficelle pour qu'on puisse le tenir à la main.

On a souvent intérêt à emplover très peu de liquide pour le lavage; on se sert alors d’une pipette, d’où l’on fait couler un mince filet liquide sur les bords du filtre et sur le précipité, de maniere à le laver méthodiquement.

Lorsque le lavage est fait avec soin sur les différentes parties du précipité, en laissant écouler tout le liquide avant d'en ajouter de nouveau, il peut s'effectuer avec une quantité d'eau beaucoup moindre que si l’on versait celle-ci au hasard sur le filtre. Cela présente une importance réelle au point de vue des pertes possibles, quand le précipité n’est pas bien insoluble.

Les précautions à observer sont les mêmes avec des filtres à plis ou avec des filtres sans plis: mais l'écoulement du liquide est beaucoup plus lent avec ces derniers, s'il n’est pas favorisé par la succion ; ils ne doivent donc être employés que pour des précipités peu volumineux ou assez perméables aux liquides pour que la durée de l'opération ne soit pas trop longue. Dans ces conditions, ils doivent être préférés aux filtres à plis, parce que le jet du liquide de lavage peut mieux atteindre toutes les parties du précipité et du filtre.

Lorsque, après une filtration opérée par succion, tout le précipité a été recu sur le filtre, on laisse le liquide s’écouler entiérement; puis on interrompt l'aspiration et on laisse Pair rentrer doucement dans le flacon, on remplit ensuite le filtre entièrement et même jusqu'au-dessus de ses bords avec le liquide de lavage, qui est en général de l’eau pure, quelquefois avec sels dissous, d’autres fois avec alcool, etc. ; on renouvelle l'aspiration pour faire écouler le liquide jusqu'au bout, on l'interrompt de nouveau pour remplir le filtre, et ainsi depuis 1 jusqu'à 4 ou 5 fois et même davantage, suivant les circonstances, principalement suivant la nature et la quantité du précipité.

Celui-ci est, par le fait même de la succion, appliqué en couche serrée sur le filtre ;il ne se délaye pas dans le liquide de lavage, comme cela arrive ordinairement dans le cas de l'écoulement naturel.

Une quantité de liquide tres faible reste, après chaque aspiration, dans le précipité et dans le filtre ; 1l se produit une sorte de déplacement mécanique de ce iquide par du Hquide nouveau, et une faible quantité de celui-ci peut suftire. On doit éviter de verser le liquide pendant l'aspiration, parce qu'il passerait trop vite par certaines voies sans baigner toute la masse du précipité.

L'emploi de la succion, et même d’une succion un peu énergique par la trompe, permet donc de laver rapidement, sur un filtre relativement petit et avec peu de liquide. I doit être particulièrement recommandé pour les précipités qui ne sont pas bien insolubles et qu'il importe de laisser le moins de temps possible en contact avec le liquide de lavage.

Il a un autre avantage, c'est que le filtre et le précité qu'il porte sont à moitié secs après le lavage, surtout quand l’aspiration à été un peu prolongée. On les retire de l’entonnoir, après avoir mis fin à l'aspiration, soit en ôtant le bouchon de dessus le récipient, soit en enlevant l’entonnoir du bouchon, puis détachant le filtre et, pour cela, soufflant au besoin par la pointe de l'entonnoir. On peut souvent ensuite, grâce à l’état de demi-siccité du précipité, le séparer du filtre en développant celui-ci et le recevoir dans un creuset; dans tous les cas, on peut déposer le filtre avec le précipité sur un autre entonnoir pour le sécher dans létuve. Le précipité se sépare du filtre beaucoup plus aisément et plus complètement que lorsqu'on a opéré la filtration sans succion et surtout avec un filtre à plis.

Le lavage sur les filtres de coton, de fulmicoton, d'amiante ou de verre filé se fait ordinairement avec aspiration. On remplit le tube à étranglement du liquide à filtrer et du précipité et, en aspirant, on fait écouler tout le liquide. Puis on interrompt l'aspiration et on laisse rentrer l'air; on remplit le

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tube d’eau pure ou du liquide de lavage et on renouvelle l'aspiration à 3 ou 4 reprises. On peut ensuite retirer le filtre et le précipité, si celui-ci doit être redissous ou les dessécher ensemble dans le tube et les peser.

Quel que soit le mode opératoire auquel on ait eu recours, on vérifie si le lavage a été complet en recevant à part un peu du liquide qui à passé en dernier sur le précipité et qui est, en général, de l’eau pure, et, dans tous les cas, un liquide volatil. On constate s’il ne laisse aucun résidu par évaporation sur une lame de platine, et s'il ne manifeste à aucun degré la réaction la plus caractéristique ou la plus sensible de la liqueur où la précipitation s’est produite. On cherchera, par exemple, avec un papier de tournesol, si le liquide est acide ou alcalin; avec l’azotate d'argent, s'il renferme encore des traces de chlorure, etc.

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