RENE
Dans le cas d’un gaz saturé on se sert de l'équation :
NS ps
dans laquelle f désigne la tension maximum de la vapeur d’eau à la température t.
On trouve dans le traité d'analyse de Winkler la description d'un appareil très simple donnant le volume d'un gaz à 0° et sous la pressiôn normale, sans qu'il soit nécessaire d'effectuer aucune observation barométrique, ni thermométrique, et par un calcul d'une extrême simplicité. Pour con- Struire cet appareil, il suffit de prendre un tube de 120 centimètres cubes de capacité environ, divisé en dixièmes de centimètres cubes ; on le mouille intérieurement avec de l'eau et on le remplit partiellement de mercure, de telle facon que le tube renversé sur une cuve profonde contienne, à égalité de niveau du mercure à l'intérieur et à l'extérieur, un peu moins de 100 centimètres cubes d'air. Après avoir consulté baromètre et thermomètre, on calcule le volume que devraient prendre 100 centimètres cubes d'air à 0° et sous 760 millimètres de pression, s'ils étaient soumis aux conditions du moment, et l’on introduit dans le tube renversé, à l’aide d’un tube effilé communiquant avec un gazomètre, juste la quantité d’air suffisante pour qu'à égalité du niveau mercuriel ce niveau corresponde exactement au chiffre trouvé par le calcul. On possède ainsi un volume d'air saturé d'humidité, correspondant à 100 centimètres cubes d'air pris à 0° et sous la pression normale. Ce volume variera sous l'influence de la pression ou de la température extérieures, au même titre qu'un gaz à mesurer placé dans les mêmes conditions. Pour ramener à 0° et à la pression normale le volume V d’un gaz mesuré, lorsque les 100 centimètres cubes
ANALYSE DES CAZ 865 occupent un volume V, dans l'appareil de Winkler, il suffira 0 100 de multiplier le volume T par le rapport > On aura donc : 100
D vs S<aVee
On pourra, pour faciliter les calculs, préparer une fois pour toutes un tableau des valeurs =
valeurs diverses qu'il peut prendre dans les conditions ordinaires de température et de pression.
3° Les pipettes courbes servent à l'introduction de réactifs au contact des gaz contenus dans les éprouvettes placées sur la cuve à mercure. On peut les construire soi-mème en recourbant l'extrémité d'une pipette ordinaire comme le représente la (fig. 287). Pour introduire un réactif quelconque dans une éprouvette renversée sur le mercure, on remplit de ce réactif la pipette courbe, dont on bouche ensuite la grande branche avec le doigt; puis, plaçant la partie courbée au-dessous de léprouvette, on souflle avec précaution par l’autre extrémité, de facon à ne faire arriver au contact du gaz que la quantité de Fig. 287. Fig. 285. .réactif nécessaire.
, en attribuant à M, les
4° Les pipettes à gaz sont employées pour séparer un gaz du réactif avec lequel il est en contact. On leur a donné différentes formes plus ou moins compliquées.
La plus simple de toutes consiste en un tube trois fois recourbé (fig. 288) et possédant deux renflements en « et b. L'appareil étant rempli de mercure depuis c jusqu'à d environ, on introduit le tube c dans l’éprouvette contenant le gaz, de facon que son extrémité atteigne le sommet de cette éprouvette et aspirant par l'extrémité e, tout en enfoncant lentement l’ensemble constitué par l'éprouvette et la pipette dans
DOCIMASIE, — T. Is 59
le mercure de la cuve, on provoque le passage du gaz dans la partie a. Lorsque tout le gaz a passé, on abaisse la pointe ce au-dessous du mercure et, continuant l’aspiration, on remplit de mercure la première courbure de la pipette.
La gaz débarrassé ainsi du réactif avec lequel il se trouvait en contact, pourra être ensuite introduit dans une autre éprouvette par une manœuvre inverse.
La manœuvre de la pipette de Berthelot (fig. 289) est identique à la précédente.
Salet a imaginé un petit perfectionnement pour éviter à l'opérateur la fatigue = résultant de la pression ou E————— —— de la raréfaction, qu'il faut produire dans la partie b en souflant ou aspirant avec la bouche par l'extrémité e. Le mouvement est communiqué au mercure par la manœuvre d'un réservoir A (fig. 290), relié à la pipette à l'aide d'un tube de caoutchouc. L'aspiration avec la bouche est remplacée par un abaissement du réservoir mobile, tandis que l'opération inverse est produite par son élévation. Salet a de plus pourvu son appareil d'un petit robinet de verre, destiné à régler le passage du gaz et à interrompre l'aspiration à l'instant précis où le réactif tendrait à pénétrer dans la pipette.
Au lieu de faire agir les réactifs absorbants sur le mélange gazeux dans des éprouvettes renversées sur le mercure et de u'employer la pipette à gaz que comme un transvaseur, on peut au contraire mettre en contact le gaz et le réactif dans la pipette même, et ne se servir des éprouvettes graduées que comme appareils de mesure.
Fig. 289.
C'est dans ce sens que |Doyère a conseillé l'emploi de la pipette (1) qui a gardé son nom.
Les réactifs liquides sont introduits tout d'abord par aspira-
tion, de facon à occuper la partie supérieure de la boule B (fig. 291) et une portion du tube cb, tandis que la branche a b etla partie DEC sont remplies de mercure.
On fait alors passer dans la boule B le gaz contenu dans une éprouvette graduée, renversée sur le mercure, en manœuvrant comme dans le cas de la pipette de Berthelot. Après transvasement complet du gaz, une petite quantité de mercure remplit
Pr 2
Fig. 291.
(1) Annales de chimie et de physique, 3 série, t, XXVIII.
de nouveau la branche abc du tube capillaire, isolant complètement le mélange du gaz et du réactif absorbant contenu dans la boule B. Une agitation plus ou moins prolongée imprimée à la pipette facilite l'absorption, après laquelle il ne reste plus qu'à faire passer le résidu dans une éprouvette graduée par une opération inverse de la précédente. Dans ce but, on introduit l'extrémité & dans l’éprouvette pleine de mercure renversée sur la cuve et l’on soulève à la fois éprouvette et pipette; sous l'influence de la diminution de pression que cette manœuvre détermine en &, et sous l’action de la pression qu'exerce en B la colonne de mercure BC, le gaz s'écoule par le tube cha, d'autant plus vite que l’éprouvette et la pipette seront soulevées davantage. Le passage du gaz se fait très souvent sous la seule influence de la diminution de pression déterminée en a; mais il arrive parfois que l'on est obligé de produire en ç’ une augmentation de pression en soufflant avec la bouche par l'ouverture A.
L'expulsion de tout le gaz contenu dans la pipette, sans entrainement de réactif, est assez délicate à obtenir; on y arrive plus aisément lorsque la pipette possède en E un robinet de verre dont l'ouverture, plus ou moins grande au gré de l'opérateur, régularise l'écoulement gazeux et dont la fermeture brusque, au moment où le réactif atteint l'extrémité du tube capillaire, permet une séparation parfaite.
5° Les eudiomètres sont essentiellement constitués par des tubes de verre résistants, destinés à renfermer les mélanges détonants, dont l’étincelle électrique doit provoquer la com binaison. Is peuvent être classés parmi les accessoires usuels de l'analyse des gaz.
Le plus ancien est celui de Volta; compliqué, difficile à manier, ne pouvant fournir de résultats exacts, il ne présente plus qu'un simple intérêt historique.
L’eudiomètre de Gay-Lussac (fig. 292) est formé d'une éprouvette de verre ou de cristal, à parois épaisses, percées de deux trous livrant passage à deux tiges de fer, qui y sont mastiquées et se terminent à l’intérieur par deux pelites boules
distantes l’une de l’autre de 1 millimètre environ. Le peu de solidité du mastic, la difficulté que l’on éprouve à A extraire complètement, à l’aide des pipettes, les gaz & contenus dans l'appareil, enfin le manque de résistance même de l’éprouvette, dû aux perforations qu'on lui a fait subir, pour y fixer les fils métalliques, sont autant de causes qui ont contribué à en faire peu à peu abandonner l'emploi.
Bunsen a évité ces défauts en employant des éprouvettes dont les parois moins épaisses permettaient d'effectuer la soudure de petits fils de platine dans la masse du verre, à l’aide de la lampe d'émailleur. Pour faciliter le nettoyage de son appareil, il faisait de plus adhérer les fils métalliques à la surface interne des parois (fig. 293), de telle sorte que leurs extrémités présentaient au sommet du tube un intervalle de 1 millimètre environ. [ci, l'inconvénient réside dans la facilité avec laquelle les fils de platine se dérangent, lorsque l’on veut nettoyer l'instrument, Ce qui provoque rapidement leur rupture.
L'eudiomètre de Riban nous semble le plus commode et le plus résistant de ceux proposés jusqu à ce jour (1). I1 se compose (fig. 294) d'une éprouvette de cristal de
Pig. 293, Fig. 294 Fig. 295. 3 millimètres d'épaisseur, de 15 à 18 millimètres de diametre et
de 20 à 30 centimètres de longueur, sur la calotte de laquelle se trouve soudée une petite masse de cristal traversée par deux fils de platine ab et cd. (fig. 295). Ces fils, destinés à conduire le courant, se terminent à l'extérieur par deux petites