SPÉCIAUX
PIPETTE DOYÈRE
Nous avons décrit plus haut la manœuvre de la pipette conseillée par Doyère en 1848. La méthode proposée par ce savant réside dans l'emploi, déjà indiqué page 867, de la pipette à gaz connue sous son nom, modifiée depuis par divers expérimentateurs, et dans la mise en pratique de plusieurs dispositions spéciales, permettant la mesure très exacte des volumes gazeux, tout en rendant inutile le calcul des corrections rendues nécessaires dans les méthodes ordinaires par les variations de température et de pression pendant la durée des essais.
La cuve à mercure, tout d'abord, est d'une construction pétales 3er 17 telle que ve volume du mercure étant réduit au minimum, la profondeur en soit cependant suffisante pour permettre l'immersion complète des tubes mesureurs et de la partie recourbée de la pipette. Pour la mesure des volumes gazeux, cette cuve à mercure est surmontée d'une cuve à eau formée de quatre glaces réunies par une monture en cuivre, de facon que l’on puisse faire varier à volonté la pression exercée sur la surface M M’ du mercure (fig. 316), en augmentant où diminuant la quantité d'eau qui la surmonte. Contre l’une des parois de verre, à l’intérieur mème de l’eau, se trouve
Fig. 313.
fixé un appareil servant de régulateur de pression. Il est constitué par un peus récipient R (fig. 314), dans lequel se trouve enfermé un certain volume d’air et muni à sa partie inférieure d’un tube recourbé comme l'indique la figure, communiquant avec l’eau de la cuve par une ouverture P’. Le tube recourbé et une portion du récipient R sont occupés de a en a’ par une colonne d'eau colorée ; la partie bb' est également remplie d’eau. Une graduation tracée sur une lame de verre est placée en regard du ménisque formé en a par la colonne d'eau colorée.
Le mélange gazeux que l’on veut étudier est introduit dans une éprouvette graduée, placée sur une cuve à mercure ordinaire ; puis on saisit l'éprouvette à l'aide d’un support à pince N, tandis que l'on place au-dessous de son ouverture une Fig. 315. cuiller en fer C soutenue par une
tige T. Le tout est alors transporté à travers l'eau de la cuve A A, de manière à faire plonger dans 1 le mereure la partie inférieure ce l'éprouvette, on enlève la cuiller et l'on fixe le support N. On détermine alors exactement, à l’aide d'une lunette, . sur un plan de verre bien horizontal, le niveau du mercure dans l'éprouvette par rapport au niveau M M' dans la cuve; puis on note la position du ménisque a dans le régulateur et on lit le volume
oazeux fixé par la graduation.
On soumet ensuite le gaz à l’action des divers réactifs ou aux essais de combustion, en le faisant passer dans les pipettes absorbants ou dans l’eudiomètre de Riban. Après chaque traitement, on l'introduit dans le tube mesureur pour déterminer les diminutions de volume, en veillant chaque fois à ce
que la différence de niveau du mercure entre l’intérieur du tube et l'extérieur soit constante et à ce que le ménisque & du régulateur ne change pas de position, ce que l’on obtient, soit en ajoutant de:
l’eau dans la cuve, soit en ouvrant le robinet du siphon H pour provoquer l'écoulement. Cet artifice permettra d'obtenir toujours des volumes com-
Fig. 317.
parables, en dépit des variations extérieures de pression ou de température.
Méthode et appareils Bunsen.
La description de la méthode préconisée par Bunsen, des appareils qu'il emploie, des procédés de graduation et de lecture, de la préparation des réactifs spéciaux et de teur mode d'emploi se trouve dans : Gazometrische Methoden von R. Bunsen, Vieveg, 1877, Braunschweig (1).
Cette méthode est caractérisée par l'emploi d'un seul tube
(1) Méthodes gazométriques de Bunsen, traduction de Th. Schneider, Masson 1858, Paris.
eradué dans lequel se font les mesures, les absorptions et le | détonations, ce qui rend nécessaire l'emploi de réactifs sous forme solide, que l’on puisse facilement introduire, puis retirer complétement après épuisement de leur action. Les procédés de Bunsen ont fait place aujourd'hui à des appareils et à des méthodes plus rapides et plus faciles à appliquer industriellement ; ils sont cependant susceptibles de fournir de bons résultats entre des mains exercées et l'emploi des réactifs solides peut encore rendre service dans quelques cas particuliers. Comme ces derniers constituent surtout l'originalité de la méthode, nous décrirons très succinctement leur préparation et leur emploi.
Les réactifs facilement fusibles sont coulés dans un moule à balles; on y introduit un fil de platine, lorsqu'ils sont encore liquides, dans le but de l’employer ensuite comme support du : réactif.
j Les réactifs infusibles sont pulvérisés, puis humectés d’eau et réduits en pâte, que l'on comprime dans le moule autour du fil de platine.
Enfin, les substances solubles sont dissoutes et servent à imprégner de petites balles produites par la calcination d’un à mélange formé de deux parties de coke et d’une partie de #3 houille grasse exempte de pyrite.
! L'orygène est absorbé par une balle de phosphore, fondue
sous l’eau, ou par une balle de papier imprégnée de pyrogal- | late de potassium.
L'anhydride carbonique est éliminé à l’aide d’une balle de potasse humide.
L'hydrogène sulfuré, soit en employant une solution de sulfate de cuivre ou d’émétique imprégnant une balle de coke, soit en faisant usage d'un aggloméré de bioxyde de manganèse pur, imprégné d'acide phosphorique pour en annuler la porosité.
L'anhydride sulfureux est absorbé de la même facon.
Un solution de sulfate de fer humectant une boulette de papier servira à éliminer le bioryde d'azote existant en faible quantité.
Le chlorure cuivreux en solution chlorhydrique absorbera l’oxyde de carbone dans les mêmes conditions.
Enfin l'acide chlorhydrique est séparé par absorption à l’aide d'une petite masse de sulfate de sodium, obtenue en transportant à plusieurs reprises l'extrémité d’un fil de platine dans le sel fondu.
Les carbures d'hydrogène ne peuvent être déterminés que par combustion.
Appareil de Regnault,
modifié par Th. Schlæsing.
L'appareil compliqué et fragile dont se servirent Regnault et Reiset pour l’étude des gaz de la respiration (Ann.
de Chim. et de Phys.,t. XXVI, page 299, 1849)est aujourd'hui absolument abandonné; aussi nous dispenserons-nous de le décrire, malgré la grande précision qu'il permet d'obtenir entre des mains très exercées.
De nombreuses modifications y ont été apportées successivement par divers auteurs, parmi lesquels nous citerons Frankland et Ward (Chem. Soc.
Jet. VI, p. 197) Mc Leod, Frankland et Armstrong, W.Thomas(Chem.Soc.J., t. XXXV, p. 213), Th. Schlæsing (Contribution à l'étude de la chimie agricole (1).
Voici la modification due à Schlcæsing.
L'appareil mesureur, comme dans l’eudiomètre primitif, est constitué par deux tubes A et B{fig. 318) dont les extrémités
(1) Encyclopédie chimique, Dunod, éditeur, 1885,
inférieures communiquent par l'intermédiaire d'une pièce de
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Fig. 319.
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fonte, sur laquelle elles sont mastiquées (fig. 319)et, sont mises en relation à l’aide d'un tuvau de caoutchouc CG avec un réservoir à mercure F. Ce dernier est placé sur une planchette en bois, que l'on peut facilement élever
ou abaisser le long de glissières C et F (fig. 318).
Le tube À servant à contenir le gaz porte à sa partie supérieure un trait servant de repère placé en « et surmonté d’une série de renflements destinés à augmenter la capacité du tube ; il se termine par une partie capillaire (fig. 321), que l’on relie
par un caoutchouc épais à un tube de même section.
Ce dernier, recourbé comme un tube de pipette Dovyère, plonge dans une cuve à mercure M placée à une hauteur invariable, son extrémité e est soigneusement rodée et peut être obturée au moyen d’un caoutchouc humecté de sublimé et enveloppant l'extrémité
Fig. 320.
Fig. 321,
aplatie d'un agitateur chargé d’une masse de plomb P (fe. 320). Le tube B sert de manomètre à air libre ; il est gradué en millimètres de part et d'autre d’un trait 8, situé dans le même
plan horizontal que 2 (fig. 318).
- Les deux tubes A et B sont entourés d'un manchon de verre
plein d'eau fixé à la pièce de fonte qui le supporte par un
bout de large tube de caoutchouc RR (fig. 319); il contient une petite couche de mercure, pour éviter le contact de l’eau et de la fonte, tandis qu'un tube de verre communiquant avec une soufflerie fait passer à travers la colonne liquide un courant d'air continu, égalisant la température dans toute la masse.
Poureffectuer une mesure,on commence par introduire une petite quantité d’eau dans le tube À; pour cela on élève le réservoir F, de facon à remplir complètement de mercure les tubes À et #. On renverse sur la cuve M, au-dessus de e, une éprouvette pleine d'eau L, que l'on enfonce jusqu'à ce que l'extrémité de #” plonge dans l'eau; il suffit alors d'abaisser le réservoir F, pour qu'une certaine quantité d'eau pénètre en A; on l’expulse ensuite en élevant lentement le réservoir à mercure.
On dispose alors sur la cuve M l'éprouvette contenant le mélange gazeux à étudier et on l’enfonce
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rs Fig, 322,
dans le mercure, de manière qu'elle embrasse le tube t', dont l'extrémité e viendra buter contre la partie supérieure de l’'éprouvette. En abaissant le réservoir F, on fait passer en A le mélange gazeux, jusqu'à ce que le niveau du mercure atteigne x. On enlève alors l’'éprouvette L et on continue l'aspiration, que l’on arrête en fermant l'ouverture e au moment précis où le mercure pénétrant dans le tube £ atteint un
point de repère o (fig. 321).
Par une manœuvre convenable du réservoir F, on fait