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BURETTE A GAZ DE BUNTE

Nous donnons, d’après des indications verbales qui nous ont été fournies par Em. Sainte-Claire-Deville, la description détaillée de la burette de Bunte, telle qu'elle 3 été appliquée à l'étude des gaz de foyers et du gaz d'éclairage dans le laboratoire de l'Usine Expérimentale de la Ci° parisienne du gaz.

La burette (fig. 327) porte une graduation allant de bas en

haut de 0 à 100, entre la division 0 et la partie rétrécie e, et correspondant à un volume de 100 centimètres cubes divisés en cinquièmes de centimètre cube. La graduation se continue au-dessous du 0 sur un volume de 10 centimètres cubes.

La burette est rétrécie en bas et en haut; elle porte deux robinets b et c et est surmontée d’une partie élargie servant de réservoir. Le robinet b est un robinet à trois voies, représenté en coupe dans trois positions différentes par les figures 1, 20. vit

La figure 1 montre un tuyau vertical faisant communiquer le réservoir & avec la burette;

La figure ?, un tuyau coudé faisant communiquer le réservoir a avec l'extérieur;

La figure 3 montre le même tuyau coudé, dans une position établissant la communication entre l'extérieur et la burette.

En temps ordinaire, l'extrémité f est terminée par un bout de caoutchouc épais, muni d'une pince de Mohr ou d’un fragment d’agitateur en verre, servant à intercepter la communication avec l'extérieur.

Le gaz contenu dans la burette est compris entre le 0 ou toute autre graduation et l’étranglement capillaire e; audessus se trouve de l’eau jusqu'à une division a tracée sur le réservoir; l’eau est soutenue par l’action capillaire du tube ‘e; le gaz est donc soumis à la pression atmosphérique s’exerçant sur le réservoir, augmentée de la pression d’une colonne d’eau de hauteur ea; on doit maintenir cette pression fixe pendant toute la durée d’un essai, en ajoutant toujours de l’eau jusqu’à la division du réservoir (ou en tenant le réservoir

toujours plein d’eau). La burette est entourée d'une enveloppe en verre, qui lui est fixée au moyen de bouchons en liège formés de deux pièces; on enlève ces bouchons chaque jour pour essuyer la burette et l'enveloppe en verre; cette enveloppe sert à protéger la burette contre les contacts ou les rayonnements extérieurs et à maintenir autour d'elle une couche d’air qui lui donne une température uniforme.

Support. — Bunte a imaginé un système de pinces qui se trouve difficilement à Paris.

On peut employer à la place le dispositif ci-contre :

a,a mâchoires en bois tournant autour de la charnière b.

c plaque de caoutchouc formant ressort, tendant à écarter les deux màchoires.

d vis avec écrou pour serrer les deux màchoires.

e anneau en fer qu'on serre au moyen de læ vis f sur le support g.

L plaque de caoutchouc collée sur le bois, destinée à embrasser la burette.

k pied en fonte de 2 cent. 1/2 d'épaisseur sur lequel est vissée la tige d qui a 1 1/2 c. de diamètre.

Pour faire des essais précis, il faut opérer dans un endroit dont la température soit fixe (15° sera celle qui conviendra le mieux); on doit se mettre à l'abri des courants d'air, sur une table fixe horizontale de 1 mètre de hauteur, devant une fenêtre bien claire, à l'abri du soleil.

Fig. 328. La burette doit être fixée bien verticalement

dans son support; elle devra toujours être tenue par le réservoir, il faut éviter de porter les mains sur l’enveloppe pour èviter toute cause d’échauffement. Les robinets sont la partie la plus délicate de l'appareil; ils devront être graissés chaque jour par une couche légère d’un mélange un peu chauffé de chandelle et de suif.

Accessoires. — Les accesscires de la burette sont :

1° Un flacon à deux tubulures de 1/4 de litre environ, servant d’aspirateur (fig. 329), fermé hermétiquement par deux bouchons à un trou, dans lesquels passent deux tubes coudés, dont l’un plonge jusqu'au fond du flacon etl’autre se termine au-dessous du bouchon.

À ces deux tubes de verre on adapte deux tubes de caoutchouc épais &æetb.On peut placer

Fig. 329. à l’extrémité b une petite SeE=

ringue aspirante en cuivre (coût

T7 à 8 francs), tandis que l’autre extrémité a est fixée à la partie inférieure de la burette ;

2° Deux tasses en verre épais ou en porcelaine, pour mettre les réactifs ;

3° Les réactifs :

Pour absorber l’anhydride carbonique, on se sert de potasse à 10 p. 100.

Pour déterminer l’oxygène, on emploie l'acide pyrogallique, que l’on dissout dans l’une des tasses au moment de faire l'essai; on introduit ensuite dans la burette l'acide pyrogallique, puis la potasse.

Pour absorber l’oxyde de carbone, on emploie le protochlorure de cuivre acide Cu°Cl. On peut le préparer en mettant dans un flacon de l'acide chlorhydrique, de l’eau et du cuivre en excès; on fait chauffer assez longtemps, on remet de l'acide chlorhydrique et du cuivre en tournure; on bouche le flacon avec un bouchon en caoutchouc. La solution, pour être bonne, doit être presque incolore. On peut préparer plusieurs flacons.

Pour doser l'hydrogène, on se sert du réactif de Peligot (page 937) ou bien on brüle le gaz, mélangé avec de l'air, au contact d’un fil de palladium rougi, contenu dans un tube eftilé (page 933).

Pour doser les carbures gazeux du genre éthylène C°H", on emploie l’eau bromée, qui absorbe également la benzine.

Aspiration du gaz à essayer. — L'aspirateur est simple, il se compose (fig. 330) de deux flacons mesurant 2 litres et 2 litres 1/2. Le flacon de 2 litres À est hermétiquement fermé par un bouchon en caoutchouc percé d'un trou, par lequel passe un ajutage en cuivre muni de deux tubulures & et b portant cha-

Fig. 330.

cune un très bon robinet. Les deux flacons sont unis par un large tube en caoutchouc, ils sont remplis d’eau saturée de sel marin et, autant que possible, saturée aussi du gaz à essayer. (La saturation de l’eau par le gaz d'éclairage est assez longue à obtenir, à raison de l'anhydride carbonique et de la benzine qu'il contient.)

La manœuvre de cet aspirateur est facile : à la tubulure b on fixe un tube de caoutchouc qui se rendra à l'endroit où l’on envoie la prise d'essai. On soulève B pour chasser l’air de l'appareil ; il ne doit pas rester de bulles sous le bouchon du flacon A et l’eau doit sortir par les tubulures & et b. On ferme les deux robinets, on abaisse B, on ouvre le robinet a, dont ta tubulure communique avec le gaz à essayer. Lorsque A est presque plein, on ferme &, on ouvre b et on relève le flacon B; le gaz contenu en A ressort alors. Cette manœuvre est renouvelée plusieurs fois afin de bien purger l’appareil de toute trace d'air. Le flacon À étant rempli une dernière fois, on ïerme les robinets et l’on en effectue le transport où l’on veut.

Remplissage de la burette. — À 1,90 environ au-dessus de

la table sur laquelle on opère, on dispose (fig. 331) une planchette soutenant un flacon plein d’eau aérée, d'une dizaine de litres de capacité, muni d’une tubulure inférieure, qu'on ferme avec un bouchon à trou, dans lequel on introduit un tube de verre ; celui-ci porte un caoutchouc, dont l’extrémité posée sur la table est bouchée à l’aide d’un agitateur en verre. Les deux robinets de la burette étant dans la position 1 {page 925), on enlève ie bout d'agitateur du tuyau de caoutchouc, que l’on

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