CHALUMEAU
- Le chalumeau, tel qu'il a été employé depuis Gahn et Berzélius, sauf quelques perfectionnements de détail, se compose :
1° D'un tube À (fig. 1) en laiton ou en maillechort, légèrement conique, de 20 centimètres environ de longueur, muni
à sa partie la plus large d’une embouchure B en corne ou en os, que l’on appuie sur les lèvres entr'ouvertes, de manière à pouvoir souffler sans fatigue ;
2° D'un réservoir cylindrique G également en laiton, destiné à retenir l'humidité de l’air venant de la bouche;
3° D'un petit tube conique D fixé latéralement au réservoir et à angle droit sur le tube principal; ce tube, de 5 à 7 centimètres de longueur, se termine par un petit ajutage conique E en cuivre rouge ou en platine, dont l’orifice est assez étroit
pour ne dépenser qu'une faible quantité d'air et l’envover sous la forme d’un jet rapide et très fin. On a souvent deux ajutages, l’un de 4/10 de millimètre, l’autre de 5/10, selon qu'on veut avoir une flamme plus ou moins puissante.
Un autre chalumeau, très simple et très peu coûteux, que l'on met souvent entre les mains des commencçcants, consiste en un tube de fer-blanc verni T (fig. ?), dont le diamètre va en augmentant depuis l'embouchure en corne 0, jusqu'à l’extrémité opposée; près de celle-ci, latéralement, est adapté un ajutage en cuivre, percé d’un trou assez fin, par lequel se produit le jet d'air.
Afin de rendre l'instrument encore plus facile à transporter en voyage ou en excursion, Mitscherlich à imaginé de composer le chalumeau de deux pièces cylindriques, qui peuvent s'emboiter l’une dans l’autre et se visser, de manière à ne plus former qu'un cylindre assez court pour être mis dans la poche. Le petit tube avec ajutage se fixe lui-même à l'intérieur de la portion eylindrique la plus mince, tandis que le réservoir à humidité se place dans l'embouchure; celle-ci est plaquée d'argent, le reste est en laiton ou en maillechort.
On prend assez aisément l'habitude de souffler régulièrement dans l'embouchure du chalumeau appliquée sur les lèvres; il faut, pour cela, s'emplir la bouche d'air, de manière que les joues soient bien gonflées, puis, lançant cet air dans l'embouchure de l'instrument à l’aide d’une contraction naturelle des muscles, respirer en même temps par le nez, à la manière ordinaire. Un simple mouvement d'arrière-corge, effectué pendant une expiration, suffira pour renouveler facilement la provision d'air épuisée.
Avec un peu d'exercice, on s’habitue rapidement à envoyer un filet d'air continu dans le chalumeau pendant plusieurs minutes et à produire une flamme soutenue et régulière.
On à cependant, pour éviter cet apprentissage ou cette fatigue, construit des appareils, où l’on est dispensé de souffler avec la bouche; l'air est fourni par une poire en caoutchouc avec soupapes; il se rend par un tuyau de caoutchouc à un
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réservoir, d'où sort un tube à ajutage fin fixé sur un support. Une main servant à manœuvrer la poire, l’autre reste dispomble pour tenir l'essai.
Ces conditions peuvent être réalisées par des dispositions variées. Il importe seulement de s’habituer à envoyer l'air réouliérement par la pression des doigts, en donnant au jet l'intensité convenable. Mais l'appareil avec ses supports, son réservoir, etc., est moins portatif et moins sûr pour les opérations délicates que le chalumeau à bouche; aussi ce deruier conserve-{-il encore la préférence générale.