‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 120 sur 340 · CL. le méconium. ÆÜ · texte numérisé non relu

CL. le méconium. ÆÜ

biliaires, les exsudations *1 ropiqi dégénérés, les tumeurs

coques, le pus, les tubercules ancien • f ,?’! lyriques et des die-

bétiques, la cataracte cru*. t u . ^ lentement la cholestérine

Dans une solution aicoompte in„pher Au microscope

cristallise en lamelles blanchi ^ nacre es, ^iqu«. parfaitement

die se présente sous ; forme d -b ordinairement plusoumoins

rSLïïTÆï ^"mem. Les angles des cristaux on, cou-

- Mti’ »'• «“"•**• 5

inodore, complètement neutre, elle fond

CHOLESTÉRINE. 163

à 145° ; chauffée avec précaution à 560°, elle peut sublimer sans décomposition; elle devient électrique par le frottement, et elle fournit à la distillation sèche une huile offrant l’odeur agréable de géranium. Elle est complètement insoluble dans l’eau, mais elle se dissout dans l’alcool bouillant, duquel elle se sépare en cristaux par le refroidissement ; elle est aussi soluble dans l’éther, la benzine, le chloroforme et le pétrole. De la solution éthérée elle se sépare ordinairement en aiguilles fines et soyeuses. Une solution de savon, les huiles grasses ainsi que les dissolutions de bile purifiée dissolvent également une certaine quantité de cholestérine. Les solutions de cholestérine ont une réaction neutre et dévient à gauche le rayon de lumière polarisée avec une intensité proportionnelle cà leur richesse en cholestérine.

1 . Si l’on traite les cristaux de la cholestérine avec un mélange de 5 vol. d’acide sulfurique et de 1 vol. d 'eau, et si l’on chauffe doucement, les cristaux examinés au microscope offrent sur les bords une coloration rouge cai min ti ès-\ ive , au bout de I ou 2 heures le rouge carmin passe au violet. Si l’on prend un mélange de 5 vol. d’acide sulfurique et de 1 vol. d’eau, les tables rhombiques offrent des bords violets, lorsqu’on les chauffe doucement au-dessous du couvre-objet. Si l’on étend l’acide encore plus, les bords paraissent lila et se résolvent en gouttelettes (Moleschott) . F uni ce Atlas, pl. VI, fur. 2.

2. l’acide sulfurique concentré et un peu d’iode, ou le chlorure de zinc et 1 iode colorent la cholestérine en vert bleu ou violet. Funke, Allas pl VI figure 3.

o. Si l’on évapore doucement de la cholestérine avec une goutte d'acide azotique concentré, et si l’on humecte le résidu jaune encore chaud avec une goutte d ammoniaque, il se produit une coloration rouge foncé (. H.Schiff ).

4. Si l’on arrose de la cholestérine avec de l’ acide sulfurique concentré, si ou broie et si l’on ajoute du chloroforme, on obtient une solution rouge sang ou violette, qui redevient incolore au contact de l’air en passant successivement par le violet, le bleu et le vert.

[Pour produire celle réaction Salltomki procède de la manière suivante • il dissout I centigr. de cholestérine dans du chloroforme et ajoute un é"a voume d acide sulfurique concentré; immédiatement, par IVitalion °le c oroforme prend les teintes bleue, rouge, rouge-ierise, pmtrpr"’ et elle «dotation persiste tres-longtcmps sans s’altérer. En même temps

lertftrts nronUe ““^r, a" Chloroforrae a«iuiert fluorescence verte trcs-prononcée. - Quelques gouttes de la solution chloroformique

rouge, versees dans une capsule, se colorent rapidement en bleu, vert

7,*'. ' "“ est Parfaitement sec, la couleur persiste sans changement! stl y a une trace d humidité, la modification de couleur se produit Addi-

“S ? tllsso|ut;on devient d’abord plus pâle, puis bleue et enlin

tant de l’àcid^ »;■!" m°n, ! enC°re "ne belle fluorescence verte. En ajoutai t de 1 acide acétique, le changement de couleur s’arrête au bleu 1

houdhe avec l’acide sulfurique concentré (ou l’acide phosphorique), la

COMPOSITION DES COUPS

cholestérine se décompose en différents hydrocarbures (cholestéi iline et cholestérone) .

Oxydée par l’acide azotique concentré, elle donne de Yacide acétique, de l 'acide butyrique , de Yacide caproïque , et de Yacide choies térique.

Préparation. — ha manière la plus facile de préparer la cholestérine est

la suivante :

Des calculs de cholestérine sont épuisés complètement avec de 1 eau bouillante, qui dissout les pigments et les acides biliaires et différents sels minéraux; on triture le résidu, et l’on fait bouillir .avec de l’alcool la poudre complètement sèche. On filtre le liquide bouillant, et par le refroidissement la cholestérine se sépare. On jette les cristaux sur un filtre et on les fait

recristalliser dans l’alcool bouillant.

Recherche. — hile repose sur la préparation et 1 examen microscopique. Si en examinant une substance au microscope on trouve des tables rliombiques minces parfaitement transparentes, souvent superposées en grand nombre offrant les angles indiqués précédemment et qui, en outre, sont caractérisés par leur insolubilité dans l’eau, les acides étendus et les alcalis par leur solubilité dans l’alcool et dans l’éther, et par les réactions mentionnées en 1, 2 et 4, on est certain que l’on a affaire à de la cholestérine ; mais nous devons faire remarquer que lors de l’examen du contenu des hvdatides, il est quelquefois nécessaire, à cause de la grande transparence des cristaux de cholestérine, d’adapter au microscope un diaphragme latéral ou central, afin que les contours de ces tables minces ne passent pas inaperçus. Si la chlorestérine ne s’offre pas immédiatement a 1 observât, on sous forme cristalline, elle se trouve fréquemment dans extrait etlierc de la substance essavée, et par évaporation de cet extrait elle peut etre obtenue en cristaux et reconnue ; mais la séparation de cette substance des caisses proprement dites est toujours difficile, et elle est basee sur la trans formation de ces dernières en savon, la cholestérine n étant pas sapomfiabie Mais lors de la décomposition du savon, celle-ci est entraînée onoc acide-ras; aussi est-il plus convenable de combiner acide gras ave l’oxvde de plomb et de traiter le savon plombique par 1 alcool bouillant. Le sel de plomb qui entre en même temps en dissolution se séparé généralement plus tôt que la cholestéi ine.

T, , «vtrnîfP rtP l’ambre «ris, qui est probablement un produit palbolo-

L am >HUI1^ jX ' h àuPhuseter macrocephalus (cachalot) analogue aux calculs

Excréments.)

ACIDE BENZOÏQUE.

B. — Autres acides non azotés qui se rencontrent dans l'organisme animal,

ACIDE BENZOÏQUE.

Composition centésimale : carbone 68.85, hydrogène 4.92, oxygène 20.25. Formule : C'^O4.

État naturel : Il se rencontre dans l’urine putréfiée des herbivores, dans l’urine de ces mêmes animaux, à la suite d’un travail forcé et d’une mauvaise alimentation, dans le smegma du prépuce, dans la sueur et dans les capsules surrénales.

A l’état sublimé l’acide benzoïque se présente sous forme de fines aiguilles flexibles, incolores et brillantes; préparé par voie humide, il cristallise en écailles. Par refroidissement des solutions aqueuses on obtient toujours des cristaux, qui, au microscope, s’offrent sous forme de tables ayant exactement 90° et placées les unes «à la suite des autres, de manière à présenter une disposition dendritique, ou bien superposées; on trouve rarement un angle obtus, mais alors les deux angles = 135°. (Fig. 51 ; voyez aussi Funke , Atlas, pl. II, fig. 6.)

Chauffé à 240°, l’acide benzoïque se volatilise sans décomposition en vapeurs blanches, qui excitent la toux et donnent lieu à une éruption particulière sur la muqueuse pharyngienne, et se déposent sur les corps froids sous forme de fines aiguilles allongées. L’acide benzoïque est trèsdifficilement soluble dans l’eau froide; il se dissout assez facilement dans 1 eau bouillante et l’alcool, ainsi que dans l’éther; il est inodore, il a une saveur piquante, chaude et ses solutions rougissent le papier de tournesol bleu. Enflammé, il brûle comme une

graisse avec une flamme éclairante et Fig. si. Acide benzoïque

fuligineuse.

Si l’on évapore les solutions aqueuses de Yacide benzoïque libre une grande partie de ce dernier se volatilise avec les vapeurs aqueuses,

Pris à l’intérieur, il se transforme dans l’organisme en acide hippurique et il se retrouve dans l’urine sous cette forme. L’acide nitrobenzoïque se convertit dans les memes conditions en acide nitro-hippurique.

L acide benzoïque forme avec la plupart des oxydes des sels solubles dans eau, seulement avec ceux qui sont des bases faibles il donnedcs combinai-

100 COMPOSITION DES CORPS

sons insolubles ou difficilement solubles. Les benzoates alcalins sont solubles dans l’alcool. t

1 . Le per chlorure de fer produit dans la solution des benzoates alcalins un précipité jaune brunâtre de henzoate de peroxyde de fer qui, au contact de l’ammoniaque, se décomposé en donnant naissance à de Y hydrate de peroxyde de fer insoluble et à du benzoate d’ammoniaque qui reste en dissolution. Les acides loris séparent la majeure partie de l’acide benzoïque du benzoate de fer.

2. Les acides minéraux déplacent Yacide benzoïque des solutions des benzoates sous forme de petites écailles blanches, cristallines et brillantes.

5. L’acétate de plomb ne précipite pas, ou tout au moins pas immédiatement, l’acide benzoïque libre et le benzoate d’ammoniaque, mais il précipite en flocons blancs les benzoates à bases alcalines fixes.

4. En mettant dans un mélange d’alcool, d’ammoniaque et de chlorure de baryum de l’acide benzoïque libre ou combiné à un alcali, il ne se produit pas de précipité.

5. Bouilli avec de l'acide azotique concentré, l’acide benzoïque se transforme en acide nitrobenzoïque.

G. Chauffé avec des alcalis (potasse ou soude caustique), l’acide benzoïque se dédouble en benzine et acide carbonique (CliH°Ov =C,2H6H-C204).

7. Si dans une capsule de porcelaine on évapore en le faisant bouillir un mélange d’acide benzoïque et d’un peu d’acide azotique, et si 1 on cliaulle plus fortement le résidu, il se développe l’odeur d’essence d amandes amères ou de nitrobenzine ( Iloppe-Seyler ).

Recherche. — L’acide benzoïque préparé à l’état pur offre des propriétés si caractéristiques qu’il peut être reconnu sans beaucoup de difficulté. C est tout au plus si on pourait le confondre avec l’acide succinique et 1 acide hippurique. Mais il se distingue par la coloration du précipité avec le perchlorurede fer, qui est d'un rouge pâle tirant sur le brunâtre avec 1 acide succinique, mais beaucoup plus clair et plus jaune avec 1 acide benzoïque ; en outre l’acide succinique est facilement soluble dans 1 eau lroide, tandis que l’acide benzoïque s’y dissout très-difficilement. Déplus, comme les succinates alcalins sont insolubles dans l’alcool et que les benzoates ne s y dissolvent pas, on peut, en se basant sur cette différence de solubilité, séparer facilement les deux acides l’un de l’autre. Enfin la réaction des deux acides en présence du chlorure de baryum et de l’alcool, donne un résultat décisif. L’acide benzoïque se distingue de l’acide hippurique par la manière dont il se comporte sous l’influence de la chaleur (voyez acide hippurique ), par sa solubilité beaucoup plus faible dans l’éther, par sa forme cristalline et par sa composition, puisque l’acide benzoïque ne renferme pas d azote et

que l’acide hippurique est un corps azoté. ^

S’il s’agit de découvrir de petites quantités d’acide benzoïque dans des îquides animaux, on procède de la manière suivante : Le liquide en ques tion, préalablement neutralisé ou sursaturé par le carbonate de soude, ans le cas où il a une réaction acide, est évaporé au bain-marie, le rosit u es

ACIDE LACTIQUE.

épuisé par l’alcool et l’extrait alcooliquemélangé avecunpeu d’acide chlorhydrique. Si alors il ne se sépare pas de cristaux d’acide benzoïque en quantité bien appréciable, on épuise la m isse par l’éther, et l’on abandonne la solution éthérée à l’évaporation spontanée; en ajoutant de l’eau à l’extrait élhéré, qui le plus souvent offre une consistance oléagineuse, 1 acide benzoïque, s’il est présent, se sépare à l’état cristallin. S’il y a trop de matière grasse, on traite la masse séparée par l’alcool étendu, qui laisse la graisse non dissoute, mais dissout l’acide benzoïque; après 1 évaporation del alcool, on obtient les cristaux d’acide benzoïque assez purs. Ils se présentent alors au microscope sous forme de tables rectangulaires.

ACIDE LACTIQUE.

Composition centésimale : carbone 40.00, hydrogène 0.07, oxygène 55..»,».

Formule : C°1IG06.

A. — Acide lactique ordinaire ; acide lactique de fermentation.

État naturel : L’acide lactique ordinaire a été trouvé, soit libre, soit uni à des bases, dans le suc gastrique, dans le contenu de l’intestin grêle et du gros intestin, dans le chyle du canal thoracique des chevaux, à la suite d’une alimentation riche en amidon, dans le thymus du veau, dans le cerveau, probablement aussi dans d’autres glandes, comme la rate, le foie, le corps thyroïde, le pancréas, dans le liquide allantoïdien de la vache, dans le lait aigre, dans l’urine des personnes diabétiques et rachitiques.

A l’état très-concentré, l’acide lactique ordinaire pur est un liquide sirupeux, inodore et incolore, ou coloré quelquefois en jaunâtre, qui ne se solidifie en aucune circonstance et qui possède une saveur forte et nettement acide. Son poids spécifique est égal à 1,215. 11 se dissout en toutes proportions dans l’eau, l’alcool et l’éther, et il attire l’humidité de l’air. Il offre une réaction nettement acide, même lorsqu'il est très-étendu. L’acide lactique n’est pas volatil, et il chasse de leurs sels les acides volatils (quelques acides minéraux sont eux-mêmes expulsés par cet acide); si on l’expose pendant longtemps à une température de 150 à 140°, il perd son eau et il reste de l’anhydride lactique. Lorsqu’on le chauffe plus fortement, il se décompose en donnant naissance à de Y acide carbonique, de Y oxyde de carbone, de Y aldéhyde et à d’autres combinaisons.

Si l’on chauffe doucement de l’acide lactique avec 5 ou 6 fois son poids d’acule sulfurique , il se dégage une quantité considérable d'oxyde de carbone, et, si l’on ajoute de l’eau il se sépare un corps humique brun.

Bouilli pendant longtemps avec de Yacide azotique , l’acide lactique se transforme en acide oxalique ; oxydé avec du bichromate de potasse et de Yacide sulfurique, il donne de Yacide formique et de Yacide acétique.

Sous l’influence de certains ferments il se décompose en acide butyrique, acide carbonique et hydrogène.

Chaut fé avec de Y acide iod hydrique, il se transforme en acide propionique.

L’acide lactique forme avec les hases des sels généralement neutres, qui sont sans exception solubles dans l’eau ; un grand nombre se dissolvent aussi dans l'alcool ; mais ils sont insolubles dans l’éther. Les lactalcs alcalins, ainsi que les laetates de baryte, d’alumine, de fer et d’étain ne sontpascristallisables; les autres laetates cristallisent facilement et sont inaltérables à l’air. Les laetates alcalins et les laetates terreux se transforment au rouge en carbonates ; les sels des métaux proprement dits laissent l’oxyde ou le métal.

Parmi les laetates, les suivants offrent une importance particulière pour reconnaître l’acide lactique :

\ . Le lactate de chaux, C°H5Ca0°-l-5H0 (=29,22 p. 100 d’eau), s’obtient

en faisant bouillir l’acide lactique avec du carbonate de chaux, et il se sépare de la solution aqueuse concentrée sous forme de grains blancs et durs. Vu au microscope le lactate de chaux forme de fines aiguilles réunies en touffes; deux de ces touffes sont toujours accolées l’une à l’antre par une sorte de pédoncule, de façon à ressembler à des pinceaux qui se pénètrent mutuellement (fig. 52; voyez aussi Fvtnke, Atlas, pl. 1, fig. 4; Robin et Verdeil, Atlas, pi. IX, fig. 3). Le lactate de chaux est facilement soluble dans l’eau bouil- Fig. 52. — Lactate de chaux. lante et dans l’alcool. Une partie en

poids du sel exige pour se dissoudre neuf parties et demie en poids d’eau froide.

2. Le lactate de zinc, C6HsZnO°+5HO (=18.18 p. 100 d’eau), s obtient en faisant bouillir de l’oxyde de zinc pur ou carbonaié avec de l’acide lactique. Si la dissolution est concentrée, il se sépare par le refroidissement en croûtes cristallines ; si elle est étendue, il se forme de petits cristaux ai-

guillés.

Sous le microscope ou obtient, par refroidissement rapide d une solution bouillante de lactate de zinc, de jolis groupes d aiguilles, disposés en boules, ayant une grande ressemblance avec ceux que (orme le sulfate de chaux (fig. 53, en haut et à gauche); avec un plus fort grossissement, on sassure facilement que les formes fondamentales de chacun des ciistaux sont des prismes verticaux avec faces droites, ou le prisme horizontal dioit et tronqué (fig. 55). Si la formation a lieu lentement, on observe ce qui suit : les plus petits cristaux, qui ont pris naissance sur le bord de la goutte, offrent la forme de pilons tronqués des deux côtés; ils convergent vers le centre de la goutte, de telle sorte que 1 extrémité amincie est l’extrémité centrale, tandis que l’extrémité périphérique est tournée

ACIDE LACTIQUE. 109

vers le bord de la goutte. L’extrémité centrale, la plus mince, est limitée par un angle obtus, avec côtés d’abord sphériques, et la périphérique par un segment de cercle complet.

Peu à peu le cristal devient plus épais; du segment de cercle périphérique se détache un angle avec côtés sphériques ; l’extrémité la plus épaisse du pilon s’allonge; elle devient plus étroite, et les côtés de l’angle terminal obtus central, puis ceux de l’angle périphérique deviennent de plus en plus droits ; enfin les deux extrémités du cristal paraissent rétrécies et le milieu renflé ; les angles obtus deviennent droits, et la formation du cristal est achevée. Les cristaux microscopiques ventrus , en forme de tonneau ou même de massue , Fis- 03. — Laciate de zinc,

sont surtout caractéristiques pour le laciate de zinc.

Le laetate de zinc est soluble dans l’eau bouillante, mais insoluble dans l’alcool. Une partie du sel exige, pour se dissoudre, six parties d’eau bouillante et cinquante-huit parties d’eau froide.

5. Laetate de cuivre : C6H5Cu06-f-2H0 (=12,97 p. 100 d’eau). On l’obtient en faisant bouillir du carbonate de cuivre avec de l’acide lactique, ou en traitant du sulfate de cuivre par le laetate de baryte. Ce sont de grands cristaux prismatiques tabulaires, bleus ou verts, qui appartiennent au système du prisme oblique à base rectangle. ( Funke , Atlas, pl. I, fig. G.) Ce sel perd son eau de cristallisation en présence de l’acide sulfurique, mais il ne se décompose qu’à 200°; il est soluble dans l'eau froide et dans l’eau bouillante, assez difficilement soluble dans l’alcool.

•4. Le laciate d'argent : CGH3AgOG-f-2llO, se forme lorsqu’on fait bouillir de l’acide lactique avec du carbonate d'argent; il cristallise en petites aiguilles soyeuses groupées en mamelons, qui noircissent rapidement à la lumière. Le laetate d’argent est presque insoluble dans l’alcool froid, trèsfacilement soluble dans l’alcool bouillant. La solution alcoolique ainsi que la solution aqueuse, bouillies pendant longtemps, prennent une couleur bleue, et il se sépare peu à peu des flocons bruns. Lorsqu’on mélange la solution alcoolique refroidie ayec de l’éther, le même phénomène se produit, mais avec plus de netteté. Le sel se décompose à 100°.

B. — Acide paralac tique ou sarkolactique.

Etat naturel : L’acide paralactique ou sarkolactique a été trouvé avec certitude dans le liquide musculaire et dans celui des cellules fibreuses contractiles, en outre dans la bile et dans l’urine de l’homme cl des animaux après empoisonnement par le phosphore.

COMPOSITION DES CORPS

Par ses caractères généraux l'acide paralactique ressemble à l’acide lactique de fermentation; il ollre avec ce dernier les différences suivantes :

1° Oxydé par le chromate acide de potasse et l 'acide sulfurique, il donne de Y acide malonique.

2° Les sels se distinguent de ceux de l’acide lactique de fermentation par leur teneur en eau de cristallisation, leur forme cristalline et leur solubilité.

Le paralactate de chaux , C°II5CaOG -f- 4110, ne contient que 2 équiv. d’eau de cristallisation = 24,85 p. 100, et il est plus difficilement soluble dans l’eau que le sel correspondant de l’acide lactique de fermentation. 11 exige pour se dissoudre 12,4 parties d’eau froide.

Le paralactate de zinc, C6Il5ZnO°— t— 2110, ne renferme que 4 équiv. d’eau de cristallisation = 12,90 p. 100, et il est beaucoup plus soluble dans l’eau et l’alcool que le sel de zinc de l’acide lactique de fermentation. 1 partie exige pour se dissoudre 6 parties d’eau et 2,2 parties d’alcool.

Le paralactate de cuivre C°llsCuO° -+- 5H0 contient 1 équiv. d’eau de cristallisation = 18,28 p. 100 de plus que le sel correspondant de l’acide lactique de fermentation ; il ne crMallise jamais qu’en petits mamelons durs, bleu clair; il se décompose dès la température de 140° en donnant lieu à un dépôt de protoxyde de cuivre et il est plus facilement soluble dans l’eau et l’alcool que le sel de cuivre de l’acide lactique de fermentation.

Recherche. — En présence de la grande diffusion de l’acide lactique et de son importance dans le règne animal, une réaction qui permît de reconnaître ce corps aussi sûrement et aussi rapidement que celles que nous possédons pour la détermination d’autres combinaisons, serait extrêmement précieuse; mais jusqu’à présent une pareille réaction nous fait complètement défaut, et lorsqu’il s’agit de déterminer d’une manière positive la présence de l’acide lactique, non-seulement nous sommes obligés de le - préparer à l’état pur, mais encore d’étudier ses sels, parce que l’acide pur ne conserve pas sous cette forme pendant un temps as^ez long ses propriétés caractéristiques pour rendre impossible sa confusion avec d’autres acides. La préparation des lactales les plus importants, leur examen microscopique, ou leur analyse élémentaire, ou bien encore la détermination de leur poids équivalent et de leur eau de cristallisation, lorsqu’on ne dispose pas d’une quantité suffisante de matière, permettent seuls de se prononcer avec certitude sur la présence ou l’absence de 1 acide lactique et de décider d’une manière positive si l’on a affaire à de 1 acide lactique ordinaire ou à de l’acide paralactique. Lorsque, comme c’est le cas ordinaire, la matière dont on dispose n’est pas suffisante pour préparer plusieurs sels, et lorsqu’on a à rechercher de petites quantités d acide lactique, on choisit le lactate de zinc, qui cristallise facilement, ollre une forme cristalline caractéristique bien étudiée et dont la préparation réussit parfaitement sous le microscope.

Si l’on doit rechercher l’acide lactique dans Y urine , on évapore celle-ci au bain-marie, et l’on traite le résidu par une solution alcoolique d acide

ACIDE LACTIQUE.

oxalique; l’oxalate de chaux, l’oxalate de potasse, l’oxalate de soude et l’oxalate durée restent non dissous, tandis que l’acide chlorhydrique, l’acide phosphorique et l 'acide lactique se trouvent dans la dissolution. On fait digérer celte dissolution avec un excès d’oxyde de plomb, on filtre la solution alcoolique pour séparer le lactate de plomb du chlorure de plomb, du phosphate de plomb et de l’oxyde de plomb en excès, et dans le liquide filtré on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré, jusqu à ce que tout le plomb soit précipité sous forme de sulfure. Le liquide séparé par filtration du sulfure de plomb : Yacide lactique libre est bouilli avec de l’oxyde de zinc, filtré et abandonné à cristallisation. Si 1 on dispose d une quantité suffisante de matière, la combinaison de zinc est étudiée comme il a ôté dit précédemment, et surtout soumise à 1 analyse microscopique. On la reconnaîtra facilement à ses cristallisations en forme de tonneau ou de massue mentionnées plus haut et que l’on observera principalement sur les cristaux en voie de formation.

L’acide lactique peut être extrait de la chair de la manière suivante : on épuise cette substance avec de 1 eau froide après 1 avoir finement hachée, on fait bouillir rapidement l’extrait aqueux pour coaguler les matières albuminoïdes, on filtre, on précipite le liquide filtré avec de l’eau de baryte, on élimine la baryte en excès au moyen d’un courant d’acide carbonique, on fillre de nouveau, on évapore à consistance sirupeuse et l’on agile le résidu avec soin avec de l’éther et un peu d’acide sulfurique. On décante la couche d’éther et l’on agite de nouveau avec ce liquide, jusqu’à ce qu’il ne se dissolve plus rien. Les extraits élhérés sont évaporés au bain-marie, et l’acide lactique reste sous forme d’un liquide sirupeux. Pour préparer le sel de chaux on dissout ce dernier dans l’eau, on fait bouillir avec un lait de chaux, on filtre et l’on abandonne le liquide filtré à une température modérée. Le lactate de chaux se sépare peu à peu, et on le purifie par traitement avec le noir animal et recristallisalion dans l’alcool.

Lorsqu’il s’agit de découvrir de petites quantités d’acide lactique dans le sang , les liquides glandulaires, etc., on évapore le liquide obtenu comme il a été dit précédemment ; après l’avoir précipité par l’eau de baryte, on distille le résidu avec de l’acide sulfurique pour éliminer les acides gras volatils, et l’on abandonne plusieurs jours à lui-même le résidu de la distillation, après l’avoir mélangé avec plusieurs fois son volume d’alcool concentré. On élimine les sulfates alcalins qui se séparent, et l’on évapore le liquide alcoolique après addition de lait de chaux. On traite par l’eau bouillante, on filtre chaud, pour séparer la chaux en excès et le sulfate de chaux, on fait passer un courant d’acide carbonique dans le liquide filtré , on fillre afin d’éliminer le carbonate de chaux précipité, on évapore à sec au bain-marie, on chauffe le résidu avec de l’alcool concentré, on décante la solution alcoolique pour la séparer de la masse résineuse qui s’est formée, et on laisse reposer afin que le lactate de chaux se dépose. Si au bout de plusieursjours il ne se sépare pas de cristaux, on mélange le liquide à plusieurs reprises dans des vases que l’on peut fermer avec de petites quantités d’éther. Même

s’il n’y a que de Irès-faibles quantités d'aride lactique, il se sépare mainte-

“U fleseristm,x .'ie laclalc <ie qu'il est facile de reconnaître à leur

ioi me microscopique et à leurs propriétés. Cette méthode indiquée par àcherer est aussi sure que sensible.

Si l’on dispose d’une quantité suffisante de matière, on prépare, outre le sel de chaux, le sel de zinc et le sel de cuivre, et l’on pourra même, pour plus de certitude, préparer aussi le sel d’argent avec une portion de la matière, dissoudre ce dernier sel dans l’eau et le faire bouillir pendant longtemps ; si 1 acide lactique est présent, la dissolution prendra une couleur Wene; la meme chose se produira si l’on mélange une solution alcoolique refroidie du sel d’argent avec de V éther.

Lorsqu il s agit de décider si 1 on a affaire à de l’acide lactique ordinaire ou a de 1 acide paralactique, il faut préparer le sel de chaux et le sel de zinc et déterminer leur teneur en eau de cristallisation, ainsi que leur solubilité.

ACIDE SUCCINIQUE.

Composition centésimale .‘carbone 40. 68, hydrogène 5.08, oxygène 51.24.

Formule : CSHG0S.

État naturel : On le trouve dans l’urine de l’homme, du chien et du lapin, dans la salive et la sueur après ingestion d’acide benzoïque, dans les liquides parenchymateux de la rate, du corps thyroïde et du thymus, dans le contenu des vésicules des échinocoques hépatiques, dans le liquide de l’hydrocèle.

L’acide succinique pur en solution aqueuse cristallise en prismes rhom-

biques et en tables rhomboédriques d un blanc brillant, qui appartiennent au système du prisme oblique à base rectangle; les angles aigus du prisme sont quelquefois tronqués, et les cristaux se montrent alors sous forme de tables hexagonales irrégulières (fig. 54 ; voyez aussi Funke, Atlas, pl. IL fig. 5). Il se produit aussi parfois des cristaux lâchement unis et imparfaitement formés.

L’acide succinique est inodore ; il se dissout assez facilement dans l’eau, Fig. 54. — Acide succinique. difficilement dans l’alcool froid, mais

facilement dans l’alcool bouillant, moins facilement dans l’éther. Il possède une saveur particulière faiblement acide.

Il fond à 175 ou 180°; si on le chauffe rapidement à une plus haute tem-

ACIDE SUCCINIQUE.

lure, il sublime sans se décomposer ; et s’il est pur, il ne laisse pas de lu. Ses vapeurs irritent le pharynx.

acide succinique est un des acides organiques les plus stables ; il résiste îe à l’action du chlore et de l'acide azotique.

^pendant, si on le chauffe avec un excès d’hvdrate de potasse, il donne sauce à de l’acide oxalique et à un dégagement de gaz combustibles, es succinates, à l’exception du succinate d’ammoniaque, se décomposent ouge ; les succinates à hase alcaline ou alcalino-terreuse se transforment s en carbonates. La plupart des succinates sont solubles dans l’eau, mais combinaisons que forme l’acide succinique avec les oxydes métalliques, sont des bases faibles, sont difficilement solubles ou insolubles.

I. Le perchlorure de fer produit dans une dissolution d’acide succinique précipité rouge pâle brunâtre de succinate de peroxyde de fer. Pour que précipitation soit, complète, il faut que l’acide libre soit neutralisé avec l’ammoniaque. Le succinate de peroxyde de fer se dissout facilement dans s acides; l’amraoniaquele décompose en séparant de l’hydrate de peroxyde ; 1er et en laissant l'acide succinique dissous sous forme de succinate

ammoniaque.

-• L’acétate neutre de plomb donne avec l’acide succinique un précipité anc de succinate neutre de plomb soluble dans un excès d’acide succinique, ms la dissolution d’acétate de plomb et dans l’acide acétique.

Les sels de mercure et d’argent précipitent aussi de l’acide succinique.

5. Si, à de l’acide succinique libre ou combiné, on ajoute un mélange d ’al-

,o/, d 'ammoniaque et de chlorure de baryum, on obtient un précipité blanc i succinate de baryte.

Les succinates alcalins sont insolubles dans l'alcool.

Recherche. — La recherche de l’acide succinique est basée sur sa prépalion, la détermination de sa forme cristalline et la manière dont il se importe sous l’influence delà chaleur et en présence du perchlorure de' fer acide succinique pourrait être confondu avec l’acide benzoïque et l’acide ippurique. Il se distingue du premier par la coloration du précipité pro- Jit par le perchlorure de fer, par sa plus grande solubilité dans l'eau, par iorme des cristaux que l’on obtient par sublimation, en outre parce qu’il mue un précipité avec l’alcool, l’ammoniaque et le chlorure de baryum et dm parce quel acide succinique ne fond qu’à 180°, tandis que l’acide bénir* «f;;6 T fLT0,î dèS la température de 120“. L’acide benzoïque se n e de lac.de hippurique par l’insolubilité des succinates alcalins ns lalcooL par la manière dont il se comporte sous l’influence de la naleui et pareequ il ne renferme pas d’azote.

ileintz a extrait de l’acide succinique du liquide des échinocoques en procéant de là manière suivante : Il a évaporé le liquide à consistance sirupeuse, il a ensuite mélange le résidu avec de l’acide chlorhvdrique et l’a

.gîte avec de 1 ether. La solution éthérée, décantée et évaporée laissa l’acide succinique sous forme cristalline. P ’

Pour rechercher l’acide succinique dans les liquides glandulaires on com-

COMPOSITION DES COUPS

mence par éliminer des extraits les corps albuminoïdes par ébullition, les sulfates et les phosphates par l’eau de baryte, et, après avoir séparé 1 excès de baryte par l’acide carbonique, on sépare les acides gras volatils par distillation avec un peu d’acide sulfurique; cela fait, on agite à plusieurs reprises les extraits avec de petites quantités d’éther, tant que ce liquide dissout encore quelque chose. Évaporés à une douce chaleur, les extraits éthèrès laissent déposer l’acide succinique impur sous forme de cristaux brillants, que l’on purifie par recristallisation dans l’eau.

Pour extraire l’acide succinique de Yurine, on mélange celle-ci avec de l’eau de baryte tant qu’il se produit un précipité, on filtre pour séparer ce dernier, on précipite le liquide filtré avec de l’acide sulfurique, afin d éliminer l’excès de baryte, et on filtre de nouveau; on neutralise alors le liquide encore fortement alcalin (si c’est de l’urine de chien) avec de 1 acide chlorhydrique, on ajoute un peu de carbonate de soude, et l'on évapore au bain-marie jusqu’à ce que l’urée commence a cristalliser; on filtre pour séparer les urates déposés, et l’on mélange le liquide filtré avec de I alcool absolu jusqu’à ce qu’on ait rétabli le volume primitif de 1 urine. Du succinate de soude se précipite alors avec d’autres substances (chlorures, urates, pigment, créatine, etc.). On sépare le précipité par filtration, on 1 exprime bien, on dissout dans l’eau et l'on évapore à cristallisation; et 1 on a soin c e séparer par filtration l’urate de soude qui a pu se précipiter. Si l’on Tait cristalliser une goutte de solution sur le porte-objet du microscope, le suecinate de soude se sépare en lamelles ayant la forme de lancettes, généra ement striées longitudinalement, ou un peu épaissies dans le milieu, quelquefois réunies en pinceaux ou en masses globuleuses rayonnees. Les cristaux présentent fréquemment des sillons ou des fissures suivant leur longueur. Pour extraire l’acide du sel de soude, on traite ce dernier par 1 acide sulfurique et l’alcool absolu, qui dissout l’acide devenu libre. Apres 1 évaporation delà solution, l’acide se sépare sous les formes qui lui sont caractéristiques. ( Meissner et Kock.)

ACIDE oxalique.

Composition centésimale : carbone 26.66, hydrogène 2.11, oxygène ;1.1~. Formule : C4I1203.

État naturel : On ne le trouve dans l'organisme animal que sous tome cYo calate de chaux : dans l’urine, où il se rencontre surtout abondamment après l’ingestion d’aliments végétaux, d’oseille, de vins mousseux a a sm < de l'usa "e interne des bicarbonates alcalins; il extsle également dan les sédiments Ü, dans les calculs vésicaux et rénaux (c. do. smuraux),

dans les excréments, après ingestion data»"** d chenilles et

«que, dans les concrétions intestinales, dans les exc. da„5 |c

dans les voies biliaires de ces animaux, dans la glancit y

mucus delà vésicule biliaire, dans la muqueuse de l’ulérus pendant la grossesse, dans le sang des animaux narcotisés par l’alcool (?).

L’acide oxalique cristallise en prismes quadrilatères obliques terminés par des surfaces unies ou des sommets dièdres ; ces cristaux sont incolores et transparents. L’acide oxalique est inodore, il a une saveur et une réaction fortement acides et il s’effleurit à l’air. Si on le chauffe avec précaution à 150 ou 160 ’, il sublime sans se décomposer en cristaux aiguillés, mais à 170° il se décompose. Il est soluble dans l’eau et l'alcool.

Les oxalates se décomposent tous au rouge, l’acide se dédoublant en oxyde de carbone et acide carbonique. Les oxalates à base alcaline ou alcalino-terreuse se changent dans ce cas, sans dépôt de charbon (s’ils sont purs) en carbonates; les oxalates métalliques donnent le métal pur ou l’oxyde. Les oxalates alcalins sont solubles dans l’eau, tous les oxalates sont insolubles dans l’alcool.

1. Le chlorure de baryum donne dans les solutions neutres des oxalates un précipité blanc d 'oxalate de baryte soluble dans l’acide azotique et l’acide chlorhydrique.

2. L 'azotate d'argent produit dans les solutions neutres des oxalales un précipité blanc à' oxalate d' argent soluble dans l’acide azotique et dans l’ammoniaque.

o. Veau de chaux et tous les sels de chaux solubles, par conséquent les solutions de sidfate de chaux , donnent dans les dissolutions de l’acide oxalique libre et combiné des précipités blancs, pulvérulents d’ oxalate de chaux, qui sont facilement solubles dans l’acide chlorhydrique et dans l’acide azotique, mais insolubles dans l’acide acétique. L’oxalate de chaux est trèssoluble dans le phosphate acide de soude. Lorsqu’on ajoute goutte à goutte à cette dissolution une lessive de soude étendue, l'oxalate de chaux se sépare au bout de quelque temps en très-beaux cristaux réguliers. Il est pour ainsi dire insoluble dans l’eau ainsi que dans les alcalis. L’ammoniaque le précipite de sa solution chlorhydrique. La présence de l’ammoniaque favorise la précipitation de l’acide oxalique par les sels de chaux.

4. Si l on fait bouillir une solution d’or avec de l’acide oxalique, il se dégage de 1 acide carbonique, et de l'or finement divisé se précipite sous forme d’une poudre noire.

> °* Lorsqu on chauffe de l’acide oxalique ou un oxalate sec avec un excès d acide sulfurique concentré, l’acide oxalique se dédouble en acide carbonique et oxyde de carbone (CW -+- C202 + C2Oi -+- 2IIO), et ces gaz se dégagent avec effervescence. Si l’expérience n’est pas faite sur une trop petite échelle, l’oxyde de carbone peut être enflammé.

6. Si l on mélange de l’acide oxalique, ou un oxalate, avec un peu de peroxyde de manganèse , finement pulvérisé (il doit être exempt de carbonates), si 1 on ajoute un peu d’eau et une couple de gouttes d’aci le sulfurique, il se produit une vive effervescence causée par un dégagement d’acide carbonique (2Mn0s-t-C4H2O8==2C*04-t-2MnO-f-2H0).

7. Lorsqu on lait bouillir de l’oxalate de chaux ou un autre oxalate inso-

COMPOSITION DES CORPS

lubie avec une solution concentrée de carbonate (le soude , et que l’on filtre, on trouve dans le liquide filtré l’acide oxalique combiné avec la soude, et, dans le précipité, la base sous forme de carbonate ou d’oxyde.

Comme, ainsi qu’on l’a déjà dit, l’acide oxalique se trouve tout formé dans le règne animal sous forme d’oxalate de chaux, ce dernier sel acquiert, pour l'analyse zooehimique, une importance particulière.

Oxalate de chaux. — L’oxalate de chaux, préparé artificiellement, tel

qu’on l’obtient en mélangeant un oxalate soluble avec un sel de chaux, se présente au microscope sous forme de masses tuberculeuses complètement amorphes; cependant, dans les sédiments urinaires, et dans les produits animaux où on a l’habitude de le rencontrer, il offre des formes si caractéristiques que ses cristaux seuls suffisent pour le faire reconnaître avec facilité.

Il se présente sous forme de jolis petits octaèdres carrés à arêtes vives, brillants, parfaitement transparents, réfractant fortement la lumière et offrant de l’analogie avec des enveloppes de lettre (fîg. 55). Ces cristaux sont insolubles dans l’eau froide et dans l’eau chaude, dans l’urine chauffée, dans l’acide acétique et dans l'ammoniaque ; mais ils se dissolvent dans les acides minéraux forts. Chauffés au rouge, ils se transforment, sans noircir, en carbonate de chaux.

Recherche. — L 'oxalate de chaux se découvre le plus souvent à l’aide du microscope, parce que c’est dans les sédiments urinaires, où il est associé à d’autres principes, qu’on le rencontre le plus fréquemment. Mais sa forme est si caractéristique, et la manière dont se comportent les cristaux vus au microscope, en présence des dissolvants, est si facile à contrôler, que c’est à peine s’il est besoin de soumettre les cristaux à une étude plus approfondie.

Si l’on doit rechercher dans l’urine l’oxalate de chaux maintenu en solution par du phosphate acide de soude, on évapore le liquide à sec au bainmarie, on épuise le résidu par l’alcool étendu, et 1 on agite 1 extrait alcoolique avec de l’éther. Il ne tarde pas alors à se former dans le liquide un dépôt qui se compose de beaux cristaux d’oxalate de chaux ( Lehmann ).

On réussit quelquefois à séparer l’oxalate de chaux d une urine très-acide, en neutralisant celle-ci avec quelques gouttes d ammoniaque, et en laissant reposer l’urine quelque temps dans uu verre conique (verre à champagne) . Après avoir décanté le liquide surnageant les cristaux déposés, on examine ceux-ci au microscope.

L’oxalate de chaux pourrait être confondu avec certaines formes du sel marin, mais cette confusion peut être facilement évitée, parce que le chlo-

Fig. 55. — Oxalate de chaux. (Sédiment d’une urine d’un malade atteint do typhus; outre les cristaux d’oxalate de chaux, on voit des corpuscules de mucus, des spermatozoïdes, un coagulum muqueux et des corpuscules de ferment urinaire.)

rure de sodium se dissout dans l’eau, tandis que l’oxalate de chaux est insoluble dans ce liquide. Les crislaux d’oxalate de chaux ont quelquefois de 1 analogie, bien qu à un très-faible degré, avec les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien (voyez ce sel). Mais ces derniers se dissolvent facilement dans 1 acide acétique, tandis que l’oxalale de chaux y est insoluble. On indiquera plus loin (Analyse des concrétions) comment on découvre l’oxalate de chaux dans les calculs vésicaux.

Résumé et remarques. — Les quatre acides que l’on vient de décrire ne peuvent pas être confondus entre eux. h’ acide benzoïque est suffisamment caractérisé par sa forme cristalline, par la manière dont il se comporte en présence des dissolvants, et par la propriété qu’il possède de pouvoir êlre sublimé; on a indiqué précédemment comment il peut être distingué et sépaie de I acide hippurique et de l’acide succinique. L 'acide lactique ne peut e re reconnu que par ses sels; le sel de zinc est le plus convenable pour reconnaître l’acide lactique, parce qu’il est facilement crislallisable, et qu’il O re une forme cristalline caractéristique. On reconnaît Y acide oxalique à la maniéré dont il se comporte en présence de l’acide sulfurique concentré, de la solution d or et des sels de chaux solubles. Mais, dans l'analyse zooc nnuque, il ne s offre à l’observation qu’à l’état d'oxalate de chaux, a foi me cristalline est plus caractéristique que celle d’aucune autre combinaison cristallisée.

Appendice.

Dans l'urine de la vache, ainsi que dans l'urine du cheval, el à l’état de trace, dans l'ur.ne humaine, Stadeler a trouvé de Y acide vhénùml( acide car

bolique, phénol) et quelques autres substances à caraclère^acidi^i'lus ou moins

"Z™el 2 8 °", 8 d°n',é les non,s ^ acide damaluriqw. d ’ acide lande 1 e damolltlue- Blt'n que des recherches récentes aienl rendu

douteuse la préexistence réelle de ces substances dans l'urine et malré

ACIDE PHÉNIQl'E (ACIDE

Composition centésimale : carbone 7G.Ü5, Formule: C1211602.

CAIIBOLIQL'E, PHÉNOL).

hydrogène 6.40, oxygène 10.67.

GORUP-BEZANEZ. ANALYSE ZOUCHIMIQUE.

COMPOSITION DES CORPS

température. 11 est plus lourd que l’eau, peu soluble dans ce liquide, soluble en toutes proportions dans l’alcool el dans l’éther. Il a une saveur brûlante, une action caustique et antiseptique.

1. Le perchlorure de fer produit, dans les solutions de l’acide phénique, une coloration violet loncê intense, qui passe bientôt au brun sale.

2. Si l’on humecte un copeau de sapin avec une solution aqueuse d’acide phénique, si on le plonge ensuite dans de l’acide chlorhydrique pas trop concentré, et si on l’expose immédiatement à la lumière solaire directe, il prend aussilôt une coloration bleu foncé.

5. L’azotate d'aryent est réduit par l’acide phénique avec formation d’un dépôt d’argent; le bioxyde de mercure est également réduit.

4. Si l’on introduit du potassium dans de l’acide phénique chauffé à une douce température, il se dissout en donnant lieu à un dégagement d'hydrogène, et, par le refroidissement, le tout se prend en une bouillie cristalline de phénate de potassium.

5. L'acide azotique concentré transforme l’acide phénique, après une longue ébullition, en trinitrophénol (acide picrique).

D’après Stàdeler , on peut extraire l’acide phénique de l’urine de la vache, en procédant comme il suit: on mélange le liquide avec de l'hydrate de potasse, on fait bouillir, on filtre, on évapore au huitième, on sépare l’acide hippurique par l'aride chlorhydrique, on soumet l’eau mère à la distillation, et l’on rectifie plusieurs lois le produit distillé. Le produit de la rectification est ensuite distillé avec de l’hydrate de potasse; ce résidu, saturé en partie avec de l’acide sulfurique, est distillé de nouveau; le produit de la distillation est rectifié avec du sel marin et saturé avec du carbonate de soude ; la couche huileuse qui se sépare est absorbée avec de l’éther, celui-ci est évaporé, et l’huile est purifiée par distillation répétée du résidu avec de la potasse; le résidu contenu dans la cornue est décomposé avec du bicarbonate de potasse, et on finit par obtenir par distillation fractionnée un acide phénique assez pur.

§ DI- ACIDE TAURYLIQUE. ACIDE DAMAI. URIQÜE. ACIDE DAMOLIQUE.

Acide taurylique (crésvlol?), Cl4ll802. — C’est un liquide huileux, offrant beaucoup d’analogie avec l’acide phénique; il a une odeur désagréable et un point d’ébullition plus élevé que celui du phénol; l’acide sulfurique concentré le solidifie eu une niasse cristalline: il n’est pas décomposé par le carbonate de soude. Ses autres propriétés ressemblent a celles de 1 acide phénique. Stàdeler l’a extrait de la portion du produit acide de la distillation de l’urine de la vache non décomposable par le carbonate de soude.

Acide damalurique, C141I1S04. — C’est un liquide huileux d’une odeur anah gue à celle de l’acide valérianique ; il est plus lourd que l’eau; il s’y dissout, quoique assez difficilement, en donnant un liquide fortement acide,

il se combine aux bases, avec lesquelles il fournit des sels bien caractérisés. Le sel de baryte cristallise en prismes souvent réunis en faisceaux, et qui se dissolvent dans l’eau en donnant un liquide à réaction alcaline. Chauffé, le sel ne fond pas, et si l’on élève sa température au rouge, il laisse du carbonate de baryte avec la forme du sel primitif (50, 44 p. 100 de carbonate de baryte=31,59 de baryum). Le sel d’argent forme une poudre légère, inaltérable à la lumière; chauffé au rouge, il fournit 45,94 p. 100 d’argent métallique. La dissolution de l’acide donne aussi, avec l 'acétate basique de plomb, un précipité blanc qui se présente au microscope sous forme de petits prismes réunis en boules.

Acide damolique. — Cet acirle, encore peu connu, est également un liquide huileux, plus lourd que l’eau, où il est peu soluble, et il donne un sel de baryte cristal I isable, qui, au rouge, laisse 35,4 p. 100 de carbonate de baryte= 24,62 de baryum. Stàdeler a trouvé les deux derniers acides dans l’urine de la vache, et il les a extraits du produit acide de la distillation de I urine neutralisé avec du carbonate de soude, après avoir séparé par agitai ion,, avec de l’éther, les substances non combinées avec la soude (acides phénique et taurylique). La solution aqueuse des sels de soude, formée des acides ne décomposant pas le carbonate de soude, fut évaporée et distillée avec de l’acide sulfurique. Le produit acide de la distillation, neutralisé par le carbonate de baryte, donne, indépendamment d’autres sels de baryte, du damalate de baryte et du damalurate de baryte, dont le premier cristallise avant le dernier. '

U- — Acide* azotés.

•' Carb°ne 55-72’ hydr°gène 2’38’ azo,e 53-35, oxygène 28.57.

État naturel : On le trouve dans l’urine de l’homme et des carnivores ainsi que dans celle des herbivores, mais en moindre quantité, dans l’urine des veaux encore à la mamelle, dans l’urine des oiseaux et les excréments des serpents, des tortues, des iguanes, des papillons, d’un grand nombre de coléoptères et de chenilles, ainsi que de quelques espèces d’hélix; il se rencontre aussi dans le sang, dans le liquide de plusieurs glandes le liquide musculaire (du muscle du cœur), dans le cerveau ; danî les Scl oMeî sédiments urinaires, les toplius arthritiques et dans les concrétions de quel-

°n , a,'raii aussi trüuvé - - «*. dW.

cristaux ™iriq!! I>1"' 651 '"K P°udre l,lancll<!- léSère. composée de pelils

21 | ™lnen 7 m,C,'°SCOpe’ offrenl 10,11,51 forme de tables

pies, tanlut celle de plaques hexagonales, tantôt enfin celle de pris-

COMPOSITION DES COUPS

mes à quatre côtés et à angles droits (voyez plus loin). 11 est insipide et inodore, très peu soluble dans l'eau ( I partie exige pour se dissoudre de 11,000 à 15,000 parties d’eau froide et 1 ,800 à 1,900 parties d’eau bouillante), et il est à peine plus soluble dans l’acide chlorhulrique, complètement insoluble dans lût lier et dans l’alcool. L’acide urique est assez facilement dissous sans décomposition par l’acide sulfurique concentré, mais l’eau le précipite de cette dissolution. 11 est assez facilement soluble dans les carbonates, les borates, les phosphates, les lactates et les acétates alcalins L’acide urique humide, de même que sa solution bouillante, rougissent le papier de tournesol.

Soumis à la distillation sèche, l’acide urique donne de Y urée et de Y acide cyanurique , qui subliment, de l 'acide cyanhydrique, un peu de carbonate d'ammoniaque , des produits huileux et un charbon azoté.

Si l’on délaye l’acide urique avec de 1 eau de manière à former une bouillie, si l’on chauffe le tout presque à l’ébulliLon et si l’on ajoute peu a peu du peroxyde de plomb, jusqu à ce que la couleur de ce dernier ne disparaisse plus, il se forme de Yallantoïne, de 1 urée, de Y acide oxalique et de 1 acide carbonique. L’acide carbonique se dégage avec effervescence, l’acide oxalique se combine avec l’oxyde de plomb, l’urée et l’allantoïne se dissolvent et peuvent être séparées par cristallisation.

Si l’on traite par l’o:one de l’acide urique suspendu dans l’eau, il donne de Yallantoïne, de Y urée et de Y acide carbonique; en présence d'un alcali, il se forme, outre Yurée, de Y acide oxalique, de Y acide carbonique et de 1 ammoniaque.

Avec Y amalgame de sodium (hydrogène à l’état naissant), l’acide urique

se transforme en xanthine et en sarkine.

La solution d'indigo est décolorée par les dissolutions alcalines d acide

urique. t , .

En présence de l’eau, l’acide urique est oxydé par Y iode; c’est probablement pour cette raison que l’urine décolore Yiodured amidon.

Les réactions suivantes sont surtout convenables pour reconnaître rapidement l’acide urique.

1 . L’acide urique se dissout dans Y acide azotique modérément concentre, en se décomposant avec une couleur jaune; il se dégage de l'azote et de l’acide carbonique, et le liquide se solidifie en une bouillie cristalline d alloxane et d’urée Si l’on évapore presque à sec la solution azotique, il reste un résidu rougeâtre qui, humecté avec une trace d’ammoniaque, prend une coloration rouge pourpre magnifique. Si l’on humecte la masse rouge (marexide pur pufate d’ammoniaque) avec un peu de potasse caustique, elle se colore en un beau bleu pourpre. Si, au lieu de traiter le résidu par 1 ammoniaque on v ajoute immédiatement une lessive de soude ou de potasse, on obtient’uiiê solution violet pourpre magnifique; mais la chaleur lait disparaître cette coloration. Cos réactions se produisent même si Ion na atlaire

qu’à de très-faibles traces d'acide urique.

2. Si l’on dissout un peu d’acide urique dans une quantité aussi laibte

ACIDE UKIQIIE.

que possible d’un carbonate alcalin, et si l’on humecte avec cette dissolution du papier à filtrer blanc, sur lequel ou a préalablement déposé une solution d’azotate d’argent, il se produit immédiatement sur le papier une tache brun foncé, due à la réduction de l’oxvde d’argent (cette réaction est tres-

sensible). . , , ,

o. Si l’on mélange une solution d’acide urique dans la potasse ou la soin e

avec une dissolution de sulfate de cuivre, on obtient un précipité blanc d urate de protoxyde de cuivre; si l’on chauffe, il se sépare du protoxyde de cuivre

rouge.

Combinaisons de l'acide urique.— L’acide urique a une grande tendance à former des sels. En général, les urates ne sont pas iacilement solubles , les sels alcalins (le sel de lithine est le plus facilement soluble) et les sels alcalino-terreux solubles dans l’eau bouillante se séparent tous de la dissolution par le refroidissement. Si à la solution d un urate on ajoute de 1 acide chlorhydrique, de V acide azotique ou même de 1 acide acétique, 1 acide inique se sépare à l’état cristallin. Avec des solutions concentrées, la séparation a lieu immédiatement; lorsque les liqueurs sont très-étendues, elle ne sepioduit souvent qu’au bout de 24 ou 48 heures.' Plus la séparation est lente plus les cristaux déposés sont volumineux. Au rouge, les urates alcalins et alcalino-terreux se transforment en carbonates. Il n est pas rare de rencontrer dans des calculs et dans des sédiments urinaires un mélange de plusieurs urates ou un mélange d’urates et d’acide urique libre. Parmi les urates que l’on rencontre dans les sédiments et les concrétions, les plus importants sont les suivants ;

1 . L 'urate acide de soude se trouve ordinairement mélangé avec de 1 acide

urique et de l’urate d ammoniaque, dans les sédiments urinaires ainsi que dans les tophus arthritiques (lig. 58). Au microscope, il se présente sous forme de globules qui sont armés de petits prismes ténus, dressés comme des piquants (fîg. 56, 57 et 58), o.u sous forme d’une poudre amorphe (fig. 56, en bas). Au bout de quelque temps, notamment dans les solutions étendues, les amas de globules se transforment en prismes hexagonaux courts ou en tables épaisses, dont deux angles opposés mesurent 74° 50, et les quatre autres 142“ 35. Il est di Utilement soluble dans l’eau; lorsqu’on ajoute de l’acide chlorhydrique, il se décompose avec séparation d’acide urique. Avec de la potasse il ne dégage pas d ammoniaque, et lorsqu’on le chauffe et calcine il laisse un résidu blanc fondu qui, humecté avec de l’eau, bleuit le papier de tournesol rouge et fait effervescence avec les acides (carbonate de soude); chauffé au chalumeau sur le fil de platine, le résidu donne la réaction de la soude.

2. L 'urate acide d'ammoniaque est, bien qu’en faible proportion, un élément des sédiments uriques, de ceux notamment qui se produisent si fréquemment dans les urines fébriles; il est ordinairement mélangé avec d’autres urates ou de l’acide urique libre. Au microscope, ces sédiments se présentent habituellement sous forme d’une poudre foncée, grenue, complètement amorphe, ou de globules armés de piquants (fig. 59). Humectés

COMPOSITION DES CORPS

sous le microscope avec de l’acide chlorhydrique, ils se dissolvent peu à peu, et au bout de quelque temps, souvent au bout de quelques minutes

Fig. 36. — Urate de soude cristallisé et amorphe avec octaèdres d’oxalate de chaux el coagulum muqueux (sédiment d’une urine en fermentation alcaline )

seulement, il se sépare de petits cristaux rhombiqucs d’acide urique. Ces sédiments se dissolvent dans l’eau bouillante, mais ils se

Fig. 57. — Urate de soude en cristaux groupés en étoiles, avec phosphate ammoniaeo-magnésien et octaèdres d’oxalale de chaux (a) (sédiment d’une urine en fermentation alcaline avancée.) •

précipitent par le refroidissement. Avec l’acide azotique et l’ammoniaque, ils donnent, comme tous les urates, la réaction de la murexide caractéristique pour l’acide urique; avec la potasse ils dégagent de l’ammoniaque;

chauffés sur une lame de platine, ils brûlent en laissant une cendre contenant de la soude el de la chaux.

Fig. 58. — Urate de soude d’un tophus arthritique.

Fig. 59. — Urate d’ammoniaque avec phosphate ammoniaco-magnésien en gros cristaux et octaèdres d'oxalate de chaux (sédiment d'une urine alcaline, dans lequel on voit aussi des globules hyalins de ferment urinaire et quelques vibrions.)

5. L 'urate acide de chaux ne se rencontre qu’en faible quantité dans les calculs et les sédiments urinaires. C’est une poudre blanche, amorphe, dif-

ficilement soluble dans l’eau. Chauffé au rouge, il laisse du carbonate de chaux, et il donne avec l’acide azotique et l'ammoniaque la réaction caractéristique de l’acide urique.

Recherche. — La recherche de l’acide urique est un des problèmes les plus fréquents et en même temps des plus importants de l’analyse zoochimique, mais elle est beaucoup facilitée aussi bien par la forme caractéristique de cet acide que par ses réactions chimiques. Sa détermination est , en général , basée sur sa forme cristalline et sur la manière dont il se comporte en présence de l'acide azotique et de l'ammoniaque; mais la voie à suivi e est différente, suivant la nature de l’objet dans lequel l’acide en question doit être recherché.

1 , — Recherche de l'acide urique dans les sédiments urinaires.

On trouve rarement des sédiments urinaires exclusivement, composés d’acide urique libre; ils renferment ordinairement en même temps des urates, et quelquefois aussi de l’oxalate de chaux. Si l’on examine au microscope un sédiment d’acide urique, qui est généralement coloié en jaune d’or ou en rouge brun, et qui, même à l’œil nu, offre un aspect grenu et. souvent aussi, nettement cristallin, on aperçoit des tables aplaties, de forme rhombique, ordinairement colorées en jaune brun ou jaune d’or, mais toujours exlrêmement transparentes, et dont le volume variable est quelquefois considérable (fig. 60; voyez aussi Funke , Atlas, pl. XVII, fig. I); Robin et Verdeil donnent dans leur Atlas (pl. XI, fig. 1 et 2, pl. XII, pl. XIII, fig. 1 et 2) des figures très-belles et très-fidèles des formes de l’acide urique. Quelquefois le rliombe est modifié de telle sorte que les angles obtus sont arrondis, ce qui donne au cristal la forme d’un fuseau (Funke, Allas, pl. VII, fig. 1; Robin et Verdeil, pl. XI, fig. 1, a, b, c, d, e) ; plus rarement ce sont des cvlindres courts en forme de tonneau (Robin et Verdeil, pl. XI, fig. 2 e), ou des amas de cristaux semblables à des rosaces, qui, ainsi que l’on peut s’en assurer en pressant et en faisant glisser le couvre-objet, se composent égale ment de tables rhombiques de différentes grandeurs, placées de champ et convergeant vers un eenlre commun (Funke, Atlas, pl. XVII, fig. I; Robin et Verdeil, pl. XI, fig. 2 k, pl. XIII, fig. I, f,g, h).

Les formes fondamentales des cristaux d’acide urique sont un prisme vertical rhombique dont l’inclinaison des faces = 55° 56', et deux prismes formés aux dépens de celui-ci par doublement de l’axe macro- ou brachy-diagonal, dont les combinaisons (ordinairement dans les sédiments urinaires) donnent

Fig. 60. — Acide urique (sédiment).

COMPOSITION DES COUPS

naissance à (les prismes verticaux avec base elliptique (faces latérales biconvexes).

Si 1 examen microscopique a indiqué la présence de semblables cristaux dans le sédiment, on lait bouillir 1 urine avec celui-ci, et 1 on filtre le liquide bouillant. A la température de l’ébullition se dissolvent les urates que peut encore contenir le sédiment, tandis que l’acide urique reste non dissous. On lave ce dernier sur un filtre avec de 1 eau et on le dessèche; dans une petite capsule de porcelaine ou sur le couvercle d’un creuset de platine on en arrose une partie avec un peu d’acide azotique modérément concentré, et l’on chauffe doucement : si les cristaux en question sont réellement de l’acide urique, ils se dissolvent en donnant lieu à un vif dégagement gazeux. La solution colorée en jaune est évaporée avec précaution, presque à siccité, et le résidu humecté avec de l’ammoniaque. Si de l’acide urique est présent, on voit immédiatement apparaitre la coloration rouge pourpre caractéristique. On laisse refroidir, et l’on ajoute au résidu rouge pourpre un peu de lessive de potasse, qui transforme le rouge en un bleu pourpre magnifique. On doit éviter dans cette réaction d’employer un excès d’ammoniaque, parce que, s’il n’y a que des traces d’acide urique, la réaction peut ne pas réussir. Dans ce cas, elle se produit sûrement et dans toute sa beauté, si on ne fait qu’approcher du résidu une baguette de verre humectée avec de l’ammoniaque, et si l’on souffle sur les vapeurs ammoniacales de manière à les diriger sur le résidu. Pour confirmer le résultat, on peut faire un essai avec l’azotate d’argent.

Si, outre l’acide urique, le sédiment contenait aussi des urates, ceux-ci se précipitent par le refroidissement du liquide filtré, et on les essaye en procédant comme il va être dit.

Les sédiments durâtes, ceux notamment d’urate de soude, de chaux et d’ammoniaque, sont beaucoup plus fréquents que les sédiments d’acide urique libre. Ils se présentent au microscope sous foi me d’une poudre complètement amorphe; l’urate de soude offre quelquefois la forme de globules hérissés de fines aiguilles, ainsi qu'on l’a dit précédemment. Pour plus de certitude, on ajoute de I ’ acide chlorhydrique à un échantillon du sédiment déposé sur le porte-objet. Si le dépôt se compose d’urates, il disparait peu à peu, et à sa place apparaissent de petites tables rhombiques ou des cristaux fusiformes d’acide uriqu e (Funke, Allas, pl. VII, fig. i; Robin et Verdeil, pl. XI, fig. \ , pl. XII, f, pl. XIII, fig. 2). On rassemble tout le sédiment sur un filtre, on le lave avec de l’eau froide, on le dessèche et on en carbonise une partie sur une lame de platine. Si le dépôt ne renferme que de 1 urale d’ammoniaque, il brûle sans résidu (ce n’est pas le cas ordinaire); si, au contraire, il y a de l’urate de soude ou de potasse, il reste une cendre fondue, brunissant le papier de curcuma et faisant effervescence a\ec les acides. On chauffe une deuxième partie du sédiment avec une lessive de potasse; s’il y a de l'urate d’ammoniaque, il se dégage de l’ammoniaque, que 1 on reconnaît à son odeur et à sa réaction sur le papier de tournesol rouge humide. Enfin, on produit avec une troisième portion la réaction avec l’acide

azotique et l’ammoniaque, en procédant comme il a été dit précédemment.

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