GRAISSES. 1S
i[ue la glycérine se sépare. Traitées de la même manière a\ec les oxydes des métaux lourds, elles donnent des emplâtres.
En outre toutes les graisses fortement chauffées dégagent une odeur trèscaracléristique, extrêmement pénétrante et exerçant un action très-irritante sur les muqueuses du nez et des yeux; celte odeur est due à la formation d’une combinaison très-volatile, liquide à la température ordinaire, et qui porte le nom d 'acroléine.
Les principaux glycérides qui se rencontrent dans les graisses animales sont les suivants :
Tristéarine.
A l'état pur elle constitue une masse blanche. Dans sa solution alcoolique bouillante elle cristallise par le refroidissement en écailles brillantes, se présentant au microscope sous forme de tables quadrangulaii es, qui sont des rhombes presque carrés, avec les angles = 90°5' ; plus rarement ce sont des prismes rnombiques courts. Quelquefois elle se sépare de sa solution alcoolique sous forme de masses mamelonnées. Elle fond à -+- 63°. Si on la ohauffeim peu au-dessus de son point de fusion, elle fond maintenant, après s’ôtre solidifiée par le refroidissement, dès la température de 4- 55°, mais elle reprend, après s’ôtre de nouveau solidifiée, son point de fusion primitif. Voyez Funke, Atlas, pl. VI, fig. 6.
Tripalmitine.
C’est une matière blanche, molle, qui, par le refroidissement de sa solution alcoolique bouillante, se sépare sous forme d’une poudre blanche poreuse ou en écailles; au microscope ce sont ordinairement des groupes d’aiguilles très fines, qui s’irradient autour d’un centre et se présentent sous forme de filaments flexueux, très-délicats. (Voyez Funke , Atlas, pl. VI, fig. 5; Robin et Verdeil , Atlas, pl. XLV, fig. 5. I. K. L.j Elle est très-facilement fusible.
Trioléine.
C’est une huile incolore, se solidifiant à — 5° en aiguilles cristallines; elle rancit facilement à l’air et se colore. Elle est difficilement soluble dans l’alcool, facilement dans l’éther.
Dans les suifs, c’est la tristéarine qui domine; dans les graisses analogues au beurre, c’est la tripalmitine, et dans les graisses liquides à la température ordinaire (huiles), c’est l’oléine.
I)e la recherche de la graisse en général.
Lorsque la graisse se renconlre en grande quantité, comme cela a lieu dans certaines parties du corps et dans quelques organes, tout le monde peut facilement la reconnaître à ses caractères extérieurs, et il n’est pas alors besoin d’avoir recours à la zoochimie pour la déterminer. Mais il n’en est plus de même dès qu’il s’agit de rechercher de petites quantités de matières grasses dans des substances animales et surtout dans des liquides animaux.
COMPOSITION DES COUPS
Dans ce cas a question ne peut être résolue qu’à l’aide du microscope et de 1 analyse chimique. Si dans une substance quelconque il y a de la graisse libre, c est-a-dire non saponifiée, on peut toujours la reconnaître au moyen du microscope. Cet instrument montre la graisse sous forme de gouttelettes, de vésicules ou de globules, et enfin sous forme de cellules, c’est-à-dire renfermée dans des cellules proprement dites. Les gouttelettes graisseuses sont aplaties, elles possèdent un grand pouvoir réfringent, des contours obscurs et en même temps assez irréguliers ; les vésicules sont au contraire parfaitement sphériques et non difllu entes. Les cellules sont rondes ou ovales, parfaitement lisses, quelquefois polyédriques par pression réciproque, elles ont une surface unie, brillante, très-réfringente, des contours nets et obscurs à la lumière transmise, des bords brillants comme de l’argent et un milieu blanchâtre à la lumière réfléchie. Si, en comprimant les cellules graisseuses, on les dépouille en partie de leur contenu, leur surface se ride plus ou moins. On peut aussi de cette façon distinguer les gouttelettes graisseuses des cellules.
De bonnes gravures de gouttelettes et vésicules graisseuses se trouvent dans Robin et Verdeil, Atlas, pl. XLY, fig. 2-5, et Funke, Allas, pl. Vil, fig. 4 et 5.
La graisse qui renferme peu d’acide oléique et qui offre par suite plus de consistance se présente aussi quelquefois sous forme de grumeaux globulaires ou cylindriques, faiblement transparents, mais réfractant toujours fortement la lumière. Si dans ce cas on éprouve quelque hésitation, on traile la substance par l’éther, qui dissout la masse si elle se compose de graisse.
Par voie chimique, on peut découvrir la graisse en desséchant la substance en question, la pulvérisant si c’est possible, et 1 épuisant avec de l’éther, qui dissout peu à peu toute la graisse. On évapore l’extrait éthéré, et l’on essaye le résidu au point de vue des produits qu’il donne à la distillation sèche ( acides gras, acroléine), de sa fusibilité, etc. On peut redissoudre une partie dans l'éther, laisser évaporer une goutte de la solution sur l’objectif, et procéder à l’examen microscopique. Dans le résidu on reconnaîtra les formes cristallines caractéristiques de la palmitine et de la stéarine, etc., ou plus fréquemment de simples gouttelettes huileuses. Lorsqu’il s’agit de décider si une substance renferme des glycérides, c’est-à-dire des graisses proprement dites ou des acides gras libres, on procède de la manière suivante :
On épuise la substance en l’agitant à plusieurs reprises avec de l’éther, on filtre dans un vase que l’on peut fermer, bn ajoute au liquide filtré un peu de lessive de soude et Don agite avec soin. Sous l’influence d%e ce traitement les acides gras qui peuvent se trouver libres se transforment en sels de soude qui se dissolvent dans l’eau, tandis que la graisse neutre reste dissoute dàns la couche d’éther surnageante. On décante celle-ci avec une pipette, on agite de nouveau le résidu aqueux avec de l’éther, et l’on répète cé traitement tant que l’éther absorbe quelque chose. Les extraits êthérés
CÉRÉBRINE. 159
évaporés laissent les graisses proprement dites qui peuvent être présentes.
La solution aqueuse, qui contient, unis à la soude, les acides gras primitivement libres , est chauffée au bain-marie, afin d’expulser lellier qui reste, concentrée à un petit volume, et, après refroidissement, sursaturée avec de l’acide chlorhydrique, qui précipite les acides gras. Si l’on mélange la solution alcoolique de ces derniers avec une solution alcoolique d’acétate neutre de plomb, il se forme un précipité analogue à un emplâtre et composé des sels plombiques des acides gias. Si l’on traite ce précipité avec de l’éther bouillant, l’oléatede plomb entre en dissolution, tandis que le palmitate et le stéarate de plomb restent non dissous. Ce résidu, décomposé par l’acide chlorhydrique et traité par l’alcool bouillant, donne de l’acide palmitique et de l’acide stéarique libres.
Appendice aux graisses et aux neides gi'us.
CÉRÉBRINE.
Composition centésimale : carbone 68.25, hydrogène 11.05, azote 4.68, oxygène 16.06.
Formule: C^IPAzÜ0.
Etat naturel : Elle se rencontre dans le cerveau, probablement aussi dans la moelle épinière, les nerfs, le jaune d’œuf.
C’est une poudre blanche, poreuse, très-légère, se présentant au microscope sous forme de molécules sphériques. Elle est inodore et insipide; chauffée à 80°, elle se décompo-œ en prenant une colorai ion brune; chauffée plus fortement à l’air, elle brûle avec une llamrne rouge fuligineuse. La cérébrine est insoluble dans l’eau, dans l’alcool et l’éther froids, soluble dans l’alcool et l’éther bouillants. Ses dissolutions ont une réaction neutre.
Si l’on traite la cérébrine par l’eau bouillante, elle se gonfle comme l’amidon et donne une émulsion.
Les acides et les alcalis étendus ne l’altèrent pas; bouillie pendant longtemps avec des acides, elle donne une espèce de sucre.
Recherche. — La recherche de la cérébrine repose sur sa préparation à l’état pur, sur l’élude de ses propriétés et sur l’analyse.
W> Millier a préparé la cérébrine en triturant la substance cérébrale avec de l’eau de baryte de manière à obtenir un liquide laiteux peu épais, puis chauffant a 1 ebullit on et traitant par 1 alcool bouillant le coaguluni produit par la chaleur. De l’extrait alcoolique filtré bouillant, il se sépara un mélange de cholestérine et de cérébrine avec d’autres substances imparfaitement étudiées , ce mélange lut traite a plusieurs reprises par l’éther froid, afin d’éliminer la cholestérine. Le résidu insoluble fut purifié par des cristallisations répétées dans l’alcool bouillant.
COMPOSITION DES COUDS
LÉCITHINE.
Composition centésimale : carbone G4.86, hydrogène 10.81 , azote 1 .80, phosphore 5.98, oxygène 18.55.
Formule : C4SH8*AzPh09.
État naturel : On la trouve dans le cerveau et dans la substance nerveuse, dans les globules sanguins, dans la bile, dans le jaune d’œuf.
C’est une masse analogue à la cire, non nettement cristalline, facilement fusible, qui se gonfle dans l’eau comme l’amidon, sans s’y dissoudre, et qui est facilement soluble dans l’alcool et dans l elher. Chauffée à l’air, elle fond, prend feu et laisse un charbon contenant du phosphore.
1. Si l’on mélange la solution alcoolique de la lécithine avec une solution alcoolique de chlorure de platine acidulée avec de l’acide chlorhydrique, on obtient un précipité floconneux, jaunâtre, de chlorure de platine et de lécithine (C‘2H83AzPh08, Cl, PtCl3), qui se prend en masse par l’agitation, est insoluble dans l’eau et l'alcool, mais se dissout dans l’éther, le sulfure de carbone, le chloroforme et la benzine. L’alcool le précipite de ces dissolutions sous forme de llocons jaunes.
‘2. Si à une dissolution élhéro-alcoolique de la lécithine on ajoute une solution alcoolique de hichlorure de cadmium, on obtient un précipité blanc, floconneux de chlorure de cadmium et de lécithine, qui est peu soluble dans l’alcool et l’éther, mais facilement soluble dans l’alcool contenant de l’acide chlorhydrique.
3. Si dans la solution élhérée du chlorure de platine et de lécithine on fait passer un courant d’acide sulfhydrique, du sulfure de platine se précipite, et la solution filtrée évaporée laisse du chlorhydrate de lécithine sous forme d’une masse cireuse.
4. Si l’on mélange une solution éthéro-alcoolique de lécithine avec une solution alcoolique de potasse, il se forme un précipité cristallin contenant de la substance organique.
3. Si l’on verse une solution alcoolique de chlorhydrate de lécithine dans de l’eau de baryte bouillante, le sel se dédouble en acide phosphoglycérique, névrine (voyez plus loin) et acides gras : acides palmitique et oléique.
La lécithine éprouve une décomposition analogue lorsqu on la tiaite pai des acides. Elle se décompose avec une très-grande facilité ; l’altération se produit spontanément, lentement à froid, et rapidement à chaud; elle est aussi décomposée par une longue ébullition dans I alcool.
Recherche. — La recherche est basée sur la préparation de la substance pure, de la double combinaison platinique, sur la détermination du poids équivalent de cette dernière et sur l’examen des produits de décomposition fournis par l’eau de baryte.
Le sel double de platine renferme 10,2 pour 100 de platine.
ACIDE PHOSPHOGLYCÉRIQUE. 161
Strecker a préparé la lécithine avec le jaune d’œuf de la manière suivante :
traite le jaune d’œuf avec un mélange d’alcool et d’éther, tant que ces liquides dissolvent une quantité notable de substance, on filtre, on évapore a une douce chaleur la majeure partie de l’éther, on ajoute de l’alcool jusqu à ce qu il ne se produise plus de trouble (dû à la séparation d’huiles grasses), et dans la solution jaunâtre limpide on verse maintenant une solution alcoolique de chlorure de platine acidulée avec de l’acide chlorhydrique, tant qu il se forme un précipité de chlorure double de platine et de lécithine, qu on débarrasse ensuite des graisses adhérentes en le dissolvant a plusieurs reprises dans l’éther et le précipitant par l’alcool. La solution élhérée du sel double de platine est ensuite traitée par l’hydrogène sulfuré, e sulfure de platine est séparé par filtration, le liquide filtré est évaporé à çec, le résidu de chlorhydrate de lécithine est dissous dans l’alcool éthéré et agite avec de 1 oxyde d’argent; on filtre, on élimine l’argent dissous au moyen d un courant d’hydrogène sulfuré, on filtre et on évapore le liquide
D apres ses produits de décomposition et ses réactions, la lécithine doit être re- £ ,, c?mme ‘e sel de névrine d'un acide phosphoglycériaue, dans lequel 2 atomes
d'acides sras ,addespaimitique' ***•£
Prolagon ~ Lu traitant par l’éther à 0U le cerveau trituré avec de l’eau,
? ‘T13111 (ïer’dlssohant le résidu au bain-marie à 45° dans de l’alcool a o pour 100 refroidissant la solution à 0° et lavant le précipité ilocon-
Dhosmh'60 dC 61 !eii’ °\ Liehreich a PréParé un corps azoté contenant du phosphore auquel il a donné le nom de protagon, mais qui d’après les re-
“t“ Diak°mW * S,rCCker S™il m ,néla"»"e de “e
ACIDE PIIOSPIIOGLYCÉIUQUE.
S5C82.,J”S®°" •• ca,'b0"c »•». Mrogène 5.23, ph„Sp]10re W.W, „ïreèll
Formule: C3H'Jpii06.
du»^’Tlrf?')COrP1 3 é‘é l™“Vé üans 10 I« substance mé
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acide (réaction due I ^
OOnur-BESANEZ. ANALYSE ZOOCH1BIQOE. H
COMPOSITION DES CORPS
L’acide pliosphoglycèrique se dissout facilement dans l’eau et donne des sels presque tous facilement solubles dans l’eau, mais difficilement solubles dans l’alcool. - .
\ si pon sature la solution aqueuse de l’acide phosphoglycenque avec
du carbonate de baryte , si l’on filtre, si l’on concentre le liquide filtré et si on le mélange avec le double de son volume d’alcool, il se précipite du phosphoglycérate de baryte.
2. Si l’on dissout du phosphoglycérate de baryte dans l’eau, si 1 on précipité exactement la baryte en ajoutant avec précaution de l’acide sulfurique, si l’on filtre pour séparer le sulfale de baryte, si l’on sature par le car )0‘ paie de cbaux, si l’on filtre de nouveau et si l’on concentre le liquide filtré par ébullition, du phosphoglycérate de chaux se précipite sous forme c e a-
3 Si l’on mélange la solution de phosphoglycérate de baryte avec de l a* cétate neutre de plomb, on obtient un précipité lloconneux de plwsphogly-
Ce’ Recherche — Elle est surlont basée sur la préparation du sel de baryte et du sel de plomb. Le phosphoglycérate de chaux en solution saturee a froid se sépare lorsqu'on fait bouillir le liquide ; Cte réaction est tout à f t caractèristique. Le sel de baryte laisse, lorsqu on le calcine, l u, (I- pour 1
îtpyroZsphate de lanjte , le se. de chaux 00,55 pour 100 de pyrophoephate de chaux.
CHOLESTÉRINE.
Composition centésimale: carbone 83.87, hydrogène 11.82, oxygène 4.31. Formule : Cs<W*0.
loimuiv . ^ ii x/. r . i
état naturel : Elle se rencontre don. > le : cerveau ta ,*
s„hs, anodes nerfs, ^hüjJ» -urn^ ;