‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 127 sur 340 · RECHERCHE DE LA BILE · texte numérisé non relu

RECHERCHE DE LA BILE

Mais lorsqu’on a à rechercher des acides biliaires dans des liquides animaux, il est tout à fait indispensable d’éliminer les corps albuminoïdes et les matières grasses, parce que avec le sucre et l’acide sulfurique ces substances donnent une coloration analogue à celle que produit la bile. — Il faut aussi éloigner autant que possible les matières colorantes et extractives, parce qu’elles nuisent beaucoup à la netteté des phénomènes de coloration, et peuvent par suite donner facilement lieu à des erreurs, Le procédé le plus sur, mais qui ne convient il est vrai que quand la quantité des acides biliaires n'est pas trop faible, consiste à précipiter ces acides par l’acétate basique de plomb et un peu d’ammoniaque; on dissout ensuite les sels de plomb dans l’alcool bouillant, on transforme ceux-ci en sels de sodium par le carbonate de ce métal, on précipite par l’éther les combinaisons sodiques dissoutes dans l’alcool, et l’on emploie les dépôts ainsi obtenus pour produire les réactions.

1. Recherche des acides biliaires dans l'urine. — Au bain-marie on évapore presque à siccité des quantités aussi grandes que possible de l’urine a essayer, on épure le résidu par l’alcool, on filtre, on évapore de nouveau au bain-marie à siccité le liquide alcoolique filtré, on reprend par l’alcool absolu (pour éliminer les chlorures, etc.), on évapore do nouveau, on reprend le résidu par un peu d’eau, on filtre et on mélange le liquide filtré avec de l’acétate basique de plomb et de l’ammoniaque, tant qu’il se produit un précipité ; lorsque ce dernier s’est complètement déposé, on le rassemble sur un filtre, on le lave bien avec de l’eau, on le comprime avec le filtre entre des feuilles de papier buvard et on le fait ensuite bouillir avec do 1 alcool, dans lequel se dissolvent les sels plombiques des acides biliaires; on filtre le liquide bouillant, on ajoute un peu d’une solution de carbonate de soude, on évapore à sec au bain-marie, on traite de nouveau le résidu par l’alcool bouillant, qui dissout les sels de sodium des acides biliaires formes par double décomposition , on évapore à un petit volume 1 extrait alcoolique filtré, on le mélange avec un excès d’éther et on laisse reposer jusqu à ce qu il se soit formé un dépôt résineux. On décante ensuite l’éther, on reprend le dépôt par l’eau, on filtre si c’est nécessaire, et 1 on produit maintenant avec cette solution la réaction de Pettenkofer La solution est introduite dans un petit tube d’essai et mélangée avec deux ou trois gouttes d’une solution de sucre (1 partie de sucre pour 4 parties d eauj. Cela fait, on ajoute goutte à goutte avec précaution de l’acide sulfuritpie concentré pur, exempt notamment d'acide sulfureux; il faut bien faire attention à ce que la température du mélange ne s’élève pas beaucoup au-dessus de 100 par une addition trop rapide de l’acide. Si le liquide renferme des acides biliaires, il se troublera d'abord, puis deviendra limpide et jaune, et bientôt après rouge cerise pâle, rouge carmin foncé et enfin violet pourpre magnifgue. Si la réaction indiquée ne se manifeste pas immédiatement, il ne faut pas encore conclure à l’absence des acides biliaires, mais laisser reposer le tube et attendre quelque temps, parce que la coloration mentionnée, notamment lorsque l’acide a été ajouté avec trop

COMPOSITION DES COUPS

de précautions, ne se produit souvent qu’au bout de quelques minutes et même après un temps plus long.

Si l’on a des raisons pour supposer que le liquide à essayer ne renferme que des traces d’acides biliaires, on procède comme il suit.

Dans une petite capsule on évapore, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quelques gouttes, la solution aqueuse du précipité produit par l’éther ; on ajoute ensuite quelques gouttes d’acide sulfurique étendu pur (4 parties d’eau pour 1 partie d’hydrate d’acide sulfurique) et une trace (tout au plus une goutte) de solution sucrée et on évapore sur une toute petite flamme à une très-douce chaleur; la réaction se manifeste maintenant avec une très-grande netteté, même si la quantité des acides biliaires ne dépasse pas 6/100 de milligramme ( Neukomm ).

Le procédé suivant convient aussi pour la recherche des acides biliaires dans l’urine :

On acidifie l’urine avec un peu d 'acide sulfurique, on agite avec de la benzine , on décante celle-ci, on neutralise avec de l’ammoniaque el on agite maintenant avec soin avec de 1 alcool amylique, qui dissout les acides biliaires présents. On décante avec précaution l’alcool amylique, lorsqu’il s’est déposé limpide, on 1 évapore, on reprend le résidu avec un peu d’eau, on filtre et avec la solution on produit la réaction de Pettenkofer ( Dragendorff) . La méthode est sensible, mais l’alcool amylique ne se dépose limpide que très-lentement, ce qui est un inconvénient.

Si l’urine contient de l’albumine, il faut d’abord l’éliminer par coagulation au moyen de l’acide acétique.

2 Recherche de la bile dans le sang et les liquides sereux. — Lorsqu on a à rechercher des acides biliaires dans le sang, dans des exsudations séreuses dans les matières vomies, etc., il est absolument nécessaire d’éliminer les matières albumineuses et grasses qui s’y rencontrent si abondamment. On chauffe à l’ébullition les liquides en question (lorsqu il s’ao-it du sang, on opère sur le sérum), après y avoir ajoute quelques o-outtes d’acide acétique et les avoir étendus d’eau, si c’est nécessaire; les matières albumineuses sont ainsi coagulées ; on filtre, on épuise le résidu par l’alcool à 0,85, on évapore à sec au bain-marie le liquide alcoolique filtré on reprend le résidu avec un peu d’eau, on filtre, on précipité le liquide filtré par l’acétate de plomb et l’ammoniaque, et pour le reste on

procède exactement comme il a été dit en 1 .

Enfin s’il s’agit de rechercher la bile dans des substances solides ou demi-liquides, dans les excréments par exemple, on peut aussi épuiser ces matières par l’alcool et procéder comme précédemment. Cependant il se quelquefois convenable de dessécher préalablement la substance au ba marie, avant de la traiter par 1 alcool, etc.

Pour distinguer la coloration rouge que donnent le sucre et l'acide sulfurique dans les solutions des acides biliaires de celle qui est produtle par les memes «tac ,Man ltTsolution des matières albuminoïdes, o.t peut se servir du speclmrope. b, devant

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