RECHERCHE DE LA BILE
la lente de cet appareil on place une solution rougie par des acides biliaires, et étendue avec de l'acide acétique, si c’est nécessaire, on voit, lorsque la solution est moyennement concentrée, quatre bandes d’absorption : la première à gauche, de E, près F, la seconde entre 1) et E, la troisième près deD, et la quatrième en D. Lorsque la concentration est moindre, on aperçoit nettement la bande en E, plus faiblement celle entre D et E, tandis que les deux autres sont très-peu apparentes. La solution rouge cerise produite par des matières albuminoïdes, ne montre au spectroscope qu 'une bande d’absorption entre E et F. Une pareille solution n’offre pas de dichroïsme, ce que fait la solution rougie par des acides biliaires (. Koschlalcoff cl Bogomoloff). Si précieux que soient ces caractères, ils ne sont pas cependant d’une application pratique. parce qu’ils nécessitent, pour être mis en évidence, des quantités de liquide que l'on n’a pas toujours à sa disposition.
En exécutant ces réactions il faut se rappeler qu’elles ne permettent cle découvrir que les acides proprement dits existant tout formés dans la bile et leurs sels, ainsi que les acides produits par leur décomposition (acide eholalique et choloïdique), mais non la taurine, les pigments biliaires et la cholestérine, substances qui ne donnent pas la coloration mentionnée précédemment. Comme il arrive souvent que les médecins tombent dans celle erreur, et que notamment ils admettent l’absence des pigments biliaires, lorsqu’un liquide ne donne pas avec le sucre et l’acide sulfurique la coloration indiquée, nous ferons de nouveau souvenir que les acides biliaires proprement dits ne peuvent être découverts que par le sucre et l'acule sulfurique, mais qu’ils manquent généralement dans rictère, affection dans laquelle les différents liquides animaux renferment de grandes quantités de pigments biliaires. La recherche de ces derniers sera indiquée plus loin.
Recherche de chaque acide biliaire en particulier , leur séparation. — Il n’arrivera que rarement que la quantité des acides biliaires contenus dans un liquide animal sera assez considérable pour résoudre par d’autres expériences la question de savoir quels sont les acides biliaires qui sont présents. Dans le cas où l’on aura une quantité suffisante de matière pour répondre à cette question, on pourra procéder comme il suit :
Lorsque par les réactions indiquées on s’est assuré de la présence des acides biliaires en général, on dissout dans l’eau le dépôt des sels à acides biliaires produit par l’éther dans leur solution alcoolique et l’on précipite par Y acétate neutre de plomb , qui sépare Y acide eholalique et Yacide glycocholiqiie, tandis que Y acide taurocholique reste en dissolution.
On filtre et on mélange le liquide filtré avec de Y acétate basique de plomb et de Y ammoniaque ; du taurocliolate de plomb est ainsi précipité. Les précipités plombiques sont ensuite traités séparément par l’alcool bouillant et transformés en sels sodiques (voyez page 205). Le glycocliolate et le cholate de soude, précipités par l’éther de leur solution alcoolique, se transforment très-promptement en un amas de cristaux.
Si, examinés au microscope ou à la loupe, les cristaux offrent la forme de prismes à six pans avec une seule lace de troncature très-oblique, et si
COMPOSITION DES COUPS
leur solution aqueuse donne avec le sucre et l’acide sulfurique la réaction de la bile, la présence de Vacide ylycocholique n’est pas douteuse, l’our déterminer si à côté de l’acide glycocholiquc il y a aussi d’autres acides, on mélange avec de l’acide sulfurique la masse séparée par l’éther et on traite par l’éther, qui dissout l’acide cholaliquc, s’il est présent, tandis que l’acide choloïdique et l’acide glycocholiquc (ce dernier en majeure partie) restent non dissous. Dans l’extrait éthéré on reconnaît X acide cholaliquc à sa forme cristalline et à celle de son sel barytique, qui donne de fines aiguilles, soyeuses, offrant souvent une disposition rayonnée et se dissolvent très-facilement dans l'eau bouillante et l’alcool. On reconnaît l 'acide choloïdique à son aspect résineux et à la propriété que possède la solution aqueuse de ses combinaisons d’être décomposées par les acides, qui en séparent l’acide choloïdique à l’état résineux.
Dans le précipité produit par l’acétate basique de plomb et l’ammoniaque, on essaye de découvrir X acide taurocholique ; dans ce but, on transforme le selplombique en sel sodique comme on l’a dit précédemment, on précipite ce dernier de sa solution alcoolique, et on le fait bouillir pendant environ six heures avec de l 'eau de baryte saturée à l’ ébullition , qui dédouble l’acide en taurine et acide cholalique. On filtre le liquide bouillant, on fait passer dans le liquide filtré un courant d’acide carbonique, on filtre pour séparer le carbonate de baryum, du liquide filtre on précipite 1 acide cholalique par l’acide chlorhydrique, on élimine par 1 acide sulfurique la baryte restée en solution, l’acide sulfurique par ébullition avec de l’hydrate d’oxyde de plomb et le plomb dissous par l’hydrogène sulfuré ; on évapore au bain-marie et on traite le résidu par 1 alcool qui laisse la taurine non dissoute.
ACIDE INOSIQUE.
Composition centésimale: carbone 32.70, hydrogène 3.82, azote 15.50, oxygène 48.00.
Formule : C2°H‘4Aï4022.
L’acide inosique n’a été trouvé jusqu’à présent que dans le liquide musculaire et seulement en très-petite quantité.
C’est un liquide sirupeux, que l’alcool transforme en une niasse solide, dure mais non cristalline ; il est soluble dans 1 eau, insoluble dans 1 ah ool, et dans l’éther, il rougit fortement le tournesol, et il a une saveur agréable de bouillon de viande ; il se décompose lorsqu on le chauffe, et pai liellement quand on fait bouillir sa solution.
L’acide inosique se combine avec les bases et donne des sels ; les mosates alcalins sont crislallisablcs, solubles dans 1 eau, et, chauffés sui une lame de platine, ils répandent une odeur forte et agréable de xiande îôtie.
L ’inosate de baryum , Cl0H1âBa*AzK)«i cristallise en lamelles brillantes connue l’argent et est peu soluble dans l’eau froide, plus facilement dans l’eau bouillante.
ACIDE SULFOCYAN HYDRIQUE.
Recherche. — En présence de la connaissance encore imparfaite de cet acide, elle ne peut être basée que sur l’analyse élémentaire du sel de baryum ou d’un autre sel dont la composition soit connue.
L’inosate de baryum renferme 50,51 de baryte. Relativement à la préparation de l’acide avec le liquide musculaire, nous renvoyons à la partie spéciale de cet ouvrage.
ACIDE SULFOCYANHÏDRIQUE.
Composition centésimale : carbone 20.33, hydrogène 1.69, azote 23.72, soufre 54.20.
Formule: C2AzSsH.
État naturel : Il a été trouvé sous forme de sulfocyanure de sodium dans la salive de l’homme, du chien et du cheval.
Le sulfocyanure de sodium, ainsi que les autres sulfocyanures solubles, sont colorés en rouge sang par les sels de peroxyde de fer; les acides formique, acétique et méconique donnent une coloration semblable avec les mêmes réactifs. Mais si l’on fait bouillir les solutions rougies avec des chlorures alcalins, elles se décolorent complètement, si la coloration est produite par do 1 acétate ou du lormiate de fer, cl il n en est pas de même si elle tient à la présence de sulfocyanure de fer; en outre, les sels de peroxyde de 1er ne décomposent pas le ferricyanure de potassium (prussiale rouge dépotasse), niais une solution de sulfocyanure de fer précipite du bleu de Rerlin des solutions de ferricyanure de potassium en dégageant de
acide cyanhydrique.
Recherche. Gomme le sulfocyanure de sodium ne parait pas être un élément constant de la salive, et qu’il y manque dans certaines maladies, la constatation de la présence ou de l’absence de celle substance dans la salive peut être faite par le chimiste.
Lorsqu’on veut procéder à celte recherche, il faut opérer comme il suit, pour arriver à un résultat tout à fait certain : On évapore a sec la salive fraîche, on épuise le résidu avec de l’alcool concentré, on évapore de nouveau la solution et l’on reprend le résidu par l’eau. Avec cette solution neutre et exempte de sulfates, on effectué les réactions suivantes •
I- A un échantillon du liquide on ajoute une solution de perchlorure de fer neutre; si se produit une coloration ronge sang , on fait bouillir pendant quelque emps après addition d’un peu de chlorure d’ammonium • sil n y a pas de décoloration, cela indique la présence du sulfbeyano°ène On rougit un deuxième échantillon du liquide avec un peu de perchloriue de 1er et on ajoute un peu d’une solution de ferricyanure de potassium ■ si au bout de peu de temps et à froid il se forme du bleu de B une nouvelle preuve de la présence du sulfocyanogène.
o. Kuhn on peut chauffer à l’ébullition un troisième échantillon avec un peu de chlorate de potasse cl ajouter un peu d’acide chlorhydrique. Le
COMPOSITION DES COUPS
soufre du sulfocyanogône est ainsi transformé en acide sulfurique, et maintenant le chlorure de baryum produit dans le liquide un précipité de sulfate de baryte.
4. On fait bouillir un quatrième échantillon avec de Y acide sulfurique et on tient au-dessus des tubes une petite bande de papier non collé imbibé avec une solution de plomb : s’il y a des sulfoeyanures, la bande de papier sera brunie par suite de dégagement d’hydrogène sulfuré.