‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 140 sur 340 · ELEMENTS ACCIDENTELS · texte numérisé non relu

ELEMENTS ACCIDENTELS

parfaitement claire, et ce n’est que longtemps après le refroidissement que certains éléments se séparent et forment un sédiment.

Les substances découvertes jusqu’à présent dans les sédiments sont les suivantes :

Acide urique, urcites (le plus souvent de l’urate de soude et de l’urate d’ammoniaque), oxalate de chaux , phosphate de chaux , phosphate ammoniaco-magnésien, cystine, tyrosine, xanlhine ; parmi les matières organisées, on a trouvé :

Du mucus et de V epithelium, des cellules de pus, des globides et caillots sanguins, des cylindres urinaires, des spermatozoïdes, des champignons et des infusoires et la Sarcina ventriculi.

La recherche des corps organisés qui se rencontrent dans les sédiments urinaires s’effectue toujours à l’aide du microscope et pour celte raison elle n’appartient pas à l’analyse chimique ; nous donnerons cependant ultérieurement quelques indications relativement à la détermination de ces substances.

Dans la première partie on a déjà indiqué avec détails, à propos de chaque combinaison, comment on recherche par voie chimique les autres substances qui se rencontrent dans les sédiments urinaires. Nous y reviendrons du reste dans les paragraphes suivants.

ÉLÉMENTS ACCIDENTELS DE l’üRINE.

Parmi les substances introduites du dehors par l’alimentation, l’ingestion de médicaments et de poisons, etc., un grand nombre se retrouvent inaltérées dans l’urine, d autres éprouvent certaines altérations dans l’organisme, par suite desquelles elles ne sont pas éliminées telles quelles avec 1 urine, mais après avoir été transformées ; d’autres enfin ne peuvent être découvertes dans l’urine, ni inaltérées, ni métamorphosées.

On trouve à ce sujet des indications détaillées dans les grands ouvrages de chimie physiologique. Il nous suffira, pour lu but que nous avons en vue, de faire les remarques suivantes :

Les carbonates alcalins apparaissent inaltérés dans l’urine et la rendent alcaline; les eauxminérales riches en carbonates alcalins (par exemple l’eau de Vichy) agissent d une manière analogue; les azotates et les borates alcalins se retrouvent aussi dans l’urine. La même chose se présente pour Yiodure et le bromure de potassium, qui peuvent être retrouvés dans l’urine très-peu de temps après leur ingestion.

Parmi les poisons et les médicaments métalliques, l’ arsenic, Y antimoine, le mercure, le plomb, le cuivre et le bismuth peuvent être retrouvés dans 1 urine après leur administration, mais le plus souvent seulement en trèspetite quantité et lorsque les métaux en question ont été administrés à trèsloites doses ou que 1 organisme en a absorbé de petites quantités pendant

ANALYSE DE L’URINE

métaux apparaissent dans l’urine.

un long temps. On ne sait pas au juste quelle est la fon

ist la forme sous laquelle ces

en nai'fie • VnrJtlo

I^n outi'e, on retrouve inaltérés, du moins

la térébenthine.

Se retrouvent métamorphosés : Y iode librè sous forme d 'iodurede sodium le sulfure de potassium sous forme de sulfate de potasse, Y acide tannique sous forme d’acide gallique, Y essence d'amandes amères et Y acide benzoïque sous forme d'acide hippurique , Y acide viatique et Y asparagine sous forme d acide succimque, la salicine sous forme d’acide salicyleux et d'acide salicy üque, la santonine sous- forme d’un pigment jaune rouge (probablement sous forme d'acide chrysophanique) , les sels alcalins neutres à acides végétaux sous forme de carbonates alcalins ; naturellement ces derniers rendent

Sous l’influence de certaines conditions physiologiques et de certaines maladies, 1 urine éprouve dans sa composilion des changements si nombreux et souvent si caractéristiques que l’examen chimique de ce liquide offre un très-grand intérêt au point de vue physiologique et médical, et cet examen constitue un des problèmes les plus fréquemment posés à la chimie par la physiologie et la pathologie.

L’examen de l’urine n’exige que son analyse qualitative, c’est-à-dire la détermination des substances qu’elle contient, ou bien il doit aussi comprendre le dosage des éléments les plus essentiels, son analyse quantitative.

La première suffit lorsqu’il ne s’agit que des changements qui sont occasionnés par la présence de substances étrangères à la composition de l’urine normale.

Mais fréquemment l’altération de l’urine consiste en ce que ses éléments normaux sont dans une proportion anormale. Naturellement il n’v a que Yanalyse quantitative qui, dans ce cas, puisse résoudre la question posée.

Enfin, certaines altérations portent spécialement sur les caractères physiques de l’urine : sur sa couleur, son odeur, sa réaction sur les papiers colorés; ces circonstances doivent donc être aussi prises en considération dans l’examen de l’urine.

C’est à la physiologie et à la séméiotique de déterminer et d’apprécier les conditions dans lesquelles se produisent les changements que l’on vient d’indiquer; c’est à la pathologie d’établir la relation causale qui existe entre ces changements et certaines formes de maladies; il appartient, au contraire, à la chimie de rechercher les altérations elles-mêmes.

aussi l’urine alcaline.

ANALYSE CHIMIQUE DE l’üKINE.

RECHERCHE DES ÉLÉMENTS NORMAUX

ANALYSE QUALITATIVE DE L’URINE

Avant (ont, il faut avoir soin de recueillir l’urine à examiner dans un vase de verre parfaitement propre et de procéder à l’analyse aussi promptement que possible. En outre, il faut chercher à obtenir une urine qui ne soit pas trop aqueuse, comme cela est ordinairement le cas, à la suite de l’ingestion de grandes quantités de boissons. L’urine du matin est celle qui convient le mieux lorsqu’il ne s’agit que d’un essai qualitatif. Mais si l'on veut avoir une ùlee de la composition et des propriétés de l’urine dans un espace de temps détermine, on doit recueillir l'urine de 24 heures et la soumettre à la recherche.

On commence l’analyse par l’examen des caractères physiques.

On remarque la couleur , le degré de limpidité , Y odeur, la réaction sur les papiers colores, enn oubliant pas, dans le cas d’une réaction alcaline, d’indiquer si l’urine est fraîchement émise, ou si elle l’est depuis déjà longtemps, parce que, dans ce dernier cas, la réaction alcaline est due à la décomposition de l’urée. Pour reconnaître si celte réaction tient à la présence d ammoniaque ou d alcalis fixes , on observe si le bleuissement du papier rouge de tournesol disparaît ou persiste par la dessiccation.

La couleur de l’urine est extrêmement variable, elle varie du jaune pâle jusqu’au noir brun; sa couleur est alors presque noire. J. Vogel a fait un tableau des couleurs de l’urine dans lequel se trouvent neuf nuances1.

On continue ensuite 1 examen de la manière suivante :

On verse l’urine dans deux éprouvettes élevées et on en abandonne une partie à elle-même, afin de laisser déposer les sédiments qui existent déjà, ou ceux qui se formeront plus tard, et de pouvoir les sçmmeltre à l’examen. La deuxieme partie est filtrée avec les corps qui altèrent sa transparence et employée aux essais suivants :

RECHERCHE DES ÉLÉMENTS NORMAUX

a. Hecherche de l’urée. On emploie pour cet essai

wvvi/ , un IU IOOC I cuu:

et on examine au microscope et on essaye chimiquement les cri en suivant pour cela les indications données § 92.5.

} * lO, 1 U I V/ I

CORUP-BESANEZ. ANALYSE ZOOCIIIMIQUE.

urinaires, ti’aduit de l’allo-

ANALYSE DE L’URINE

c. Recherche de l'acide hippurique. Pour découvrir l’ acide hippurique dans l’urine humaine on a ordinairement besoin d’employer de grandes quantités de ce liquide. On procède exactement comme il a été indiqué § 95, p. 191.

d. Recherche de la créatinine. Comme la créatinine ne se trouve qu’en trèsfaible proportion dans l’urine, il est nécessaire, pour la découvrir sûrement, d’opérer sur de grandes quantités. Cependant, d’après les expériences de JSeubauer, 200 à 500 centimètres cubes devraient suffire dans la plupart des cas. On procède exactement comme il a ôté dit g 1 12, page 228.

e. Recherche de la xanlhine. De grandes masses d’urine sont nécessaires (pas moins de 50 kilog. ) pour la recherche de cet élément; on ne la tentera que si l’on dispose de pareilles quantités de ce liquide et si sa détermination offre un intérêt particulier. On suit alors les indications données § 106.

f. Recherche de l'oxalurate d'ammoniaque. On a aussi besoin dans ce cas de grandes quantités d'urine, pas moins de 100 litres, et l’on procède à la recherche de ce dérivé de l’acide urique d’après le § 95, page 188.

g. Recherche de l'indican. 20 ou 25 gouttes dè l’urine à essayer suffisent pour la recherche de ce corps. On mélange cette quantité avec 5 ou 4 centimètres cubes d'acide chlorhydrique fumant; s’il y a beaucoup d’indican, le mélange se colore en violet rouge ou bleu intense. Si la réaction ne réussit pas par suite de la trop faible quantité d’indican contenue dans l’urine, elle apparaît souvent après addition de quelques gouttes d’acide azotique concentré. (Voyez § 126.)

h. Recherche de l'oxalate de chaux. L’oxalate de chaux est un élément très- fréquent des sédiments, mais il se trouve aussi en dissolution dans toute urine, parce que le phosphate acide de soude, qui se rencontre en si grande abondance dans l’urine humaine, possède un pouvoir dissolvant assez considérable pour l’oxalate de chaux. On indiquera plus loin comment on reconnaît l’oxalate de chaux dans les sédiments. Mais s il est dissous, il suffit en général de faire disparaître la réaction acide de l’urine par quelques gouttes d’ammoniaque pour produire la séparation de cristaux d oxalate de chaux. Si alors il ne se sépare rien, on évapore 1 urine à sec au bain-marie, on épuise le résidu par l’alcool faible, on filtre et on agite avec de 1 éther. La solution alcoolique donne bientôt un dépôt, dans lequel on découvre au microscope de beaux cristaux d’oxalate de chaux ( Lelimann ). (\oyez du reste § 88, p. 176.)

i. — Recherche de l'ammoniaque. — (Voyez §5o.)

h. — Recherche des éléments inorganiques. — Pour démontrer, dans 1 ui’ine, la présence de pareils éléments, on évapore à siccité, au bain de sable* 50 a 40 grammes de cé liquide, et l’on carbonise avec précaution le îésidu dans un creuset de porcélaine. On épuise par 1 eau le charbon obtenu, on filtre et on évapore à siccité, et il reste, sous forme d une masse saline blanche, les sels solubles de l'urine : chlorure de sodium, sulfates alcalins, phosphate de soude. Dans la solution aqueuse ainsi obtenue, on découvie, après addition d’acide azotique, le chlore par l 'azotate d argent , 1 acide sulfurique parle chlorure de baryum, la potasse (dans la solution aussi concen-

RECHERCHE DES ELEMENTS NORMAUX

trée que possible) par le chlorure de platine, la soude par la coloration jaune intense que prend la flamme du gaz, lorsqu’on introduit dans celle-ci la pointe d’un fil de platine humectée avec la solution. Si on regarde îa flamme à travers un verre bleu, le jaune disparaît, et est remplacé par le violet de la flamme delà potasse. Pour rechercher l’acide phosphorique, on ajoute à un échantillon de la solution aqueuse un mélange de sulfate de magnésie , de chlorure d'ammonium et à' ammoniaque, ou on essaye la liqueur avec le molghdate d'ammoniaque.

Le résidu charbonneux, contenant les sels inorganiques, insolubles dans l’eau : phosphates alcalino-terreux, et des traces d’oxyde de fer et de silice, est épuisé par l’acide chlorhydrique, qui dissout les corps non solubles dans l’eau. Dans la solution chlorhydrique filtrée, on recherche la chaux par l 'oxalate d'ammoniaque, après addition d'acétate de soude en excès, l’acide phosphorique par le perchlorure de fer ; pour découvrir la magnésie on fait bouillir fortement une partie de la solution chlorhydrique avec un excès d'acétate de soude et une couple de gouttes de perchlorure de fer, on filtre pour séparer le phosphate et l’acétate basique de fer, on précipite la chaux du liquide filtré par l 'oxalate d'ammoniaque, on filtre de nouveau, et, dans le liquide filtré, on recherche la magnésie par le phosphate de soude et Y ammoniaque.

Les traces de fer sont, en général, extrêmement faibles et elles ne

peuvent être découvertes que par le sulfocyanure de potassium. Pour rechercher la silice, il est nécessaire d’employer de grandes quantités d’urine

fil 11 fini llflnl ni nn AirnnAMÂ/\n ri»»» .1 .1 I « • . î • .

-, — — - uuiipiujci uc gmiiuca quuiuues U Ul

qui doivent être évaporées dans des vases de platine et carbonisées.

On trouve, §§ 18 à 42, les indications détaillées pour l’exécution de expériences.

On peut du reste découvrir les éléments inorganiques essentiels de l’urine dans le liquide lui-même (voyez § 155) : le chlore par l’azotate d’argent, 1 acide sulfurique par le chlorure de baryum, l’acide phosphorique par le perchlorure de fer et 1 acide acétique, les phosphates alcalino-terreux par le précipité floconneux, qui prend naissance lorsqu’on chauffe l’urine avec de la potasse caustique ou de l’ammoniaque, la chaux par l’oxalate d’ammoniaque, la potasse, en mélangeant l’urine avec un peu d’acide chlorhydrique, chauffant avec du chlorure de platine et ajoutant d’un mélange d’alcool et d’éther un volume à peu près égal à celui de l’urine; au bout de quelques heures, il s’est formé un dépôt jaune de chlorure de platine et de potassium (avec un peu de chlorure de platine et d’ammonium).

, ^our rechercher le chlorure de sodium, on évapore presque à siccité un échantillon d urine sur le porte-objet du microscope. On découvre alors très-promptement les cubes et les octaèdres caractéristiques du sel marin.

Pour savoir si, dans l’urine, une partie de l’acide phosphorique est combinée a la chaux et a la magnésie et une autre partie aux alcalis, on sursature le liquide par 1 ammoniaque caustique et on chauffe : tout l’acide p îosp îonqne, com iné a\ec la chaux et la magnésie, se précipite sous forme de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien. On

ANALYSE DE L’UIUNE.

lillrc ol on mélange le liquide filtré avec du sulfate de magnésie et du chlorure d ammonium, qui précipitent la portion d’acide phosphorique qui se trouvait combinée aux alcalis.

RECHERCHE DES ÉLÉMENTS ANORMAUX

Celle recherche a une très-grande importance, parce qu’il s’agit ici de la détermination de la présence ou de l’absence de substances, qui la plupart sont extrêmement importantes pour le diagnostic médical. Les méthodes les plus convenables pour cet objet ont été presque toutes déjà décrites avec détails dans la première partie, de telle sorte que nous pouvons renvoyer aux paragraphes où il en est question.

1. Recherche de l’albumine. — L’albumine fail complètement défaut dans l’urine normale; son apparition dans ce liquide est toujours un phénomène pathologique. Sa présence constante dans l’urine des personnes atteintes de maladie de Bright et d’autres affections des reins offre une importance particulière; mais elle s’y rencontre aussi à la suite des troubles les plus variés de la nutrition, dans les fièvres exanthématiques, dans les paralysies de la moelle épinière, etc.

La recherche s’effectue d’après le § 44, page 92. Si on observe les précautions nécessaires, si on ne néglige pas d’acidifier l’urine avec 1 ou 2 gouttes d’acide acétique, dans le cas où elle n’est pas déjà acide, et si on essaye avec l’acide chlorhydrique un dépôt produit par l’ébullition et avec l’acide azotique un deuxième échantillon de l’urine, l’expérience est décisive. Un simple trouble pourrait aussi être occasionné par de la métalbumine ou de la paralbumine, ou par des matières albuminoïdes analogues à la caséine. On a indiqué, §44, page 92, comment on peut s’assurer de ce fait.

[La recherche de l’albumine dans l’urine peut aussi être exécutée avec une grande netteté d’après le procédé suivant, indiqué par Heller1 :

Dans un verre conique on verse de l’acide azotique concentré pur à une hauteur de 2 centimètres, et à l’aide d’une pipette on fait couler l’urine avec précaution des bords du vase sur l’acide. Lorsque l’opération est bien faite, l’urine flotte sur l’acide azotique et le mélange des deux liquides a lieu lentement. Dans la plupart des cas, il se forme aux surfaces de contact un cercle rouge intense, violet, puis bleu, c’est la réaction de l’uroxanthine. Tant qu’on n’aperçoit pas au-dessous du bleu une coloration verte parfaitement évidente, on n’a pas à se préoccuper de confondre ces changements de couleur avec la réaction des pigments biliaires. Si 1 urine contient de l'albumine, il se produit aux surfaces de contact des deux liquides un trouble annulaire parfaitement limité en dessous et en dessus, et qui même en présence de traces d’albumine peut être reconnu avec une grande netteté. La réaction persiste assez longtemps, cependant l’albumine coagulée finit par descendre peu à peu au fond du vase. Un trouble, ayant à première vue de l’analogie avec le précédent, peut

1 Neubaucr et Vogcl, De l’urine et des sédiments urinaires, traduit par le Dr l. Gautier, p. 81.

RECHERCHE DES ÉLÉMENTS ANORMAUX

prendre naissance si l’urine est riche en urates ; dans ce cas aussi il se produit un trouble annulaire, seulement cet anneau occupe un point plus élevé que celui formé par l’albumine. Le bord inférieur, qui est également parfaitement limité, se trouve •plus élevé que la surface de contact des deux liquides, le plus souvent aussi il est plus haut que le bord supérieur de l'anneau d'albumine, en outre le bord supérieur n’est pas nettement limité, mais il s'efface en se confondant insensiblement avec la surface de l’urine. Par conséquent, si l’urine contient de l’albumine et en même temps beaucoup d’urates, deux anneaux peuvent se former, un inférieur constitué par de l’albumine qui, le plus ordinairement, est séparée par une couche limpide, de l’anneau inférieur formé par des urates. Mais en pareil cas il vaut mieux, avant 1 essai, étendre l’urine avec deux ou trois parties d’eau, pour empêcher la réaction des urates ou au moins l’atténuer le plus possible. En outre, les troubles occasionnés par ces derniers corps disparaissent lorsqu’on vient à chauller doucement, et 1 on peut, par suite, à l'aide de la chaleur, écarter facilement toute espèce de doute. Dans des urines très-concentrées, un précipité d’azotate d’urée peut aussi se produire, mais ce précipité est cristallisé et il disparait dès qu'on ajoute de l’eau.]

2. Recherche du sucre ( glucose , sucre de raisin). — Le sucre se rencontre constamment dans l’urine des malades atteints de diabète sucré, et il s’y trouve même souvent en quantité considérable. L’urine diabétique est ordinairement très-pâle, d’une couleur qui souvent tire sur le verdâtre, d’un poids spécifique élevé (1,050 — 1 ,052) et d’une odeur particulière ; elle est. en outre, fréquemment opalescente. Fraîchement émise, elle a rarement une réaction très-acide, le plus ordinairement son acidité est très-faible, mais souvent aussi elle est neutre ou faiblement alcaline; cependant, lorsqu’elle commence à se décomposer, elle devient fortement acide par suite de la formation d’acide lactique et d’acides gras volatils. Sa quantité est, généralement, beaucoup augmentée, elle s'élève le plus souvent au double et au triple de ce qu’elle est à l’état normal (elle peut même aller jusqu’à 25, à 30 kilogrammes par jour).

La recherche chimique s’effectue exactement comme il a été dit § 65, I, page 154, et elle est aussi sûre que facile, lorsqu’il ne s’agit pas de traces douteuses. Mais, lorsque l’urine, dans laquelle on doit rechercher le sucre, contient de l’albumine, il faut d’abord coaguler celle-ci, en faisant bouillir l’urine mélangée avec une couple de gouttes d’acide acétique, et employer le liquide séparé par filtration du coaguluin albumineux pour la recherche du sucre. L’essai doit, en outre, être toujours effectué avec de l’urine fraîche.

5. Recherche de l'inosite. — Jusqu’à présent, l’inosite a été rarement observée dans l’urine, où elle se trouve soit avec la glucose, soit avec 1 albumine. Pour la recherche, on procède comme il suit :

L’urine, préalablement débarrassée de l’albumine par ébullition avec un peu d acide acétique, est précipitée par Y acétate neutre de plomb, le précipité est séparé par filtration, le liquide filtré est concentré par évaporation et mélangé avec de 1 ’ acétate basique de plomb , jusqu’à ce qu'il ne se forme plus de précipité. Le précipité, qui contient l'inosite en combinaison avec l’oxyde de plomb, est lavé avec soin, mis en suspension dans l’eau et dé-

ANALYSE DE L’URINE

compose par I hydrogène sulfuré. Le liquide, séparé par filtration du sulfure de plomb, dépose ordinairement un peu d’acide urique, qu’on sépare par le

10 : dn concentre ie liquide au bain-marie et on le mélange avec trois ou quali o lois son volume d alcool bouillant. S’il se forme un précipité abondant' et adhérent au fond du vase, on se contente de décanter la solution alcooîque; si, au contraire, il se produit un trouble floconneux, on filtre, en se servant d un entonnoir chauffé et on laisse refroidir. Après environ 24 heures, 1 inosile se dépose en cristaux sous la forme de choux-fleur, que l’on essaye d après le g 65. .

4. Recherche de l acide sarkolactique. — L'acide lactique ne manque jamais dans 1 urine diabétique, mais il ne se trouve que rarement à l’état pathologique dans l’urine fraîche. Son apparition dans l’urine, à la suite des empoisonnements graves par le phosphore, offre une certaine importance pom le diagnostic. 11 a été découvert, quoique dans des cas assez rares, dans l'urine des rachitiques et des leucémiques.

PouMa recherche de cet acide, on procède comme il a été dit § 86, page 170, ou de la manière suivante :

L urine est fortement concentrée au bain-marie, elle est ensuite mélangée, encore chaude, avec de l’alcool à 95 pour 100, puis portée à l’ébullition dans un grand ballon et mélangée avec une nouvelle quantité d’alcool, tant qu il se produit un abondant précipité. La solution alcoolique décantée, claire, après un repos de 24 heures, est évaporée à consistance sirupeuse, mélangée avec de 1 acide sulfurique étendu et agitée avec de Y éther. L’éther aisse par évaporation spontanée un sirop brun, très-acide, qui, étendu avec de 1 eau, abandonne des gouttelettes huileuses, brunes, que l’on sépare par filtration. On précipite les matières colorantes avec V acétate neutre de plomb, on enlève lç plomb delà solution filtrée par 1 hydrogène sulfuré , et on évapore le liquide filtré au bain-marie, en ajoutant de l’eau à plusieurs reprises, jusqu à ce que tout l’acide acétique soit volatilisé. Le résidu est de 1 acide lactique, presque pur, et il peut être employé pour la préparation du solde baryte, et celui-ci pour la préparation des sels de zinc et de cuivre ( Schultzen ).

5. Recherche des graisses et des acides gras volatils. — La graisse ne se rencontre que très-rarement dans l’urine ; on l’v trouve dans la dégénérescence graisseuse des reins et des autres organes urinaires. Lorsque l’urine est rendue laiteuse par la présence d’une grande quantité de matière grasse, on lui donne le nom d’wrme chyleuse. Parmi les acides volatils, on a trouvé quelquefois 1 acide butyrique tout formé, c’est-à-dire uni à des hases. On peut toujours découvrir avec certitude, à l’aide du microscope, des quantités de graisse pas trop faibles, parce qu’il est presque impossible de ne pas reconnaître cette substance à sa forme caractéristique et au grand pouvoir réfringent de ses gouttelettes et de ses globules. Mais, si la matière grasse doit être recherchée chimiquement, onévapore l’urine à sec au bainmarie, on chauffe quelque temps le résidu à la température de 110°, on épuise à plusieurs reprises le résidu par l 'éther, et l’on évapore l’extrait

RECHERCHE DES ÉLÉMENTS ANORMAUX

éthéré à une douce chaleur. Le résidu, qui peut être examiné au microscope, fait, s’il se compose de graisse, une tache sur le papier (tache de graisse), et dégage de l’alcoléine, si on le soumet à la distillation sèche. Relativement°aux formes microscopiques, caractéristiques des graisses, le lecteur peut se reporter aux Atlas de Robin et Verdeil et de Funlce.

On constale la présence des acides gras en soumettant 200 ou 500 centimètres cubes d'urine à la distillation avec un peu d’acide sulfurique et en essayant le produit distillé, d’après le § 70.

0 '.Recherche de l'acide succinique. — L’acide succinique a été trouvé plusieurs fois dans l’urine de personnes qui prenaient une nourriture riche en viande et en graisse, ainsi qu’après l’ingestion d’asperges et de grandes quantités de salade et de choux. La méthode à suivre pour la recherche a été exactement indiquée \ 87, page 175.

7. Recherche de l'acide benzoïque. — 11 ne parait se rencontrer dans l’urine humaine qu’après la décomposition de l’acide hippurique, comme produit de dédoublement de ce dernier, et à la suite de l’ingestion d’une forte dose d’acide benzoïque. (Voyez, pour sa recherche, § 85.)

8. Recherche des acides biliaires. — Les acides biliaires, c’est-à-dire les glvcocholales et taurocholates alcalins, se trouvent dans l’urine, mais seulement en très-faible quantité, dans l’ictère et l’atrophie aiguë du foie. On trouve § 1 02 les indications complètes pour leur recherche.

9. Recherche des pigments biliaires. — Dans des cas rares on trouve des traces de pigments biliaires dans l’urine de personnes parfaitement saines, notamment sous les climats tropicaux et pendant la saison chaude; ils se rencontrent en grande quantité dans \‘ ictère produite parles causes les plus différentes. Une urine qui contient des pigments biliaires est généralement fortement colorée en jaune safran, brun foncé, brun jaune ou brun vert; si elle contient des sédiments, ceux-ci sont aussi ordinairement colorés en jaune ou en brun. Si on agite une pareille urine, il se forme à sa surface une écume jaune ou brun vert, et si on y plonge une bande de papier non collé, elle se colore en jaune. Le procédé à suivre pour la recherche des pigments biliaires a été exactement décrit § 124; nous devons cependant faire remarquer que quelquefois des urines qui offrent les caractères précédents, ne donnent pas la réaction caractéristique avec l’acide azotique nitreux, ainsi que la plupart des réactions mentionnés dans le § 124 ; ce qui tient probablement à ce que la matière colorante a subi certaines altérations.

10. Recherche de la cijstine. — On rencontre rarement des urines renfermant de la cystine ; les calculs composés de cette substance sont également très-rares. De pareilles urines laissent généralement déposer la cystine sous forme de sédiments immédiatement après leur émission, mais quelquefois aussi elles la conservent en dissolution pendant longtemps. L’urine qui contient de la cystine offrirait une couleur verdâtre et une odeur fétide; elle a généralement une réaction acide. L’urine du matin paraît contenir le plus de cystine. 11 sera indiqué plus loin (§ 142, I, 5) avec détails, corn-

QAi

ANALYSE DE L’URINE

nZ\°!\ ;’e0herehe ,a cystine dans l’urine. La cystine dissoute dans l’urine peut en être précipitée par l’acide acétique, et on la reconnaît alors à sa ionne cristalline caractéristique, ainsi qu’à la manière dont elle le corn } ° en présence de la potasse et de l’oxyde de plomb. (Voyez 3 118)

Lorsqu on mélangé 1 urine elle-même avec delà potasse et qu’on la faii bouillir avec de 1 oxyde de plomb, on peut être induit en erreur, si l’urine

e^mlt d^1" if8 “i )UT°!des’ Parce ces substances donnent 0alement du sulfure de plomb avec les solutions de plomb dans la

potasse. Si Ion fait cet essai, il faut d’abord éliminer les corps albumi-

M . Recherche de la leucine et de la tyrosine. — La leucine et la tyrosine se trouvent en général assez rarement dans l’urine, mais on les rencontre pi eh que constamment dans V atrophie aiguë du foie et souvent en si grande abondance, qu’une seule goutte d’une pareille urine se solidifie en une bouillie cristalline de leucine et de tyrosine. Quelquefois la tyrosine se séparé sous forme de sédiment. On indiquera plus loin comment on la reconnaît dans les sédiments. Pour découvrir les portions de tyrosine et de leucine dissoutes dans l’urine, on élimine d’abord par ébullition l’albumine que renferme ordinairement le liquide, et on évapore au tiers au bainmarie. La tyrosine se sépare alors après un repos de plusieurs heures soit sous forme de pellicules surnageant la liqueur, soit sous forme d’un sédiment cristallisé. On rassemble les cristaux sur un filtre, on les dissout dans aussi peu de lessive de soude que possible, et l’on mélange la solution avec e acétate d ammoniaque, qui précipite la tyrosine, celle-ci étant beaucoup moins soluble dans 1 ammoniaque que dans la soude. On peut alors essayer la tyrosine ainsi purifiée d’après le § 115. L’eau-mère des cristaux de tyrosine se prend, après une nouvelle évaporation, en une bouillie épaisse de leucine contenant un peu de tyrosine. On rassemble la leucine sur un filtre et (après 1 avoir débarrassée de Peau-mère en employant la pompe aérohydrique) onia purifie par recristallisation dans l’alcool;” on étudie ensuite ses propriétés d’après le § 114 (0. Schultzen).

On peut aussi précipiter 1 urine par Y acétate de plomb basique (après coagulation préalable de l’albumine qu’elle peut contenir), filtrer, enlever le plomb par 1 hydrogène sulfuré, évaporer à sec au bain-marie et épuiser le résidu par 1 alcool concentré et bouillant, qui dissout la leucine et laisse la tyrosine. Par le refroidissement de la solution alcoolique, la majeure partie de la leucine se sépare à l’état pur et elle peut être examinée au microscope et essayée chimiquement. On traite le résidu par l’ammoniaque ou 1 eau bouillante, dans laquelle la tyrosine se dissout et cristallise par le refroidissement ou l’évaporation de la dissolution. Naturellement il faut aussi 1 essayer d’après le § 1 15 (Iloppe-Seyler) .

12. Recherche de l'hémoglobine (sang), — Les urines contenant du sang ne sont pas rares et la présence de cette humeur est une preuve qu’il s’est produit une hémorrhagie dans quelque partie des voies urinaires. 11 peut se présenter différents cas : a. L’urine contient du sang tel quel, c’est-à-

RECHERCHE DES ÉLÉMENTS ANORMAUX. ~05

dire avec tous ses éléments et surtout avec ses éléments organisés caractéristiques : les globules sanguins; b. L’urine contient de la matière colorante du sanq ( hémoglobine ) et des produits de sa décomposition, mais pas de globules ; c. L’urine ne contient plus de matière colorante non décomposée, mais le produit caractéristique dosa décomposition, 1 hematine.

L’urine qui renferme du sang est de couleur foncée, quelquefois rouge sang pur, quelquefois brun rouge, noir brun, et même noir d encre. Si elle contient des globules non décomposés, ceux-ci forment au fond du vase un sédiment rouge clair ; dans une urine à réaction acide, ils se conservent quelque temps, mais si l’urine devient alcaline, ils sont assez rapidement détruits.

Si l’urine renferme desglobules non encore altérés, lemoyen leplus coui tet le plus sur pour les reconnaître eslY examen microscopique. La forme carac-

Fis. 85.

téristique des globules sanguins nepeut donner lieu à aucune confusion pour les personnes tant soit peu exercées(Yoy. Funke, Atlas, pl.XI, fig. d, 2, 5,6). La présence de l 'hémoglobine peut aussi être découverte très-rapidement et très-sûrement à l’aide du spectroscope , même s’il n’y en a que des traces. (Voyez § 48, page 106.)

Dans ce but on dispose le spectroscope comme il est représenté par la figure 85 (voyez § 12). On éclaire l’échelle de l’appareil à l’aide d’une flamme de gaz ou de bougie, on place devant la fente une lampe à pétrole ou à gaz d’Argand, de manière que la lumière ne pénètre dans l’appareil que par l’ajutage adapté latéralement sur l’écran qui entoure la flamme. On regarde maintenant par la lunette d’observation pour voir si le spectre parajt complet, ce qui naturellement n’a lieu que si la lampe est bien dis-

m ANALYSE DE L’URINE.

posée. On arrange ensuite leehelle de telle sorte, que la raid) de Frauen hofer, ou ce qui est la môme chose, la ligne jaune du sodium coïncide maintenant avec une division déterminée de l’échelle, avec la division h poui les petits appareils et avec la division 30 pour les grands; on verse l uiine à essayer dans 1 hémalinopiètre et on place celui-ci devant la lente du tube A, entre ce dernier et la lampe. Si l’urine contient de 1 hémoglobine non décomposée en quantité pas trop grande, on voit immédiatement les deux bandes d absorption caractéristiques de l’hémoglobine entre les lignes I) et E. Voyez § 48, fig. 43-1, page 107. Mais si l’urine renferme une très-grande quantité de sang, tout le spectre paraît ti ès-assombi i et les bandes d absorption ne se manifestent que lorsqu’on a éclaii ci le spectre en étendant 1 urine avec de 1 eau. Si au contraire la quantité de 1 hémoglobine est tiès-laible, on réussit quelquefois à rendre les bandes visibles en augmentant l’épaisseur de la couche d’urine, en mettant celle-ci par exemple dans un tube à essai.

Si l’urine ne contient plus de globules non décomposés, si elle est alcaline et si elle offre une couleur sale, on ne voit plus les bandes de l’hémoglobine, cai elle ne renferme plus alors que les produits de décomposition de celle-ci, parmi lesquels se trouve l 'hématine. Dans ce cas l’analyse spectiale de 1 uiine monta era la bande d absovplion de l hématine en solution alcaline entre L et D (voyez § 49, fig. 44-1, p. 110), mais seulement si la quantité de l’hématine présente n’est pas trop faible, car cette bande ne se montre que lorsque les solutions alcalines d’hématine offrent un certain degré de concentration. Si à l’urine contenue dans l’hématinomètre on ajoute un peu de sulfure d'ammonium , on voit aussi fréquemment apparaître, lorsque la bande de l’hématine située entre C et Due pouvait pas être aperçue, deux bandes d’absorption très-foncées et situées entre D et E. L’une, large, commence immédiatement derrière D (>), l’autre se trouve près de E (S) et est beaucoup plus étroite [hématine réduite).

Enfin, si l’hématine ne se trouve qu’en très-petite quantité dans l’urine, elle peut encore être découverte par l’analyse spectrale à l’aide du procédé suivant. Dans une éprouvette, munie d’un bouchon, on mélange l’urine à essayer avec de l’acide acétique cristallisable , puis avec son volume au moins d’éther et on agite avec précaution : l’hèmatine présente se dissout dans l’éther et communique à ce liquide une couleur rougeâtre. Si on verse l’éther décanté dans l’hématinomètre et si on l’examine au spectroscope, on voit maintenant deux bandes d’absorption caractéristiques, une très-nette couvrant la ligne C dans le rouge et une un peu plus diffuse dans le vert devant la ligne E; une troisième bande entre b et F est généralement trèspeu apparente [F. Nawrocki). D’après mes propres expériences, il est nécessaire, lorsque la solution éthérée d’hématine est un peu étendue, de l’examiner en couche épaisse, dans un tube à essai par exemple, et alors on ne voit nettement, avec les petits appareils, que la bande dans le rouge.

L’urine qui renferme du sang, que l'hémoglobine soit ou ne soit pas décomposée, contient naturellement de l’albumine et donne par cpnsé-

RECHERCHE des éléments anormaux.

cillent lorsqu’on la fait bouillir, après l’avoir acidulée avec de 1 acide acétique, un coa°-ulum d’albumine etd’hématine coloré en bruiret qui devient presque noir par dessiccation. L’alcool sulfurique enlève 1 hématine au coao-ulum lavé, le liquide se colore en rouge ou brun rouge, il donne au spectroscope, s’il est suffisamment concentré, la bande d’absorption caractéristique des solutions d’ hématine acides (voyez fig. 44-4, p. MO), et, évaporé et incinéré, il fournit une cendre contenant du peroxyde de fer.

[La recherche du sang dans l’urine peut aussi être effectuée par la méthode suivante recommandée par Almèn.

On mélange dans un petit tube d’essai quelques centimètres cubes de teinture de gaïnc, un volume égal d essence de térébenthine, on agite jusqu’à ce qu’il se soit formé une émulsion et maintenant on ajoute avec précaution l’urine à essayer, de manière qu elle se rassemble au fond du tube. Lors du contact de l’émulsion et de l’urine, la résine de gaïac se sépare sous forme d’un précipité blanc et ensuite jaune sale on vert. Mais si l’urine renferme du sang, n’v en aurait-il que des traces, la résine se colore en bleu plus ou moins intense, souvent presque en bleu indigo. Avec l’urine normale ou une urine contenant du pus cette coloration bleue ne se produit pas, elle se montre seulement en présence du sang. (Voyez pour la préparation de la teinture de gaïac nécessaire pour cette opération : Détermination des taches de sang, £ 212, 2, a).]

15. Recherche du carbonate d' ammoniaque. — Si l’urine contient de grandes quantités de carbonate d’ammoniaque, il ne faut pas perdre de vue que*ce liquide putréfié et devenu alcalin, renferme toujoiîrs du carbonate d’ammoniaque provenant de la décomposition de l’urée (voyez £ loi). Mais l’urine fraîchement émise contient quelquefois du carbonate d’ammoniaque. Dans ce cas elle est trouble, sédimenteuse, elle a une odeur ammoniacale, une réaction fortement alcaline et fait effervescence avec les acides. Si on la chauffe avec une lessive de soude ou de potasse, il se dégage de l’ammoniaque. La réaction alcaline de l’urine peut être due à la présence de carbonates alcalins fixes (à la suite de l’ingestion de carbonates alcalins, de sels alcalins à acides végétaux, d’eaux minérales alcalines) ou à celle du carbonate d'ammoniaque) dans les deux cas le papier de tournesol rouge est bleui et le papier de curcuma est bruni ; mais si l’on a affaire à des carbonates alcalins fixes, la couleur bleue du papier de tournesol et la couleur brune du papier de curcuma persistent, tandis qu’elles disparaissent au contact de l’air, lorsqu’on est en présence de carbonate d’ammoniaque. Lorsque l’urine devient alcaline dans la vessie par suite de la formation de carbonate d’ammoniaque, ce phénomène doit être pris en grande considération par le médecin.

four découvrir les sels ammoniacaux, notamment le carbonate d’ammoniaque, dans l’urine putréfiée, il n’est pas besoin d’avoir recours à une méthode bien sensible. L’odeur suffit pour déceler la présence de l'ammoniaque ; si l’on chauffe une pareille urine à réaction alcaline avec de la lessive de soude, l’odeür ammoniacale devient encore plus pénétrante ; si

ANALYSE DE I/URINE

on la mélange avec de l’acide chlorhydrique, de l’acide carboniquese démre avec effervescence.

Mais lorsqu il s agit de savoir si une urine normale fraîchement émise et a réaction acide renferme de faibles quantités de sels ammoniacaux la solution de la question est rendue très-difficile par cette circonstance que .1 urée, qui lors de la putréfaction de l’urine se dédouble en ammoniaque et ac.de carbonique (voyez ££ 105 et loi), dégage un peu d’ammoniaque dès qu on ajoute dans ses solutions aqueuses du carbonate de chaux, du carbonate de magnésie, ou bien du phosphate de soude.

On de cou vie de la manière suivante les moindres traces d’ammoniaque qui se dégagent de l’urine.

a. On prend un petit vase de verre plat muni d’un couvercle fermant bien, et sur la face interne de ce dernier on colle avec de la cire’ une capsule de porcelaine blanche humectée avec de Lacide sulfurique très-étendu, reconnu exempt d’ammoniaque au moyen du réactif de Nessler (£14, p. 51)’ On verse dans le vase de verre l’urine à essayer, on place le couvercle enduit avec un peu d’huile et on abandonne l’appareil à lui-même pendant une heure dans un appartement modérément chauffé (à 18° ou 20°). On enlève ensuite le couvercle avec la capsule, on fait tomber dans celle-ci quelques gouttes de réactif de Nessler , et il se produit une coloration rougeâtre, si de l’ammoniaque s’est dégagée ( Brücke ).

b. On mélange environ 200 centimètres cubes de l’urine h essayer avec de l’alcool, on filtre pour séparer le précipité floconneux qui a pu se produire et l’on ajoute du chlorure de platine au liquide filtré. Lorsque le précipité de chlorure de platine et de potassium, mélangé d’un peu de chlorure (le potassium et d' ammonium, s’est déposé, on décante le liquide surnageant, on lave le précipité par décantation avec de l’alcool, on le dessèche à 100° et on le chauffe au rouge faible dans un tube de verre bien sec. S’il contient du chlorure de platine et d’ammonium, du chlorure d'ammonium sublime en aiguilles blanches disposées comme des barbes de plumes, qui se déposent sur la parlie froide du tube ( Ileintz , Hoppe-Seijler).

c. On fait geler au froid de l’hiver ou dans un mélange réfrigérant l’urine fraîchement émise, puis on la fait ensuite dégeler, et les urates, y compris l’urate d’ammoniaque présent, se séparent. On les rassemble sur un filtre, on les lave avec de l’eau et on les traite par l’acide chlorhydrique. On filtre pour isoler l’acide urique séparé, on précipite le liquide filtré par le chlorure de platine, et on obtient ainsi un précipité dans lequel on recherche la présence du chlorure de platine et d’ammonium comme il a été dit précédemment (b) ( Wicke ).

14. Recherche de l hydrogène sulfuré. — L’hydrogène sulfuré se trouve assez rarement dans l’urine; son apparition la plus fréquente a lieu dans les maladies delà vessie, les paralysies, et il est généralement accompagné de pus décomposé. L’odeur de l’hydrogène sulfuré suffit pour déceler la présence de ce gaz. On le reconnaît plus sûrement à la propriété qu’il possède de noircir une bande de papier humecté d’acétate de plomb. La meilleure

ESSAI QUALITATIF DES SÉDIMENTS URINAIRES. 269

manière de procéder est la suivante : on introduit l’urine dans un petit ballon ; à l’aide d’un bouchon fermant imparfaitement le vase, on suspend dans le col de ce dernier une bande de papier d’acétate de plomb, de manière qu’elle ne soit pas mouillée par le liquide. Si maintenant on chauffe doucement l’urine, la bande de papier brunit et noircit promptement.

ESSAI QUALITATIF DES SÉDIMENTS URINAIRES

Si dans la première partie de l’urine qui a été abandonnée au repos, il s’est formé un sédiment , ou lorsqu’un sédiment existant déjà dans le liquide s’est complètement déposé, on procède à son essai. Après avoir noté les propriétés physiques du sédiment, sa couleur, son aspect, etc., on décante aussi complètement que possible l’urine qui le surnage et l’on porte le reste dans un verre terminé en pointe (verre à champagne). Au bout de peu de temps, le sédiment s’est déposé dans la pointe du vase et maintenant le liquide surnageant peut encore être décanté avec une pipette. Sur le porte-objet du microscope on dépose une goutte du liquide restant, contenant le sédiment, après l’avoir bien agité. A l’exception d’une petite portion que l’on met de côté, on rassemble le reste sur un filtre, on le dessèche et on l’emploie pour les réactions que nécessitent le cas auquel on a affaire.

On commence toujours l’étude des sédiments par leur examen microscopique.

Les cas suivants peuvent se présenter : a. Le sédiment est cristallisé, c’est-à-dire qu’au microscope il paraît consister en cristaux bien développés ; b. Il est amorphe, c’est-à-dire qu’on ne peut pas y découvrir au microscope de cristaux bien développés; c. Il se compose d’éléments organisés ayant une forme histologique; d. Toutes ces formes se trouvent les unes à côté des autres.

Les sédiments cristallisés peuvent se composer des corps suivants :

Acide urique, oxalale de chaux , cystine , acide hippurique, tyrosine, phosphate ammoniaco-magnésien, phosphate de chaux, hypoxanthine (?).

Les sédiments amorphes peuvent contenir:

llrates (urate de soude, de potasse, d’ammoniaque, urate de chaux, ce dernier très-rarement) ; phosphates alcalino-terreux (de chaux et de magnésie).

Les sédiments organisés peuvent consister en :

Épithélium pavimenteux et cylindrique, cellules de mucus et de pus, globules sanguins et coagula fibrineux, cylindres épithéliaux des tubes de Bellini, cylindres granulés des reins ou cylindres hyalins très-transparents, spermatozoïdes, Sarcina venlriculi, — champignons filiformes et infusoires.

ANALYSE DE L’URINE

Page 1