‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 142 sur 340 · Essai chimique · texte numérisé non relu

Essai chimique

d. Ün échantillon dû sédiment, chauffé sur une lame de platine brûle sans résidu sensible en répandant une odeur d’acide cyanhydrique.

b. Un deuxième échantillon, bouilli avec de l’eau, ne cède rien à ce liquide. L’eau après avoir été séparée par filtration ne se trouble pas parle refroidissement.

c. Un troisième échantillon donne avec l’ acide azotique la réaction de la murexule. (Voy. § 92, p. 180). L’acide urique libre ne se trouve jamais seul dans les sédiments pathologiques, il est ordinairement mélangé avec des urales et de l'oxalale de chaux.

ESSAI QUALITATIF DES SÉDIMENTS URItNAIUES.

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2. Les sédiments d'oxalate de chaux se trouvent fréquemment dans l’urine acide, neutre et alcaline, où ils sont souvent mélangés avec de l’acide urique et des u rates. De pareils sédiments apparaissent en grande quantité dans l’affection connue des médecins sous le nom d oxalurie. L’urine des personnes atteintes d’oxalurie est généralement de couleur foncée, elle possède une odeur qui rappelle celle du réséda ou des cynorrhodons, et elle est riche en acide urique et en urée.

A. Examen microscopique.

Ce sont de jolis petits octaèdres carrés, brillants, transparents, réfractant fortement la lumière, à angles aigus et ressemblant à des enveloppes de lettres. La forme *

est très-caractéristique et c’est tout au plus si on pourrait la confondre avec des octaèdr es de sel marin, qui à cause de la grande solubilité de ce sel ne se rencontrent jamais dans les sédiments. Fig. 87 ; voyez aussi Funke, Atlas, pl. XVII, fig. 2; pl. II, fig. 1. Robin et Verdeil,

Allas, pl. VI, fig. 2 et 5.

R. Essai chimique.

a. Un échantillon du sédiment, chauffé sur pig. 8

une lame de platine, se transforme sans noircir en carbonate de chaux, s’il ne se compose que d’oxalale calcaire. L’échantillon calciné fait par conséquent effervescence lorsqu’on l’arrose avec de l’acide chlorhydrique. ,

b. L'eau ne dissout le sédiment ni à froid ni à l’ébullition. L'acide acétique est aussi sans action sur lui.

c. Si on traite le sédiment par l 'acide chlorhydrique étendu, il se dissout, \' ammoniaque le sépare de sa solution chlorhydrique sous forme d’un précipité blanc.

5. Sédiments de cystine. Il a déjà été question § 140 de la rareté de la cysline dans l’urine et des caractères de l’urine qui renferme de celte sub-

IA a

— Oxalate de chaux. (Sêdid'une urine d’un malade atteint de typhus; outre les cristaux d'oxalate de chaux, on voit des corpuscules de mucus, des spermatozoïdes, un coagulum muqueux et des corpuscules de ferment urinaire.)

stance.

A. Examen microscopique.

1 ables hexagonales incolores, transparentes, très- régulières* à structure lamelleuse, généralement très-bien développées et isolées, plus rarement réunies en groupes. Ces tables ont quelquefois deux ou trois côtés plus courts que les autres. La surface des cristaux parait très-sombre, lorsque la lumière y tombe obliquement. Fig. 88; voyez aussi Funke, Atlas, pl. III, fig. G; Robin et Ver-deil, Atlas , pl. XXXIII.

De ses solutions ammoniacales la cystine se sépare en prismes rectangulaires et rhombiques.

B. Essai chimique.

Si le sédiment ne se compose que de cysline :

a. Un échantillon, chauffé sur une lame de platine, brûle avec une Ranime

ANALYSE DE L’URINE

vcit-bleu en dégageant une odeur piquante caractéristique d’acide cyanhydrique. J

b. Un échantillon traité par l 'eau, ne s’y dissout pas, il est également insoluble dans V acide acétique , mais il se dissout dans V acide chlorhydrique et est précipité dosa dissolution par le carbonate d’ammoniaque.

c. Un autre échantillon traité par le carbonate d ammoniaque s’y dissout, ainsi que dans l’ammoniaque caustique , et est précipité de la solution ammoniacale par l’acide acétique.

d. Un échantillon dissous dans la potasse ou dans la soude et bouilli avec une dissolution d oxyde de plomb et de potasse caustique, donne un précipité noir de sulfure de plomb. Voyez pour les autres réactions § 118.

La cystine se trouve quelquefois dans les sédiments mélangée avec des urates, avec du phosphate ammoniaco-magnésien et du pus.

4. Sédiments d’acide hippurique. Ces sédiments sont extrêmement rares dans l’urine humaine, ils ont cependant été observés chez des personnes en santé après l’ingestion de grandes quantités de fruits, de baies de myrtille, et après l’administration des acides benzoïque etsuccinique, ainsi que dans différentes maladies. L’urine qui dépose des sédimentsd’acide hippurique doit

nécessairement avoir une réaction acide, parce que cet acide peut être facilement séparé de ses sels par un acide libre, et il ne se rencontre même dans l’urine qu’en combinaison avec des bases.

A. Examen microscopique.

L’acide hippurique se présente au microscope sous forme de prismes rliombiques ou de cristaux aiguillés. Fig. 89; voyez aussi Funke, Atlas t pl. VIII, fig. 3. La forme cristalline n’est pas du reste assez caractéristique pour permettre de tirer une conclusion certaine sur la nature du sédiment. Quelquefois un pareil sédiment se compose d’un mélange de cristaux d’acide urique et d’acide hippurique ou bien de gros cristaux d’acide urique qui se trouvent hérissés de cristaux aiguillés d'acide hippurique.

Ë. Essai chimique.

ESSAI QUALITATIF DES SÉDIMENTS URINAIRES

Comme l’acide hippurique ne présente pas de réactions bien caractéristiques, il faut procéder à un essai chimique du sédiment d’après le § 05.

5. Les sédiments de tyrosine ne s’observant que dans une maladie, Y atrophie aiguë du foie , et leur présence étant presque constante dans cette affection, ils doivent être regardés comme un signe pathognomonique. Une pareille urine contient généralement d’abondantes quantités de tyrosine et de leucine, et ordinairement aussi des pigments biliaires et de l’albumine, tandis que la proportion de l’urée et de l’acide urique peut être amoindrie jusqu’à disparaître entièrement. Les sédiments de tyrosine sont jaune verdâtre ou incolores et ils se présentent quelquefois sous forme de masses globuleuses, qui^nême à l’œil nu offrent l’apparence d’amas cristallins.

A. Examen microscopique.

Les sédiments de tyrosine se présentent au microscope sous forme d aiguilles extrêmement fines, fréquemment groupées en doubles pinceaux ou en étoiles. En se séparant de leur solution ammoniacale, ils donnent aussi quelquefois des prismes à quatre faces mieux développés, et également presque toujours réunis en étoiles. (Fig. 90, voyez aussi Funke, Atlas, pl. IV, fîg. 5).

B. Essai chimique.

Comme les formes microscopiques de la tyrosine ne sont pas absolument caractéristiques, il faut procéder à un essai chimique du sédiment pour être fixé sur sa nature. On effectue cet essai d’après le g 1 15. On doit avant tout constater la combustibilité du sédiment, puis effectuer les réactions avec 1 azotate de bioxyde de mercure, ainsi qu’avec l’acide sulfurique concentré et le perchlorure de fer (réaction de Piria).

0. Sédiments de phosphate ammoniaco-magnésien. Toute urine dépose des sédiments de phosphate ammoniaco-magnésien, lorsqu’elle commence à se putréfier ; mais quelquefois ces sédiments se trouvent dans burine fraîchement émise, notamment dans les maladies de la vessie et de la moelle, ainsi que dans le diabète. Une pareille urine a généralement une réaction alcaline, quelquefois neutre ; on a cependant aussi observé ces sédiments dans des urines faiblement acides. Les sédiments de phosphate ammoniacomagnésien sont généralement mélangés avec des sédiments amorphes de phosphate terreux et durâtes, ainsi qu’avec des éléments organisés: mucus, pus, champignons, etc., et alors ils sont généralement muco-floconneuxs’ils sont purs, ils sont blancs et très-brillants et offrent même à l’œil nu une apparence cristalline.

A. Examen microscopique.

GORUP-BESANEZ. ANALYSE ZOOCHIMIQU ,|Q

Fig. 90. — Tyrosine.-

-74 ANALYSE I)E L’UIUNE.

Les tonnes cristallines microscopiques du phosphate ahnnoniaco-magnésion sont si caractéristiques, que c est à peine si on peut les confondre avec d autres. Les formes les plus communes sont des combinaisons du prisme vertical rliombe, et parmi ces formes celles qui sont comparables à des couvercles de cercueil sont les plus communes. Les cristaux ont des contoms nets, les laces dans 1 ombre paraissent très-sombres, celles qui sont éclairées très-claires et très-brillantes, et au microscope ils sont toujours

complètement incolores. Fig. 91 ; voyez aussi Funke , Atlas , pl. XVII, fig. 5 et pl. XVIII.

B. Essai chimique.

Un échantillon du sédiment, chauffé sur une lame de platine, «aie noircit pas, il dégage de l’ammoniaque, reconnaissable à la couleur bleue qu’il communique au papier de tournesol rouge humide, et il laisse un résidu blanc gris de phosphate de magnésie, qui se dissout sans effervescence dans l’acide azotique.

L’eau froide ou chaude ne dissout pas le sédiment, mais il se dissout dans Y acide acétique même très-étendu.

L’ammoniaque donne dans cette dissolution un précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien. (Voy. §26.)

7. Des sédiments de phosphate de chaux cristallisé ont été observés par Hill-Hassal, ainsi que par Bence-Jones. Une urine qui dépose de pareils sédiments est ordinairement pâle, elle a une réaction acide et elle devient facilement alcaline.

A. Examen microscopique.

D’après Hill-Hassal , les cristaux microscopiques du phosphate de chaux (probablement du phosphate neutre : Ca02,HÜ,Ph08) se présentent sous forme d’amas cristallins globuleux, de pyramides hexagonales obliques trèsminces, accolées par leurs extrémités larges ou étroites, ou bien encore à l’état de lamelles croisées en forme de lancettes.

B. Essai chimique.

L’essai chimique s’effectue d’après le § 24 ou d’après la méthode qui sera décrite plus loin.

Bence-Jones aurait découvert un sédiment cristallisé de xanthine dans l’urine d’un jeune garçon de neuf ans et demi. Les cristaux microscopiques en forme de pierre à aiguiser ressemblaient aux formes non développées de l’acide urique, dont l’examen chimique avait démontré l'absence. Schérer considère le corps observé comme de Y hypoxanthine.

Fig. 91. — Phosphate ammoniaco-magmjsien, octaèdres d'oxalate de chaux (a) et prismes d’urato do soude groupés en étoiles (sédiment d’une urine en fermentation alcaline avancée).

ESSAI QUALITATIF DES SEDIMENTS URINAIRES

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