‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 143 sur 340 · II. — SÉDIMENTS AMORPHES · texte numérisé non relu

II. — SÉDIMENTS AMORPHES

1 . Sédiments d’urates. — Ces sédiments se rencontrent très-fréquemment, notamment clans les maladies fébriles aiguës, ''mais quelquefois aussi chez les personnes saines à la suite de violents efforts musculaires, d’une forte transpiration, etc. La réaction d’une urine contenant de pareils sédiments est généralement acide, et ceux-ci sont ordinairement mélangés avec de l’acide urique libre; mais ils se rencontrent aussi dans une urine alcaline, et alors ils se trouvent mêlés, le plus souvent, avec des phosphates terreux. La couleur de l’urine et des sédiments est très-variable. L’urine est tantôt jaune pâle, tantôt jaune foncé, rougeâtre, rouge brun; la couleur du sédiment est blanc gris, rouge rose, rouge brique ( sedimenta lateritia des anciens médecins), rouge brun ou rouge cuivre. Les sédiments ressemblent souvent, à s’y méprendre, à du mucus, à du pus ou même à du sang. De l’oxalale de chaux se trouve aussi mélangé avec les sédiments d’urates. Ils se composent principalement d’urate de soude et d'urate de potasse, ils renferment aussi ordinairement de Lurate d’ammoniaque.

À. Examen microscopique.

Au microscope les sédiments d’urates sont formés de petits grains arrondis ou anguleux très-foncés (Funke, Atlas , pl. XVII, fig, 2, 5 et G), qui sont isolés ou réunis en amas et en groupes irréguliers (urate de soude; fig. 92, partie inférieure), soit sous forme de niasses foncées globuleuses, armées de piquants ou de pointes (urate d’ammoniaque; fig. 95; voyez aussi Funke , Atlas , pl. XVIII, fig. 5, 4 et 5 notamment). Si on -dépose un peu d’acide chlorhydrique sur le porte-objet, le sédiment disparait Peu à peu, lorsqu’il se compose d’urates, et à sa place se montrent de petites tables rhornbiques ou des cristaux fusiformes d’acide urique [Funke, Atlas, pl. Vif, fig. J; Robin et Verdeil, pl. XI, fig. 1 pi. XII f et pl.XHI, fig. 2). F

Si le sédiment est mixte, on voit naturellement apparaître, les unes à côté des autres, les formes caractéristiques des éléments du mélange. Ainsi la figure 2 de la planche XVII de Funke représente un sédiment d’acide urique, d urate de soude et d’oxalate de chaux; la figure 4 un sédiment d urate de soude, de phosphates terreux et mucus coagulé ; la figure G un sédiment d urate de soude, d’acide urique et de champignons de fermentation. La figure 1, pl. XVIII, donne la gravured’un sédiment d’acide urique, d urate de soude et de champignons de fermentation; les figures 5, 4 et 5 celles de sédiments de phosphate annnoniaeo-magnésien et d’urate d’ammoniaque. (Voyez la figure 95 p. 27G.)

D. Essai chimique.

Si 1 examen microscopique a rendu probable ia présence d’urales, on procédé aux expériences suivantes pour confirmer le résultat.

“/0 ANALYSE DE L’URINE

ci. Ou chaude peu à peu jusqu’à l’ébullition un échantillon de l’urine mh irnenleuse après 1 avoir bien agité. S’il n’v a que des urales, tout se dissout eu donnant un liquide clair. Mais si on laisse l’échantillon reposer, il se trouble par suite de la séparation des urales. Si outre des mates l'uriné contient aussi de I acide urique ou de l’oxalale de chaux, ces corps restent non dissous. Ou filtre alors le liquide bouillant, et il reste sur le filtre les éléments insolubles que 1 on soumet a l’examen chimique.

b. On chaulfe sur une lame de platine une partie du sédiment rassemblé sur le filtre, après 1 avoir lavé et desséché : s’il n’y a que de l’urate d’ammoniaque, il brûle sans résidu sensible; si, au contraire, il y avait des urates de soude ou potasse, on obtient un résidu fondu, brunissant le papier de curcuma et faisant effervescence avec les acides.

c. En chauffant un troisième échantillon du sédiment avec une lessive

Fig. 92. — Urate de soude amorphe et cristallisé avec octaèdres d’oxalate de chaux et coagulum muqueux (sédiment d’une urine en fermentation alcaline).

Fig. 93. — Urale d’ammoniaque avec phosphate ammoniaco-magnésien en gros cristaux et octaèdres d'oxalate de chaux (sédiment d’une urine alcaline, dans lequel on voit aussi des globules hyalins de ferment urinaire et quelques vibrions.

de potasse, il se dégagera de l’ ammoniaque, s’il y a de l’urate d’ammoniaque, et l’on reconnaîtra ce gaz à son odeur et à sa réaction sur le papier rouge de tournesol humide.

d. Enfin on emploie un quatrième échantillon pour produire la réaction de la murexide.

2. Sédiments de phosphates terreux. — lis se composent en général d un mélange de phosphate ammoniaco-magnésien déjà décrit (vov. § précédent), et de phosphate de chaux amorphe. Suivant leur nature, ils apparaissent toujours dans une urine alcaline ou neutre. Ces sédiments sont géné-

essai qualitatif des sédiments urinaires.

râlement d’un blanc sale et floconneux; l’urine qui les dépose est trouble.

A. Examen microscopique.

Le phosphate dé chaux amorphe parait au microscope sous forme de petites molécules globuleuses, fortement réfringentes, à contours très-sombres, ou bien en grumeaux très-transparents, peu apparents, qui peuvent facilement passer inaperçus lorsque l’instrument n’est pas parfaitement disposé.

B. Essai chimique.

a. On chauffe graduellement à l’ébullition un échantillon de l’urine sédi- , menteuse préalablement agitée. Le liquide ne s’éclaircit pas. Mais si on agite avec peu d'acide acétique, tout se dissout en un liquide clair (distinction d’avec l’oxalate de chaux et l’acide urique). Si l’on sursature la solution acétique par Y ammoniaque, il se forme un précipité floconneux.

h. On chauffe un deuxième échantillon sur une lame de platine; si le sédiment se compose de phosphates terreux, il ne noircit pas. Si le résidu fond facilement au chalumeau, et s’il donne, avec la solution de cobalt, un émail brun noir, le sédiment se composait de phosphate de chaux dit neutre. Si, au contraire, il ne fond pas au chalumeau, mais s’il se comporte, du reste, comme le phosphate neutre, on a affaire à un sédiment de phosphate basique de chaux.

c. On peut dissoudre un troisième échantillon du sédiment dans l’acide sulfurique étendu, et rechercher dans la solution l’acide phosphorique et la chaux, d’après le § 24.

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