DISSOLUTION, EXTRACTION, DIGESTION
Le meilleur moyen pour favoriser la dissolution d’un corps consiste, comme on le sait, a le diviser aussi finement que possible. Quand on a affaire à des solides, on atteint ce but par la pulvérisation, opération dans laquelle on doit, afin d éviter une perte de substance, observer toutes les précautions en usage dans la pulvérisation des matières minérales. Un certain nombre de substances se laissent plus facilement pulvériser lorsqu’elles sont chauffées, d autres,* au contraire, se ramollissent sous l’influence de la chaleur; mais, par le refroidissement, elles redeviennent cassantes, et peuvent alors être réduites en poudre avec une grande facilité.
Lorsque les substances animales ne peuvent pas être pulvérisées, on doit chercher a les diviser par un autre moyen.
DES OPÉRATIONS CHIMIQUES
Les parties demi-molles : la chair, le tissu glandulaire, les tumeurs, sont coupées et hachées aussi finement que possible; on peut aussi les triturer avec du verre en poudre grossière et le dissolvant. Quant aux parties tout à fait molles, on les réduit en bouillie en les broyant dans le mortier.
Les liquides que l’on emploie pour dissoudre les substances animales sont: l’eau, l’alcool, l’éther, les acides et les alcalis. L’alcool et l’éther sont des dissolvants pour des groupes entiers de combinaisons organiques renfermées dans le corps des animaux.
Lorsque la dissolution dans l’alcool ou l’éther doit être effectuée avec le concours de la chaleur, il est nécessaire que le chauffage n’ait pas lieu à feu nu, parce que, comme on le sait, ces liquides s’enflamment facilement. Ce qu’il y a de plus convenable dans ce cas, c’est de chauffer au bain-marie.
Comme la plupart des substances animales sont des mélanges de plusieurs individus chimiques, un dissolvant déterminé n’enlève ordinairement qu’une partie de la substance. On nomme extraction cette dissolution partielle. Lorsque tout ce qui est soluble dans un dissolvant déterminé doit être éliminé d’une substance, l’opération porte le nom à’ épuisement. La manière la plus convenable de procéder consiste à ne faire agir à la fois sur la substance que de pelites quantités du dissolvant; lorsque la portion de liquide versée sur la substance est saturée, on la sépare par filtration ou décantation, puis on fait agir une nouvelle quantité du dissolvant, et on continue ainsi ces dissolutions et décantations ou filtrations alternatives tant que le dissolvant absorbe encore un peu de la substance. L’extraction est terminée, si une goutte du liquide employé en dernier lieu ne laisse plus de résidu appréciable lorsqu’on l’évapore sur une lame de platine ou dans un verre de montre. Ce qui a été dit à propos de la dissolution avec l’éther et l’alcool, s’applique aussi à l’extraction à l’aide de ces liquides. Pour l’extraction des substances animales solides avec l’éther, on peut, dans beaucoup de cas, se servir de l’appareil indiqué par v. Bibra et représenté par la figure I .
Dans le col du ballon A, on adapte, au moyen d’un bouchon percé, un tube a, dont l’extrémité inférieure est étirée en une pointe fine, mais dont la supérieure, plus large, porte un tube de verre, b, recourbé à angle droit et également fixé à l’aide d’un bouchon percé; la branche c de ce dernier tube descend jusqu’au fond du deuxième ballon B, qui n’est fermé qu’imparfaitement avec un bouchon percé.
Lorsqu’on veut se servir de cet appareil, on introduit dans la partie rétrécie du tube a un peu de coton que l’on ne presse que très-légèrement, puis on ajoute de la substance desséchée que l’on veut extraire avec de l’éther une quantité telle qu’il reste encore supérieurement un petit espace que l’on remplit avec un tampon de colon très-peu serré ; le coton que l’on emploie pour faire ce tampon, ainsi que celui qui se trouve dans la portion rétrécie du tube, doit avoir été préalablement dégraissé avec de l’éther. On verse dans le ballon A l’éther qui sert pour l’extraction; on adapte bien hermétiquement le tube a, et, dans celui-ci, on fixe le tube b, puis on place le ballon B dans l’eau froide. A l’aide d’un fil ou de tout