CRISTALLISATION , PRÉCIPITATION, FILTRATION, DÉCANTATION
Les règles à suivre pour ces différentes opérations sont les mêmes que dans les analyses minérales.
Pour Infiltration, on prend un filtre à plis, s’il est nécessaire que le liquide s écoule rapidement, mais on se sert d’un filtre simple lorsque des coagu-
12 DES OPÉRATIONS CHIMIQUES
lums ou des précipités doivent être enlevés du filtre quand ils sont encore humides.
ha filtration des liquides animaux présente quelquefois des difficultés particulières; en effet, il arrive fréquemment que des particules en suspension dans le liquide passent avec ce dernier, par suite de leur petitesse, à travers les pores du filtre, ou bien ces liquides sont tellement visqueux qu’ils bouchent les pores du filtre de manière à empêcher complètement la filtration.
Si l’on a à sa disposition les excellents appareils de Bunsen, à l’aide desquels on peut filtrer avec une grande différence de pression, que l’on obtient au moyen d’une pompe aérohydrique, les liquides muqueux, souvent très difficiles à filtrer, traversent rapidement les filtres, desquels ils sortent parfaitement clairs. Le dispositif suivant, représenté par la figure 2, et également indiqué par Bunsen, est aussi d’un usage très-avantageux. A et B sont deux grands flacons de même capacité (de trois ou quatre litres au moins), tous les deux sont munis, tout près de leur fond, d’un robinet destiné à régler l’écoulement de l’eau. Le robinet étant fermé, on remplit le flacon A avec de l’eau ; au moyen du tube de caoutchouc a, qui doit avoir un assez faible diamètre, mais des parois épaisses, on fait communiquer le vase A avec le flacon B; on place le flacon A aussi haut que possible (à une hauteur de 2 mètres à 2m,50 au-dessus du flacon inférieur), par exemple, sur l’étagère de la table de travail, et l’on pose B sur le plancher; à l’aide d’un tube de caoutchouc b, on met le flacon supérieur A en communication avec le vase c (qui doit être en verre épais), dans le bouchon duquel est fixé hermétiquement l’entonnoir contenant le filtre. Si maintenant on ouvre le robinet de A, l’eau coule du flacon supérieur dans l’inférieur (naturellement, après que l’on a aussi ouvert le robinet de ce dernier) et raréfie l’air dans le flacon A, ainsi que dans le vase C qui communique avec lui. Par suite de cette différence de pression, des liquides, même très-visqueux, comme la salive, etc., des précipités gélatineux, filtrent avec une grande rapidité.
. Lorsque l’eau du flacon supérieur s’est écoulée, il suffit simplement de mettre celui-ci à la place de l’inférieur, et ce dernier à la place du supérieur, puis d’adapter le tube de caoutchouc b au tube de verre fixé hermétiquement dans le bouchon du flacon B, et l’on peut alors faire de nouveau fonctionner l’appareil.
Pour réussir dans l’emploi de cette méthode, il est indispensable de choisir un entonnoir à surface intérieure parfaitement plane et avec un angle bien saillant de 60° et, en outre, d’adapter exactement le filtre (fait avec du papier fort et naturellement sans plis) dans 1 entonnoir, de manière à ce que, après avoir été humecté avec de 1 eau, il touche partout sa surface interne, sans qu’il y ait des bulles d’air entre cette surface et le filtre. Malgré ces précautions, on voit quelquefois les filtres se déchirer sous l’influence de la grande différence de pression. Mais il est facile de îomédier à [cet inconvénient en introduisant dans l entonnoir un autre petit entonnoir de platine {firj. 3), dont les parois extrêmement minces s appli-