‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 225 sur 340 · PRATIQUE DE ^ANALYSE · texte numérisé non relu

PRATIQUE DE ^ANALYSE

a. Incinération du sang.

Dans une capsule de platine on évapore à sec au moins 100 grammes de sang, en plaçant la capsule sur la chaudière de cuivre qui sert ordinairement pour le bain-marie, mais qui dans ce cas joue le rôle de bain d’air ; on chauffe à l’aide d’une lampe à gaz ou à alcool. La dessiccation s’elfectue assez rapidement et sans qu’il se produise de perle par projection. Lorsque le résidu est devenu complètement sec et cassant, on chauffe peu à peu la capsule avec beaucoup de précaution sur la flamme directe, jusqu’au rouge sombre, en faisant bien attention à ne pas élever trop rapidement et trop fortement la température, parce que la masse, qui se boursoufle au commencement de l’opération, déborderait facilement le vase, et l’on maintient cette température jusqu’à ce que la majeure partie du charbon soit brûlée et que le résidu commence à prendre une couleur brune. Pour 100 grammes de sang 2 ou 5 heures de chauffage sont suffisantes.

b. Préparation de la solution.

On laisse un peu refroidir, on verse sur le charbon 10 à 20 c. c. d’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau, on chauffe jusqu’à ébullition commençante, on ajoute 50 c. c. d’eau distillée, on retire du feu, on laisse reposer, et à l’aide d’une pipette on porte la solution qui surnage le charbon sur un petit filtre de papier de. Suède, au moyen duquel on la filtre dans un ballon à long col. On dessèche au bain d’air le résidu charbonneux, on le chauffe de nouveau pendant environ un quart d’heure jusqu’au rouge sombre, afin de brûler encore une portion du charbon, on laisse refroidir, on verse 10 à 12 c. c. d’acide chlorhydrique étendu, on chauffe, on ajoute 50 c. c. d’eau, on porte la solution avec la pipette sur le petit filtre, on dessèche et on calcine le résidu charbonneux et l’on continue ainsi, jusqu’à ce que tout le charbon soit brûlé et que toute la cendre soit entrée en dissolution. Avec 100 grammes de sang quatre lixiviations sont ordinairement tout à fait suffisantes. Il ne reste plus qu’à brûler le filtre lui-même dans la capsule de platine avec les flocons de charbon qu’il renferme, ce qui exige quelques minutes seulement. On épuise ce résidu avec de l’acide chlorhydrique étendu, et l’on réunit la solution obtenue avec les autres.

On a maintenant dans le ballon une solution jaune pur, limpide, d’un volume de 180 à 200 c. c. environ, dans laquelle se trouve contenu tout le fer du sang à l’état de perchlorure.

Pour pouvoir doser ce fer par la méthode volumétrique à l’aide du permanganate de potasse, il faut d’abord le transformer en protochlorure. C’est ce que l’on lait de la manière suivante :

c. Réduction du perchlorure de fer en protochlorure.

Dans le ballon on introduit du zinc métallique en poudre fine, puis quelques centimètres cubes d’acide chlorhydrique étendu ; on adapte ensuite au col du ballon un bouchon de caoutchouc percé de deux trous, dont l’un

ANALYSE DÛ SANG

est mis en communication avec un appareil à acide carbonique à l’aide d'un tube de verre et d’un tube de caoutchouc, tandis que l'aptre reçoit un tube de verre court ouvert aux deux bouts, qui sert pour le dégagement des gaz produits. Au moyen d’un support on place le ballon dans une position inclinée, et on le chauffe avec une lampe, pendant qu’on le fait traverser par un courant d’acide carbonique. La figure 119 représente l'appareil tout entier.

Le dégagemeut de l’hydrogène commence immédiatement, et la couleur de la solution devient plus pale. Aussitôt que le liquide est complètement dé- * coloré et que par conséquent tout le perchlorure de fer est passé à l’état de protochlorure, on laisse refroidir dans le courant d’acide carbonique, puis on

Fig 119.

verse le contenu du ballon dans un flacon d’un demi-litre, en ayant soin de laisser dans le vase le zinc non dissous, on lave plusieurs fois avec de l’eau distillée, et l’on porte à un demi-litre le volume de la solution de protochlorure de fer.

d. Dosage volumétrique du fer.

Le dosage volumétrique du fer au moyen du permanganate de potasse dans une solution qui renferme ce corps a l’état de protoxyde ou de protochlorure est basé sur ce fait, que l’acide permanganique et le protoxyde de er (ou le protochlorure), mis en côntact dans une liqueur contenant un acide libre, se transforment en protoxyde de manganèse (ou en protocblorure) et en peroxyde de fer (ou en perchlorure), d’après l’équation suivante :

Mn207 -f !0 FeO = 2 MnO + 5 (Fea03)

ou :

Mna07 + 10 FeCl + 7 IIC1 = 2MnCl 4- 5 (FeaCl3) -t- 7110.

DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE

Par conséquent, si dans une solution de protoxyde ou de protoehlorure de fer, on ajoute une solution de permanganate de potasse (de caméléon), la couleur de ce dernier liquide disparait tant qu’il y a encore du protoxyde ou du protoehlorure de fer, et une fois la réduction opérée, la liqueur prend une coloration rose pâle, facile à reconnaître avec un peu d habitude, si l’on ajoute encore une ou deux gouttes de caméléon. Si maintenant l’on sait combien de fer correspond à un nombre donné de centimètres cubes de solution titrée de caméléon, on peut par un simple calcul déduire des centimètres cubes de solution employés, jusqu’à l’apparition de la coloration rougeâtre, la richesse de là solution en fer.

Si par exemple on avait ajouté, jusqu’à l’apparition de la couleur rougeâtre pâle, 6,5 c. c. de solution de caméléon à une solution de protoxyde ou de protochlorure de fer contenant 0gr,025 de fer métallique, il y aurait dans une dissolution de fer de richesse inconnue, O»'* 1', 025 de fer métallique par chaque quantité de 6,5 c. c. de solution de caméléon. Si l’on avait par exemple employé 15,2 c. c. de solution de caméléon, cela indiquerait

= 0gr,0508 de fer.

Le dosage lui-même s’effectue comme il suit dans le cas qui nous occupe : A l’aide d’une pipette, on prend d’abord environ 25 c.c. de la solution de protochlorure de fer préparée comme on l’a dit précédemment avec 100 grammes de sang et exactement amenée au volume de 500 c. c. (1 / 2 lit ), on fait couler le liquide dans un gobelet de verre et l’on ajoute la solution de caméléon. Si le liquide prend une couleur brune et devient trouble, il ne renferme pas assez d’acide libre et il faut encore ajouter au reste de la solution, avant le titrage, quelques gouttes d’acide chlorhydrique; dans le cas contraire, la détermination peut être effectuée immédiatement. On verse alors dans un gobelet de verre 250 c. c. de la solution exactement mesurés, on place le vase sur une feuille de papier blanc, on remplit la burette jusqu’au zéro avec une solution titrée de caméléon, et on fait couler celle-ci goutte à goutte. Chaque goutte produit dans la solution de fer une coloration rouge passagère, qui disparaît immédiatement par l’agitation ; dès que la coloration commence à disparaître plus lentement, on fait goutter la solution avec beaucoup de précaution, jusqu’à ce que, après agitation, le liquide oflre une couleur rose pâle bien évidente. L’expérience est alors terminée. À la longue la coloration rose finit par disparaître, non par suite de 1 oxydation du protoxyde de fer, mais par suite de la décomposition de

1 acide permanganique libre. On lit exactement les centimètres cubes de solution de caméléon employés, et l’on apprend ainsi combien il y a de fer dans 250 c. c. de la solution; si l’on calcule combien cela fait pour la solution tout entière, c'est-à-dire pour 500 c. c., on a la quantité de fer pour les lOOgram. employés pour l’expérience.

Poiu contrôler le résultat on emploie le reste de la solution de fer : 2o0 c. c., pour effectuer un deuxième et un troisième titrage, en prenant d’abord 100 c. c., puis 125 c. c.

ANALYSE DU SANG

bn procédant avec beaucoup de soin, on obtient des résultats très-exacts mais si l’on néglige les précautions nécessaires, il ne faut pas s’attendre à des résultats exacts, aussi est-il nécessaire, comme dans toutes les autres analyses volumétriques délicates, de commencer d’abord par s’exercer. Nous ferons remarquer tout spécialement, qu avant de procéder au titrage, il est nécessaire de laisser refroidir complètement les solutions l.

Si l’on mulliplie par 100 la richesse centésimale trouvée et si l’on divise par 0,42, on obtient le poids de l’hémoglobine pour 100 parties de sang.

Exemple du calcul.

100 grammes de sang ont été desséchés, carbonisés et incinérés, la cendre a été dissoute dans de l’acide chlorhydrique étendu, cette solution a été réduite par le zinc et étendu à 500 c. c.

10 c. c. delà solution de caméléon = 0er,04 de fer métallique.

1. 550 c. c. de la solution de protochlorure de feront exigé jusqu’à l’apparition de la coloration rose pâle 7,75 c. c. de solution de caméléon.

x = 06r.051 de fer.

x = 0'r.0445 de fer.

2. 125 c. c. de la solution de protochlorure de fer ont exigé jusqu’à l’apparition de la coloration rose pâle 2,7 c. c. de solution de caméléon.

x = 06r.011 de fer.

x = 0er.0440 de fer.

1" dosage 0sr.0445

2° dosage 0 .0440

Moyenne 0*'. 04415 de fer pour 100 parties de sang.

Ce qui par conséquent représente :

100x0.04415 ,A B1 Jftft . ...

q ^ = 10.51 p. 100 d hémoglobine.

b. — Dosage de /’ hémoglobine par le speclroscope, d'après Prexjer.

Celte méthode repose sur le principe suivant : les solutions concentrées d’hémoglobine, en couches d’une certaine épaisseur, même avec un éclairage intense, interceptent tous les rayons lumineux, les rouges exceptés, tandis que des solutions moins concentrées, en couches de même épaisseur, laissent passer, outre le rouge et l’orangé, une partie du vert. Si donc on

Dans le dosage volumétrique du protochlorure de fer par la solution de caméléon, il se produit, lorsque les solutions sont concentrées, une réaction secondaire par suite de laquelle il se dégage du chlore qui rend les résultats inexacts. Je me suis assuré qu'avec des solutions aussi étendues que celles que l’on obtient en procédant comme précédemment, cet inconvénient n’est pas à craindre, et que par conséquent on peut se dispenser de suivre la méthode plus compliquée proposée par Fresenius [Analyse quantitative ) et par Fleischer [Kurzgefasstes Lehrbuch der Maassanalyse, p. 59), pour éviter cette erreur.

DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE. 379

étend avec de l’eau une quantité de sang- mesurée et placée devant la fente du spectroscope, jusqu’à ce que le vert apparaisse dans le spectre, et si, en outre, on a délerrniné une fois pour toutes la richesse centésimale dune solution d’hémoglobine, qui laisse passer le vert exactement dans les mêmes conditions, on peut trouver la richesse centésimale du sang en hémoglo-

Si k est la richesse centésimale constante d’une solution d hémoglobine

laissant passer le vert dans les mêmes conditions,

v le volume d’eau en centimètres cubes ajouté au sang jusqu à 1 apparition du vert,

'b le volume du sang mesuré en centimètres cubes et x la richesse centésimale du sang en hémoglobine, on a :

ou si la quantité de sang employée b = 0,5 c.c. :

On a besoin des appareils et du liquide suivants :

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