DOSAGE DE l’aLBUMINE
a. — Par coagulation, avec dosage simultané des matières extractives et
des sels solubles.
On pèse dans un verre exactement taré 4 à 5 grammes de sérum sanguin, on retranche le poids du verre -h le sérum et l’on procède comme il suit.
Dans une capsule de porcelaine de 50 à 60 grammes de capacité, on porte à l’ébullition, à l’aide d’une lampe, 15 à 20 grammes d’eau distillée ; on verse dans cette eau (pendant qu’elle est encore en ébullition) le sérum, en ayant soin de ne pas en perdre, on lave le verre plusieurs fois avec un peu d’eau et l’on ajoute l’eau de lavage dans la capsule. On laisse le mélange revenir en pleine ébullition, et à 1 aide d une baguette de vei i e plongée dans V acide acétique on y projette avec précaution quelques gouttes de cet acide, jusqu’à ce que l’albumine se soit coagulée complètement et en gros flocons, et <pie l’eau se sépare claire et limpide de l’albumine coagulée. Si 1 on a ajouté trop d’acide acétique, l’eau reste trouble ; on peut en général remédier à cet inconvénient en faisant de nouveau bouillir le liquide, après adt îtion d’un peu de carbonate d’ammoniaque; de même en présence d une
DOSAGE DE L’ALBUMINE
quantité insuffisante d’acide acétique l’albumine ne se sépare pas bien.
Lorsque la coagulation a bien réussi, on sépare le coagulum du liquide par filtration, on lave complètement avec de l’eau, et le lavage terminé on met de côté le liquide filtré recueilli avec soin dans une éprouvette avec l’eau de lavage ; on se sert de ce liquide pour la détermination des matières extractives et des sels solubles.
L’albumine coagulée est enlevée du filtre lorsqu’elle est encore humide , ce qui réussit facilement et complètement avec une spatule de platine (ou môme avec une spatule de verre ou une lame de couteau), si on ne la laisse pas trop sécher; elle est ensuite déposée sur un verre de montre exactement pesé, puis desséchée au bain d’air à 110°, jusqu’à ce qu’elle ne diminue plus de poids, et enfin pesée. En retranchant du poids du verre de montre -t- l’albumine desséchée, celui du verre de montre, on obtient le poids de l’albumine pour la quantité de sérum employée.
Le liquide séparé par filtration de l’albumine coagulée est maintenant évaporé dans une capsule de porcelaine ; le résidu est introduit avec précaution dans une petite capsule de porcelaine exactement pesée, puis desséché au bain d’air à 1 1 0U, jusqu à poids constant, et enfin pesé. Après soustraction du poids de la capsule, on obtient celui des matières extractives et des sels. On place maintenant la capsule avec le résidu sur une lampe à gaz ou de Berzélius et on calcine jusqu’à ce que le charbon soit complètement biûié, on laisse refroidir et on pèse de nouveau. La perte de poids éprouvée parle résidu -h la capsule, correspond aux matières extractives, le poids du résidu calciné à celui des sels inorganiques solubles. En retranchant les sels solubles de la quantité totale des sels inorganiques du. sérum, déterminés d’après 1, on peut trouver la proportion des sels insolubles.
Lorsque des traces d’albumine sont restées non coagulées, le liquide filtré se recouvre d une mince pellicule pendant l’évaporation. Dans ce cas il faut évaporer complètement à sec, dissoudre le résidu dans l’eau, puis réunir les parties insolubles à l’albumine et dessécher le tout.
Au lieu d enlever 1 albumine du filtre avant la dessiccation, on peut aussi la dessécher sur le filtre à 120°, mais il faut alors que le filtre ait ôté préalablement desséché à 120°, jusqu’à poids constant, et pesé.
b. — Dosage de l'albumine par précipitation avec l'alcool , d'après
Hoppe-Seyler.
On pèse ou on mesure exactement 20 à 50 grammes ou autant de centimètres cubes de sérum sanguin, que l'on mélange, dans un gobelet de verre
S,U ‘SQ™mcilt Sranc1’ avec 5 011 4 volumes d’alcool d’un poids spécifique t e t ,8o, et on laisse reposer pendant quelques heures dans un lieu froid • le précipité est rassemblé sur un filtre exempt de cendre et pesé, et lavé
aVGC soin’ à a|J,°yd ayec de l’esprit de vin, puis avec de l’alcool absolu, ensuite avec de 1 alcool et de l’éther, avec de l’eau chaude et enfin avec un peu d eau Ironie; on le dessèche ensuite avec le filtre au bain d’air à 120°,
ANALYSE DU SANG
jusqu à qii il no diminue plus de poids. Ou pèse, après refroidissement on présence d’acide sulfurique, el en retranchant le poids du filtre on obtient le poids de I albumine plus celui des sels insolubles. Le filtre el le précipité sont ensuite chauffés au rouge dans un creuset de platine ou de porcelaine ouvert et pesé, jusqu à combustion complète du charbon, et le résidu est pesé après refroidissement en présence d’acide sulfurique. Lu retranchant le poids du creuset on obtient celui des sels insolubles, et si l’on soustrait ce poids du poids de l’albumine les sels insolubles, on a celui de l’albumine. Dans ce procédé une très-petite quantité d’albumine passe dans l’extrait alcoolique, mais quand il s’agit de déterminations très-exactes, on peut retirer celte albumine en recueillant à part les extraits alcooliques, éthéro-alcooliques el aqueux, et procédant de la manière suivante.
On évapore l’extrait alcoolique au bain-marie, on arrose le résidu avec l’extrait éthéro-alcoolique, on filtre la solution sur un petit filtre pesé, exempt de cendre, on rassemble sur ce dernier la portion non dissoute, on la lave d’abord avec de l’alcool absolu, puis avec de l'éther, on arrose avec l’extrait aqueux, on laisse celui-ci s’égoutter complètement el enfin on lave avec de l’eau distillée. Les matières albuminoïdes restées sur le filtre, sont desséchées avec ce dernier à 120°, puis pesées et incinérées; la cendre est pesée, et l’albumine et la cendre sont ajoutées à la masse principale.
c. — Dosage de V albumine par le polarimètre.
On remplit d’abord un tube d’observation de 2 décimètres de long avec le sérum sanguin filtré, et on fait l’analyse dans l’appareil de Ventzke- Soleil, exactement comme on l’a dit § 159, B. Si le liquide est trop foncé, on se sert d’un tube.de i décimètre ou de 1/2 décimètre de longueur seulement. Procédant comme, pour le dosage de l’albumine dans l’urine (§ 159), on détermine la déviation en poussant le compensateur jusqu’à ce que les couleurs des deux moitiés du champ vhuel soient semblables. On lit alors la déviation sur l’échelle. Avec un tube long de 1 décimètre, les degrés indiquent immédiatement la richesse centésimale du sérum en albumine. Si l’on s’est servi d’un tube de 2 décimètres, il faut, pour trouver la richesse centésimale, diviser le nombre des degrés par 2, mais les multiplier par 2, dans le cas où l’on a employé un tube de 1/2 décimètre.
Le dosage de l’albumine par le polarimètre ne peut êlre exécuté directement que s’il n’y a pas, outre l’albumine, d autres substances actives au point de vue optique. Si le sérum (ou tout autre liquide séreux à analyser) renferme du sucre, comme cela a lieu dans le diabète, on procède comme il suit :
On mélange à froid 50 c. c. du liquide avec 200 c. c. d alcool, on laisse reposer quelque temps et l’on filtre, on concentre à une douce températuie, à un petit volume, on filtre encore, si c’est nécessaire, on ramène le volume du liquide à 50 c. c. et l’on examine celui-ci dans l’appareil de Ventzke- Soleil. Si maintenant, avec un tube de 2 décimètres, il se produit une rota-